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Le fils de l'ambassadeur

De
116 pages
Dans un style volontairement simple, Amadou Madougou nous livre sans détours, ses réflexions sur l'évolution politique récente du Négroland et la conduite des affaires publiques par les dirigeants de ce pays qu'on identifiera facilement, depuis l'accession à l'indépendance jusqu'à nos jours. Plusieurs auteurs ont déjà abordé ce thème, mais c'est une des rares fois où les affaires étrangères" sont abordées en littérature nigérienne.
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LE FILS DE L'AMBASSADEUR

@L'Hannatlan,2004 ISBN: 2-7475-6810-5 EAN:9782747568104

Amadou MADOUGOU

LE FILS DE L'M1BASSADEUR
Roman

Préfacede Adamou IDE

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Degli Artisti 15 10214 Torino ITALIE

«Le meilleur ambassadeur est celui qui sait bien mentir et agir pour sauver l'honneur et les intérêts de son pays»

A La mémoire de notre regretté ami
Garba MounkaïLa

Tous les personnages et faits de ce roman sont

purement fictifs. Toute ressemblance éventuelle n'est que simple coincidence.

PREFACE
Après Kokari ou le combat silencieux de l'enseignant, qu'arrive sur les bords du Niger, Lefils de l'Ambassadeur. voici

A la faveur de l'accréditation de son père en République de Négroland, Modo va grandir et mûrir avec les petits indigènes, curieux et intrépides, qui prennent la vie d'assaut dès leur jeune âge. De l'école de la vie à l'école tout court, Modo et Gati, son ami du Négroland, vont partager maintes expériences des enfants du pays. Ils vont également apprendre de Gnamkala le griot, plusieurs pans de 1'histoire et les valeurs culturelles de ce pays que le lecteur reconnaîtra aisément. Bien qu'étant une fiction, Lefils de l'Ambassadeur se révèle une oeuvre à vocation pédagogique comme le précédent roman de l'auteur. Dans un style volontairement simple, Amadou Madougou nous livre sans détours, ses réflexions sur l'évolution politique récente du Négroland et la conduite des affaires publiques par les dirigeants du pays, depuis l'accession à l'indépendance jusqu'à nos jours. Plusieurs auteurs ont abordé ce thème, mais c'est une des rares fois que les «Affaires Etrangères» sont abordées en littérature nigérienne. Gati, devenu Ministre, va terriblement souffrir de son amour pour le pays, de son courage politique, mais surtout de la trahison de Modo, le fils de l'Ambassadeur, son ami d'enfance, lui-même accrédité à Négroland comme jadis son père. C'est l'occasion pour l'auteur de fustiger la collusion entre les dirigeants africains, peu soucieux de l'intérêt de leur peuple et les puissances occidentales qui se plaisent à maintenir nos pays sous leur joug. Dès qu'un responsable africain pense à la Libération de son peuple, à la meilleure manière de travailler pour construire son bonheur, le voilà qui tombe sous les balles ou devient victime de machinations politiques ourdies par ses propres compatriotes, parfois avec la complicité voyante et condamnable des Ambassadeurs des pays «amis»: Modo,

Ambassadeur d'un pays développé et depuis longtemps démocratique, va prêter sa main pour «tuer» la liberté et la démocratie au Négroland ! Qu'on ne se méprenne pourtant pas sur les intentions de l'auteur. Pour avoir été lui-même un responsable politique, il éprouve un grand respect pour la mission des Ambassadeurs. Ce qu'il dénonce c'est d'abord la fourberie des hommes et surtout l'incapacité des dirigeants africains à mettre en avant les intérêts des populations. Un des grands maux de l'Afrique, la pensée unique, est mise ici au pilori. Mais la démocratie n'enfante pas que des fruits exquis. Et l'expérience politique du Négroland en est un exempte édifiant. En fait de quoi s'agit-il? Simplement de ce que les cadres, les intellectuels africains doivent prendre leurs responsabilités et les assumer, pour eux-mêmes, pour le peuple au nom duquel ils prétendent parler et agir, et devant l'Histoire. Intellectuellement honnête, Gati va apprendre à ses dépens que le courage politique de défendre ses pensées et ses choix se paie, si tout va bien... à la prison, avec torture et humiliation en prime. Or sans ce courage politique, sans la culture patriotique, sans prendre référence sur les valeurs culturelles de leur pays, les cadres africains, démocrates ou pas, continueront à perpétuer l'écrasante et insupportable don1ination du monde riche, qui a plus d'un tours dans son sac pour maintenir les pays pauvres dans sa "toile". Telle est la véritable "leçon" contenue dans ce beau roman agréable à lire de celui qui n'a jamais cessé d'être un "maître". Heureusement qu'il en reste encore quelques uns qui, avec modestie, continuent encore à séduire le lecteur avec de nouveaux rêves sur sa propre réalité.

Adamou IDE Ecrivain

I
Tout l'ambassadeur, et satinée, qui avalaient mettaient le monde l'appelait la santé. roses pers yeux le fils de mais il se nommait des pommettes des en relief MODO. Il et saillantes et pétillants, conditions toute forme de de habillé couler était jovial et respirait Une peau lisse

les agréables MODO évitait ou verbale. flegmatiques, un monde

vie de MODO. Toujours et bien parfumé, brutalité, un regard Ses gestes audible. monde exquise physique étaient

impeccablement Il laissait

doux et paisible Il se montrait diplomatique, où la correction

sur ses interlocuteurs. sa voix à peine adepte du de courtoisie constituait véritable du langage

la règle d'or.

Le fils de l'ambassadeur

MODO venait une société une société généralement fréquentant capitale père, enfants camarades une pas société n'appartenait considéré un don un bien comme l'adversité plus grands villageoise.

d'une

société poussé conjugal ou deux

occidentale, à l'égoïsme, n'engendrait enfants. accrédité En de la son avec des

d'individualisme où le couple qu'un l'unique

école

élémentaire contact issus

de N égroland noirs, presque Le cadre d'école

où était tous

il prit son tout premier

de familles communauté, et même était

nombreuses.

de vie de ses nouveaux ne s'appartenait à personne, car l'enfant

était la grande

où personne exclusivement mère, comme Chaque

à sa propre se distribuait du village.

un don du ciel et, en Afrique, à toute individu Dans la communauté représentait cette société donc unie à des

les doigts de la main, l'enfant aux autres, de la nature, à l'extrême

s'affirmait sévérité

en se mesurant

en s'affrontant

de sa classe d'âge. une grosse Quand de

MODO venait à l'école en voiture, voiture noire, luisante devant elle s'arrêtait les classes, 10

et bien silencieuse.

elle servait

Le fils de l'ambassadeur

miroir maigres

plan devant silhouettes

lequel

les petits

écoliers

se

renvoyaient déformées.

des grimaces écrasées

en regardant

leurs

et horriblement

MODO avait contenant insolite, agrémenter remplie chocolat l'autre,

toujours tout

deux

cartables, lui fallait

l'un pour de

ses fournitures sa récréation: et bien d'autres de petits

scolaires une bouteille friandises. animaux chacun

de qualité thermos

ce qu'il

de café au lait chaud,

des plaquettes

Des images aux couleurs de ces sacs. sur le siège le et képi docile

autocollantes

vives et agressives arrière, à visière et courtois Dès sautait n'avait laissant noire. pour

ornaient

MODO et ses cartables conducteur toujours

se plaçaient en tenue

seul à l'avant

de la voiture, blanche aimable,

MODO aimait bien la compagnie qui se montrait la sécurité de son emploi. de voiture, Il venait et de la rentrée il

de ce chauffeur

que MODO descendait dans sa salle à l'heure de exacte de traîner

classe.

généralement

guère le temps

dans la cour. A

chaque récréation,

il se retirait 11

dans un coin pour