Le banquet des marabouts

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L'endroit où les deux femmes se rendirent cet après-midi là était certainement plus luxueux que le salon de la plupart des clientes, qui dépensaient ici des sommes folles pour avoir un mari, perdre une rivale, avoir un enfant ou obtenir un bon poste. Les marabouts sont les psychologues africains. A la fois les confidents et les accoucheurs de désir de ces femmes désemparées, prêtes à tout pour obtenir gain de cause...
Publié le : mardi 5 mai 2015
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EAN13 : 9782336382012
Nombre de pages : 150
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Aïcha YATABARY
Le banquet des marabouts Roman
    
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À ma mère À mon père qui nous a quittés À‘’Zorro’’, Les super hérosn’existent que dans les dessins animés A Auguste Gnalehi, toi de qui tout est parti en Côte d’IvoireÀ Claire, une amoureuse de la langue française À François Etien N., parce que tu mérites de quitter l’ombrepour la lumière A Paul Ahizi, un père A Michele Hirokawa, Au doyen Saint Sauveur, À tous ceux quim’ontaccompagnée dans cette tranche devie…
Chapitre IUN SOIR DE SAINT VALENTIN…Toujours le même remue-ménage à la maison. Trop de bruit, trop de monde, tropd’activité.Papa et Nah discutent, assis sur la terrasse. Cela ne leur arrive pas souvent. Tout le monde à la maison appelle affectueusement notre mère, Raïssa Haïdara, « Nah », qui signifie maman, en Bambara, notre langue maternelle. Seul papal’appelle par son prénom, Raïssa. Quant aux jumelles, Kadi et Nènè, elles se disputent, fidèles à leurs habitudes. Les neveux de papa font résonner leur ballon sur le béton de la cour. La petite Assa, assise sur son pot, criequ’elle a fini. Les aides ménagères bavardent en faisant la vaisselle. La radio du gardien crachote. Un bruit demoteur…c’est lui ! En sortant précipitamment, mon père me toise. Je souris en lui disant : -Papa, je vais au cybercafé. -Tu reviens dans combien de temps ? - Dans deux heures à peu près. Ils’estdevant la maison voisine, près de la garé boutique de Marlboro, le commerçant détaillant de la rue. Je monte précipitamment dans la voiture, afinqu’Ali,mon frère aîné qui arrive àl’autre bout de la rue ne me voie pasModou porte une chemise orange en lin. Cen’est pas ma couleur préférée, mais je trouve que tout lui va à ravir. Et puis son parfum viril et discret à la fois, aux senteurs épicées et marbrées me fait voyager.D’ailleurs, Modou lui-mêmen’est-il pas ma destination préférée ? -Un bisou ? Il me demande en souriant de ses dents blanches, deux rangées de fines perles.
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-Non, tu sais bien que je ne peux pasm’afficherici. Tu imagines siquelqu’unnous voyait ! -Tu ne veux pas ou tu ne peux pas ?C’est toujours pareil, de toute façon tu ne veuxt’afficher nulle part! -Et à raison. -Tu ne crois pas que tu devrais leur parler sérieusement ? Tun’esune petite fille, à vingt-quatre ans, ils ne plus peuvent pas continuer à te traiter comme une prisonnière ! -Pourl’instant,la prisonnière que je suis a deux heures de liberté souscaution…alors,on y va ? La Porsche décapotable démarre. On ne peut pas dire quec’est cequ’ila de plus discret comme véhicule. En y chaque passant, je crois reconnaître un parent. Comme j’aimerais que les vitres soient teintées ! Modou ne pense certainement pas à cela en ce moment. Il me regarde, caresse ma joue, sourit. -Où va-t-on ? -Chez moi ! Jel’aurais parié ! Encore une question destinée à combler le silence à peine troublé par le bruit ronronnant du moteur. Une fois chez lui, iln’apas besoin de me dire de faire comme chez moi. Jem’installe, mets la musique en marche,j’en ail’habitude.-Tu prends un cocac’estça ? -Oui Je reste assise, me laissant servir par cet homme qui se veut galant ; il apporte bientôt à manger sur un plateau. Du poulet rôti et des frites, la spécialité de Modou, en réalité le seul platqu’ilsache cuisiner. Il met la climatisation en marche après avoir déboutonné sa chemise. On discute pendant longtemps, de tout et de rien, comme deux êtres quis’aimentsavent le faire. -Les partiels approchent, tu es prête ma chérie ?
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-Je me prépare,j’aimon sujet de mémoire sur aussi lequel je dois travailler,j’aimeraisavoir quelques conseils. -Plus tard, tu ne veux past’allongerun peu ? -Tu sais bienqu’onn’apas le temps, je dois rentrer. Non, je ne veux pasm’allongeraujourd’hui, car je connais les conséquences collatérales de ce verbed’action. -Tu ne veux pas rester un peu ? Il ne va tout de même pas chronométrer le temps que tu as fait dehors ! -Non, mais je dois y allerc’esttout Comme toutes les filles que je connais, je pratique la politique de la restriction ; comme jel’avaisplusieurs fois entendu dire, si on donne‘tout’en dehors du mariage, que va-t-il rester une fois dedans ? -C’esttoujours la même chose avec toi! J’enai marre ! -Tu sais ce qui te reste à faire alors ! Il sait. En effet, une jeune fille de mon âge quin’estpas mariée ni même fiancée commence à être regardée en chiens de faïence par samère…-Bon on ne va pas remettre ça sur le tapis ! -Jen’ai pas la moindre envie non plus de me disputer avec toi ; allons-ys’il te plaît Je lui tends ses clés ; le temps de retrouver pour lui ses lunettes de soleil et son téléphone portable et nous nous engageons dansl’ascenseur.Dans la voiture, silence. -À quoi penses-tu ? me demande-t-il sur un ton plus modéré. -À rien ! -Tu ne peux penser à rien ! Recommence-t-ild’un ton rageur. Je sais Modou très nerveux.J’aiquelques vécu incidents liés à sa jalousie maladive combinée à ce trait de caractère. Il avait vomi, oui, vomi, parce quequelqu’un à qui je plaisais avait pris mon numéro de téléphone en sa présence.J’avais besoin de ce dernier pour effectuer un
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