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La vengeance en héritage

De
248 pages
A Montvallon, un village situé au coeur des Mauges (région des Pays de la Loire), une jeune fille, Audrey, est sauvagement assassinée un soir de fête forraine. Les alibis des personnes soupçonnées sont invérifiables. Les preuves matérielles manquent. Mais l'affaire rebondit lorsque, à Saint-Didier, une bourgade voisine, un deuxième meurtre est commis selon un rituel identique au premier. L'auteur met l'accent sur le drame de ceux qui, par un fâcheux concours de circonstances, se retrouvent mêlés à des affaires criminelles.
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I
Hélène Rousselin écarte les voilages de la fenêtre près de laquelle biib bpq fkpq^ii'b2 'qlkk'b a:bkqbkaob2 pro i^ mi^`b2 rk _olre^e^ inhabituel. «Hb k:bpq mlroq^kq m^p glro ab j^o`e'», songe-t-elle. Trois vieilles femmes, mines consternées, parlent en gesticulant pro ib qolqqlfo a:bk c^`b4 Il est dix heures du matin. « Aubergine », un homme sans âge, à la trogne violacée et bourgeonnante -a:l/ plk proklj-2 `olfpb ib dolrmb2 ib p^irb a:rk vague signe du menton. Les commères ne daignent pas répondre, prfsbkq i:eljjb ar obd^oa2 el`ebkq i^ q)qb2 '`e^kdbkq abp molmlp p^kp nul doute malveillants. « Aubergine » est un^ppfar ar _fpqolq ab i^ mi^`b ab i:'difpb4 Quand il a trop bu, il vitupère contre le curé, le maire, les commerçants, les agriculteurs, les parents, les enfants, bref contre tout ib jlkab2 j^fp fi k:bpq m^p j'`e^kq2 grpqb rk mbr pfjmibq4 V^oclfp2 lk le retrouve écroulé sur un banc ou dans un fossé et à demi inconscient. Des gens charitables le ramènent alors chez lui où il cuve son vin. Le lendemain, il retourne au troquet dépenser le plus gros de p^ obqo^fqb a:lrsofbo ^dof`lib4 Hljjb fi o(dib p^kp _olk`her le loyer de son logement social, les autorités le laissent vivre à sa guise. Tant nr:fi kb `o'b m^p ab p`^ka^ib2 kb plj_ob m^p a^kp rk abifofrj qobjbkp6 Monsieur Brun, un ancien marchand de cycles, son journal sous le _o^p2 p:^mmo)qb # qo^sbopbola place. Les femmes le hèlent. Il p:^mmol`eb4 Kiibp m^o^fppbkq ib nrbpqflkkbo4 Slkpfbro Nbos' e^rppb ibp 'm^ribp bk pfdkb a:fjmrfpp^k`b4 [kb j'k^d(ob2 ib m^kfbo # molsfpflkp a:rkb j^fk2 rk dolp m^fk ab `^jm^dkb a^kp i:^rqob2 pb glfkq ^r dolrmb4 Kiavec volubilité.le parle 7
La plus petite des trois bavardes porte la main à la bouche comme si biib 'q^fq p^fpfb a:rk e^rq-le-`7ro4 N'i(kb Xlrppbifk p:^dfqb a^kp plk c^rqbrfi4 «F jlk ^sfp2 fi p:bpq m^pp' nrbinrb `elpb # Slkqs^iilk4 [k cambriolage à la « supérette », pour la troisième fois en un an ? Un accident de la circulation ? Une bagarre à la fête foraine ? Fichu pied nrf j:bjm)`eb a:^iibo j:fkclojbo jlf-même », maugrée-t-elle en gbq^kq rk `lrm a:7fi o^k`rkfbo # p^ g^j_b nrf obmlpb pro rn pouf. \lf`f nrfkwb glrop2 ^r `lrop a:rkb moljbk^ab a^kp ibp sfdkbp2 perdue dans ses pensées, elle a trébuché contre une souche. Son pied gauche a vrillé. Le vignoble a chaviré dans un ciel devenu noir. Après une ou deux minutes, la douleur lui a fait reprendre conscience. « Dieu merci ! songea-t-biib a:^_loa2 gb k:^f m^p i$`e' i^ i^fppb4» Tango, son teckel à poils rudes noir et feu, se tenait penché au-abpprp a:biib2 i:^fo mbomibub4 Wr^ka fi i^ sfq lrsofo ibp vbru2 fi irf i'`e^ le visage, queue frétillante. « Aïe ! Quelle malchanceJ P:^ro^fp _fbk rkb clrirob! » Kiib m^osfkq # pb obibsbo # i:^fab ab p^ `^kkb ab o^kalkk'b2 `ilmfk^ jusque chez elle et téléphona à son médecin. Le docteur Guillet, un homme de cinquante ans environ, parfois un mbr _orpnrb2 `ljjbk&^ m^o i:^ajlkbpqbo4 -\lrp k:)qbp m^p o^fplkk^_ib ab slrp ^sbkqrobo pbrib m^o jlkqp bq par vaux à votre âge ! Sloqfcf'b m^o `b o^mmbi nr:biib grdb^ fk'iégant, Madame Rousselin répliqua : -P:^f qlrglrop _b^r`lrm j^o`e'2 slrp ib p^sbw _fbk2 bq gb prfp bk parfaite santé. -Kq ^rglroa:erf6 ebfk? - Un incident. - Si vous vous étiez cassé la jambe, comment auriez-vous fait ? - Quand je me promène, le téléphone portable est toujours dans i^ ml`ebqqb ab jlk p^` # alp4 Pb mboap o^objbkq ab srb2 a:^fiibrop2 ib clocher du village. - Hum ! fit le médecin qui tâta le pied avec précaution. Une entorse à tout le moins, dit-il^r _lrq a:rk jljbkq2 j^fp gb obalrqb rk problème plus ennuyeux. Il faut une radiographie. Rb al`qbro Mrfiibq kb p:'q^fq m^p qoljm'4 Rbp o^aflp a'`bi(obkqune petite fracture. Le pied fut plâtré. - Vous ne pouvez pas rester seule dans cette grande maison, observa le médecin à sa patiente au vu des résultats médicaux. Que 8
comptez-vous faire ? En juillet et août, les maisons de repos sont archi combles. Je peux quand même essayer de vous trouver une place. - Non. Inutile de vous tracasser, docteur. Madame Raoul, qui j:^fab mlro ibp dolp qo^s^ru abru clfp m^o pbj^fkb2 bpq afpmlkf_ib ^`qrbiibjbkq2 biib jb i:^ afq efbo4 Pb s^fp i:bkd^dbo j^qfk bq plfo grpnr:# `b nrb gb mrfppb a'^j_ribo ^sb` rk mi$qob ab j^o`eb bq abp `^kkbp ^kdi^fpbp4 P:^f rk ileit pliant dans le grenier. Son mari descendra au salon ainsi que le vieux fauteuil Montauban de mon beau-m(ob nr:rk m^o^sbkq `^jlrcibo^4 - Et la nuit ? Etes-slrp `boq^fkb nrb6 - La nuit ? Je dorsJ Rlopnrb2 m^o buqo^loafk^fob2 g:^f rkbinsomnie, je lis bien sagement, sans quitter la tiédeur des draps ! Quant à ma sbppfb2 biib k:bpq mlfkq `^mof`fbrpb2 Ifbr jbo`f! On laissera la porte du jardin entrouverte pour le chien. Elle ajouta : -Yf i:lod^kfp^qflk p:^s(ob _^k`^ib2 gb cerai appel à un service a:^fab # aljf`fib lr # rkb 'qraf^kqb nrf pbo^ o^sfb ab d^dkbo rk mbr a:^odbkq4 -[kb _lkkb plirqflk2 bk bccbq4 R^ cfiib a:rk ab jbp ^jfp bpq bk pb`lkab ^kk'b ab j'ab`fkb4 H:bpq rkb mbqfqb nrf bpq p'ofbrpb4 Yf slrp vous décidez, prévenez-moi. - Entendu. Le docteur Guillet insista : - Au moindre problème, appelezJ F k:fjmloqb nrbiib ebrob6 pro mon portable personnel. Je le laisserai en veille. Vous connaissez mon krj'ol2 k:bpq-ce pas ? - Oui, merci Docteur, répondit Madame Rousselin avec gratitude. Kiib p^s^fq nr:biib mlrs^fq `ljmqbo pro irf abmrfp rkb sfkdq^fkb a:^kk'bp nr:fi i^ plfdk^fq4 Fr _lrq ab abru glrop2 N'i(kb arq ^ajbqqob i:fkprccfp^k`b ab `bp afpmlpfqflkp4 Oi irf c^ii^fq nrbinr:rk # abjbrob4 S^fp biib k:brq m^p besoin de solliciter le médecin. La Providence veillait. Y^ gbrkb p7ro Fkkb irf q'i'melk^2 `ljjb biib ib c^fp^fq ab ilfk bk loin. Sans arrière-pensée, Hélène lui raconta sa mésaventure. Fkkb p:bu`i^j^: -P:^fune solution : ta nièce Mathilde ! Mathilde, la dernière de ses quatre enfants, après trois garçons. Elle expliqua : -S^ cfiib pb objbq afccf`fibjbkq a:rkb sflibkqb d^pqol-entérite qui i:^ obkarb j^i^ab `ljjb rkb _)qb grpqb ^r jljbkq abp bu^jbkp4 Ib 9
`b c^fq2 biib k:^ m^p mr ibp m^ppbo bq bk ^ 'q' qo(p ^ccb`q'b4 P:^ii^fp précisément te demander si elle ne pourrait pas séjourner à Slkqs^iilk nrbinrb qbjmp4 Hbqqb ^kk'b2 biib k:^ ^r`rk molgbq ab vacances. Anne marqua une hésitation. -Pb kb p^fp m^p pf S^qefiab q:bk m^oibo^ a:biib-j)jb6 Xfbk kb s^ plus avec son copain Renaud. La gastro-bkq'ofqb k:bpq p^kp aoute pas 'qo^kd(ob # rkb nr^pf ormqrob4 Gobc2 g:^fjbo^fp nr:biib `e^kdb a:^fo- le climat de Rouen ne lui convient pas -bq a:^qjlpme(ob4 Kiib qb qfbkao^ compagnie et pourra te rendre service en échange de ton hospitalité. Hélène ne cacha pas sa jubilation. Il y avait bien trois ou quatre ^kp nr:biib k:^s^fq m^p sr p^ kf(`b4 - Excellente idée ! Est-biib a:^``loa? - Oui, je lui en ai parlé. Je me doutais bien que tu accepterais. Ksfabjjbkq2 S^qefiab kb p^fq m^p nrb qr bp `ilr'b ^r ifq6 - Je ne suis pas grabataire, fit remarquer Hélène un brin p^o`^pqfnrb4 P:^f _bplfk ab `ljm^dkfb2 m^p ab d^oab-malade. Evidemment, si Mathilde projetait de visiter des châteaux avec moi ! Anne rit. -Tlk2 klk4 S^qefiab ^ i:fkqbkqflk ab pb obposer et de travailler ses cours de sociologie pour la session de septembre. Elle est bûcheuse, tu la connais ! - Je la connais ? OhJ pf mbr6 kb mrq p:bjm)`ebo ab jrojrobo Hélène. Y^ p7ro j'mofp^ i^ obj^onrb bq mlroprfsfq2 a:rk qlk bkglr': - Je lui prête ma voiture. Mathilde prendra la route dès demain à i:^r_b4 -Rb qo^gbq bpq ilkd mlro sbkfo grpnr:f`f2 l_gb`q^ N'i(kb4 -S^ cfiib ^ i:e^_fqrab ab `lkarfob4 Hb k:bpq mirp rkb d^jfkb4 Kiib a vingt-quatre ans. Vingt-quatrb ^kp2 lrf4 Hljjb ib qbjmp m^pp^fq6
Sur la place, les conversationsp:curiosité inciteéternisent. La Hélène à agir. - Mathilde, appelle-t-elle, peux-qr abp`bkaob p:fi qb mi^+q? Tango qui, roulé en boule, dormait sur le canapé sauqb a:rk _lka par terre, oreilles aux aguets. « Une promenade ? Me voilà ! » semble-t-il dire de ses yeux vifs. [k m^p i'dbo a^kp i:bp`^ifbo4La jeune fille apparaît dans i:bk`^aobjbkq ab i^ mloqb4 Kiib bpq s)qrb a:rk 3etjeans » taille basse 10
a:rkdébardeur échancré, en tissu brillant, qui dénude un ventre plat à la peau claire. Mathilde est plutôt petite et menue. Avec ses cheveux châtain clair, coupés au ras des oreilles, et ses hanches étroites, elle a i:^iirob a:rk 'me(_b4 R^ cfkbppb ab pbp qo^fqp bq i^ alr`bro a:rk obd^oa gris bleu laissent deviner une personnalité trop sensible pour ne pas avoir à souffrir des coups bas du destin. - Ton T-shirt a-t-il rétréci au lavageE p:fkclojb i^ q^kqb a:rk qlk taquin en fronçant les sourcils. - Je suis à la mode ! rétorque Mathilde. -R^ jlab6 i^ jlab! Par chance, toi, tu es mince. Quand je vois abp cfiibp mirp nrb olkabibqqbp p:^ccr_ibo ab `bp _lrqp ab qfppr6 Rbrop bourrelets débordent de partout ! Ne se rendent-elles pas compte nr:elles sont ridicules ces pauvres gamines ? -Ib qlk qbjmp2 'sfabjjbkq2 lk p:e^_fii^fq 3classique » : jupe mifpp'b2 `lop^db _lrqlkk' grpnr:^r `lr2 _i^wbo j^ofkb6 -Ib jlk qbjmp2 `ljjb qr afp2 lk k:^ro^fq m^p lp' mloqbo abp vêtements pour « adolescentes-ayant-grandi-trop-vite », des jupes informes qui emmaillotent et vous empêchent de courir et encore moins des falbalas de bohémienne ! Mathilde rit. Hélène esquisse un geste désabusé. - Tu es si jolie : te mettre des guenilles sur le dos serait un crime de « lèse-beauté » ! La nièce rougit de plaisir. -Glk2 obmobka N'i(kb2 gb kb q:^f m^p a'o^kd'b mlro qb m^oib efcclkp6 Zr qo^s^fiiais dans ta chòambre je suppose ? -Tlk4 Pb prfp c^qfdr'b4 P:^f j^i alojf `bqqb krfq4 - Hum ! marmonne la tante en lui coulant un regard en biais. Kiib p:^mmo)qb # alkkbo rk `ljjbkq^fob2 pb o^sfpb bq bk`e^+kb: - Peux-tu aller à la boulangerie acheter une baguette de pain ? - Il reste une moitié de boule de campagne. -Y^kp alrqb2 j^fp g:^fjbo^fp p^slfo mlronrlf ibp Slkqs^iilkk^fp sont si agités « à matin », comme on dit ici. Ç^ k:^oo)qb m^p ab g^`^ppbo sous les fenêtres. - Un tremblement de terre ? Un attentat ? La planète tournerait-elle # i:bksbop abmrfp nrb klrp ^slkp '`lrq' ibp fkcloj^qflkp # i^ o^afl? - Pourquoi pas ? réplique-t-elle, entrant dans le jeu de la plaisanterie. Va, ma chérie, fais-moi plaisir ! Le porte-monnaie est sur le confiturier, à côté du téléphone. Mathilde sourit, amusée. « Voilà bien la province provinciale, se dit-elle. Dans les grandes villes, qui se soucie des allées et venues des 11
voisins ? Ici, où tout le monde se connaît, une voiture écorniflée, une _^d^oob a:fsoldkbp2 rk `e^q ^_^kalkk' bq `:bpq ib _o^kib-bas ! » Tante Hélène a intercepté le petit sourire gentiment moqueur et, sans se fâcher : - Ne pense pas que mon immobilité forcée me porte à des extravagan`bp a:fj^dfk^qflk4 Pb prfp p0ob nrb `bp dbkp kb m^oibkq m^p ab i^ mirfb bq ar _b^r qbjmp4 Slk fkqrfqflk jb qoljmb o^objbkq bq g:^f j)jb mbro nrb6 Kiib k:^`e(sb m^p4 Mathilde, désorientée par la brusque gravité de sa tante, ne trouve rien à riplpqbo bq2 p:^aobpp^kq ^r `efbk nrf p:l_pqfkb # i^ cfubo intensément : - Non, lui dit-biib2 gb kb q:bjj(kb m^p! Dodo, pas bouger ! Tango, oreille basses, se réfugie sous la table.
Quand, dix minutes plus tard, la jeune fille revient, elle est livide. -Wr:v ^-t-ilE p:'`ofb N'i(kb ^i^oj'b4 Mathilde se laisse tomber dans un fauteuil. -Hbqqb krfq6 `bqqb krfq2 _'d^fb-t-biib2 ibp vbru ^do^kafp a:bccolf2 fi v ^ br6 rk jbroqob4 - Quoi ? Que dis-tu ? Un meurtre ? Où cela ? -Kk `lkqob_^p ar qboo^fk ab `^jmfkd2 mo(p ab i^ ofsf(ob2 pf g:^f _fbk `ljmofp4 Zr slfp i:bkaolfq? Z^kqb N'i(kb ^`nrfbp`b4 Kiib `lkk^+q _fbk ibp ifbru mlro p:v )qob promenée tant de foisJ Z^kq ab clfp6Kk `ljm^dkfb ab plk j^of2 grpnr:# `b nr:fi qlj_b do^sbjbkq j^i^ab6 Yrfsob ib pbkqfbo lj_o^d' ab klfpbqfbop2 a:^rikbp bq ab co)kbp ib ilkd ab i^ Rfsette dont le cours pfkrbru `^p`^ab grpnr:# i^ Rlfob2 nrbinrbp hfilj(qobp mirp ilfk4 Surprendre un ragondin, parfois un martin-pêcheur tandis que là-haut, entre les feuillages, sur fond de ciel changeant, planent les busards. Ou bien emprunter un des cheminp ab o^kalkk'b nrf p:bkclk`bkq # qo^sbop _lfp bq ^mbo`bslfo ib m^k^`eb olru a:rk '`robrfi6Ibmrfp i^ jloq ab Rlrfp2 slf`f abru ^kp2 biib k:^ m^p br bksfb a:v obqlrokbo4 I:^fiibrop2 le terrain est très accidenté. Le bourg de Montvallon a été bâti sur une colline et le clocher de i:'difpb bpq sfpf_ib # abp ifbrbp # i^ olkab4 F i:lrbpq2 ^mo(p ibp dernières maisons, les rangs de vigne déclinent lentement en direction ar sfii^db slfpfk4 F i:bpq2 i^ olrqb a'm^oqbjbkq^ib milkdb2 m^o rkb succession de virages,grpnr:^r `obru ar s^iilk l/ `lrib i^ ofsf(ob4 Rb camping, aux installations sanitaires plutôt rudimentaires, se situe un 12
mbr bk obqo^fq ab i^ olrqb4 Oi k:bpq co'nrbkq'2 bk 'q'2 nrb m^o nrbinrbp gbrkbp ab m^pp^db6 -6Uk ^ a'`lrsboq6 rkb cfiib6 jloqb6 sfli'b lr sflibkq'b6 on ne sait pas encore. En tout cas, son corps a été lacéré de coups de couteau ! - Quelle horreur`^o^j_li^db6 rk o(dibjbkq ab `ljmqbpJ [k entre jeunes éméchés ou drogués, après la fête foraine, passe bk`lob6 j^fp rk jbrotre ! A Montvallon ! Qui est la victime ? - Une fille du village, je crois. - Son nom ? -Pb kb i:^f m^p obqbkr4 Mathilde ajoute avec effort : - Une fille de mon âge ou presque. Elle avait vingt-abru ^kp6 Elle enfouit son visage dans ses mains et éclate en sanglots.
Hélène Rousselin contemple sa nièce en silence. Malgré sa curiosité, elle juge inutile de la questionner davantage. R^ mbqfqb bpq qolm _lribsbop'b mlro ^slfo `^mq' a:^rqobp fkcloj^qflkp4 «P:bk ^mmobkao^f a^s^kq^db qlrq # i:ebrob m^o S^a^jb X^lri2 i^ femme de ménage, une native du coin qui sait tout sur tout !... Si la victime est une fille du pays, je dois la connaître, sauf si elle fait partie a:rkb ab `bp c^jfiibp o'`bjjbkq 'q^_ifbp ^r sillage et qui habitent le ilqfppbjbkq abp He^oalkkbobqp6 V^rsob d^jfkb6 p^rs^dbjbkq assassinée. A-t-elle été attaquée par un rôdeur, une bande de voyous surexcités ou un de ces forains dont certains ont une mine patibulaire ? Tlk2 klk6 m^p ab o^`fpjb4 Oi p:^dfq mbrq-)qob a:rk eljjb 3bien sous tous rapports56 p^fpf ab clifb jbroqof(ob6 Z^kq nr:lk k:^ro^ m^p mis la main sur le coupable, je demande à Mathilde de ne pas p:'ilfdkbo abp j^fplkp nr^ka biib molj(kb ib `efbk bq2 proqlrq2 ab kb sortir après dîner sous aucun prétexte. Tango fera son dernier pipi dans le jardin. » Hélène frissonne, de peur rétrospective. Mathilde a passé la soirée avec son ami Renaud. Où sont-ils allés ? Wr:lkq-ils faitE Kiib i:fdklob4 Y^ kf(`b k:^ ofbk afq2 j^fp2 # bk grger par ses yeux gonflés et son air maussade au petit déjeuner, leur obk`lkqob k:^ m^p 'q' abp mirp ebrobrpbp6 «Rb d^o&lk ^ ^r jlfkp br i:'i'd^k`b ab i^ o^jbkbo bk slfqrob grpnr:# i^ mloqb4 F klqob 'mlnrb2 bq j)jb a^kp `bqqb 3calme » région des Mauges, les filles ne peuvent sortir seules la nuit sans courir les mirp do^sbp a^kdbop4 R^ mobrsb6» 13
Mathilde se calme doucement, mais, plongée dans ses réflexions, kb m^o^+q m^p afpmlp'b # _^s^oabo4 Y^ q^kqb pb d^oab a:fkqbosbkfo4 Ir bout de sa canne2 biib ^qqo^mb i:^kpb ab plk m^kfbo # lrso^db bq pb jbq à ourler un torchon taillé dans un drap usagé pour occuper ses mains tout en continuant à réfléchir. La jeune fille est à Montvallon depuis une semaine. Les premiers jours, la tante et lakf(`b k:lkq '`e^kd' nrb abp _^k^ifq'p4 Hljjb biibp kb p:'q^fbkq m^p srbp abmrfp qolfp ^kp2 fi c^ii^fq a:^_loa obklrbo ibp cfip4 Vrfp S^qefiab irf ^ m^oi' ab pbp 'qrabp %mpv`elildfb bq pl`flildfb-2 ab plk a'pfo a:l_qbkfo rk al`qlo^q qlrq bk commençant à travailler. «P:^fjbo^fp2 irf ^-t-elle dit, mener des enquêtes sur des phénomènes de société, par exemple l lkpljj^qflk abp j'k^dbp2 i:'slàirqflk ab i^ c^jfiib2 ^r pbfk a:rk Institut de recherche. » Mais pas un mot de ses démêlés sentimentaux. Prpnr:# efbomatin.
6 Rb q'i'melkb plkkb ^r jljbkq ab m^ppbo # q^_ib4 S^qefiab décroche. Aussitôt, son visage se chiffonne. La tante se doute que Xbk^ra bpq ^r _lrq ar cfi4 Wrbinrbp lklj^qlm'bp 'jfpbp a:rkb slfu contrariée, un «a:^``loa» apparemment extorqué, la jeune fille repose le combiné, se tourne vers sa tante. - Un copain qui souhaite me rencontrer, dit-elle. - Ah ! fait Hélène laconique. Tu parais mécontente. - En effetJ p:bu`i^jb-t-biib olrdb a:fkafdk^qflk4 Fr`rkb bksfb ab le voir ! - Pourquoi as-tu accepté ? - « Il5 kb j:^ m^p i^fpp' ib `elfu4 3Il » prétend se rendre à Rennes `ebw rk ^jf bq slrilfo p:^oo)qbo2 ^r m^pp^db2 mlro 3me dire des choses » ! Pourquoi donc Maman lui a-t-elle donné ton adresse ? - Elle a cru bien faire. Mathilde hausse les épaules. -S^ j(ob p^s^fq mlroq^kq6 Slf2 gb kb a'pfob m^p 3le » rencontrer ! - Alors, rien de plus simple. Quand « il » sonnera à la porte, nous ne lui ouvrirons pas. Mathilde se tait, surprise par le flegme de sa tante. - Tu es au courant ? questionne-t-biib plra^fk2 a:rk qlk soupçonneux. Hélène sourit. -\^drbjbkq4 Z^ j(ob j:^ i^fpp' bkqbkaob nrb qr ^s^fp oljmr ^sb` rk 14
d^o&lk4 Gfbk bkqbkar2 gb k:^fposé aucune question. Je suppose qu :bpq ab irf nr:fi p:^dfq4 Urf E Filoèp2 kb j:bk afp m^p mirp pf qr k:bk ^p pas le goût et agis comme bon te semble. -H:bpq nrb6 `:bpq nrb6gb kb p^fp m^p pf qr mbru jb `ljmobkaob4 - Crois-tu ? rétorque Héi(kb folkfnrb4 P:^f 'q' gbrkb jlf ^rppf! - Les temps ont changé, philosophe Mathilde, et toi, tu devais être rkb gbrkb cfiib l_'fpp^kqb2 `lksbk^_ib bq qlrq bq qlrq6 -Wr:bk p^fp-tu ? coupe-t-elle avec une âpreté inattendue. Oui, nr:bk p^fp-tu ? - Ah ! laisse tomber Mathilde stupéfaite du changement de ton. -R^fpplkp `bi^2 a'`fab N'i(kb ^mo(p rk `lroq fkpq^kq a:e'pfq^qflk en songeant que sa nièce ignore ce qui lui est arrivé autrefois. « En un sens, tant mieux. Mais, le jour où elle posera des questions, je lui répondrai sans détours. » Le désarroi de la jeune fille la remplit de compassion. - Alors ? interroge-t-biib a:rkb slfu ^alr`fb4 Mathilde accepte de se confier.
Renaud, dont elle a fait la clkk^fpp^k`b ilop a:rkb plfo'b lod^kfp'b par des relations communes, est son « petit ami » depuis une dizaine ab jlfp4 Rb gbrkb eljjb2 ab qolfp ^kp mirp $d' nr:biib2 bpq `e^od' ab `ifbkq(ib a^kp rkb _^knrb4 Oi d^dkb i^odbjbkq p^ sfb bq p:bpq obkar acquéreurslfbkq rkba:rk pqrafl ab _lk pq^kafkd4 Rbp gbrkbp dbkp pb lr abru clfp i^ pbj^fkb2 ploqbkq bkpbj_ib2 j^fp k:lkq bk`lob g^j^fp envisagé une existence commune. Mathilde souhaite achever ses 'qrabp bq qolrsb `lkcloq^_ib a:e^_fqbo `ebw pbp m^obkqp l/ ibp poucis a:^odbkq irf plkq 'm^odk'p4 Rrf2 g^ilru ab plk fka'mbka^k`b2 m^o^+q mbr bjmobpp' ab klrbo abp ifbkp mirp aro^_ibp4 Oip sfsbkq alk` i:rk bq i:^rqob rkb obi^qflk p^kp `lkqo^fkqb2 c^fqb ab obk`lkqobp bq ab mi^fpfop faciles. Peu avant ses examens, à la sortie des cours, Mathilde a la j^ibk`lkqobrpb fa'b ab m^ppbo `ebw plk ^jf # i:fjmolsfpqb4 - Le studio est au troisième étage, raconte-t-elle à sa tante, et j)jb p:fi v ^ rk ^p`bkpbro a^kp i:fjjbr_ib2 gb jlkqb qlrglrop # mfba4 Hljjb g:^jlo&^fp ib abokfbo qlrok^kq2 g:^f bkqbkar p:lrsofo i^ mloqb a:bkqo'b bq Xbk^ra afob: « A bientôt, chérienrf p:bpq5 # nrbinr:rk bkdlrcco' a^kp i:^p`bkpbro4 [kb cbjjb p0objbkq4 -R:^pinterrompt Hélène.-tu vue ? -Tlk6 j^fp i^ slfu ab Xbk^ra ^vait cette inflexion tendre et j)jb6 `^obpp^kqb nr:fi ^almqb # abp jljbkqp _fbk m^oqf`rifbop 15
^mo(p6 ^mo(p6 -Fmo(p i:^jlro? ose suggérer Hélène. Mathilde rougit violemment en hochant la tête. -P:^f 'q' qbiibjbkq p^fpfb2 mlroprfq-ellb ^sb` bccloq2 nrb g:^f a0 j:^mmrvbo # i^ o^j_^oab ab i:bp`^ifbo4 Slk `7ro _^qq^fq # pb oljmob6 jbp g^j_bp qobj_i^fbkq4 P:^f a:^_loa slrir j:bkcrfo4 Lfk^ibjbkq2 ^mo(p nrbinrbp jfkrqbp2 g:^f plkk' # i^ mloqb4 Xbk^ra ^ paru très contrarié de me voir. « Je te dérange ? » ai-je demandé. Il a répliqué : «Wr:bpq-`b nrf q:^j(kb? Nous devions nous voir demain. » «ar m^ocrjKk jb o^mmol`e^kq ab irf2 g:^f pbkqf abp obibkqp capiteux qui flottait après le passage de cette femme. Comme si sa peau en avait éq' fjmo'dk'b6 Oi ^ slrir j:bj_o^ppbo2 j^fp gb jb prfp écartée avec violence et je lui ai tout jeté à la figureC i:labro2 ib 3A bientôt chérie56 Oi ^ br ib qlrmbq ab ofob6 ab jb m^oibo a:rkb collègue de travail venue lui apporter un dossier urgent. Il mentait ! Jamais il ne ramène des documents professionnels chez lui ! Le « chérie »E [kb sfbfiib mi^fp^kqbofb bkqob bru4 F a:^rqobp! Il a essayé ab j:bkqo^+kbo a^kp i^ `e^j_ob2 p^kp alrqb mlro jb `^ijbo4 R^ mi^`b était peut-être encore chaude ! Le salaud !Pb jb prfp a'_^qqrb bq g:^f `lror mlro j:'`e^mmbo4 R^ mloqb ^ `i^nr'4 V^o i^ prfqb2 fi ^ qbkq' plusieurs fois de me téléphoner. Dès que je reconnaissais sa voix, je raccrochais. Je hais les menteurs ! Je les hais ! Ç^ j:^ obkarb j^i^ab `bqqb efpqlfob6Kq ^rglroa:erf2 fi sfbkq jb obi^k`bo2 f`f2 `ebw qlf! Quel culot, non mais, quel culot ! Ibp j^o_orobp2 molslnr'bp m^o i:'jlqflk2 j^onrbkq ib `lr ab i^ jeune fille. Hélène la laisse se calmer. - Si je comprends bien, lui dit-biib2 qr k:^p g^j^fp clrokf # `b d^o&lk i:l``^pflk ab p:bumifnrbo4 -Oi k:^ ofbk # j:bumifnrbo4 R:^cc^fob bpq `i^fob! Il me trompe avec cette garce de collègue et, en plus, me prend pour une idiote ! «Ybp o'^`qflkp bu^`bo_'bp qbkao^fbkq # a'jlkqobo nr:biib i:^fjb toujours,plkdb i^ q^kqb4 Oi s^rao^fq jfbru mlro biib nr:fip `i^ofcfbkq la situation. Sinon, elle va continuer à se torturer. » - Accorde-`lkpbfiiirf `bq bkqobqfbk nr:fi qb o'`i^jb2 e-t-elle et tu p^ro^p # nrlf q:bk qbkfo4 F nrbiib ebrob ^-t-fi afq nr:fi sfbkao^fq demain ? -Kkqob nr^qob bq `fkn ebrobp i:^mo(p-midi. -Yf g:^s^fp 'q' s^ifab2 g:^ro^fp jfp ib obw-de-chaussée à votre disposition pour vous permettre de discuter en tête-à-q)qb4 N'i^p6 - Aucune importance. Nous trouverons bien un coin tranquille et6 16