La Révolution manipulée

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Un jeune professeur, Hâdjâca, se trouve dans un fameux pays africain, le Djassoudhi. Il vit la terrible révolution du général Landho Guîteli, qui règne d'une main de fer sur ses compatriotes. Hâdjâca, en tant qu'intellectuel, s'insurge intérieurement face à l'oppression qui appauvrit la majorité de ses concitoyens.
Ironie du sort, par un retournement extraordinaire de situation, ce jeune homme se voit confier le pouvoir…

Publié le : mardi 5 avril 2016
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EAN13 : 9782140007910
Nombre de pages : 164
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Tierno Madjou BÂ
La révolution manipulée Chroniques d’un professeur au pouvoir Roman
La révolution manipulée
Chroniques d’un professeur au pouvoir
Tierno Madjou BÂ
La révolution manipulée
Chroniques d’un professeur au pouvoir Roman
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-09091-7 EAN : 9782343090917
INTRODUCTION
Le Djassoudhi ou leydi-djaassoundhi veut dire en langue peulhe, la terre misérable ou comme nous l’avons fait « le misérable lopin », la terre de rien du tout. En effet, c’est un pays africain imaginaire qui, en réalité, n’est qu’un prototype pour les autres États du continent. La plupart des tares qui font le malheur de l’Afrique ont été, plus ou moins, abordées dans ce livre. Les pratiques malsaines, sous leurs différentes appellations d’ethnocentrisme et d’égoïsme des dirigeants, sont, entre autres fléaux, les principaux obstacles au développement des pays africains. Le récit, loin d’avoir la prétention d’être exhaustif, n’a été qu’une ébauche.
Dans la même foulée, en grande partie, la problématique des révolutions a été passée en revue, s’inscrivant malheureusement dans le fiasco. La raison fondamentale de cet échec en Afrique, contrairement à ce qui s’est passé en Chine, en Inde et dans les autres pays émergents, est l’hypocrisie doublée de l’estime surdimensionnée des leaders révolutionnaires. Dans ce livre, le général Landho Guîtéli, d’abord colonel avant son ascension, est le porte-étendard de cette lignée de dirigeants qui auront marqué l’Afrique de leur violence stupide, aveugle et inouïe. Seulement voilà, qui frappe par l’épée périt par l’épée. Les attentes du peuple meurtri dans sa chair et son âme sont déçues et c’est l’amnésie choquante d’à peu près tous les nouveaux chefs d’État africains.
Enfin, l’autre événement de cette œuvre est l’analyse courageuse et audacieuse de modestes personnes telles qu’Amadou le gros maçon et Tamaffan la femme du menuisier. Malgré le règne de la répression et de la
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propagande, ils ont gardé leur lucidité. Espérons, finalement, qu’un changement positif va intervenir dans le cours des affaires africaines et que ce livre, à sa manière, va y contribuer.
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CHAPITREI
Avec difficulté, une grosse boule orange mûre émergeait de l’horizon gris, par le levant. Cette portion de l’espace diffusait une lueur falote assimilable à une lampe-tempête d’un paysan de la contrée, la lampe-tempête étant considérée à distance. Des nuages délétères, mais évanescents se sentaient menacés. L’ascension du soleil ressuscitait, en l’éclairant, une trajectoire fugace et impropre. Le coq avait chanté et le jour s’était levé. Les rayons que le soleil, dardait débusquaient les ténèbres, en exposant à nu le quartier Bako formé d’habitations mitigées et discordantes à l’image de leurs propriétaires, riches ou miséreux. Au cœur dudit quartier pesait un fromager qui en imposait à tous les autres êtres animés ou inertes. Dans la frondaison de l’arbre se perdaient des oiseaux sauvages majoritairement représentés par les vautours supervisant l’abattoir d’un œil de sorcière. D’autres hommes abscons, de leur part, soutenaient que des diables irascibles résidaient dans le végétal. Un faisceau de lumière solaire, comme par défi, exhibait crûment l’escalier d’un mauvais logement de sacrée disqualification. Le taudis composait une ligne de quatre chambres dont la tôle rouillée et ruinée était maîtrisée d’un côté par un bloc de pierre, le tout reposant sur du bois rongé. L’absence de peinture et ces quelques lézardes dénotaient toute la tare décorative que faisait l’habitation. Mais là, l’on se souciait moins d’exquisité que de survie. Les problèmes vitaux quotidiens étaient monumentaux et les moyens atomiques. N’empêche que l’on en sortit la tête. Un instant, s’entrebâilla la porte de la deuxième chambre de droite puis nettement s’ouvrit. À l’embrasure de cette
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