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La route de Qâhira

De
186 pages
A Paris, au Moyen-Age, Jehan étudiant au quartier Latin rencontre Tahir le Sarrazin, un exilé égyptien qui a gardé la nostalgie de Qâhira (Le Caire), la ville qui l'a vu naître. Intrigué et fasciné par la personnalité hors du commun pour l'époque de cet homme dont il pressent la richesse intérieure, Jehan va s'attacher aux pas de Tahir, qui lui dévoilera son histoire...
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JEANCLAUDEVALANTIN La route de Qâhira ou l’exilé du Caire
© L’Harmattan, 2010 57, rue de l’Ecole polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 9782296133266 EAN : 9782296133266
À la mémoire de Marie-Louise et de Charles Je remercie Magol, mon épouse, pour son soutien constant et son aide précieuse Ainsi que Madame Azza HEIKAL
Chapitre I
La fête de l'été C'était la vigile de Saint-Jean-Baptiste. La ville était en liesse. De nombreuses corporations fêtaient leur saint pa-tron. Elles rivalisaient d'apparat. Des ruelles étroites défer-lait en bandes bruyantes une jeunesse chantant on ne sa-vait quelle joie. Tous se dirigeaient vers la place de Grève. Là se dressait une immense croix de pierre posée sur un piédestal à degrés. Entre Seine et Croix, un bûcher de fagots était installé, perpétuant de très anciennes coutumes. À son sommet accroché à une perche, un sac s'agitait de sinistre manière : deux douzaines de chats et un renard sacrifiés à l'été nou-veau hurlaient leur effroi. Et le feu fut bientôt allumé, selon la coutume, par le roi Charles lui-même, septième du nom, faisant ainsi danser les ombres en multitude de la foule assemblée. La population, bourgeois et mendiants, riches et pauvres, louait saint Jean à la manière païenne. Mille cris, mille danses dans la nuit naissante, sur cette place des supplices, lavée en un soir de tout ce sang répandu pen-dant l'année. Le sang des condamnés, comme autant de sacrifices. Quand la nuit eut enfin vaincu les derniers fêtards, lorsque les feux saluant la naissance de l'été ne furent plus que tas de braises, sur le chemin qui me conduisait à mon logis, je rencontrai une forme humaine immobile, regar-dant le ciel, près de la rive du fleuve. En me rapprochant, je vis un homme étrange dont le visage était médiocrement éclairé par les reflets de la lune
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dans l'eau. Il regardait le ciel, indifférent à ce qui l'entou-rait, comme obsédé par le ballet des astres. Je lui lançai : compère, cherches-tu une nef pour monter là- Eh haut ? Ce n'est pas la peine, j'ai une barque amarrée sur la rive. Je ne suis pas pressé. « Tiens, me dis-je, voilà un homme d'esprit. » Il se re-tourna vers moi et me dévisagea. Ce qui me frappa d'abord, ce fut sa longue chevelure noire et bouclée. Nous autres escholiers avions à peu près tous le chef taillé à l'écuelle. Et puis, dans la pénombre, on devinait un teint cuivré, buriné par on ne savait quel soleil. De ses oreilles pendaient des anneaux d'argent de petite taille. Il portait le pourpoint à larges rayures des Bohémiens. Ses mains s'ac-crochaient à une ceinture serrée sur sa taille. Quel âge pouvait avoir ce diable d'homme ? Tous les Bohémiens inquiétaient un peu, après qu'ils eurent beaucoup intrigué : il y a quelques années, une bande d'une centaine d'hommes et de femmes venant de la basse Égypte fut logée à la chapelle Saint-Denis. Les hommes très noirs, les cheveux crépus ; les femmes, des dessins inscrits dans la chair de leur visage. Les enfants qui les accompagnaient rivalisaient d'habileté. Ils jonglaient. C'étaient des créatures qu'on n'avait jamais vues, cu-rieusement vêtues de vieilles robes drapées, liées d'une corde à l'épaule, recouvertes souvent d'une simple che-mise. Des sorcières qui lisaient l'avenir dans les mains comme dans un livre ouvert les accompagnaient. Aussi, lorsque la nouvelle se répandit, jamais on ne vit plus de monde à la bénédiction de la foire du Lendit en la chapelle Saint-Denis. C'était pour voir les Bohémiens qui séjournaient là-bas. 10