Le Graal de l'Inframonde

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Cortès et les Aztèques face à l'Apocalypse...


Suite à son sacrifice lors de la bataille du Gouffre du Danube, Éva se retrouve dans le corps d'une puissante prêtresse aztèque de la ville de Mexico-Tenochtitlan. Horrifiée par les offrandes sanglantes de ce peuple farouche, la Messagère de l'Apocalypse ne tarde pas à entendre parler d'une étrange prophétie de la fin des Temps...

Non loin de là, l'Armada de l'ambitieux conquistador Hernán Cortés s'apprête à fondre sur les terres de l'empereur aztèque Moctezuma.

De son côté, le prêtre mégalomane Niccolaï de Modrussa décide de partir à la recherche du Graal.

Sa quête le mènera jusqu'à une base pharmaceutique en Alaska, où se développe dans le plus grand secret l'inquiétant Projet Mathusalem...

Dans les Carpates, Vlad Drakul est condamné au trépas par son propre peuple. Le Cavalier de l'Apocalypse n'aspire plus qu'à la mort : mais après tant de carnages, peut-on encore espérer la rédemption ?

Partout, d'étranges papillons de feu agitent leurs ailes sur les branchages noueux d'un sanglant Arbre de Vie...

Jusqu'où iriez-vous pour vous emparer de l'Éternité ?


Série Les Sept portes de l'Apocalypse


« Une saga prenante qui surprend toujours autant le lecteur ! » Vampirisme.com

« C’est rare que j’adore un personnage mais là, c’est plus que de l’adoration, c’est de la vénération » C'estJusteMonAvis


Vanessa Callico est écrivain et musicienne classique professionnelle. En hommage à la littérature sud américaine du « réalisme magique » et aux classiques de science-fiction, sa plume la porte naturellement vers des univers proches de la littérature fantastique. Artiste musicienne et pédagogue diplômée d’état, Vanessa Callico a également réfléchi sur l’apprentissage des fondamentaux de la musique et la transmission de la culture artistique. Ses albums pédagogiques passent toujours par l’imaginaire comme premier vecteur de l’envie d’apprendre. Tout en poursuivant l’écriture de ses romans et méthodes d’apprentissage, Vanessa Callico écrit également pour le théâtre. Sa prochaine production artistique combinera la transmission de savoirs musicaux au plaisir d’une intrigue mêlant poésie et imaginaire.

Née dans le sud du Chili en 1959, Diana Callico échappe de peu au plus grand tremblement de terre jamais enregistré à l’âge de un an. Elle vivra ensuite à Santiago, et sera témoin de l’époque mouvementée du gouvernement Allende durant son adolescence. Elle habitera ensuite le Vénézuéla pétrolier des années 70, où elle obtiendra un diplôme d’ingénieur informatique. Elle exercera ensuite de nombreuses années au sein d’une entreprise pétrolière d’envergure internationale. Diplômée également de l’Ecole Supérieure de Commerce de Paris, elle écrit des romans en partenariat avec sa fille aînée, Vanessa Callico.
Publié le : vendredi 10 janvier 2014
Lecture(s) : 2
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9791094173039
Nombre de pages : 348
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Extrait
Prologue

« Le Temps, le Temps lui-même, sur lui-même pleure. »
Luís Vaz de Camões

Les reflets de la lune déclinante disparaissaient un à un sous la lueur des torches résineuses qui embrasaient la place du grand marché de Tenochtitlan. En cette fraîche nuit d’été, un grand nombre de pirogues emplies de marchandises provenant des quatre coins du monde connu s’affairaient sur les canaux du lac de l’Altiplano. L’éclat mystérieux des fèves de cacao des Terres Chaudes reluisait dans les pupilles des esclaves entravés qui attendaient leur sort, silencieux et farouches. Des badauds aux toges nouées sur l’épaule se glissaient dans les allées, insensibles aux gloussements des dindons agglutinés entre des peaux de jaguar et des hachettes de cuivre. Mille senteurs chatoyantes flottaient dans l’air de cette belle fin de nuit, sans sembler indisposer outre mesure les citoyens aztèques. Ceux-ci se croisaient en bavardant entre des monticules de plumages multicolores, de bijoux, de tabac et de teintures d’indigo et de cochenille.
D’élégantes courtisanes aux cernes camouflées par des fards quittaient les Maisons du Chant où elles avaient usé et abusé de leurs charmes tout au long de la nuit. Leurs longs cheveux flottaient derrière elles, précédés par leurs coups de dents rageurs qui détruisaient les hachures de plante tzictli coincées entre leurs molaires teintes de rouge et de noir à la mode otomi. Leur acharnement dentaire produisait des résonances de castagnettes dans la foule compacte du petit matin.
La vie grouillait sous l’ombre des étals, entre les calebasses rompues et les débris de vaisselle en terre cuite. Des chiens sans poils y chassaient des lièvres fugueurs sous les jambes nues des apothicaires, jusqu’à s’immobiliser devant le fumet des immenses marmites de ragoût, leur espoir palpable. À la périphérie du marché tentaculaire flottaient des pirogues emplies d’excréments humains destinés à tanner le cuir, derrière une marée d’étals de piments, de haricots et de sucs d’agave. Autour des embarcations souillées s’amoncelaient peu à peu des œufs d’insectes qui flottaient sur la surface noire, doucement attirés par la chaleur moite qui émanait du bois.
Un axolotl, curieux lézard aquatique aux branchies d’une délicate couleur rose, entreprit d’abandonner son algue d’observation favorite pour s’approcher avec tempérance de ce caviar providentiel. Déjà ses sombres yeux globuleux et sa mâchoire vorace pressaient son corps translucide vers la nourriture. Quelques frétillants coups de patte plus tard, il atteignit avec gourmandise la surface reluisante de la lagune de Tenochtitlan.
L’animal fut aussitôt assommé.
Extirpé séance tenante des eaux calmes qui avaient abrité toute sa pénible vie de batracien, son cou fut adroitement sectionné par la lame sombre d’un poignard en obsidienne. La tête de l’axolotl roula sur la voie publique, terminant sa course sous de vieilles épluchures de patates douces. Le reste du corps de l’axolotl fut prestement dépecé par de petites mains avides avant d’être moulu par les dents de deux visages difformes.
Cette paire de têtes surplombait une unique cage thoracique.
– Cette nourriture nous fera prendre des forces… continue de le protéger du froid quand je ne serai plus là, ordonnèrent faiblement les gencives gâtées du jeune visage féminin à la nuque de son frère.
Ce cou était la seule partie de l’anatomie de celui qui partageait son corps que l’inclinaison déviante de son crâne lui permettait d’observer. Une ridule formée autour du grain de beauté qui se nichait sur la paroi gauche du cou du garçon fit comprendre à la sœur l’assentiment par un signe de tête de ce dernier.
Les jumeaux siamois dirigèrent chacun un bras vers les restes sanguinolents du lézard d’eau pour les rajouter au contenu d’un minuscule paquet de tissu. Celui-ci disparut ensuite entre les plis du pagne en fibre de maguey qui masquait leur unique pelvis hermaphrodite. Leur mystérieux chargement ainsi réchauffé, le garçon prit la parole à son tour.
– Sœur, le Temps approche. Nous devons nous mettre en route.
Une complexe séquence d’actions coordonnées permirent aux petits siamois de se relever prudemment, adossant leur scoliose à une table emplie de sauge. La faiblesse du pan gauche du corps monstrueux était évidente. Il s’agissait de la portion anatomique contrôlée par la petite fille.
Soufflant bruyamment de leurs deux poumons, ils s’extirpèrent des ombres du quai qui les avaient soustraits aux regards des passants et s’engagèrent dans une ruelle. Les paupières du garçon se tournaient souvent vers la souffrance de son autre moitié, anticipant les manques de symétrie d’équilibre qui leur auraient fait risquer une chute. Se déplacer ainsi leur avait coûté plusieurs années d’apprentissage. Il leur fallait rester prudents : ils ne pouvaient risquer de briser leur chargement mystérieux. Mais un vase malencontreusement cassé eut tôt fait d’attirer l’attention d’un préposé qui arpentait la place sous les dernières étoiles du matin. Impassible, il s’empara des enfants et les tira vers la triade de magistrats qui siégeaient en permanence dans le coin Est du marché de Tenochtitlan. La vue des jumeaux soudés provoqua une avalanche de murmures de la part de la foule.

Le doyen des juges se pencha afin d’observer au plus près le curieux phénomène :
– Que se présente donc aujourd’hui devant nous, nous qui sommes les gardiens du peuple ? l’interrogea nerveusement l’un de ses collègues qui refusait d’accepter ce que ses yeux fatigués par la veillée de la nuit lui dévoilaient.
À leur grande surprise, ce furent les deux têtes qui leur répondirent :
– Nous sommes les représentants du sombre dieu du ciel nocturne, affirma le garçon en langue nahuatl tout en désignant la voûte céleste qui se déchirait peu à peu.
– Nous devons parler à notre serviteur Moctezuma, soupira l’autre visage aux traits déformés.
Les juges de Tenochtitlan frissonnèrent de concert. Il n’était jamais bon de se retrouver face aux hérauts du dieu de la guerre, le féroce Tezcatlipoca. Quelque peu angoissé, le magistrat assis au centre se tripota les orteils qui dépassaient de sa sandale gauche. Sa talonnière droite martelait le sol de pierre.
– Qu’on fasse appeler le prêtre du Calmecac le plus proche. Les affaires religieuses ne nous concernent pas ! glapit-il, espérant ainsi se débarrasser administrativement de la compagnie de ces êtres malsains qu’il devinait puissants.
– Nous sommes uniquement habilités à juger les cas de vols et de litiges, Ô Divinités, justifia un autre juge d’une voix étranglée.
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