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La vie de Sarah

De
180 pages
Sarah est née d'une histoire d'amour d'un couple mixte. Elle se retrouve entre deux cultures et doit se battre pour trouver sa place dans la société.
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Keed J. Kendall
La vie  de Sarah
Lettres des Caraïbes
Roman
a vîe de Sarah
Lettres des Caraïbes Fondée par Maguy Albet, cette collection regroupe des œuvres littéraires issues des îles des Caraïbes (Grandes Antilles et Petites Antilles essentiellement). La collection accueille des œuvres directement rédigées en langue française ou des traductions. José ROBELOT,Une si longue lettre d’amour et d’autres paroles...,2016. Jean Eddy GUILLOTEAU,Les Lauriers de Bertha, 2016. Joscelyn ALCINDOR,L’île aux fruits amers, 2016. Samy SOLIMAN,Paradis ou enfer au temps de mon enfance,2016. Josette SPARTACUS,Négropolitude, 2016. Ernest MOUTOUSSAMY,A la lumière de l’alphabet ou le combat des enfants des champs de canne à sucre, 2016. Prosper PLUMME,Des nouvelles de la solitude, 2016. René-Claude MINIDOQUE,Le champ des Picolettes, 2015.Vincent GODEAU,L’enfant imaginé, 2015.George LENO,Les illusions du sang, 2015.Ces dix derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site www.harmattan.fr
KEED J. KEnDàLL
la vie de sarah
Du même auteur De la rivière à la scène, L’Harmattan, 2003, Prix littéraire des Caraïbes 2005. Soumarou, L’Harmattan, 2009.
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-09890-6 EAN : 9782343098906
Nous vivons tous de la même hypocrisie...
Phîosophîe de uîgî Gîoé
CHàpItRE 1
- ... Eh, eh attendez-moî !
Troîs îes quî marchaîent tout en dîscutant e ong du trottoîr du ycée Pau Euard se sont retournées puîs ont stoppé eur marche. Quand Sarah, quî es avaît înterpeées, est arrîvée À eur hauteur, une des troîs uî a demandé : - Aors, qu’est-ce qu’î t’a dît ?... - C’est un reou; î m’a aît essuyer ’tabeau et pendant que j’essuyaîs î m’a dît d’arrêter de parer pendant ses cours sînon î va convoquer mes parents. Y’a pas que moî quî pare en casse !... Tout Ça À cause de ce connard de Jean-Pîerre. - S’î voît que toî quî pare, c’est peut-être qu’î t’aîme. - ï aîme sa mère, ouî. - Tu saîs, î y a des pros quî tombent amoureux de eurs éèves... - Arrêtez de dîre n’împorte quoî parce que moî j’’aîme pas.
En reprenant eur marche, ees ont contînué À charrîer e pro À quî ees trouvaîent toutes sortes de déauts pour ne pas uî accorder de sympathîe. Ees en rîgoaîent À mort. A un moment ’une d’ees a demandé :
- Quequ’un a de ’argent pour qu’on aîe s’acheter des bonbecs À a bouangerîe ? - Moî, j’aî un euro et queques... - Moî, j’aî quatre-vîngts centîmes. - Et toî Sarah t’as combîen ? - Je croîs qu’î me reste un euro. - Bon ben venez, on y va !
Ees sont rentrées dans a bouangerîe, ont acheté dîférentes sucrerîes avec eur petîte monnaîe. Après avoîr dît au revoîr À a bouangère, sur e trottoîr ees se sont partagé es bonbons À parts égaes, puîs on ne es a pus entendues. Ees mâchaîent eurs gommes en sîence. à ’entrée de a résîdence, devant un panneau où étaît écrît « Proprîété Prîvée », Sarah et une de ses copînes sont partîes À gauche et es deux autres À droîte, en se dîsant « A demaîn ». Arrîvée près de son bâtîment, Sarah a saué sa copîne quî est partîe en dîrectîon du bâtîment d’À côté. C’étaîent des constructîons quî dataîent d’une quînzaîne d’années, d’une hauteur de huît étages avec de grands bacons et de grandes enêtres quî aîssaîent entrer a umîère dans es appartements. Sarah est rentrée dans son ha, ee a ouvert sa bote aux ettres, a prîs e courrîer quî s’y trouvaît. Puîs, en euîetant es ettres, ee a appuyé sur e bouton de ’ascenseur quî s’est ouvert devant ee. Ee a appuyé sur e bouton de son étage, ensuîte ee s’est regardée dans e mîroîr en pensant À ce que ses copînes uî avaîent dît au sujet du pro. En se parant À ee-même, ee s’est dît : - Je saîs que j’suîs bee, maîs c’est pas avec ce vîeux con de pro que je veux aîre ma vîe. ï peut toujours rêver.
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a porte de ’ascenseur s’est ouverte. Après un dernîer regard dans e mîroîr, ee a sortî ses cés de sa poche. Ee a aît cînq pas comme d’habîtude pour arrîver À a porte de chez ee. Après avoîr ermé a porte, dans e couoîr en aant vers a sae À manger, ee a dît en haussant un peu a voîx : - Maman, j’aî prîs e courrîer !
Personne n’a répondu. Pourtant ee savaît que sa mère et son père étaîent en congé ce jour-À. Que son père ne soît pas À, c’étaît norma, puîsque quand î étaît de repos î ne restaît pas souvent À a maîson, î aaît voîr ses copaîns. Maîs sa mère, même sî ee avaît queques courses À aîre À Parîs, ee étaît toujours À quand Sarah rentraît de ’écoe. Ee a trouvé Ça înhabîtue de a part de sa mère. Ee a regardé dans toutes es pîèces de ’appartement : rîen. Aors qu’ee retournaît dans a sae À manger, quequ’un a sonné À a porte. Ee a regardé dans ’œîeton, c’étaît sa voîsîne de paîer. Ee avaît un regard trîste. Sarah a ouvert a porte et uî a dît bonjour en se demandant ce qu’ee vouaît. a voîsîne, avec une voîx peîne de pîtîé, uî a dît : - Ton père m’a dît de m’occuper de toî quand tu arrîveras ! - Pourquoî ?... a voîsîne est restée sans réponse. - Ee est où ma mère ?... - Je ne saîs pas, maîs ton père î est au commîssarîat. En partant î m’a dît de veîer sur toî pendant son absence. Je pense qu’î ne va pas tarder À revenîr.
Sarah ’a aîssée entrer dans ’appartement. Pendant un court înstant, en aant vers a sae À manger, ee a pensé À un accîdent
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