La vestale d'Epona (Harlequin Luna)

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La vestale d'Epona, P.C. Cast

Depuis l'enfance, Morrigan entend des voix. Amicales ou hostiles, elle la perturbent et l'intriguent, car la Jeune fille, élevée dans un ranch de l'Oklahoma, ignore tout de ses origines sacrées et du destin tragique de sa mère, la prêtresse déchue. Mais un Jour, dans une grotte d'albâtre où elle s'est rendue, poussée par une force inconnue, un éboulement la projette contre une paroi et la transporte dans un univers étrange : Partholon. Accueillie par des êtres bienveillants qui voient en elle leur grande prêtresse et la désignent comme la vestale « porteuse de lumière », Morrigan comprend que ce royaume est celui de Rhiannon, sa mère, et d'Epona, la déesse, dont elle reconnaît à présent les voix tendres et rassurantes. Pourtant, malgré son bonheur d'avoir trouvé sa place dans ce monde qu'elle sait être le sien, malgré son amour tout neuf pour Kegan, le grand chaman, Morrigan ne parvient pas à se sentir en paix. Car une autre voix s'élève toujours en elle, inconnue celle-là. Insistante, enjôleuse, elle tente à chaque instant de la pousser à la colère et au sacrilège ; comme si quelque esprit malfaisant l'habitait et tentait de faire d'elle « sa chose », l'instrument destructeur de sa vengeance contre Partholon...

Publié le : dimanche 1 mars 2009
Lecture(s) : 11
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280276474
Nombre de pages : 496
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Pour ma belle-mère, papa, maman Cast,
et mes deux éminences grises, j’ai nommé Mama Parker et Richard Parker.
Le Moustique vous embrasse fort.

Prologue

Elle n’était pas morte.

Mais elle n’était pas vivante.

Peut-être avait-elle passé ainsi plusieurs années à la lisière de l’existence, suspendue entre les deux mondes, dans une sorte de stase ? Elle l’ignorait. Cela aurait sans doute pu durer éternellement, mais une vie pulsait dans son ventre et la colère grondait dans son cœur. Avant même de se rappeler qui elle était, elle se souvint d’avoir été trahie.

Oui, abandonne-toi à la colère…

Cette voix dans son esprit n’était pas la sienne et pourtant elle lui sembla étrangement familière. Elle s’y accrocha comme un naufragé à une bouée afin de réunir les morceaux épars de son identité. Qui était-elle ? Où était-elle ? Qu’est-ce qui lui était arrivé ?

Elle ouvrit les yeux sur un univers de ténèbres. Elle sentit comme un poids peser sur elle, comme si son corps était plongé dans une eau tiède. Elle eut une bouffée de panique, mais parvint à se reprendre. Non, si j’étais sous l’eau, je ne pourrais pas respirer. Je dois être morte. Morte et enterrée pour l’éternité, en rétribution des crimes qu’elle avait commis mais dont elle n’avait aucun souvenir.

De nouveau l’enfant remua dans son ventre.

Les morts ne peuvent pas porter d’enfant.

La panique manqua de nouveau la submerger, mais elle la musela et la tint en laisse. Ça ne sert à rien de paniquer, il faut réfléchir, être méthodique, c’est comme ça qu’on triomphe de l’adversité. C’est ainsi qu’elle avait toujours triomphé de tout.

Jusque-là.

Elle avait été trahie, mais par qui ? La colère monta en elle de nouveau, et elle s’y abandonna, laissant s’exprimer sa peur et son impuissance.

Oui, laisse la colère te purifier…

Peu à peu, elle commença à revenir à elle, à reprendre conscience de son corps, son esprit sortit de son engourdissement. La colère continua de croître, jusqu’à ce qu’elle sente sa chaleur l’entourer, insufflant en elle une énergie nouvelle.

J’ai été trahie… J’ai été trahie… J’ai été trahie…

Les mots tournaient en boucle dans son esprit, faisant resurgir des souvenirs, lézardant les murs qu’on avait dressés autour d’eux.

Un château au bord de la mer.

Un temple aux murs de marbre d’une grande beauté et d’une puissance phénoménale.

L’appel de la déesse.

C’est ça ! Oui, la déesse… Elle était l’Elue d’une puissante déité.

Rhiannon…

Le nom jaillit dans son esprit, ramenant brusquement à la surface tous ses souvenirs, submergeant les digues que l’on avait bâties pour les contenir.

J’ai été trahie par la déesse !

Rhiannon se souvint de tout, de chacun des choix qu’elle avait faits tout au long de sa vie, et dont la somme avait fini par lui mettre la déesse Epona à dos. Elle se souvint du viol rituel qu’elle avait enduré en guise de rite de passage, elle se rappela comment Epona, éternellement insatisfaite, lui demandait toujours davantage. Personne dans le monde de Partholon ne l’aimait vraiment, ils la révéraient, ça oui, mais elle n’était à leurs yeux qu’un avatar d’Epona. Elle se souvint comment le Sommeil Magique avait induit chez elle la vision des Démons Fomorés s’infiltrant à l’intérieur de la Citadelle des Gardiens et complotant à la destruction de Partholon. Les murmures lui revinrent à la mémoire, quand les ténèbres lui avaient chuchoté qu’il existait une autre voie que celle qu’elle suivait… Un autre monde… D’autres choix. Elle avait eu la vision de cet autre monde par la grâce de cette voix ténébreuse qui murmurait à son oreille. Elle avait alors décidé d’échanger sa place avec Shannon Parker, une jeune femme originaire de ce monde qui lui ressemblait comme une sœur jumelle.

Rhiannon se sentit frémir à mesure que les souvenirs resurgissaient. Clint, le chaman sur qui elle était tombée dans ce nouveau monde, et qui était le portrait craché de ClanFintan, le Grand Chaman de Partholon, avait refusé de l’aider à s’emparer du pouvoir de ce monde étrange où la technologie remplaçait la magie et où cette dernière demeurait ignorée de tous. Elle avait donc dû recourir à de sombres puissances afin de conjurer un serviteur qui l’aurait aidé dans cette tâche, mais quelque chose avait mal tourné. Clint avait invoqué Shannon afin qu’elle revienne de Partholon et tous deux s’étaient ligués contre elle. Les arbres l’avaient désavouée, élevant Shannon au rang d’Elue d’Epona, enfant bien-aimée de la déesse.

Epona l’avait rejetée, elle avait cessé de la considérer comme son Elue et lorsque Rhiannon avait pris conscience de cette trahison, quelque chose en elle s’était brisé. Elle s’était sentie abandonnée, terrifiée, et la blessure ne s’était jamais totalement refermée, même si la douleur s’était un peu apaisée.

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