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Le sable de Jérusalem Londres, vendredi 27 mars 2009 18 heures Steve posa sur la table basse le journal, l’enveloppe que lui avait donnée Mar-Yam et son carnet de notes. Il prit un grand verre de son whisky préféré. Brian prit la bouteille. — Eh bien, dites-moi, on ne se refuse rien, frérot ! Un Auld Acquaintance 86 ! — Oui, la journée a été plutôt dure. Nous avons passé un long moment au poste de police avec le père d’Ellroy puis nous l’avons raccompagné chez lui où l’attendaient des amis de leur famille. — Le pauvre homme ! — Comme tu dis. Il a perdu sa femme et un fils en 1998, et maintenant son second fils. Dans le salon, Christopher et Philippe parlaient au téléphone avec leur maman. Brian prit place près de son frère. — Raconte-moi encore ta rencontre avec cette femme qui a disparu, lui demanda-t-il.
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— Son nom est Mar-Yam. Elle portait des vêtements anciens, une robe en lin blanche ou coquille d’œuf, une ceinture en cuir sur laquelle il y avait des lettres en hébreu. Elle portait des spartiates, ses cheveux étaient longs et roux, attachés par des nattes tressées, ses yeux de couleur ambre. — C’est elle qui t’a donné l’enveloppe ? — Oui, elle contenait la page que tu as dans les mains. — C’est vraiment étrange, lui dit Brian. Cette pré-nommée Mar-Yam a dit que nous avions été choisis tous les deux pour remettre une personne sur le bon chemin. Connais-tu la signification de Mar-Yam ? — Non, j’imagine que Mar-Yam est proche de Marianne ou de Marie-Anne. — Pas loin ! Mar-Yam qui signifie « goutte de mer » est l’origine hébraïque du prénom Marie, comme celui de la fille d’Anne et de Joachim, femme de Joseph le charpentier à qui, un jour, l’archange Gabriel a annon-cé que Dieu l’avait choisie pour être la mère de… Christopher raccrocha le téléphone. — Maman rentre dimanche vers 18 heures. Elle est d’accord pour nous retrouver à Mortlake pour l’arri-vée de la Boat Race. — … son fils Jésus, termina Brian. Christopher et Philippe prirent ensemble la direc-tion de la grande chambre d’ami aménagée par Steve pour regarder la télévision. — Tu es en train de me dire que j’ai tapé la discute avec la mère de tous les hommes ? — Ou qui se fait appeler comme elle. Avoue que c’est étrange, ce texte sur un parchemin plié dans une enveloppe écrit en araméen, cette femme qui s’appelle
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Marie et qui s’est volatilisée dans une nacelle de qua-rante mètres carrés et puis cette histoire de remettre un homme sur le droit chemin… — Brian, es-tu capable de traduire le texte de ce parchemin ? — Non, mais j’ai un ami historien des religions qui va se faire un réel plaisir de tenter la traduction. Il ne va peut-être pas le faire demain, mais cela ne sera pas pour lui un travail bien difficile. Et pour le journal, tu as une idée ? demanda-t-il à Steve. er Steve prit le journal daté du 1 mars 2011. Il avait tout d’un véritableTimes. SUICIDE D’ELLROYMCALLISTERLe jeune Mc Allister est donc décédé ce matin. Les gardiens de la prison de Maghaberry, au sud de Belfast, l’ont retrouvé pendu dans sa cellule. Arrêté il y a quatre jours, monsieur Mc Allister avait alors de suite avoué le meurtre de Sean Hoey et de son oncle Colm Murphy, tous deux commanditaires de l’attentat d’Omagh le 15 août 1998 ayant fait 29 morts et plus de 300 blessés. Le lendemain de leur mort, une vague d’atten-tats avait sabordé définitivement le processus de paix concrétisé en 2007 et mis fin au gouvernement formé de protestants voulant rester dans le Royaume-Uni et de catholiques souhaitant fondre l’Ulster dans la république d’Irlande. Pour Hugh Orde, patron de la police provinciale, plus de 90 % de la population nord-irlandaise soutenait le processus de paix.
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L’attentat d’hier à Craivavon est déjà le onzième en deux semaines. Le nombre de morts s’élève main-tenant à 254 et on compte plus de 1000 blessés. Il reposa le journal sur la table. — Je pense, lui dit Steve, que quelqu’un cherche à nous mener en bateau, à nous faire croire que ce tueur d’enfant est en fait un justicier venu de je ne sais où ! — Et si… il l’était réellement ? lui demanda Brian. Imagine que ce soit une personne qui a décidé de stopper le mal avant qu’il surgisse ? — Brian ! Ce type a tiré dans la tête d’un enfant à bout portant ! Ce journal est un faux ! Personne ne peut savoir ce qu’un enfant de 15 ans peut devenir. Il faut que la police trouve ce fou avant qu’il ne re-commence. Steve se versa à nouveau un verre de whisky. — Si le journal est vrai, l’auteur s’est évertué à en retirer les résultats sportifs et c’est bien dommage… — Eh oui, tu ne pourras pas faire de paris sportifs er sur la journée du 1 mars 2011, mon pauvre Steve, lui dit Brian en se levant. Je prends le parchemin. Si mon ami est disponible demain, il pourra dire si ce par-chemin est ancien ou bien s’il est faux. Embrasse les enfants pour moi, lui dit-il en refermant la porte derrière lui. Après le départ de son frère, Steve termina son verre en relisant ses notes.
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