Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Lire un extrait Achetez pour : 7,99 €

Téléchargement

Format(s) : EPUB

sans DRM

Partagez cette publication

Vous aimerez aussi

Stéphane Przybylski – Le Château des millions d’années
Stéphane Przybylski
Le Château des millions d’années
Tétralogie des Origines — 1
2
Stéphane Przybylski – Le Château des millions d’années
Le Bélial’ vous propose volontairement des fichiers dépourvus de dispositifs de gestion des droits numériques (DRM) et autres moyens techniques visant la limitation de l’utilisation et de la copie de ces fichiers. Si vous avez acheté ce fichier, nous vous en remercions. Vous pouvez, comme vous le feriez avec un véritable livre, le transmettre à vos proches si vous souhaitez le leur faire découvrir. Afin que nous puissions continuer à distribuer nos livres numériques sans DRM, nous vous prions de ne pas le diffuser plus largement, via le web ou les réseaux peer-to-peer. Si vous avez acquis ce fichier d’une autre manière, nous vous demandons de ne pas le diffuser. Notez que, si vous souhaitez soutenir l’auteur et les éditions du Bélial’, vous pouvez acheter légalement ce fichier sur notre plateforme e . b e l i a l . f r ou chez votre libraire numérique préféré.
3
Stéphane Przybylski – Le Château des millions d’années
O u v r a g e p u b l i é s o u s l a d i r e c t i o n d e O l i v i e r G i r a r d & E r w a n n P e r c h o c I l l u s t r a t i o n d e c o u v e r t u r e © 2 0 1 5 , A u r é l i e n P o l i c e I S B N : 9 7 8 - 2 - 8 4 3 4 4 - 6 6 0 - 3 P a r u t i o n : f é v r i e r 2 0 1 5 V e r s i o n : 1 . 2 — 2 0 / 0 3 / 2 0 1 5
4
Stéphane Przybylski – Le Château des millions d’années
Pour Eckhard Holtz
5
Stéphane Przybylski – Le Château des millions d’années
Prologue
Irak, 4 juillet 1939 LE N G I N V O L A N T qui venait de s’écraser devant Friedrich Saxhäuser ne ressemblait en rien à ce que l’officier de renseignement SS avait pu voir jusqu’à présent. Ce n’était ni un avion, ni un dirigeable, et encore moins l’un de ces ballons à air chaud qui flottaient au-dessus des fêtes foraines de son enfance. En forme de disque, l’aéronef accidenté devait mesurer près d’une quinzaine de mètres de diamètre. Il ne possédait ni hélices, ni réacteurs. Sa coque métallique parfaitement lisse réfléchissait les rayons du soleil. Saxhäuser se demanda un court instant comment une telle chose pouvait voler. Il n’eut pas le temps de pousser plus loin ses conjectures : l’objet émit un léger bourdonnement alors que ses flancs effilés se mettaient à vibrer. L’appareil tentait-il de s’extirper de l’amas de rochers sous lequel il était à moitié enseveli ? Que ferait l’Allemand si cet engin reprenait son essor ? Le, ou les pilotes, se montreraient-ils de nouveau agressifs ? Saxhäuser était résolu à ne pas perdre de temps ; il voulait conserver l’avantage. Il avisa une légère protubérance sur la partie supérieure de l’appareil : sans doute une cabine de pilotage. En quelques enjambées, il escalada les éboulis et prit pied sur la carlingue. Ce qu’il avait aperçu était bien un cockpit ; un rocher l’avait éventré. Il devina deux formes qui gesticulaient à l’intérieur. Les pilotes coincés sous les gravats n’en avaient manifestement plus pour très longtemps ! Saxhäuser dégaina son Colt Government. L’écho des détonations résonna longuement dans la vallée du Nahr al-Zab-al-Saghir.
6
Stéphane Przybylski – Le Château des millions d’années
– première partie – l’héritage des ancêtres
7
Stéphane Przybylski – Le Château des millions d’années
1. Premier contact
LA N T I Q U E C I T E M A Y A de Cancuen est perdue au cœur de la jungle. Vue du ciel, sa plus haute pyramide semble surgir de l’océan de verdure qui l’entoure. Elle évoque le dernier sommet émergé d’un continent englouti. Nous utilisons souvent cet endroit pour nous dissimuler à vos yeux lors de nos séjours terrestres. Le lieu est isolé. Peu d’entre vous s’aventurent jusqu’ici. Ce jour-là, pourtant, nous n’étions pas seuls. Que pouvait bien observer cet homme assis au sommet du temple érigé jadis en notre honneur ? Nous sondâmes son esprit. Un chasseur. Un prédateur froid et implacable à même de tuer sans une once de remords. Friedrich Saxhäuser. Ses pensées s’égaraient dans les brumes vaporeuses qui flottaient au-dessus des ceibas, l’arbre national des Guatémaltèques. Poussant plus loin nos investigations, nous devinâmes que cet homme doutait de ce qu’il était et de ce qu’il avait fait de sa vie jusqu’alors. Nous recherchons parfois des alliés pour nous assister sur ce monde. Un guerrier tel que lui pourrait s’avérer utile pour mener à bien la lourde tâche qui nous incombe. Nous décidâmes de le suivre et de l’observer. Pour peu que nos premières impressions se confirment, peut-être tenterions-nous d’entrer en contact avec lui…
8
Stéphane Przybylski – Le Château des millions d’années
2. Les amants de l’Obersalzberg
Munich, 9 novembre 1937
C’S U R LE S T ’OD E O N S P L A T ZFriedrich Saxhäuser l’avait que rencontrée, durant une de ces nuits de transe extatique, une de celles où le peuple sort dans les rues et déverse à torrent sa haine contenue pendant la journée. Là, l’employé de bureau, le commerçant, l’artisan ou le fonctionnaire ne font qu’un. Leurs visages grimacent de concert et leurs vêtements dissemblables deviennent uniformes à la lumière des torches. La populace se mue soudain en une bête féroce, prête à se donner au premier tribun qui saura la dompter et la séduire. Assurément, la demoiselle se délectait de la folie ambiante. Affichant les mêmes poses martiales que ses congénères, elle allait d’un pas assuré. Elle entonnait les chants et répondait de la voix et du geste aux harangues proférées par l’orateur qui gesticulait sur la tribune installée devant la Feldherrnhalle. Sous les hautes colonnes de la loggia, des « Sieg Heil ! » résonnaient sans fin, saluant la mémoire des partisans d’Adolf Hitler tombés en ce lieu le 9 novembre 1923. Quatorze ans après le soulèvement manqué de ces nazis de la première heure, les commémorations organisées par leurs camarades, détenteurs de tous les pouvoirs en Allemagne, prenaient une tournure presque sacrée. Elles conféraient aux putschistes le statut de martyrs du régime. Encerclant la place, douze faisceaux de projecteurs partaient à l’assaut du ciel comme autant de piliers de cette cathédrale païenne vouée au culte de la nouvelle religion d’Etat. Les lumières montaient jusqu’aux nuages, les éclairant d’un blanc blafard. La ville de Munich toute entière était baignée de cette lueur irréelle et fantasmagorique.
9
Stéphane Przybylski – Le Château des millions d’années
Friedrich Saxhäuser avait suivi la jeune personne du regard, d’abord avec l’œil du professionnel habitué à traquer les signes d’hésitation dans l’affirmation des convictions nationales-socialistes. Accompagnant les porteuses de flambeaux du Bund Deutscher Mädel, l’équivalent des Jeunesses hitlériennes pour les adolescentes, celle qui avait retenu son attention paraissait plus âgée que les autres. Peut-être avait-elle vingt ans, pensa-t-il, au moment où le petit groupe interrompait sa marche juste devant lui. Les yeux de la fille croisèrent les siens. Intenses et pénétrants, ils étaient comme deux sphères sombres agitées par le rougeoiement des torches de la procession barbare. Elle inclina légèrement la tête et fronça le sourcil, feignant l’étonnement face au regard insistant de Saxhäuser. L’officier du SD-Ausland sourit, salué en retour par la jeune personne. La fille quitta les rangs et vint se planter devant lui. Elle détailla en un battement de cils les bottes et la veste de moto noires de l’inconnu. Il devait bien mesurer un mètre quatre-vingt-cinq. Son blouson ajusté mettait en valeur ses larges épaules, mais on devinait des membres longs et déliés sous le pantalon d’équitation qui lui moulait les cuisses. Les traits du visage étaient émaciés, ses cheveux blonds rasés au plus près. Comme une entorse à sa coiffure militaire, il avait conservé de longues mèches sur le haut du crâne ; il les rejetait fréquemment sur le côté dans un geste étudié de la main droite. Ses yeux étaient d’un bleu translucide. En cet instant, ils s’éclairaient de lueurs malicieuses, presque juvéniles. Mais la fille devinait, à contempler ce visage dur, que ces mêmes yeux pouvaient se figer et ce regard vous transpercer. « Vous ne participez pas à la commémoration ? lança-t-elle sur un ton de reproche. – Disons que je fais partie intégrante du spectacle, mademoiselle. – Nous sommes ici pour glorifier nos martyrs, monsieur, ce n’est pas une pièce de théâtre. – Avec une telle orthodoxie, vous faites honneur à votre génération. Le parti peut s’enorgueillir de compter dans ses rangs des membres tels que vous ! – Je n’aime pas votre ton ! Quelle suffisance ! Me direz-vous ce qui vous autorise le cynisme lorsque vous évoquez la mort de nos camarades ? » Le « Heil ! » suivant détourna l’attention de la jeune femme. Faisant un pas en arrière, l’homme devint une ombre entre les piliers du monument munichois. Quand elle se retourna à nouveau, il avait disparu. Les vociférations du cadre du parti pérorant à la tribune arrachèrent la demoiselle à l’obscurité de la Feldherrnhalle. L’instant d’après, elle reportait son attention sur les SS aux casques noirs brandissant leurs
10