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Publications similaires

Patrick Mérand
Li Xiaohan
Vous connaissez Le Lotus Bleu, bien sûr !
Mais savez-vous qu’Hergé le travailla avec
une extrême minutie ? Après avoir fait la
connaissance de Tchang, il se documenta LE LOTUS BLEUtrès sérieusement sur la Chine, son contexte
historique et culturel. Et, surtout, il demanda
à Tchang de lui tracer tous ces caractères
chinois qui émaillent plus de cent cases de décrypté
l’album. Mais que signi ent-ils donc ?
Le contexte historique correspond-il vraiment
à la réalité de l’époque ?
Y a-t-il eu un attentat sur une ligne de chemin
de fer ?
Y a-t-il eu des inondations catastrophiques
en Chine ?
Le Lotus bleu a-t-il existé ?
Comment se déroulait la vie à Shanghai
pendant l’occupation japonaise ?
Destiné aussi bien au grand public qu’à
l’étudiant en chinois qui souhaite percer
le mystère des inscriptions en caractères
traditionnels (repris ici en caractères
simpli és, en pinyin et traduits !), ce petit
ouvrage permet de découvrir avec un autre œil
une bande dessinée extrêmement populaire.
Li Xiaohan, originaire du Shandong, vit en France depuis 2002.
Elle enseigne le chinois tout en terminant une thèse de doctorat
à Paris en Didactique du chinois langue étrangère.
Patrick Mérand est éditeur, voyageur et tintinophile de la
première heure.
16 € TTC
ISBN 978-2-84280-153-3
al6, av. du Gouv.-G -Binger
94100 Saint-Maur-des-Fossés
www.editions-sepia.com
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éditions
Couverture : © Dimitar Marinov – Fotolia.com.
décrypté
Patrick Mérand Li Xiaohan
LE LOTUS BLEU •Patrick Mérand
Li Xiaohan
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LE LOTUS BLEU
Éditions
6, av. du Gouverneur-Général-Binger 94100 SAINT-MAUR-DES-FOSSÉS•
Tél. : 01 43 97 22 14 Fax : 01 43 97 32 62•
Site : www.editions-sepia.com Email : sepia@editions-sepia.com•
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décryptéNote sur les transcriptions utilisées
Les noms propres chinois ont connu plusieurs variantes
orthographiques au fil des temps. Nous avons choisi d’utiliser l’orthographe
la plus courante à l’époque en Europe, suivie, le plus souvent, de la
transcription actuelle en pinyin, surtout lorsque cette dernière est très
différente.
Exemples : Yang-Tsé-Kiang (Yángz ji ng)
Lao-Tzeu (L oz )
Tchang Tchong-Jen (Zh ng Ch ngrén)
Autre ouvrage de Li Xiaohan :
Voie express-chinois, Paris, Nathan, 2008.
Maquette et mise en page : Véronique Seillan.
© Éditions Sépia, 2009
ISBN 978-2-84280-153-3
LotusBleu_Maket.indd 2LotusBleu_Maket.indd 2 226/05/09 16:50:296/05/09 16:50:29
???Fee Lotus bleu fait partie des ouvrages les plus connus du XX siècle. Qu’on L l’ait découvert dès ses premières parutions en album en 1936 (en version
noir et blanc) ou en 1946 (dans sa première version en couleurs) ou plus tard
(dans la version de 1974), il faut reconnaître qu’il marque une date dans
l’évolution de la bande dessinée en Europe.
L’histoire accroche le lecteur grâce à ses multiples rebondissements. La
qualité artistique de certaines « cases » est époustouflante. Les personnages sont
criants de vérité en mal comme en bien. Et puis, surtout, le contexte permet de
comprendre tout un pan de l’histoire récente et de la culture millénaire de la
Chine. Car, en effet, au-delà de l’histoire de Tintin, Milou et de leur ami Tchang,
c’est la Chine des années 30 qui jaillit sous le crayon et le pinceau d’Hergé.
Il serait dommage de passer à côté de tous ces détails sans en comprendre la
signification. Certaines scènes sont décrites avec une précision d’orfèvre : rien
n’a été dessiné au hasard dans l’album, nous le verrons au fil des planches. De
même, les inscriptions en caractères chinois ont, bien sûr, une signification.
Qui les a tracées ? Que signifient-elles ? Enfin, qu’est-ce qui est du domaine de
la réalité et de la fiction dans cet album ? C’est ce voyage que nous allons
entreprendre pour que ceux qui connaissent déjà Le Lotus bleu en découvrent toutes
les richesses et pour que ceux qui ne l’ont pas encore lu n’aient plus qu’une
envie : le découvrir.
Les auteurs de ce livre, Chinoise pour l’une, Français pour l’autre, ont mis
leur expérience en commun en reprenant à leur compte la fameuse phrase de
Tchang, lorsqu’il décide d’accompagner Tintin : « À deux, nous serions plus
forts ».
le lotus bleu décrypté • 3 •
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1
La Chine dans les années 30. Les noms propres figurent avec une transcription en vigueur à l’époque.
Le fameux incident de Moukden, qui est repris dans le Lotus bleu a été déplacé entre Shanghai et Nankin.
Palais du Maharadjah de Rawhajpoutalah. Emplacement de Hou Kou (Húk u) dans l’album.1 5
2 Moukden (actuellement Shenyang). 6 Emplacement réel de la ville de Hou Kou (Húk u).
3 Shanghai. 7 Mont Tai (Tàish n).
Attentat japonais dans Le Lotus bleu. Grande Muraille de Chine (Chángchéng).4
Voyage de Tintin.
• 4 • le lotus bleu décrypté
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??Petite histoire du Lotus bleu...
devenu moine à l’abbaye Saint-André, près de Bruges, Les premières aventures de Tintin
sous le nom de Dom Célestin Pierre Lou. Hergé sera
Quand le journal belge « Le Vingtième siècle » reconnaissant au père Neut de lui avoir ouvert un
annonça les aventures de Tintin en Extrême-Orient, horizon chinois qu’il ignorait totalement.
dans son supplément pour la jeunesse, les lecteurs Tous encouragèrent Hergé à se documenter sur la
étaient en droit de s’inquiéter. Allait-on assister à Chine. Il était impensable qu’Hergé lance Tintin en
une caricature de la Chine comme il y avait eu celle Extrême–Orient sans une documentation
substande l’Afrique avec Tintin au Congo ? tielle, précise et vérifiée. Il fut donc mis en relation
Certes, Hergé bénéficiait de bien réelles circons- avec des étudiants chinois. L ’abbé Gosset lui présenta
tances atténuantes : l’Europe des années 30 était en un jeune Chinois qui allait devenir célèbre : il était né
pleine période coloniale : ce qui choque actuelle- la même année que lui, il était étudiant aux
Beauxment les lecteurs passait pour des banalités à l’épo- Arts à Bruxelles et il résidait en Belgique depuis plus
que. Les connaissances d’Hergé concernant la Chine de trois ans. Étudiant brillant, il avait une solide
se résumaient à quelques poncifs qu’il avait déjà formation artistique et était issu d’un milieu
catholieu l’occasion d’illustrer dans ses premières séries : que de Shanghai. Il pourrait aider Hergé non
seuleTintin au pays des Soviets et Tintin en Amérique. ment à tracer des inscriptions en caractères chinois
Les seuls Chinois représentés sont des tortionnai- réels mais aussi à lui fournir des informations très
res cruels et stupides, habillés un peu comme les précieuses sur le contexte historique de l’époque et
Dupondt le seront par la suite. Ils éructent des sur nombre de points culturels.
signes qui ressemblent à des idéogrammes. Il y avait Cet étudiant s’appelait Tchang Tchong-Jen. Les
du travail à faire et Hergé l’a fait après y avoir été Tintinophiles le savaient déjà : Tchang a vraiment
encouragé et aidé. erexisté. C’est le 1 mai 1934 qu’Hergé fait sa
connaissance, à Bruxelles. Hergé raconte la suite :
« L’abbé Gosset (…) m’a mis en rapport avec un Hergé rencontre Tchang
de ses étudiants qui était dessinateur, peintre,
sculpL’encouragement à se documenter sur la Chine,
teur, poète, et qui s’appelait… Tchang Tchong-Jen.
Hergé le reçoit de trois prêtres : le père Wallez,
Oui, c’est son nom que j’ai donné au petit Chinois
l’abbé Gosset et le père Neut.
que Tintin rencontre là-bas, qui devient son ami et
Le premier contrôlait le supplément pour la
qu’il retrouvera, beaucoup plus tard, dans Tintin au
jeunesse du « Vingtième siècle » intitulé « Le Petit
Tibet. » (Numa Sadoul, Tintin et moi, p. 54)
Vingtième ». Le deuxième était aumônier des
étudiants chinois de Louvain. Le troisième était
secrétaire d’un ancien ministre de Sun Yat-Sen
le lotus bleu décrypté • 5 •
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