La Symphonie anxiolytique

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Dans un micro-univers où tout n'est que passion, douleur et incertitude, deux êtres surnaturels s'aiment d'un amour hors du commun. Un troisième personnage, tapi dans l'ombre bien qu'avide de lumière, sèmera le chaos dans ce couple en passe de se briser. Texte hybride, entre le récit et le poème, La Symphonie anxiolytique schématise au moyen de symboles les écueils sur lesquels viennent se briser les embarcations de tous les naufragés de l'amour. Humour, fantastique et analyse des sentiments s'associent dans le cadre d'une écriture balbutiante, luttant constamment contre la difficulté de narrer. ... le plus humain n'est pas toujours celui qu'on croit ...
Publié le : lundi 20 juin 2011
Lecture(s) : 169
EAN13 : 9782748180343
Nombre de pages : 145
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Titre
La Symphonie anxiolytique
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Titre Nolan Llyss
La Symphonie anxiolytique
Fantaisie contorsionniste
Roman fantastique
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2007 www.manuscrit.com ISBN : livre imprimé 2-7481-8034-8 ISBN 13 : livre imprimé 9782748180343 ISBN : livre numérique 2-7481-8035-6 ISBN 13 : livre numérique 9782748180350
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La Symphonie anxiolytique
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A Ruichan
La Symphonie anxiolytique
Sous les linceuls frileux du parfum des hommes, Joseph prit possession de la lenteur du monde. Il caressa longuement les replis de la peau féminine qui s’offrait à sa main lubrique, sans se douter un seul instant que sa maîtresse était une goule ignoble et vorace. Joseph consentit, sans en avoir l’air, à accompagner Judith dans ses pérégrinations stupides. La jeune femme l’exhortait, depuis des années, à approfondir avec elle le langage incolore de l’intimité terrestre. Des lourdeurs basaltiques s’étaient emparées du corps de Joseph. Son cœur avait pris l’apparence d’un volcan éteint. La fougueuse créature qui décidait à présent de son avenir se mit à lui parler dans une langue étrange, dont le vocalisme lui parut libidineux. Le flou onirique dans lequel nageaient les deux personnages de cette histoire inféodée était devenu leur nourriture quotidienne. Joseph tenta souvent de se libérer de la sensualité morbide que sa bien-aimée avait instaurée, mais il dut se rendre rapidement à l’évidence que l’amour n’était qu’une notion fantastique et irrationnelle. L’estime infinie qu’il portait à Judith ne cessait de le ralentir dans ses velléités
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La Symphonie anxiolytique
d’indépendance. Il buvait chaque effluve de son parfum venimeux, à la manière d’un vin captieux qui aurait eu un invincible effet d’accoutumance. Joseph et Judith vivaient dans un lugubre château trempé de ténèbres, depuis plus de cent cinquante ans. Chacun d’eux possédait ses appartements privés. Judith exigeait de son compagnon qu’il n’entrât jamais dans une seule des pièces qui constituaient son antre. Joseph, en revanche, avait reçu l’ordre de laisser entrer chez lui la créature qu’il aimait éperdument, et ce, chaque fois que celle-ci en éprouvait le désir. La chambre de Joseph était en effet l’endroit où ils accomplissaient leurs ébats nocturnes, toujours dans un silence glacial, qui contrastait violemment avec l’atmosphère ardente dégagée du frottement de leurs corps arides. Lorsque Judith consentait enfin à extraire de ses cratères sclérosés le membre de Joseph encore massif, d’inoubliables senteurs utérines se propageaient depuis le lit à baldaquin jusqu’au grand hall du rez-de-chaussée. C’étaient leurs seuls instants d’intimité. Joseph et Judith n’avaient certainement jamais cessé de s’aimer. Mais, dans cet effrayant chaos sentimental qu’on appelle communément la passion, la violence de l’amour tend
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