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Le Cygne Chantait

De
95 pages

" A la recherche du successeur de son maître zen, Miya s’engage dans une quête enthousiaste en compagnie de Li et de ses nombreux amis, rencontrés au fur et à mesure de son voyage.
Entre assassins, ils doivent apprendre à respecter la vie tout autant que la mort. "

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Le Cygne chantait

Morgane Marolleau

A ma marraine.

Copyright © 2014 Les éditions Ganou

Tous droits de traduction, de reproduction et d’adaptation réservés pour tous pays.

ISBN : 978-2-9541997-5-7

 

 

CHAPITRE UN

Miya avançait lentement, accroupie dans les feuilles et la mousse qui tapissaient le sol de la forêt.

Elle respirait silencieusement et se déplaçait avec grâce, sans un bruit.

Elle faisait corps avec la nature et défilait entre les arbres vers le temple du Soleil que les étrangers avaient fini d’édifier.

Elle les voyait traîner un cygne blanc par une chaîne dorée jusqu’à l’autel du temple où ils devaient le sacrifier à leur dieu de la divination et du soleil.

Elle s’approcha des marches en marbre blanc, faisant bien attention à ne pas être vue. Quelle idée de s’être habillée en rouge !

Elle jeta un coup d’œil tout autour du temple à colonnades. Quelle chance, il y a un lac d’eau pure dans le jardin du dieu.

Le grand prêtre, un couteau d’argent et de pierres précieuses à la main, approchait du cygne, maintenu par deux autres prêtres sur l’autel.

Elle avança à pas de loup entre l’autel et le lac.

Le grand prêtre leva son arme et l’abattit sur le cygne.

Miya se précipita, attrapa le cygne, sauta sur une colonne, plongea dans le lac et arriva dans les limbes, ce monde parallèle, passage entre la vie antérieure et la suivante.

Le cygne, dans cet endroit, ne saignait plus. Il était gravement blessé mais, dans ce monde, il vivrait.

Miya le déposa sous un arbre en fleurs, dans l’herbe. Elle retira l’arme figée dans le corps de l’animal et recousit sa plaie.

Elle lui apporta à manger et repartit.

CHAPITRE DEUX

« Je dois voir le maître zen, expliquait une jeune fille brune vêtue de rouge aux gardes qui lui barraient la route. Je dois voir le maître zen. »

Aucun des soldats ne bougea, le visage de marbre et l’allure figée. Ils ne donnaient absolument pas l’impression de vouloir céder le passage à l’hystérique demoiselle qui s’égosillait sous leur nez.

Commençant à trouver le temps long, la jeune demoiselle en rouge décida qu’elle allait aider les gardes à la laisser passer.

Elle sauta en l’air, attrapa la tête du premier garde avec ses jambes et l’envoya bouler à cinq mètres, retomba sur ses mains, fit un croche-patte au deuxième en poste et l’assomma d’un bon coup de pied sur la tête.

Elle se releva, s’épousseta et entra dans le monastère du maître zen.

« Je t’attendais, Miya, dit calmement le sage, entre.

- Merci, maître. »

La jeune fille s’assit en tailleur face à son professeur.

Ce dernier la regarda fixement. Sa peau miel aux reflets dorés ressortait sous sa tenue rouge : un pantalon large de soie fine resserré aux chevilles et à la taille par un ruban élastique brodé d’or, un bustier moulant de soie épaisse recouvert d’un voilage en soie fine s’arrêtant à la fin de la cage thoracique et resserré au niveau du diaphragme par le même type d’élastique rouge brodé d’or et se prolongeant en bretelles rouges et or sur les épaules. Des bretelles opaques sortaient des manches larges en soie fine resserrées aux poignets par les mêmes élastiques brodés. Les manches et les jambes du pantalon étaient coupées dans le sens de la longueur de chaque côté. Ses cheveux noirs étaient coiffés en une queue haute qui partait en multiples petites nattes. Ses souliers de cuir rouge, solide mais souple, permettant de tout faire : sauter, danser, se battre, marcher, courir, escalader…sans être encombré, gêné, ni bruyant, mais toujours en ayant le pied bien maintenu, allaient parfaitement avec sa tunique.

Il sourit. Elle était douée, très douée. Sa meilleure élève. Il avait presque fini de lui apprendre tout ce qu’il savait. Elle était parfaite… enfin presque, elle manquait juste un peu de délicatesse. Il soupira :

« Tu sais, Miya, il est temps d’aller chercher mon successeur pour le former à son futur rôle. Comme tu es ma meilleure élève, je te demande d’aller le chercher ; mais avant, il faut que tu finisses ta formation auprès de mon ami, Pang-Shu. Mon neveu Li Leing t’emmènera chez lui ce soir.

- Bien, maître.

- Bonne chance, Miya.

- Merci, maître. »

La jeune fille se leva et voulut sortir quand son professeur la rappela, elle se retourna :

« Tu sais, Miya, les gardes te laisseraient passer si tu leur disais « s’il vous plaît ». »

CHAPITRE TROIS

Au crépuscule, Miya arriva près d’un cheval blanc monté par un jeune homme brun aux yeux marron, au teint bronzé. Elle portait un châle en cachemire noir sur les épaules et une besace de voyage en cuir noir.

Elle s’approcha. Il lui tendit la main pour l’aider à monter en croupe et elle s’installa entre lui et l’encolure de son destrier.

Le cheval s’élança au grand galop dans la pénombre et ne s’arrêta pas avant l’aube. Au lever du soleil, les deux cavaliers arrivèrent devant une porte en bois surplombée d’un petit toit rouge.

Deux hommes se tenaient près de l’entrée.

Li se laissa glisser au bas de sa monture et porta Miya à terre.

Grâce aux mots magiques, les deux jeunes gens purent passer.

Ils étaient dans un monastère de maître zen, construit selon les principes du Fang Shui comme celui du maître de Miya.

La nature tenait une place importante dans la composition du monastère : des plantes ornaient murs et étagères, et toutes les pièces donnaient vue sur un magnifique jardin. Les salles étaient claires et les tapis au sol étouffaient les bruits, ce qui rendait tout le monastère silencieux ; un lieu de paix, d’harmonie, de lumière et de quiétude.

Li introduisit Miya près du maître zen du domaine et sortit, la laissant seule devant le sage.

« Bonjour, Miya, je t’en prie, installe-toi. La jeune fille s’assit sur le tapis. Tsii-Leing m’a prévenu de ta visite et m’a expliqué ce qu’il attend de toi. Tu as rencontré Li, n’est-ce pas ? Elle hocha la tête. C’est la plus fine lame que l’on puisse trouver, et c’est pour cela que nous avons décidé qu’il serait le protecteur du successeur de son oncle. Il t’accompagnera dans ta quête de ce nouveau maître zen. Il te faut travailler avec lui le maniement des armes, de toutes les armes, pour vous préparer tous deux aux épreuves qui vous attendent. Avant de te mettre à ta quête, tu devras apprendre le secret des infranchissables. Pour cela, je te conseille de suivre l’enseignement de Xi-Yang-Shu, le sage de la montagne.

- Bien sûr, maître, répondit Miya Tishu toujours calme.

- Bon courage. Li a un plan et connaît le coin. Partez quand vous le voudrez mais ne tardez pas trop, la route est longue et Tsii-Leing attend. »

CHAPITRE QUATRE

Miya et Li s’empressèrent de se préparer. Un prompt départ pour un retour qu’ils espéraient proche.

Li prit place sur son cheval blanc et Miya reçut, de la part du maître Tsii-Leing, un superbe étalon noir.

Quelques heures plus tard, ils s’arrêtèrent dans une forêt sombre pour reposer et désaltérer les chevaux. Ils en profitèrent aussi pour manger car la nourriture au monastère manquait un peu de viande. Ils s’installèrent donc sous les arbres, attachèrent les chevaux à des pins et cuisinèrent au feu de bois un lièvre qu’ils dégustèrent avec bonheur.

Ils se décidaient à repartir quand un groupe de barbares les surprit.

Miya sauta, donna un coup de pied dans la tête du premier et un coup de tête au second.

Li fit un triple salto arriva sur les épaules du troisième et lui retourna la tête. L’homme tomba raide mort.

Miya retomba sur ses pieds, accroupie, attrapa la jambe de celui qui se jetait sur elle et lui brisa la nuque d’un coup de poing.

Li reçut un coup de massue dans la jambe droite, prit son adversaire à revers en glissant entre ses jambes et lui planta un couteau dans la gorge, qu’il retira prestement et nettoya.

D’autres arrivaient et les premiers, ceux qu’ils n’avaient pas tués, se relevaient.

Miya sauta en l’air, prit la tête d’un des agresseurs entre ses jambes, retomba en poirier et envoya violemment son prisonnier au sol. On entendit les os craquer. Son homme mort, elle se releva d’une pirouette.

Li prit la massue de sa dernière victime et envoya au sol les deux suivants auxquels il broya la tête.

Miya fit la roue, sauta à la tête de celui qui lui fonçait dessus couteaux aux poings et l’envoya bouler. Un homme bondit de derrière un arbre. Li cria. Miya tomba à terre sans connaissance.

Les aventuriers survivants se tournèrent tous vers Li.

Courageusement, Li fit le baiser de l’ours aux plus proches, tordit quelques cous et para les coups de sabre des autres avec un bout de bois. Ce dernier, gentiment réduit à l’état de brindille par les coups d’acier, devint inutile dans les mains de Li. Il le lâcha. Il bondit pour sortir du cercle que les barbares formaient autour de lui mais l’un d’eux, rapide, lui planta son couteau dans le ventre. Li s’écroula sur le sol, plié en deux par la douleur. Il s’évanouit.

CHAPITRE CINQ

Miya et Li se réveillèrent douloureusement dans la clairière. Ils se levèrent tant bien que mal en se massant le crâne et les membres endoloris. Li nettoya le sang séché qui entourait sa plaie. Bon, elle n’avait pas l’air aussi profonde qu’il l’avait cru au début, c’était déjà ça ! Miya lui tendit un linge pour qu’il puisse la bander.

Il n’y avait plus rien dans la clairière. Les brigands avaient emporté les corps de leurs camarades, les vivres de Li et Miya, leurs deux chevaux et les quelques armes, ou autres choses intéressantes qu’ils possédaient.

Li et Miya regardèrent autour d’eux. Aïe ! Ils étaient enfermés dans une cage en bambou et les bandits, bien gentiment, avaient accroché les restes du lièvre sur la porte de la cage, le sang perdu pendant le combat attirant les prédateurs. Une panthère des neiges affamée mangeait le lièvre qu’elle finit rapidement. Comme elle avait encore faim, elle décida de manger les deux jeunes gens. Mais la cage l’en empêchait, elle se mit à tourner autour, cherchant une solution.

Miya dit à Li de rester dans la cage.

« Et pourquoi ? Je n’ai pas peur d’une panthère, protesta-t-il.

- C’est bien ça le problème, marmonna Miya. J’ai peur que tu ne fasses une bêtise. »

D’un bond, elle sauta hors de la cage et enferma Li, furieux, à l’intérieur.

Elle se retourna vers la panthère et se mit à tourner avec elle. La panthère bondit, Miya l’évita.

Pourquoi elle ne lui a pas tordu le cou ? pensa Li.

La tueuse aux yeux d’or revint à la charge sur le côté, d’une pirouette Miya esquiva.

Mais qu’est-ce qu’elle fait ?

Miya, revenue sur ses pieds, attendit. Le félin, agacé, revint vers sa proie et plongea. Miya bondit sur son dos, pinça un endroit précis du cou et la belle panthère blanche s’endormit. Miya la prit dans ses bras, la jeta sur son épaule et grimpa la déposer dans un arbre pour ne pas qu’un autre animal ne profite du sommeil profond de la panthère pour la tuer. Puis la jeune fille vint ouvrir la porte de la cage pour laisser sortir Li.

« Pourquoi tu t’es embêtée à lui laisser la vie sauve ? demanda Li en colère.

- C’est une belle bête et j’adore les animaux, répondit Miya avec calme.

- Elle voulait quand même nous manger.

- Elle était affamée.

- Et alors ? C’est la loi de la nature : tu te bats : si tu gagnes, tu manges ; si tu perds, tu es mangé.

- Tu te bats souvent pour manger ?

- Oui. Avec le fermier. Tu ne peux même pas imaginer à quel point il faut se battre pour que la viande soit rabaissée à un prix raisonnable.

- Tu as raison, Li, c’est la loi de la nature, mais nous trichons. Nous avons décrété que les moutons, les yaks, les chèvres et autres animaux comestibles qui vivent en troupeau, donnent beaucoup de lait et ont un poil bon à tisser, nous appartiennent. Nous les avons parqués, enfermés et nous les protégeons jalousement. Nous les élevons et nous interdisons aux autres prédateurs de les approcher, les considérant comme nôtre. Mais avons-nous pensé à eux, ces prédateurs qui s’en nourrissaient ? De quel droit cette nourriture est-elle plus nôtre que leur ?

- C’est nous qui l’avons dit les premiers, tenta Li.

- C’est pathétique.

- Alors tu ne manges que ce que tu chasses, tu cueilles ou tu cultives ?

- Autant que possible, oui. Je considère que cette possession des proies naturelles est une solution égoïste et facile.

- On a bien le droit de manger !

- Mais les animaux aussi !

- C’est bon, tout ne nous appartient pas.

- Ah ! T’as vu ce qu’on leur laisse ? Comme on possède aussi les bonnes terres, ils sont reclus dans les lieux dont nous ne voulons pas et où les proies sont rares ou petites. Après on s’étonne qu’ils s’attaquent à nos troupeaux et à nos villages.

- Mouais. T’as peut-être raison. Mais tu n’es pas un peu excessive ?

- Pourquoi ? Si chacun avait une maison protégée avec un potager, un cellier et un parc naturel composé d’une forêt, de proies, de prédateurs…

- Et un panneau : « interdit de piétiner les plantations » pour être sûr qu’il reste au moins un ou deux légumes à manger, la coupa Li.

- D’accord, c’est peut-être un peu excessif, concéda Miya.

- Et tu sais, les fermes et les élevages, ça fait partie d’une chose merveilleuse qui s’appelle l’évolution. Une personne s’occupe de produire la nourriture, ce qui permet aux autres de faire autre chose, tu vois ? Ça, ça s’appelle la répartition des tâches. Et comme il faut nourrir beaucoup de personnes, il faut légèrement prévoir de gros et nombreux troupeaux. Tu t’imagines les parties de chasse, trois fois par jour ? Ils sont morts les gars, et le gibier aussi vu que les prédateurs auront tout mangé. Et les gens ? T’y as pensé aux gens ? Ils vont mourir de faim !

- J’aime pas les gens, bougonna Miya.

- Je comprends mieux, ironisa Li, tu n’aimes pas les gens et c’est pour ça que tu aides tout le monde, et que ta maison fait refuge pour les enfants abandonnés et les défavorisés ?

- J’ai dit : j’aime pas les gens. Je n’ai jamais dit que je n’aimais pas les personnes. C’est très différent.

- T’aimes les personnes mais tu n’aimes pas les gens ? Et bah, c’est très logique tout ça…

- Mais j’avoue que j’ai un peu exagéré.

- Ah, j’ai raison.

- Oui.

- Dis-le.

- Tu as raison.

- J’adore quand on me dit ça. Bon, si on y allait ?

- Où ça ?

- Chercher nos affaires d’abord. Ils ont pris la carte et nos chevaux.

- Ainsi que mon poignard.

- Passe encore.

- C’est un cadeau de mon père ! »

Li haussa les épaules. Il déchira un morceau de sa chemise et banda à nouveau sa plaie au ventre. Puis il regarda le sol à la recherche de traces. Les deux jeunes gens suivirent ensemble et à pieds, la piste laissée par les chevaux des bandits de la forêt. Pendant que Li pistait les traces, Miya jouait avec un petit écureuil qu’elle avait croisé sur le chemin et qui s’amusait avec les nattes de ses cheveux.

CHAPITRE SIX

Après une assez longue distance sans embûches, ils aperçurent l’entrée légèrement dissimulée d’une grotte.

Nos deux jeunes amis s’accroupirent et avancèrent lentement, cachés dans les fourrés. Ils atteignirent l’antre sans aucune difficulté ; un homme y était posté. Miya se faufila près de lui et l’endormit en lui pinçant la nuque.

« Un jour, faudra que tu m’apprennes ça, quand même, lui murmura Li. »

La jeune fille lui montra la position des doigts sur la nuque et l’endroit précis où il fallait pincer.

Puis, toujours en silence, ils reprirent leur marche. Ils suivirent le conduit de pierre qui les mena dans une grotte creusée dans la montagne, comme une très grande salle. Il y avait tout un village dedans, des maisons taillées dans le roc, des routes, des escaliers, des routes aériennes soutenues par les bâtiments des étages inférieurs ; toute une ville, éclairée par des cristaux brillants d’une couleur bleu pâle et les torches allumées, çà et là, sur les murs.

Où chercher leurs affaires ? Ils pensèrent aller voir chez le chef qui devait vivre en haut, dans la maison blanche qui surplombait les autres maisons de pierre grise. Avant de se lancer aveuglément dans l’ascension de la ville, ils se demandèrent comment passer inaperçus. Les femmes faisaient leur marché et discutaient sur les différentes places de la cité. Les hommes parlaient dans les cafés ou travaillaient dans les multiples recoins du village. Plusieurs petites patrouilles sillonnaient les rues, non pas pour surveiller les voleurs, les agresseurs ou autres criminels, puisqu’ici il n’y avait que ça, mais ils vérifiaient que les enfants ne s’amusaient pas à marcher sur les clôtures qui ceinturaient les places, rues et escaliers aériens, et s’assuraient qu’aucune ménagère, pas très douée, ne faisait brûler sa maison…

Li et Miya étaient bien embêtés : par où passer ? Ils décidèrent d’emprunter le conduit d’évacuation, prévu en cas d’attaque de la ville ; il ne devait pas y avoir trop de monde.

Ils commencèrent à monter dans le boyau de pierre. Pas un chat. Chaque étage avait son entrée dans le conduit, Miya et Li firent très attention en passant devant ces ouvertures béantes pour permettre une course précipitée vers la sortie. Un garde se trouvait au milieu du tunnel pour réguler la circulation en cas de fuite et pour vérifier qu’aucun intrus ne s’infiltrait dans la cité. Li fit signe à Miya de rester à sa place et se dirigea, à la faveur de l’obscurité, en direction du vigile. Il s’approcha en retenant sa respiration et lui pinça le cou. Mince, raté ! Vite, il l’assomma d’un coup de poing.

Il se retourna pour faire signe à Miya de s’avancer mais celle-ci était déjà là, retenant avec peine son rire. Li haussa les épaules pour signifier qu’il ne comprenait pas pourquoi ça n’avait pas fonctionné, ce qui ne fit qu’empirer l’état de Miya, qui étouffait à force de taire ses éclats.

Li, vexé, reprit le chemin en boudant. Bientôt ils arrivèrent à la fin du tunnel d’évacuation. Un homme en bloquait la sortie. Les deux camarades n’avancèrent pas plus vers lui, mais tournèrent sur la gauche par le dernier passage menant dans le jardin de la demeure du chef. Ils s’y engouffrèrent et arrivèrent devant la porte d’une maison en marbre, qu’un homme gardait. Li s’avança délicatement et pressa la nuque de ce dernier. Il s’endormit. Fou de joie, Li faillit lancer un hourra mais se retint juste à temps grâce à Miya qui lui maintenait la bouche résolument fermée. Li hocha la tête comme il put, fortement maintenu par les bras de Miya, et elle le lâcha. Il inspira un bon coup. Puis ils ouvrirent la porte en pin. Miya entra. Li se retourna, fit le tour de la cour du regard, repéra l’écurie, sourit et s’engouffra à la suite de Miya dans la maison.

Dans le hall, ils s’arrêtèrent et tendirent l’oreille. Ils entendaient des bruits de voix venant de la droite. Ils se décidèrent donc pour la gauche sauf que c’était un mur. Ils optèrent alors pour aller droit devant.

Silencieusement, ils se dirigèrent dans un couloir sombre qui les mena à la cuisine. Miya aperçut sa besace sur la table et s’en empara. Li prit leur sac de provisions et tendit la main vers un sac rempli de victuailles qui ne leur appartenait pas. Fallait-il le prendre ? Miya lui fit non de la tête : reprendre ce qui est à soi, c’est une chose ; voler ce qui ne nous appartient pas, même à un voleur, c’en est une autre. Li le laissa, coinça son sac sur son dos pour qu’il ne l’encombre pas, avec une fermeture en nœud coulant pour sentir si quelqu’un essayait de l’ouvrir. Miya ajusta sa besace noire et ils rebroussèrent chemin.

Toujours sans bruit, les deux jeunes infiltrés s’approchèrent d’un escalier. Ils montèrent et retrouvèrent, dans les quelques pièces qui s’y trouvaient, les différents objets que les brigands avaient trouvés bon de leur prendre. Manquaient les armes ! Et le seul coin de la maison qui n’avait pas été fouillé était la partie droite d’où venaient les voix.

Ils redescendirent les marches et avancèrent vers les voix. Ils arrivèrent bientôt en vue d’une pièce éclairée. Des hommes étaient regroupés autour d’une table où se trouvaient les armes de leurs différentes agressions de la journée.

Miya et Li s’approchèrent en silence. Comment s’emparer de leurs armes disposées sur la table ? Ils décidèrent de se jeter dans le tas mais en silence pour ne pas ameuter le reste de la ville. Mais, puisqu’ils ne pouvaient pas s’occuper de tous en même temps, comment faire pour que ceux qui attendraient leur tour, lorsqu’ils immobiliseraient les premiers, ne crient pas ? Après moult réflexions, ils convinrent que ce ne serait pas facile voire impossible.

Li et Miya se retirèrent, sortirent de la maison et allèrent bloquer les différentes allées du jardin. Li en profita pour jeter un œil discret dans l’écurie. Il repéra leurs chevaux ainsi que le garde. Il lança une pierre sur un mur un peu plus loin. Au bruit, le garde leva la tête, concentré sur son ouïe. Li jeta une seconde pierre. L’homme prit son arme et sortit. Li se glissa à ses côtés et l’endormit. Il le prit par les bras et le cacha derrière un buisson. Ensuite, il entra dans l’écurie, où plusieurs chevaux hennirent faiblement. Il s’avança, détacha les leurs et les sortit par la bride dans la cour. Là, il les attacha à un arbrisseau. Puis il bloqua les portes de l’écurie. Miya revenait, furieuse d’avoir bloqué les allées seule, prête à lui faire part du fond de sa pensée, mais, quand elle vit les chevaux prêts à bondir vers la sortie, elle se dit que, finalement, il avait fait sa part du travail. Bien sûr, elle n’avoua pas être surprise et nia que l’idée ne l’avait pas même effleurée. Elle se contenta d’un hochement de tête approbateur.

Tous deux entrèrent à nouveau dans la maison, retournèrent près des hommes, qui discutaient âprement le partage du butin, et se jetèrent dans la mêlée.

Miya fit une magnifique pirouette qui lui permit d’assommer deux têtes. Li bondit sur le dos d’un homme, écarta les jambes et donna un bon coup de pied dans les têtes à droite et à gauche de son bourriquet qu’il assomma d’un coup de tête. L’effet de surprise passé, les hommes s’armèrent et se défendirent. Miya esquiva un coup de sabre et projeta l’homme de toutes ses forces contre le mur. Li plongea pour éviter quelques coups de poignards méchamment destinés à lui transpercer le corps et fit un croche-patte à ses deux agresseurs. Une fois à terre, il leur asséna un coup de poing sur la nuque. Miya sauta, un bâton à la main, en donna un coup dans le ventre des quatre suivants et les assomma. Li s’empara d’un katana encore dans son fourreau et frappa les trois suivants sur la tête, ils s’évanouirent. Miya plaqua l’un des bandits au sol et l’endormit. Li se projeta en avant et tomba sur le dernier qu’il assomma rapidement.

Ils récupérèrent leurs armes, sortirent de la maison, montèrent sur leurs destriers et s’en allèrent au galop, renversant au passage l’homme de garde à la sortie.

CHAPITRE SEPT

Après avoir disséminé plusieurs pièges sur leur passage, Li et Miya s’arrêtèrent.

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