La veuve blanche

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Cet ouvrage oeuvre pour l'éducation de la jeune fille. Un village rigoureux dans l'application des règles et lois ancestrales, rétrogrades et draconiennes. Une jeune veuve moderne, dynamique et travailleuse qui défie lesdites lois. Un cocktail délicieux de personnalités, de courage, d'ambitions, d'amour et de réussite sociale, qui se sirote comme du pastis au bord du fleuve Sanaga.
Publié le : jeudi 1 mai 2014
Lecture(s) : 20
EAN13 : 9782336347523
Nombre de pages : 120
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Pierre Bedel Mbella
La veuve blanche
Lettres camerounaises
La veuve blanche
Lettres camerounaises Collection dirigée par Gérard-Marie MessinaLa collectionLettres camerounaisesl’avantage du présente positionnement international d’une parole autochtone camerounaise miraculeusement entendue de tous, par le moyen d’un dialogue dynamique entre la culture regardante – celle du Nord – et la culture regardée – celle du Sud, qui devient de plus en plus regardante. Pour une meilleure perception et une gestion plus efficace des richesses culturelles du terroir véhiculées dans un rendu littéraire propre, la collectionLettres camerounaises s’intéresse particulièrement à tout ce qui relève des œuvres de l’esprit en matière de littérature. Il s’agit de la fiction littéraire dans ses multiples formes : poésie, roman, théâtre, nouvelles, etc. Parce que la littérature se veut le reflet de l’identité des peuples, elle alimente la conception de la vision stratégique. Déjà parus Ginette MINTOOGUE,Renaître. Regard vers le passé d’une adolescente, 2014. Patricia NOUMI,Aimer sans réserve, 2014. Marcelline Nnomo ZANGA,De la parole à l’écriture en Afrique, 2014. Josiane NGUIMFACK ZEUFACK,Lueur en flamme, 2014. Charles SOH,Ici, ce n’est pas comme là-bas,2014. Paul Emmanuel BASSAMA OUM,Un cheveu sur la soupe, 2014. Alain ABOUNA NOAH,Au-delà des tourments, 2013. Joseph SOP,Une parodie de justice, 2013. Éric ONANA AWOMO,Et si tu étais nègre, Nicolas ?, 2013. Jean André MANGA,Naître fille est-il une condamnation ?,2013. Diane DESCOTEAUX, Gervais de Collins NOUMSI BOUODPA, La luciole attend la nuit pour briller, 2013. Dongmo FEUGAP,Señoratou,2013.
Pierre Bedel Mbella
La veuve blanche
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02681-7 EAN : 9782343026817
Pierre Bedel Mbella La veuve blanche A Mon père Ma mère Mon épouse Mes enfants Mes amis Ma famille Toutes les personnes qui me connaissent. «Les lois devraient se vêtir d’amples boubous pour faciliter leur toilettage dans le temps ».
I
Manga Djocki était loin d’imaginer son sort dans le village PongoTongo, lui qui était plein d’enthousiasme et de volonté pour aider la veuve de son ami et cousin, Elenda Kossi. Pourtant, il avait fini ses courses très tôt et avait pris le car de 16h. Au marché de Ngombé, il avait acheté dela viande de bœuf,du poissonmaquereau, des savons ;bref, des petites choses nécessaires pour le village. Il avait fait les dépenses pour vingt mille francs. C’était beaucoup pour unemototaxi, mais c’était nécessaire. Depuis l’enterrement de son défunt cousin et ami, il n’avait jamais rendu visite à sa veuve. Il avait totalement oublié que la saison des pluies était très rude pour les transporteurs entre Ngombé et PongoTongo. Trente kilomètres de route qui, en saison sèche, se font normalement en une heure de temps, sur ce tronçon non bitumé. Ce foutu mauvais temps lui avait fait passer six heures à cause des bourbiers. Il fallait tout le temps descendre pour pousser le véhicule. Etles femmes ne poussent pas. Le car le déposa finalement à 22h au carrefour PongoTongo. A un kilomètre du village. Il marchait sur le sentier en pensant à la joie qu’éprouverait la veuve en le voyant chargé comme un mulet. Surtout quand elle découvrira les colis. Viande de bœuf et poissonmaquereau étaient idolâtrés au village. En plus, il y avait du riz, des macaronis et del’huile raffinée. De la bonne bouffe quoi ! Il faut vraiment aimer quelqu’un pour le faire, surtout à cette époque où les fonctionnaires souffraient de la baisse drastique des salaires. Il s’était sacrifié pour la veuve en mémoire de son mari. Elle saura au moins que quelqu’un pense à ellecette terre des sur hommes ingrats. Elenda était son complice. Ils avaient présenté le concours de la gendarmerie ensemble. Il y
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avait malheureusement échoué. Mais,chaque fois qu’il venait en congé, ils bourlinguaient et dormaient ensemble à Ngombé avant son départ au village. Sa veuve sera certainement contente. Il arriva au village vers 22h30mn. Tout le monde dormait dansl’obscurité totale. Il s’arrêtadevant la case de la veuve et toqua à la porte.  Qui est là ? C’est moi.  Toi qui ?  Moi, MangaDjocki, l’ami et cousin de ton feu mari. C’est moi qui suis àNgombé. Je viens d’arriver avec le dernier car.  Qui veuxtu voir ?  Toi! C’est toi que je suis venu voir! Elle alluma la lampetempête et ouvrit la porte. Manga était debout, au seuil, chargé de deux gros sacs pleins à craquer. Elle s’écarta du chemin pour le laisser entrer. Tu me reconnais maintenant non ?  Oui, mais je ne vois pas pourquoi tu débarques ici la nuit pour me rendre visite.  Je devais être ici vers 17h et rentrer aussitôt. Mais la route est très mauvaise. Le car s’est embourbé plusieurs fois. Manga lui tendit la main pour un bonsoir sympa. Elle l’ignora. Il futsurpris et remarqua qu’une peur bleue la terrassait. Elle ne l’invita même pas à s’asseoir. Il était debout devant elle comme un intrus.
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J’arrive,lui ditelle et elle sortit. Elle alla réveiller le père de son défunt mari.  Papa, il y a le fils de Djockiqui vient d’arriver chez moi, sous prétexte qu’il vient me rendre visite. Lequel ?  Celui qui était parfois avec Elenda. Tu te souviens que tu avais dit à mon mari de ne plus le côtoyer à cause de son père.  Oui, je me souviens. OK, attendsmoi, nous allons voir ça. Il entra dans sa chambre, prit quelque chose dans son armoire de lit, et le mâcha. Il en tendit une poignée à sa bru.  Avale le jus de cette herbe. Fais la prière que tu connais le mieux. Quelques minutes après, ils entrèrentdans la case du feu Elenda. Manga était toujours debout, se demandant ce qui lui arrivait.  Bonjour mon fils! Assiedstoi. Qu’estce que tu es venu faire ici ?  Mais papa, je suis venu apporter quelques provisions à Martine, notre veuve. Depuis l’enterrement, jene suis plus passé. Qu’y atil de grave ?  Et qu’estce que tu as apporté comme provisions ? C’est dans les sacs.  Ouvreles. Manga ouvrit les sacs. Premier sac :  de laviande de bœuf;  7
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