La vierge de New-Bell

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Espérance est l'aînée d'une famille monoparentale. Son bac en poche à dix-neuf ans et la tête ivre d'ambitions, elle détient de surcroît un certificat de virginité valide. Cette pièce fait d'elle un spécimen féminin rarissime à New-Bell, quartier purgatoire où le dénuement étrangle la population. Mais quand le tissu social est pourri et que la morale demeure rebelle à toute cure d'austérité, comment ramer à contre-courant et se prémunir contre le chaos de l'inconscience collective ?
Publié le : mardi 1 janvier 2013
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EAN13 : 9782296512733
Nombre de pages : 218
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La vierge de New-Bell
Encres Noires Collection dirigée par Maguy Albet et Emmanuelle Moysan
La littérature africaine est fortement vivante. Cette collection se veut le reflet de cette créativité des Africains et diasporas.
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Marcel Nouago Njeukam       
La vierge de New-Bell  
  
                       
 
Du même auteur
Poto-Poto Phénix , Roman, LHarmattan, 2009                           
© LHarmattan, 2012 5-7, rue de lEcole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-336-00893-6 EAN : 9782336008936
 
 A mes parents,
 Comme un témoignage de piété filiale.
 Parfois, écrire les mots sur la page blanche fait prendre conscience de leur incapacité à dire la cruauté des choses. Ils en deviennent indécents, obscènes, odieux, inutiles. Juste un fatras de gribouillages venimeux, vipérins. () Mais non ! il nest pas question de laisser sa main rester inerte devant ce cataclysme, ce fatalisme, qui mènent tout droit à labattoir. () Parce que seul le silence est haïssable dans ces cas-là. Dire, épeler, nommer les choses par leur nom est la seule attitude capable de calmer cette affreuse démangeaison au niveau du cortex, parce que les mots non-dits peuvent macérer, pourrir, tourner comme du mauvais lait, noircir très vite comme du mauvais sang.
 
                                                       
 Rachid Boudjedra
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 A cette époque, Happi Espérance était mue par un vouloir-vivre. Les fourches caudines de la misère labélisée New-Bell en étaient le ferment. Elles avaient knock -outé et laissé au bord de la route la plupart des jeunes de sa génération touchés par léchec scolaire. Leur filiation paternelle était toujours lobjet de controverse, quand elle ne savérait pas opaque. Alors quelle était encore à écrire, leur existence avait déjà lair dune abstraction béante et bruyante. Ils étaient laminés par le rouleau compresseur social et semblaient condamnés à vivre à la petite semaine, afin dêtre encore de cette portion du monde. Ils loccupaient sans droit ni titre, comme des squatters. Englués dans la boue de la misère corrosive et marqués au fer rouge tels des animaux, les garçons recouraient à des stupéfiants pour sévader de leur petite vie qui était un tissu déchecs. Toutefois, ces substances savéraient de décevants palliatifs. La plupart de ces loosers  pathétiques étaient aussi désespérés que les personnages de Pedro Almodovar. Dès lors, ils sétaient ensevelis presque dans le linceul de la résignation. Lentement mais sûrement, ils sétaient établis dans le paradigme de limmobilisme.  A dix-neuf ans, Espérance caressait des projets davenir. Elle ambitionnait de devenir journaliste ou écrivaine, quoique sa sensibilité littéraire ne fût pas encore affinée. Des métiers nobles, en avait-elle la conviction. Elle prêterait sa voix aux petites gens en vue dexprimer leurs malaises mais aussi leurs espoirs. Elle avait déjà ses modèles. Deux femmes de caractère que les hommes échouent à tenir en laisse et qui secouent leurs surs soumises. Deux « Grande Royale » à leur manière. Lune est une femme de média reconnaissable à son look

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