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Le Grand Koudou

De
184 pages
Marc, ingénieur, fils d'agriculteurs passionné par la chasse et la nature, rencontre Estelle, fille d'un grand avocat et future avocate, attirée par les activités culturelles. Comment partager ce qu'ils ont appris à aimer chacun de leur côté ? Ce livre est un hommage rendu à la connaissance des animaux et de leur environnement, à la beauté des paysages, à la convivialité de ceux qui pratiquent l'exercice de la chasse, loin des clichés opposants urbains et ruraux.
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Le Grand Koudou
5/12/12 16:46:50
Patrice Bourrut
Lacouture -
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Prix: 18,00 €
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Editions SPM
L’Approche
Patrice Bourrut-Lacouture
Patrice . Enfant, l’auteur a accompagné les chasseurs avant d’avoir le droit de se servir d’un fusil et de tirer son premier lapin. Cette passion, acquise dès son plus jeune âge, il ne la perdra jamais, quelles que soient les responsabilités qui lui seront conïées au cours de sa vie professionnelle. Côtoyant de grands fusils et carabines, il participa à de nombreuses chasses : la grouse en Ecosse, la bécassine et la tourterelle au Maroc, le perdreau en Espagne, aux grands fauves d’Afrique : bufes, lions ou éléphants. Au cours de ces périples, il ne cessa d’observer et d’approfondir sa réexion sur la place et l’avenir de la chasse si décriée et méconnue dans notre société.
Marc, ïls d’agriculteurs, très attaché aux traditions rurales qui ont marqué sa jeunesse, passionné par la chasse et la nature, brillant élève devenu ingénieur, rencontre, lors d’une fête de ïn d’études, Estelle, ïlle d’un grand avocat, elle-même future avocate, fortement attirée par les activités culturelles : peinture, musique, littérature, voyages… À la suite de ce bref contact, naît un amour partagé qu’ils cherchent aussitôt à rendre durable. Mais ils savent que leur éducation, leurs pôles d’intérêt, leurs habitudes risquent de faire échouer leur tentative. Commence alors un long apprentissage, destiné à les conduire à partager ce qu’ils ont appris à aimer, chacun de leur côté. Exercice délicat pour Estelle qui s’oppose, , à la chasse, véhiculant des idées à la mode et faussement écologiques sur la protection de la nature. Parviendront-ils à trouver cet équilibre pour éviter de s’éloigner l’un de l’autre, alors que le coup de foudre, par déïnition éphémère, aura laissé place au quotidien Ce livre est un hommage rendu à la connaissance des animaux et de leur environnement, à la beauté des paysages, à la convivialité de ceux qui pratiquent l’exercice de la chasse. Il cherche à faire taire ce conit latent entre urbains et ruraux, par une compréhension rationnelle d’une passion qui, transmise de génération en génération, anime ceux qui vivent à la campagne.
Le Grand Koudou L’Approche
Illustration de couverture Le Grand Koudou C’est une antilope d’environ 300 kilos aux cornes torsadées pouvant atteindre 1,70 m calculé en suivant leurs spirales ; elle est considérée par beaucoup comme la plus belle des antilopes africaines et évolue dans un vaste habitat allant de l’ErYthrée jusqu’au nord de l’Afrique du Sud. Elle se nourrit de pousses d’acacias, de baies sauvages et affectionne ainsi les espaces boisés lui permettant de trouver aisément sa nourriture. Elle vit le plus souvent par couples, mais on en rencontre parfois en groupes de quatre.
Patrice Bourrut-Lacouture
Le Grand Koudou L’Approche
ROMAN
Editions SPM Paris - 2013
© SPM, 2013 ISBN : 978-2-917232-04-0
Editions SPM 34, rue Jacques-Louvel-Tessier 75010 Paris Téléphone : 01 44 52 54 80 – Télécopie : 01 44 52 54 82 Courriel : Lettrage@free.fr site : www.spm-editions.com
DIFFUSION – DISTRIBUTION : L’Harmattan 5-7 rue de l’Ecole-PolYtechnique 75005 Paris Tél. : 01 40 46 79 20 – télécopie : 01 43 25 82 03 – site : www.harmattan.fr
DE L’ENFANCE à L’ADOLESCENCE
Marc allait avoir douze ans demain, quelques jours avant Noël. Bon élÈve au collÈge, il attendait le cadeau de ses parents et espérait secrÈtement qu’il soit en rapport avec sa passion de la nature qui avait rYthmé toute sa petite enfance. Une belle canne À lancer pour prendre les brochets de l’étang de leur propriété, qui borde le bois d’une quarantaine d’hectares et le sépare d’une plaine d’une dimension comparable, le comblerait. Il avait d’ailleurs cherché À mettre son pÈre sur la voie de ce souhait en s’arrtant quelques jours auparavant devant la bouti-que d’articles de pche de Romorantin alors qu’il était venu le chercher, exceptionnellement, À la sortie de l’école. Puis rentré À la maison, pendant le dîner, il avait insisté sur les qualités de cuisiniÈre de sa mÈre, particuliÈrement sur sa capacité À préparer les brochets ou les sandres lorsque l’on vidait l’étang ou ceux du voisinage, et que l’on conservait les plus gros poissons. Vider un étang, c’était une cérémonie, un évÈnement, une fte qui réunissait les amis alentours, parfois mme lointains. On allumait un grand feu, en mélangeant des buches bien sÈches de chne, de charme et de bouleau. Une grande table aux rebords retournés pour trier le poisson était installée sur le bord de l’eau, et sur une autre table, avait été préparé le traditionnel « casse croute », généralement copieux, fait de pâté de canard, jambon de sanglier, complété par quelques lots de saucisses et côtelettes cuites sur la braise, le tout accompagné de vins de Touraine, que Marc, qui ne buvait pas, Y avait toutefois goûté une ou deux fois, et ne les trouvait pas bons. Il aimait la convivialité de ces journées de pche, surtout depuis qu’il avait été admis parmi les grands, ce qui l’incitait À participer activement À l’opération. L’étang ne contenait pas de trésors et pourtant il avait le sentiment d’une richesse offerte par la nature À ceux qui savent la préserver, et l’entretenir.
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L’opération se déroulait simplement, l’étang était vidé jusqu’À ce qu’il ne reste qu’une grosse mare d’eau prÈs de la bonde, les pêcheurs installaient un ïlet tendu verticalement en forme de poche et se rapprochaient progressivement de la bonde en empri-sonnant le poisson dans un espace de plus en plus réduit. Alors, soit À la main, soit À l’aide d’épuisettes, ils récupéraient les poissons qu’ils mettaient dans des seaux pour les transporter sur la table de tri. Une fois les poissons-chats et les petites perches arc-en-ciel éliminés, les carpes, suivant leur taille et leur nombre, étaient transférées dans un ou plusieurs autres étangs dans l’es-poir de les voir grossir, et surtout pour ne pas se croire tenu d’en manger… Car mme farcies, c’est un met peu savoureux ! Malgré les prédateurs : hérons, et cormorans, la population de carpes se développait, se nourrissant d’ailleurs, pour partie, du grain destiné aux canards, mais aussi des insectes tombés sur l’étang. Marc aimait bien les voir sauter hors de l’eau, puis retomber lourdement pour attraper quelques mouches ou autres insectes. Il fallait ensuite récupérer le poisson noble, celui qui justiïait toute cette opération : le brochet, le sandre, le black-bass et la perche. Il Y en avait toujours un peu, mais aprÈs avoir remis À l’eau les petits, destinés À assurer le repeuplement, il en restait À peine assez pour en offrir À ses amis et en conserver cinq ou six pour la consommation familiale. Marc était un peu déçu lors de chaque pche, car les poissons n’étaient ni aussi gros ni aussi nombreux qu’espéré et il maudis-sait les cormorans, de plus en plus nombreux, qui étaient venus piller son étang. Enïn, ce n’était pas grave, tous les participants avaient passé un bon moment, À la fois animé et convivial. Son bonheur, c’était cette osmose avec la nature, avec les animaux. Revenons À son anniversaire. Noël arrivait et les vacances étaient lÀ. AprÈs une froide journée, occupée À ramasser quelques châtaignes dans le bois, À observer des vols de palombes attardées
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dans leur migration vers le Sud, et À approcher un chevreuil À bon vent, Marc était heureux de retrouver sa maison et la chaleur de la cheminée qui formait, autour d’elle, un espace dans lequel il aimait se reposer en compagnie de ses parents. L’attente de son cadeau s’achevait ! VoilÀ son pÈre tenant, dans ses mains, un long paquet qui, déjÀ, lui laissait espérer une belle surprise… Ou plutôt d’ailleurs contenant le cadeau auquel il croYait s’attendre : la canne À pche. Posé sur la table, ce présent caché focalisait son attention, À tel point que le champagne ne l’intéressait pas. Il attendait le moment d’ouvrir ce paquet mYstérieux. D’un geste, alors que sa sœur cadette apportait le traditionnel gâteau surmonté de ses douze bougies, son pÈre lui laissa entendre qu’il pouvait le débarrasser de son emballage et en découvrir le contenu. D’abord étonné par son poids, il s’empressa de déchirer le papier qui le privait encore d’une joie tant attendue et le séparait d’un objet tant espéré. Sa surprise – À la découverte de la carabine À plombs de calibre 14 mn que lui offraient ses parents, témoignage de leur affection, récompense de la qualité de son travail scolaire – laissait place À une vive émotion. Marc ne parvint pas À trouver les mots de remerciements appro-priés. Maladroitement, il demanda si cette carabine était assez puissante pour lui permettre de rapporter quelques perdreaux ou faisans échappés de la chasse voisine et Philippe, son pÈre, lui répondit que, pour Y parvenir, il fallait d’abord apprendre À tirer. – Ce qui paraît facile et évident ne l’est pas nécessairement. Douze ans, mais ce ne n’est pas l’âge pour obtenir son permis de chasser. Philippe, considérant qu’il valait mieux commencer tôt, lui dit qu’il devra faire ses premiÈres armes sur les ragondins qui fragili-sent la digue de son étang en creusant des terriers À hauteur d’eau. En effet, s’enfonçant dans le sol, ces excavations contribuent À affaiblir la retenue d’eau et mme parfois À créer d’importantes fuites, difïciles à colmater.