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Le gui

De
177 pages
Mbala, jeune infirmier, voit ses rêves brisés le jour où il est enrôlé dans l'armée coloniale. Heureux rescapé des campagnes d'Afrique du Nord du continent européen aux côtés du commandant Morin, il est du défilé de la Libération. Démobilisé, il rentre au pays. Mais ce dernier est en proie à d'incessants soubresauts qui le livrent aux troupes étrangères...
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Le gui Roman
Le gui
TOBI-N’DZABA
Le gui
Roman
Du même auteur Échos des murmures, nouvelles, Harmattan-Congo, 2016. © L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-11611-2 EAN : 9782343116112
A notre illustre aîné Sylvain Bemba Qui m’a donné goût aux choses de l’esprit. A Emmanuel Boundzeki-DongalaMa fille de pharaonˮ. A mon très cher maître : Hervé Bazin Qui me remplit de confusion pour ne lui avoir présenté aucun « petit-fils ».
Avertissement Ecrire, c’est peut-être aussi l’art de maquiller le réel, soit en le sublimant, soit en le rendant monstrueux pour traduire une transe intérieure. Ici, il n’y a pas Histoire. Il y a des histoires. Les faits qui sont racontés ne sont que de la pure fiction. Les lieux par contre sont vrais parce qu’ils sont ceux qu’il fallait comme décor pour ces fantasmes.
Chapitre I : Le monument Grand-père, à qui dit-on mon père ressemble à tous points de vue, n’a laissé en héritage que son nom, son fils et un safoutier : « Mamwara ». Ce grand arbre au coude de la rivière, dont le produit est le seul ciment sûr de la famille. Comme chaque année, l’on venait et l’on descendait du fruit. Comme chaque année, chacun avait sa part. Elles étaient bien maigres cette fois. Mbala, ses cousins, fils et petit-fils, au pied de l’arbre presque centenaire, étaient rassemblés. Une désolation, cette retrouvaille. Le gui avait pris possession de l’arbre qui n’avait plus que quelques rares branches sans parasite. Les fils de Mbala élaguèrent à qui mieux mieux. Les colibris, de toutes les tailles et de toutes les couleurs, qui en avaient fait un havre et une mangeoire, venaient et tournaient au-dessus du grand vide et repartaient en lançant des cris désolés. On rassembla le peu de fruits de l’année. Mbala fit le partage rituel et, pour tuer le temps restant, se mit à partager ses souvenirs. Ce n’était pas tout à fait l’histoire. Mais des histoires qui dans sa tête s’égrainaient comme un chapelet. On l’a nommé Mamwara. Mamwara, rapportait-il, parce que c’est au retour de ceplanting que le grand-père fut raflé pour la grande corvée. Depuis, il n’en est plus revenu. Mbala, quelques années à peine à l’époque, s’en est bien occupé comme d’un petit frère, l’arrosant de temps en temps, même de ses larmes. L’arbre a crû, a produit, bien produit, consolant la famille. Il nous a réunis autour de son souvenir. Nous croyions que nous n’avions rien d’autre à faire. L’impuissance, petits, paralyse et tue votre volonté. Comme tous les êtres, nous avons eu nos aspirations à la paix, à la tranquillité. Mais tranquillité et paix ne se gagnent pas sans efforts, sans précautions pour les
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