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La Souris

De
16 pages

La plupart des romans d'inspiration historique et sociale d'Howard Fast (1914-2003) ont pour thèmes la révolution ou la rebellion individuelle face au pouvoir. Parmi ses oeuvres majeures, citons La Dernière Frontière, Le citoyen Tom Payne, Spartacus (adapté au cinéma en 1960 par Stanley Kubrick) ou encore La Passion de Sacco et Vanzetti. Son autobiographie, Mémoires d'un rouge, témoigne de son attachement politique au communisme et aux idées politiques radicales. Il a également publié sous divers pseudonymes plusieurs romans, récits ou nouvelles généralement classés dans les rayons Polar ou Science-Fiction, même si leur dimension littéraire et philosophique dépasse largement le cadre du genre. C'est le cas de La Souris, nouvelle publiée en 1969 dans The Magazine of Fantasy and Science Fiction.


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HOWARD FAST
La Souris
Nouvelle traduite de l’américain par Michel Deutsch
La République des Lettres
LA SOURIS
Seule la souris fut témoin de l’arrivée de la souco upe volante. Craintivement
blottie dans un nid de taupe, son minuscule museau frétillant, les nerfs frémissant
de peur et d’attention, elle vit se poser la chose radieuse.
La soucoupe volante — astronef circulaire affectant approximativement la forme
d’un chapeau à large bord aplati — glissa parallèle ment au toit de la maison de
banlieue, survola la cour et atterrit au milieu d’u n massif de rosiers grimpants. Avec
de légers soubresauts, elle s’enfonça sous les bran ches et les feuilles qui la
recouvrirent entièrement. Comme son diamètre n’étai t que de soixante-quinze
centimètres et que sa hauteur n’en excédait pas qui nze, elle n’eut guère de mal à
se camoufler.
II était à peine plus de trois heures du matin. Les habitants de la maison comme
ceux de toutes celles qui constituaient cet ensembl e résidentiel dormaient ou se
retournaient dans leurs lits à la recherche du somm eil qui les fuyait. La soucoupe
n’avait fait aucun bruit, elle ne dégageait aucune odeur, de sorte que pas un seul
chien n’aboya. Le seul témoin était la souris et el le regardait sans comprendre
comme elle l’avait toujours fait. Elle vivait sans comprendre.
Donc, la soucoupe volante atterrit, se dissimula et le calme revint. L’événement
se brouilla pour n’être plus qu’un inintelligible s ouvenir dans la mémoire de la
souris — une mémoire quasiment inexistante. Il aura it aussi bien pu n’avoir jamais
eu lieu.
Les secondes s’égrenèrent, s’additionnèrent en minu tes. Près d’une heure
s’écoula. Finalement, une lumière brilla dans l’enc hevêtrement de branchages sous
lesquels reposait la soucoupe. La souris, toujours pétrifiée d’effroi, contempla
fixement la lueur. Deux hommes apparurent à sa vue. Ils émergèrent de la tache
lumineuse — c’était une ouverture percée dans la so ucoupe — et sautèrent à terre.
Tout du moins, aux yeux de la souris, ces créatures apparaissaient-elles
vaguement semblables à celles qu’elle avait déjà vu es et qui étaient effectivement
des hommes, à ceci près qu’elles ne mesuraient qu’u n peu plus de sept centimètres
et étaient enfermées dans des combinaisons spatiale s. Si elle avait pu faire la
distinction entre le contenant et le contenu, si el le avait été dotée d’une perception
visuelle sélective, elle aurait constaté que, derri ère leur enveloppe transparente, les
hommes de la soucoupe ne se différenciaient des hom mes de la Terre que par leur
taille. Tout du moins pour ce qui était de leur asp ect général car, sur d’autres plans,
ils en différaient beaucoup. Après un silence qui s e prolongea cinq minutes environ,
ils échangèrent des pensées. Ils ne s’exprimaient p as vocalement et leurs
scaphandres...