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Le dernier apprenti sorcier (Tome 5) - Les disparues de Rushpool

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384 pages
L’agent Peter Grant, dernier apprenti sorcier et brillant enquêteur de la Police Métropolitaine de Londres – la Métro, pour les intimes – quitte cette fois la capitale britannique pour se rendre dans une petite bourgade du Herefordshire où les forces de police locales échouent à enrayer la vague d’enlèvements d’enfants dont leur communauté est victime. Assisté de Beverley Brook, Peter se retrouve bientôt embourbé jusqu’au cou dans une affaire pour le moins louche. Passe encore le danger omniprésent, la mauvaise humeur des flics du coin, la franche hostilité des dieux locaux… mais des boutiques qui ferment à 4 heures de l’après-midi ?! Quelle horreur !
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Aaronovitch Ben
Les disparues de Rushpool
Le dernier apprenti sorcier 5
Collection : Nouveaux Millénaires Maison d’édition : J’ai lu
Traduit de l’anglais par Benoît Domis
© Ben Aaronovitch, 2014 © Éditions J’ai lu, 2015, pour la traduction française Dépôt légal : mai 2015
ISBN numérique : 9782290117439 ISBN du pdf web : 9782290117446
Le livre a été imprimé sous les références : ISBN : 9782290081051
Ce document numérique a été réalisé parNord Compo.
Présentation de l’éditeur : L’agent Peter Grant, dernier apprenti sorcier et brillant enquêteur de la Police Métropolitaine de Londres – la Métro, pour les intimes – quitte cette fois la capitale britannique pour se rendre dans une petite bourgade du Herefordshire où les forces de police locales échouent à enrayer la vague d’enlèvements d’enfants dont leur communauté est victime. Assisté de Beverley Brook, Peter se retrouve bientôt embourbé jusqu’au cou dans une affaire pour le moins louche. Passe encore le danger omniprésent, la mauvaise humeur des flics du coin, la franche hostilité des dieux locaux… mais des boutiques qui ferment à 4 heures de l’après-midi ?! Quelle horreur !
© Shutterstock / © Éditions J’ai lu
Biographie de l’auteur : Nourri à l’eau de la Tamise dès sa naissance en 1964, si Ben Aaronovitch s’éloigne cette fois de la capitale de tous les imaginaires, c’est pour mieux lui rendre hommage. L a série du Dernier apprenti sorcier, qui compte désormais cinq volumes, est en cours d’adaptation à la télévision britannique par la BBC.
Titre original : FOXGL OVE SUMMER
Collection Nouveaux Millénaires dirigée par Thibaud Eliroff
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© Ben Aaronovitch, 2014 © Éditions J’ai lu, 2015, pour la traduction française
Du même auteur dans la même collection
Le dernier apprenti sorcier :
1. Les rivières de Londres 2. Magie noire à Soho 3. Murmures souterrains 4. Le rêve de l’architecte
Ce livre est dédié à Sir Terry Pratchett OBE qui s’est dressé tel un chaispasquoi sur les rivages rocheux de nos imaginations, pour mieux nous ramener au port en toute sécurité.
PREMIÈRE PARTIE
CONTRÉES LOINTAINES
Jadis, au temps de ce roi Arthur que les Bretons célèbrent et grandement honorent, tout ce pays était rempli de fées. La reine des Elfes avec sa joyeuse compagnie 1 dansait très souvent en maint pré vert . Le Conte de la femme de Bath, Geoffrey Chaucer
1. Devoir de vigilance
J e passais devant le Hoover Centre quand M. Punch se mit à hurler sa rage derrière moi – à moins qu’il ne s’agît d’un crissement de freins, d’une sirène ou d’un Airbus en approche finale de Heathrow. Je l’avais entendu par intermittence depuis ma chute du sommet d’une tour d’habitation dans le quartier d’Elephant and Castle. Pas un vrai son, bien sûr : une impression, une expression de la ville elle-même – ce qu’on pourrait appeler un super-vestigium si Nightingale ne s’opposait pas farouchement à ce que j’invente ma propre terminologie. Tour à tour menaçant, désespéré – quand je distinguais sa plainte dans le vent qui gémissait autour des rames de métro –, ou implorant – dans le grondement de la circulation sous la fenêtre de ma chambre en fin de journée. C’est un personnage versatile, notre M. Punch. Aussi changeant et dangereux qu’une bande de hooligans un samedi soir. Cette fois, pour une raison qui m’échappait, il crachait sa rage, sa mauvaise humeur et sa rancœur. Pourtant, ce n’était pas lui qu’on obligeait à quitter Londres. En tant qu’institution, la BBC vient à peine de souffler ses quatre-vingt-dix bougies. Nightingale se sent donc suffisamment à l’aise avec la radio pour tolérer la présence d’un poste numérique dans sa salle de bains pour écouter Radio 4 en se rasant. Dans son esprit, les présentateurs qui réduisent en charpie le politicien offert en sacrifice chaque matin sur l’autel deTodayprobablement toujours tirés à sont quatre épingles. Raison pour laquelle il entendit parler des disparitions d’enfants avant moi – ce qui ne manqua pas de le surprendre. « Je croyais que vous écoutiez la radio dès que vous vous leviez, me dit-il au petit déjeuner. — Je m’entraînais », répondis-je. Dans les semaines qui avaient suivi la démolition de Skygarden Tower – avec moi au sommet –, j’avais été un témoin clé dans trois enquêtes, en plus de celle menée par l’Inspection générale des services. J’avais passé pas mal de temps en salle d’interrogatoire dans plusieurs commissariats de Londres, y compris au tristement célèbre vingt-troisième étage de l’Empress State Building, où la police des polices rangeait tous ses instruments de torture. J’avais donc pris l’habitude de me lever tôt pour mon entraînement, puis de faire un peu de gym avant de partir répondre de cinq manières différentes à la même foutue question. De toute façon, je dormais plutôt mal depuis que Lesley m’avait
taserisé dans le dos. Au début du mois d’août, on m’avait enfin laissé tranquille, mais l’habitude – et l’insomnie – était restée. « On nous a demandé d’intervenir ? demandai-je. — Pas officiellement, non, répondit Nightingale. Mais quand des enfants sont concernés, nous avons certaines responsabilités. » Deux gamines de onze ans avaient disparu, chacune appartenant à une famille différente du même village, dans le nord du Herefordshire. La veille au matin, le 999 avait reçu un premier appel juste après neuf heures. Les médias avaient commencé à s’y intéresser dans la soirée, quand on avait retrouvé leurs téléphones portables à environ un kilomètre de leurs domiciles, près d’un monument aux morts local. Pendant la nuit, l’affaire avait pris une ampleur nationale ; selonToday, des recherches de grande envergure devaient débuter dans la journée. Je savais que la Folie avaitde factoresponsabilités qui couvraient l’ensemble des du territoire, même si personne n’aimait en parler. Mais je ne voyais pas le rapport avec des disparitions d’enfants. « Malheureusement, par le passé, expliqua Nightingale, il est arrivé qu’on exploite des enfants dans le cadre de pratiques magiques… » Il chercha la formulation qui convenait. « … moralement contestables. Nous avons toujours eu pour politique de surveiller ce genre d’affaires et, quand cela s’avérait nécessaire, de nous assurer de l’absence d’implication de certains individus. — Certains individus ? relevai-je. — Devins, guérisseurs et autres praticiens du même genre. » Dans notre jargon, ces termes pouvaient désigner tout sorcier qui n’avait pas suivi l’enseignement de la Folie ou qui exerçait à la campagne. Nous regardâmes tous deux en direction de Varvara Sidorovna Tamonina, e ancienne membre du 365 régiment spécial de l’Armée rouge, qui, assise à une autre table, lisaitCosmopolitan en buvant son café. Varvara Sidorovna, entraînée par les Soviétiques, entrait définitivement dans la catégorie des « autres praticiens ». Mais comme nous l’avions hébergée ces deux derniers mois en attente de son procès, son implication semblait peu probable. Chose étonnante, Varvara s’était présentée pour le petit déjeuner avant moi, apparemment en pleine forme pour une femme que j’avais vue écluser presque deux bouteilles de Stoli la veille au soir. Nightingale et moi avions essayé de la soûler dans l’espoir de lui arracher davantage d’informations sur le Mage sans Visage, sans rien obtenir, à part quelques blagues franchement obscènes – mais, pour bon nombre d’entre elles, beaucoup moins drôles une fois traduites. Tout de même, la vodka aidant, j’avais presque dormi comme un bébé. « Alors, c’est un peu comme ViSOR, dis-je. — C’est la base de données des délinquants sexuels ? » s’enquit Nightingale qui, dans son infinie sagesse, ne prenait jamais la peine de mémoriser un acronyme en usage depuis moins de dix ans. Je confirmai ; il réfléchit à la question tout en se versant une nouvelle tasse de thé. « Je préfère penser à la nôtre comme à une liste de gens vulnérables. Notre rôle, en pareille circonstance, est de nous assurer qu’aucun d’eux ne s’est trouvé mêlé à quelque chose qu’il pourrait regretter par la suite. — Vous croyez que cela risque d’être le cas dans cette affaire ?
— Non, c’est peu probable. Mais en la matière, je préfère pécher par excès de prudence. » Il sourit. « Par ailleurs, quelques jours à la campagne vous feront le plus grand bien. — Ben voyons. Rien de tel qu’un bon kidnapping pour me remonter le moral. — Exactement », conclut Nightingale. Après le petit déjeuner, j’avais donc passé une heure à l’annexe, le temps de récupérer toutes les informations indispensables sur le réseau et de charger mon ordinateur portable à bloc. Je jetai mon sac PSU – on m’avait récemment déclaré à nouveau bon pour le service – dans le coffre de ma Ford Focus avec un nécessaire de voyage. Je ne pensais pas avoir l’usage de ma combinaison ignifugée, mais mes grosses rangers feraient probablement mieux l’affaire que mes chaussures de ville. Je m’étais déjà rendu à la campagne, et je ne suis pas du genre à commettre deux fois la même erreur. Je retournai dans la Folie proprement dite ; Nightingale m’attendait dans la bibliothèque, où il me tendit un dossier en papier kraft maintenu fermé par des rubans rouges décolorés. Il renfermait une trentaine de pages, aussi fines que du papier de soie, couvertes de texte tapé à la machine ; il contenait également la photocopie d’une sorte de document d’identité. « Hugh Oswald, dit Nightingale. Il a combattu à Anvers et Ettersberg. — Il a survécu à Ettersberg ? » Nightingale détourna les yeux. « Il est parvenu à rentrer en Angleterre, mais il a souffert de ce que l’on appelle aujourd’hui le syndrome de stress post-traumatique. Il touche toujours une pension d’invalidité – il s’est mis à l’apiculture. — Il est puissant ? — Disons que je vous déconseille de le mettre à l’épreuve. Mais je le soupçonne d’être un peu rouillé. — Et si je suspecte quoi que ce soit ? — Vous le gardez pour vous, vous opérez un repli discret et m’appelez à la première occasion. » Avant que je puisse m’éclipser par la porte de derrière, Molly surgit silencieusement de son domaine – la cuisine. Elle m’intercepta. Me gratifiant d’un faible sourire, elle inclina la tête sur le côté d’un air interrogateur. « J’avais l’intention de m’arrêter en route », me justifiai-je. Elle fronça les sourcils. « Je ne voulais pas vous déranger », ajoutai-je. Molly me tendit un sac Sainsbury’s orange. Je le trouvai étonnamment lourd. « Qu’est-ce qu’il y a dedans ? » demandai-je, mais Molly se contenta de sourire, dévoilant beaucoup trop de dents. Elle tourna les talons, s’éloignant d’une allure nonchalante. Je soupesai le sac avec précaution – ces derniers temps, Molly avait un peu levé le pied sur les abats, mais il lui arrivait encore de se montrer assez excentrique dans ses associations culinaires. Je pris soin de placer le tout à l’arrière, par terre, à l’ombre du siège avant. Quels que soient les ingrédients qui entraient dans la composition de ces sandwichs, mieux valait éviter qu’ils se gâtent sous l’effet de la chaleur, commencent à puer ou se transforment spontanément en une nouvelle forme de vie. Je me mis en route par une radieuse journée londonienne – le ciel était bleu, les touristes envahissaient les trottoirs le long de Euston Road ; depuis leurs voitures aux