La vie secrète de Mamie Genoveffa

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Lorsque l'auteur prend connaissance du journal intime de sa grand-mère, Genoveffa, il comprend pourquoi le manuscrit avait été gardé secret dans un tiroir et pourquoi son père aurait souhaité qu'il fût brûlé : Mamie Genoveffa n'avait pas eu l'existence totalement rangée qu'on attendait alors d'une femme mariée et sa vie amoureuse avait été plutôt intense. En outre, cette femme de caractère s'exprimait sans détour sur le sujet.
Publié le : lundi 5 octobre 2015
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EAN13 : 9782336393124
Nombre de pages : 178
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. Trevor ZAHRA
La vie secrète . de Mamie Genoveffa Roman
traduit de l’anglais par Roland Viard
La vie secrète de MamieƤenoveffa
copyright © 2008 Trevorĩahra, première édition en maltais chez Merlin Editeurs (Merlin Publishers Ltd, www.merlinpublishers.com)
copyright traduction française © Roland Viard 2015
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Parishttp://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-07009-4 EAN : 9782343070094
Trevorĩahra
La vie secrète
de MamieƤenoveffa
traduit de l'anglais par Roland Viard
Titre original : Il-ƪajja Siƥrieta tan-NannaƤenoveffa
L’Harmattan
Remarque orthographique sur la langue maltaise : l’orthographedes mots maltais a été ici respectée, que ce soit pour les noms communs ou les noms propres. Le maltais possède certaines lettres qui n’existent pas en français. A titre indicatif, la prononciation des consonnes spécifiques que l’on rencontre le plus souvent dans cet ouvrage est la suivante: le  (ou ) se prononce « dj » (comme dans le prénom Johnny) et le  (ou ) se prononce «tch » (comme dans tchintchin) ; quant au , figurant dans le nom de l’auteur, il se prononce comme le Z français Notes de bas de pages : certaines notes ont été traduites de l’édition anglaise, elles sont alors signalées par un astérisque (*) ; les autres notes sont du traducteur et sont signalées par un chiffre (1)
Courte préface, rédigée par Renzo Camilleri Manduca Ne sautez pas cette partie, ainsi qu'on le fait habituellement, sinon ce qui suit n'aura pas de sens ! "Dans le passé, la femme vivait protégée. Elle était douce et humble. Si elle restait célibataire, elle ne s'occupait que de sa mère,son père, ses frères et ses sœurs. Elle s'activait et faisait de son mieux pour que la famille reste unie et que tous vivent ensemble en harmonie. Si elle se mariait, son cœurdébordait alors d'amour pour ses enfants et son mari ; elle travaillait de l'aube au crépuscule, prenant soin d'eux, faisant en sorte qu'ils soient satisfaits et subvenant à tous leurs besoins." M.G Abela - L'ancien temps - 1903 Il n'y a pas plus gros mensonge que celui-ci... bien plus gros qu'une cheminée de pétrolier. Mais si par hasard vous le croyez, je ne vous blâmerai pas. Il fut un temps où, moi aussi, je pensais de la sorte. C'était avant que le manuscrit
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de Mamie Ƥenoveffa ne tombe entre mes mains. Je ne veux pas dire que ma grand-mère n'aimait pas son mari ni ses enfants, mais elle n'était pas ce qu'on appelle "douce", ni uniquementpour s'occuper de sa famille et en prendre là soin. J'imagine qu'après avoir lu le manuscrit, vous en arriverez à la même conclusion. _____ Mamie Ƥenoveffa perdit sa mère alors qu'elle n'était encore qu'un bébé de dix-huit mois. Son père, mon arrière-grand- père, Attilio Manduca qui, au dire de tout le monde, se consacrait totalement à la gestion de son entreprise de draperie et à la lecture de romans de gare, n'était pas capable de s'occuper d'un bébé. Il se tourna donc immédiatement vers sasœurFawstina pour qu'elle lui vienne en aide. Elle avait alors quarante ans, était vieille fille et plus sainte que la Bienheureuse Maria Goretti, statut qu'elle devait autant à sa laideur qu'aux scrupules exagérés auxquels elle était accrochée de façon stricte. C'est ainsi que Fawstina en vint à quitter sa maison et son ancienne vie, pour venir habiter avec son frère Attilio. Bien qu'elle restât chaste jusqu'à sa mort, elle devint la mère adoptive de Ƥenoveffa. Attilio ne se remaria jamais (même si, d'après mon père, il n'arrêtait pas de passer d'un lit à un autre). Il envoya sa fille à l'école tenue par les sœurs à Sliema, école qui avait ouvert ses portes peu de temps auparavant. Là, Ƥenoveffa apprit l'anglais, l'italien, le français, l'arithmétique, l'histoire et la géographie, ainsi que les choses de la vie, de façon assez fouillée. Elle apprit aussi que lessœursse détestaient entre elles et avaient l'habitude de conspirer les unes contre les autres.
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D'après ce que mon père me raconta, mon arrière-grand-père Attilio fit se déchaîner les éléments le jour où il découvrit que sa fille, Ƥenoveffa, rencontrait en secret Zanzu, le fils du ferblantier, connu sous le nom de Pietru tal-Landier. Pas seulement parce que Ƥenoveffa avait dix-sept ans et Zanzu trente et un. Ni parce que la famille de mon arrière-grand-père était riche alors que Zanzu était un simple charpentier employé sur les docks, travaillant au noir comme serveur et acceptant tous les travaux qu'on pouvait lui donner. Ni parce qu'une dessœurs de Zanzu travaillait comme domestique dans une famille anglaise. Mais parce que, avant tout, il voyait du plus mauvaisœille fait d'être associé à Kalƛidon, le grand-père de Zanzu. Bien que Kalƛidon reposât pour l'éternité depuis vingt ans, sa réputation en tant que plus grand ivrogne du pays restait inégalée dans l'histoire du village... C'était lui qui avait fracassé la tête du chien devant la statue de Saint Rocco sur la place du village et lui qui avait fait tomber la casquette du sergent Demicoli la veille de la fête de l'Assomption de la Vierge Marie. C’étaitlui encore qui pouvait se mettre à inspirer à fond, rentrer son ventre et lâcher des pets autant de fois qu'il le voulait. Mais Ƥenoveffa refusa de prêter attention à quoi que ce soit. Elle voulait Zanzu, avec tous ses petits défauts. Quand son père fut à bout de solutions et menaça de l'enfermer dans un couvent, comme cela arrivait fréquemment dans les histoires d'amour gothiques qu'il aimait lire, Ƥenoveffa s'enferma aussitôt sur le toit, grimpa sur la tourelle et, ayant attiré une foule de curieux, déclama devant la moitié du village que si son père ne la laissait pas épouser Zanzu, elle mettrait fin à ses jours en sautant dans
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