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Le Cercle des Douze

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Venus des quatre coins du monde, de Russie, de Bolivie, de France, du Japon, de la guerre et de la drogue, de la ville et de la campagne, douze enfants passent un an au nord du Canada. Là leur seront révélés, à travers rêves étranges et explorations en forêt, les moyens de sauver la planète.
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Marie-Noëlle Rinne

Le Cercle des Douze

 


 

© Marie-Noëlle Rinne, 2017

ISBN numérique : 979-10-262-0085-7

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Courriel : contact@librinova.com

Internet : www.librinova.com


 

Le Code de la propriété intellectuelle interdit les copies ou reproductions destinées à une utilisation collective. Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants cause, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

 

À mes enfants, que j’aime tant.

 

 

 

 

Choix

 

Une interruption

 

 

L’Assemblée s’apprêtait à lever séance. Enfin. Trois jours de discours interminables, de délégués gonflés d’importance venant les uns après les autres présenter les rapports d’obscurs comités, les mêmes rengaines se répétant depuis des années : il fallait plus d’argent, il fallait plus de gens, il fallait plus de temps. Des promesses s’ensuivaient mais elles restaient vagues ou distantes et peu semblaient y prêter attention …

Ilia Tabidzé regarda sa montre une fois de plus. Il devait être à l’aéroport au plus tard dans une heure. Autrement dit, il lui faudrait partir d’ici dix minutes, compte tenu de la circulation en ville à cette heure. Il se lèverait aussi discrètement que possible, sortirait par la porte F sans déranger personne, son siège en bout de rang sur les gradins du haut ayant l’avantage d’éviter qu’on ne le remarque. Il se souvenait avec effroi d’une assemblée à Bruxelles deux ans auparavant où il avait malheureusement été placé au cinquième rang, à quatre sièges de l’allée centrale. Il avait été obligé de se lever trop tôt, de bousculer les représentants respectifs du Ghana, de Grèce et de Grenade, puis de remonter les rangs sous les regards outrés (lui semblait-il) du monde entier. Il n’y pouvait rien, il lui fallait prendre le dernier train partant ce jour-là pour Roissy. Il avait pourtant déjà soumis son projet et il était sincèrement, absolument désolé de ne pouvoir assister au rapport sur « la formulation des recommandations se rapportant aux facteurs clés à considérer dans le développement des ressources nationales au sein d’une économie mondiale ». Mais il lui avait fallu partir. Ilia Tabidzé avait maintes fois rejoué cet épisode dans sa tête. Il avait horreur de faillir à son image de diplomate, de délégué aux yeux du monde, de représentant officiel de son pays, la Géorgie, belle et magnifique, comme l’était bien sûr chacune des nations membres siégeant ici. C’est par amour de son métier, de son pays, de sa famille qu’il ne manquait à aucune réunion, qu’il s’habillait avec un soin extrême (ses cravates de soie étaient toujours assorties à ses costumes, faits sur mesure par un des meilleurs tailleurs de Tbilissi). Quand il rentrait chez lui, on le traitait toujours avec grand respect, sa femme, sa mère, ses amis, ses voisins, son fils cultivaient cette image, il était le délégué de l’état, le monde entier l’écoutait, il était la Géorgie en personne. Et il se sentait béni des dieux. Il voyageait beaucoup, logeant dans des hôtels luxueux dont il s’était d’ailleurs inspiré pour décorer sa demeure : moquette épaisse dans le vestibule, miroirs dans le couloir, plan d’issue d’urgence affiché sur la porte de la chambre.

Il aimait aussi la façon dont sa vie publique, internationale, s’harmonisait avec sa vie privée, familiale. Sa femme, Nadja, d’un tempérament doux et tranquille, lui avait donné un fils qui, comme elle, préférait les milieux paisibles et feutrés aux espaces bruyants fréquentés plus habituellement par les enfants de son âge. Mikhaïl fêterait d’ailleurs ses neuf ans le lendemain et Ilia avait profité de la pause déjeuner pour lui acheter un magnifique jeu d’échecs dont les pièces étaient travaillées en buis teinté. Il imaginait l’expression de l’enfant lorsqu’il ouvrirait le beau paquet bleu… Ilia Tabidzé était maintenant très impatient de rentrer chez lui. Cinq minutes. Plusieurs de ses collègues avaient déjà fermé leur porte-documents, avaient rangé leur stylo. Ilia commençait à se détendre, dans moins de douze heures, il serait chez lui, sa femme lui préparerait une vodka orange/pomme comme il les aimait… Imaginant la scène avec plaisir, il ferma les yeux un instant. Il les ré-ouvrit: une femme venait d’entrer par la porte F.

Elle avançait vite, descendant rapidement les gradins qui menaient au podium. Ilia la trouva bizarrement habillée. Généralement les femmes avec qui il travaillait portaient des vêtements sobres et élégants. Certaines, il est vrai, préféraient les vêtements colorés de leur pays, saris orange et mauves, djellabas brodées, prouvant que leur nation n’avait rien à envier aux couturiers de la rue Montaigne. Mais la femme qui s’apprêtait maintenant à saisir le micro portait une robe trop grande, trop longue, d’un bleu vaguement turquoise et sur laquelle s’amassaient de longs colliers de graines ou de cailloux colorés, visiblement faits main par quelque piètre artisan.

Mais déjà elle parlait. Ilia se redressa sur son siège, oubliant un instant de regarder sa montre.

« Rien de tout cela ne marche, commença la femme d’une voix étonnamment forte et assurée. Tout ceci, ajouta-t-elle en montrant d’un geste ample l’assemblée dans son entier, pèse trop et n’avance à rien. Tout ceci n’est qu’incompétence et bureaucratie ! »

Ilia se trémoussa un peu, se sentant inconfortablement ciblé par le discours de la vieille folle. Car elle était vieille. Depuis ici, ses cheveux blancs brillaient comme un halo au-dessus d’elle…Qui était-elle ? Qui lui avait donné la permission de parler ? Les séances de l’Assemblée étaient soigneusement établies à l’avance et les invités sélectionnés avec encore plus de minutie. Cette femme n’avait probablement pas de laissez-passer. Peut-être était-elle-même une terroriste ? Méfiant, Ilia se redressa encore un peu. Il remarqua que ses collègues s’étaient comme lui réveillés, assis eux aussi plus droits sur leur siège, la nuque raidie dans un effort d’attention.

« Nous n’avons plus le temps, continua la femme. Nous n’avons plus le temps d’attendre que de fausses décisions soient prises. Nous avons exactement un an pour opérer. »

Un an ? Habituellement, les échéances de l’Assemblée préféraient parler d’un « prochain futur », ou bien, s’il le fallait vraiment, faisaient référence aux termes de quinquennats qui, bien heureusement, se renouvelaient tous les… cinq ans. Et que voulait-elle dire par « opérer » ? Cette femme n’avait décidément pas l’habitude de ces séances.

« Dans les trois semaines qui suivent, annonça alors la femme, douze seront révélés. Douze enfants de douze ans. »

Un murmure parcourut les rangs de l’amphithéâtre. Ilia lui-même se pencha vers son collègue grec. « Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? lui dit-il en français. Et qui sont ces enfants ? » L’Assemblée recevait régulièrement de jeunes visiteurs, de petits ambassadeurs qui parlaient de l’importance de savoir lire et de manger à sa faim. Ilia aimait d’ailleurs leurs charmantes visites qui lui rappelaient son petit Mikhaïl et la douceur de son foyer. Son foyer ! Ilia regarda sa montre, un instant affolé. Non, tout allait bien : deux minutes. Il avait encore deux minutes. La femme parlait de nouveau :

« Ces enfants vous seront présentés au cours de la prochaine séance qui aura lieu à Bruxelles. Vous leur donnerez alors, sans réserve, votre soutien. Il s’agira d’un soutien moral, financier et pratique. Vous les protègerez et vous les respecterez. Ces enfants sont notre solution. Dans un mois, les termes de leur emploi vous seront expliqués. N’oubliez pas ceci. »

Et la vieille femme s’éloigna du micro, descendit calmement l’estrade et remonta les gradins au pas de gymnastique. Elle passa devant Ilia, puis disparut derrière la porte F. Un silence surpris suivit son départ. Puis les murmures reprirent, bientôt remplacés par rires et exclamations. « Une vieille folle ! » commenta le collègue grec en souriant. Ilia acquiesça d’un hochement de tête, puis s’empressa de boucler son cartable. Il serait à l’heure à l’aéroport.

 

Le choix

 

 

Ilia était chez lui depuis déjà une semaine, néanmoins il n’arrivait pas à se détendre. Tout allait bien pourtant, sa femme avait paru heureuse de le revoir, Mikhaïl avait adoré le jeu d’échecs et avait déjà partagé avec lui quelques heures de stratégie. Au bureau, ses collègues semblaient à peu près à jour dans leur travail et les dossiers qu’il avait repris ne sortaient en rien de l’ordinaire. Oui, tout allait bien et Ilia aurait dû se sentir détendu, serein même. Mais il ne l’était pas. Il ne cessait de penser à la session de Bruxelles, à la vieille femme. Elle les avait traités, lui et ses collègues, d’incompétents. Elle avait parlé d’enfants révélés, de douze enfants, d’un an. Discours dément, absurde divagation d’un frêle esprit. Il était plus que probable que la vieille ne ferait plus entendre parler d’elle. Il s’agissait sans doute d’une SDF émergée d’une quelconque bouche de métro et qui, par hasard, s’était retrouvée dans les locaux de l’Assemblée, ayant réussi en l’espace de quelques minutes à détourner l’attention des gardes pourtant nombreux. Vraisemblablement, le comité sur la sécurité interne ferait un rapport, recommanderait d’augmenter les effectifs ; il faudrait aussi augmenter les fonds, le comité des finances étudierait alors à son tour le problème. La vie reprendrait son cours, Ilia en retrouverait le charme tranquille, la douce gloire quotidienne. Mais en attendant, il n’arrivait pas à se concentrer sur son travail, en perdait même le sommeil, lui qui dormait toujours si bien. Qui était donc cette vieille femme ? La reverrait-il à Bruxelles ?

 

Sachiko

 

 

Sachiko s’ennuyait à Aioi. Lorsqu’elle était petite, les petites promenades sur le port, les petits magasins, les petites histoires entre voisins, tout cela lui suffisait. À vrai dire, comme tous les enfants sans grand souci, elle se posait alors peu de questions sur le monde qui l’entourait. Elle se contentait de son paisible environnement, à peine interrompu par les quelques querelles avec son petit frère Michi ou avec ses meilleures amies Hoshiko et Miku. La plupart du temps, ses journées s’écoulaient selon une routine bien polie par le temps : école et devoirs, ordinateur et sports (natation le mercredi, tennis le samedi suivi d’une visite chez ses grands-parents). Le mardi, elle allait faire les courses avec son père, Monsieur Katsourou Tanaka qui travaillait en ville pour la banque Mizuho. Elle passait aussi beaucoup de temps avec sa mère Natsuki, qui était institutrice à l’école primaire d’Aioi et qui, comme Sachiko, adorait lire.

Pourtant, depuis quelque temps, Sachiko s’ennuyait. La petite ville d’Aioi lui semblait tout à coup trop étriquée, rurale, vieux jeu. Elle rêvait de métropoles, Tokyo, Osaka ou même Sapporo. Elle n’avait que onze ans et il lui semblait qu’une éternité la séparait de son futur. Elle avait l’impression, sans pouvoir exactement la définir, et c’en était la principale frustration, que son destin l’attendait, qu’elle était ici dans cette vie, sur cette terre, pour une raison bien précise. Cette curieuse sensation la rendait impatiente mais elle en éprouvait aussi une certaine joie. Un jour, se disait-elle, quand je serai partie d’Aioi, le monde comprendra qui je suis. Ce n’était pas là une vanité d’enfant, mais une certitude qui lui semblait presqu’ancienne tant elle était inscrite au plus profond d’elle-même. Oui, un jour elle quitterait Aioi…Irait-elle à Tokyo ? En attendant, il fallait qu’elle se change pour aller rendre visite à ses grands-parents. Son grand-père fêtait ses soixante-dix ans et plusieurs membres de la famille ainsi que quelques amis devaient se retrouver chez eux. Sachiko aimait ces réunions. Tout le monde, les adultes comme les enfants, semblait plus détendu, souriait davantage, les commentaires abondaient, les plats aussi faisaient partie du jeu, magnifiques. Oui, quels festins ! Les mets rivalisaient de beauté, attendaient les invités comme de jolies enveloppes superbement décorées et dont il fallait deviner le goût avant même de les entamer. Mais ce que Sachiko préférait, c’était les wagashi, ces jolis petits desserts aux tons pastel dont raffolaient les enfants. La grand-mère de Sachiko s’amusait souvent ainsi à façonner ces petits animaux en purée de patate douce, des oiseaux et des lapins qu’elle décorait d’amandes et de raisins pour suggérer oreilles et yeux. C’était ridicule, c’était adorable, et Sachiko en était folle !

Cet après-midi-là, Grand-mère n’avait pas manqué à la tradition : sur un plat rectangulaire bleu pâle six souris roses conversaient avec six oisillons verts. Et sur un autre plat, plus long et d’un blanc éclatant, une série de délicates fleurs pâtissières évoquait les quatre saisons des jardins d’alentour : fleurs dentelles des cerisiers du printemps, fiers hortensias de l’été, feuilles embrasées de l’automne, jeunes citrons de l’hiver. Il était facile de deviner que Grand-mère adorait les fleurs, car les jardins et la maison entière en chantaient l’existence, depuis les fines esquisses accrochées au mur du salon jusqu’à ces délicieux wagashi (sans parler du magnifique arrangement floral qui ne manquait jamais d’orner la table du salon !). Grand-mère avait maintes fois tenté d’initier sa petite-fille à ce monde horticole mais l’enfant n’écoutait que d’une oreille distraite. Qu’importe ! se disait Grand-mère. Tels sont les enfants. Qui sait si, en dépit de son apparente indifférence, elle n’absorbe pas tout ce que je lui dis ? Moi-même, je ne prêtais pas grande attention aux discours de ma douce aïeule.

Ce jour-là, Sachiko s’attendait d’ailleurs aux habituelles explications qui accompagnaient la sélection des confections florales (une autre raison de préférer les petits animaux sucrés !). Elle n’y eut cependant pas droit, probablement parce qu’il s’agissait de célébrer son grand-père et que les enfants, pour une fois, n’accaparaient pas l’attention des adultes. Sachiko eut donc le grand plaisir de dérober une souris rose et de l’emporter sur le balcon à l’abri des regards. Elle s’apprêtait à lui mordre le museau (elle commençait toujours par le museau, décoré pour l’occasion d’une minuscule framboise), lorsqu’une voix l’interrompit : « Sachiko ? » Elle soupira, se retourna. Un homme un peu voûté, aux cheveux gris bien peignés, aux yeux très noirs, à la fois très doux et très sérieux, la regardait avec attention. Probablement un ami de Grand-père, songea Sachiko. Que lui voulait-il ? La souris en sucre ? À son âge ? Non.

Il s’inclina un peu, mais pas avec cette posture exagérée que prennent trop souvent les adultes qui cherchent à apprivoiser les enfants, ni bien sûr en une inclination de respect que Sachiko elle-même aurait dû montrer au vieil homme. Il s’inclina en un geste qui invitait à la fois la confiance et la considération. Sachiko se sentit immédiatement à l’aise, en oublia même la souris qu’elle tenait maintenant à bout de bras, comme une fleur fanée. « Je connais ton grand-père, Sachiko, expliqua l’homme. Je te connais aussi. J’étais invitée à ton premier anniversaire. » Son premier anniversaire ! S’attendait-il à ce qu’elle se souvienne d’un événement aussi lointain et, il faut bien le dire, aussi insignifiant que cette célébration enfantine ? « Je t’avais offert un tableau : les jardins de Kokodera. Tu te souviens ? » Oui, elle savait de quel tableau il parlait. Un jardin enchanté de mousses et d’arbres, se déclinant en tons de vert et suggérant, par le sentier qui se glissait entre les feuilles et les rochers arrondis, un sentiment de vie intense. Le tableau décorait le mur de sa chambre, elle l’avait toujours beaucoup aimé, et une fois qu’elle lui en posait la question, son père lui avait expliqué qu’un certain monsieur Inoue, un ami de Grand-père, lui avait offert ce tableau. C’était donc monsieur Inoue, ce gentil vieillard qui lui avait adressé la parole ? « Oh, merci du tableau, monsieur Inoue » s’exclama poliment Sachiko. « Je l’aime vraiment beaucoup. Un jour, j’espère visiter les jardins de Kokodera. » « Tu n’y manqueras pas, j’en suis certain, répondit l’homme en souriant. Mais ce n’est pas vraiment de cela dont je veux te parler. As-tu une minute ? » Une minute ? Elle avait onze ans, c’était un jour de fête, elle avait tout le temps du monde ! Comprenant qu’elle était prête à l’écouter, le vieil homme tira une chaise près d’elle sur le balcon. Sachiko elle-même s’était assise, la souris rose maintenant posée sur la petite table devant elle. Les invités semblaient tous occupés à l’intérieur, et un petit cercle sacré s’était formé autour du vieillard et de l’enfant, ce que Sachiko trouva ma foi très agréable.

« Lorsque tu es née, commença alors l’homme d’une voix un peu grave, j’ai su- il importe peu maintenant comment je l’ai su, tu l’apprendras toi-même le temps venu- j’ai su que tu serais une des douze enfants choisis. » Sachiko ouvrit grand les yeux, ne comprenant pas du tout cette histoire de douze. Mais l’homme continua sans prêter attention à son regard étonné. « En ce moment même, le monde se prépare à un très grand changement. Un changement très important. Pour mener ce changement, le monde doit s’appuyer sur les conseils et les révélations de douze. Douze enfants de douze ans. Tu es une des douze. » Sachiko se sentit presque soulagée. L’erreur était évidente. Elle se courba un peu, comme il convenait à une enfant s’apprêtant à rectifier les propos d’un aîné. « Je vous prie de bien vouloir m’excuser, cher monsieur Inoue, mais il y a une erreur. Vous voyez, je viens seulement de fêter mes onze ans. La semaine dernière en fait. Je ne connais pas les douze enfants de douze ans dont vous parlez mais certainement, je n’en fais pas partie. J’ai onze ans, insista-t-elle. »

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