La voie de l'orphelin

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Pierre est orphelin de guerre, il est placé dans une école « d'enfants de troupe » à l'âge de six ans, aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale. Malgré son intention de servir dans les unités d'élite, il tourne le dos à une carrière militaire, à la suite des événements d'Alger, en 1961. Il choisit alors, en tant qu'ingénieur en hydraulique, de rejoindre une tribu touareg dans le désert du Nord-Mali, en révolte contre le pouvoir central, dans les années 1963-1964. À travers des épisodes parfois dramatiques et des rencontres, il va découvrir sa propre humanité.
Publié le : vendredi 5 février 2016
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EAN13 : 9782140001888
Nombre de pages : 170
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Fils et petit-Ils de « gueules cassées » lors des deux dernières grandes guerres et lui-même ancien « enfant de troupe », tire ce roman de certaines réLexions sur la condition humaine. Après s’être engagé cinq ans dans une unité parachutiste, il a suivi une carrière de pilote dans l’aviation civile et, à ce titre, effectué des séjours dans les zones désertiques du Sud-Sahara. À la suite de ces épisodes et pendant ses activités de pilote de ligne, dans les domaines du fret en particulier, il a suivi un parcours d’études littéraires, comportant, outre une licence d’arabe, une licence de lettres modernes et une maîtrise de philosophie.
Alain Cervoni
La voie de l’orphelin
Roman
La voie de l’orphelin
La voie de l’orphelin
Écritures Collection fondée par Maguy Albet Sanchez (Patricia),L’Aube d’été, 2016. Labrique (Myriam),L’Âme du palmier, 2016. Lenoir (Jean-Yves),Dialogues avec mon horloge, 2016. Bosc (Michel),La Cendre et le calice, 2016. Dami (Olivier),Boulevard des Amériques, 2015. Auque (Hubert),Revoir Tübingen, 2015. Merlino (Benito),Îles vagantes, 2015. Tanguy-Taddonio (Anne),La Signature de l’âme, 2015. Maeght (Brigitte),La Vie sauve, 2015. Cartier (Jean-Michel),L’Irrésolution, 2015. Guérin (Richard),Célia Borromini. La rouquine, 2015. Cheyron (Jean-Marcel),La Nuit des étoiles rouges, 2015. Labbé (François),Un château en Forêt-Noire, 2015. Labbé (Michelle),Sam, 2015. Winling (François),La Clef des portes closes, 2015. * ** Ces quinze derniers titres de la collection sont classés par ordre chronologique en commençant par le plus récent. La liste complète des parutions, avec une courte présentation du contenu des ouvrages, peut être consultée sur le site www.harmattan.fr
Alain CERVONILa voie de l’orphelin
Roman
© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-08281-3 EAN : 9782343082813
Novembre, dans une école d’enfants de troupe, dans les années 1950. Durant toute la nuit, le câble du drapeau trico-lore avait cinglé son mât métallique au rythme des rafales du vent d’est. Il est 6h30 et il fait encore nuit. Le clairon sonne le réveil. Les bourrasques d’automne tentent de couvrir et de disperser par moments les sons clairs et impétueux de la sonnerie, mais les échos persistent et reviennent au rythme des accalmies. Chargées d’eau au-dessus de la méditerranée, les masses pluvieuses remontant vers le nord frappent depuis des heures les murs et les fenêtres de la caserne, tandis que l’eau de pluie ruisselle sans discontinuer dans les chéneaux. Sous la stupeur de ce sonore et brutal réveil, Pierre et ses petits camarades commencent à percevoir les bruits insolites de la pluie. Les brumes du sommeil persistent et les cons-ciences luttent pour préserver encore un peu l’enchantement des rêves. Mais, fi d’une trêve ou d’une mansuétude quel-conque, l’adjudant de semaine fait irruption dans les étages à coups de sifflet stridents. Gare aux retardataires, à ceux qui auraient le mauvais goût de se ménager un réveil plus pro-gressif, plus indulgent. Le vacarme des literies métalliques, brutalisées par le bond soudain et salutaire de leurs occu-pants devant la menace extérieure, se propage, de chambrées
en chambrées, d’étages en étages. Pas de quartier à attendre de l’adjudant, alors que l’équilibre tarde à être trouvé au contact des pieds nus avec le parquet froid. Les enfants doi-vent faire attention aux attitudes vacillantes, symptômes d’un lever tardif, et qui pourraient éveiller les soupçons du gradé. Mais les brumes du sommeil ne vont pas se maintenir long-temps, l’eau des robinets est à la température extérieure et parachève le retour rapide aux réalités. D’ailleurs le temps presse, il faut être en cours à 8 heures, après avoir aupara-vant pris le petit déjeuner et assister à « l’envoi des cou-leurs ». La cérémonie de la montée du drapeau tricolore est pro-bablement l’événement quotidien qui va le plus marquer, par sa charge symbolique, l’univers mental des enfants de troupe. Les Ecoles Militaires Préparatoires, appelées par tradition, Ecoles d’Enfants de Troupe, étaient des établissements d’enseignement secondaire qui assuraient la formation sco-laire de la sixième au baccalauréat, prolongée, pour certaines, jusqu’aux classes préparant aux concours des Grandes Ecoles de la République. Elles sont issues d’une longue his-toire, et les élèves de ces établissements n’ont évidemment plus rien à voir avec les enfants nés dans les troupes du temps des armées royales. Leurs pères combattaient alors au sein de ces régiments et leurs mères y faisaient généralement office de « cantinières », ou « vivandières », chargées des tra-vaux domestiques. Livrés à eux-mêmes et aux drames des batailles, leur sort était peu enviable. C’est le duc de Choiseul qui, en 1866, décida de leur donner un statut officiel au sein des régiments, avec solde et quelques attributions officielles, comme celles de jouer des instruments de musique militaire. Mais c’est en 1884, à la suite des travaux d’une commission
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de Généraux Inspecteurs, qu’il fut décidé de retirer les en-fants de la troupe et de les regrouper dans des écoles de l’Etat, conformément aux exigences d’une école républicaine obligatoire, telle que l’avait voulue Jules Ferry. Les écoles militaires préparatoires étaient nées. Depuis, formés et édu-qués dans des établissements d’enseignement secondaire de l’institution militaire, ces enfants allaient voir leur destin ra-dicalement changer. L’admission à ces écoles fut progressi-vement étendue par concours à tous les enfants de la République, qu’ils soient, ou non, fils de militaires. Une seule, plus tardive fut plus spécifiquement réservée aux or-phelins de guerre, l’école militaire enfantine Heriot, née en 1886, de la volonté du Commandant Hériot de les accueillir dans son domaine de La Boissière. Pour la montée du drapeau donc, l’Ecole est rangée en carré, par compagnies, autour de la vaste esplanade centrale, au milieu de laquelle se dresse le mât aux couleurs. Elle constitue ainsi un Bataillon, commandé par un Chef de Corps, officier supérieur. Chaque classe est organisée en compagnie, la sixième compagnie donc, pour les petits, ren-trés en sixième, puis la cinquième compagnie et ainsi de suite jusqu’à la terminale. Chaque compagnie comporte quatre sections de trente élèves chacune, dirigées par un chef de section, généralement un sous-officier, parfois un jeune offi-cier. La compagnie est administrée, « commandée », par un capitaine. C’est l’officier de semaine qui préside la cérémonie du lever des couleurs. A son commandement, l’Ecole s’immobilise, « au garde à vous ». Les imposants bâtiments de la caserne enserrent le « bataillon ». Le clairon sonne dans le silence. C’est un élève qui joue, choisi dans la musique de l’école et affecté pendant une semaine à cet exercice plutôt
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