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Le Miroir de Brazelth

De
144 pages
La paix règne sur les Terres Orphelines. Deux mile ans plus tôt, Arghan le Maudit a été vaincu et emprisonné dans une armure magique. Mais bientôt, les petits incidents se succèdent : deux enfants retrouvent la trace de l'armure qui avait été perdue, un des plus grands trésors du royaume est dérobé, la Guilde des Voleurs, si longtemps secrète, est mise au jour et pillée... Et lorsque l'une des cinq familles de Grands Soldats du Roi est décimée, le doute n'est plus permis pour Drancyl, mystérieux bijoutier, et conseiller secret du Roi : Arghan est sur le point de se libérer...
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Le Miroir de Brazelth
Naÿel Roon
Le Miroir de Brazelth





SCIENCES-FICTION











Le Manuscrit
www.manuscrit.com












Éditions Le Manuscrit
20, rue des Petits-Champs
75002 Paris
Téléphone : 01 48 07 50 00
Télécopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
contact@manuscrit.com
 Éditions Le Manuscrit, 2005
ISBN : 2-7481-5203-4
ISBN : 2-7481-5202-6












A mon amour, sans qui ce roman
n’aurait jamais pu voir le jour.
NAŸEL ROON





Prologue


La légende des Terres Orphelines.



C’est une histoire qui se transmet de génération en
génération depuis la nuit des temps, et qui a vu le jour
bien avant la naissance des royaumes, bien avant
l’arrivée d’Arghan le Maudit, bien avant qu’une
civilisation n’éclose dans les Terres Orphelines. Cette
histoire, c’est celle des Terres elles-mêmes.
Il y a bien longtemps, les Terres Orphelines faisaient
partie d’un immense royaume paisible et prospère. Mais
les natifs de cette contrée se montrèrent bientôt
ambitieux, et voulurent régner sans partage sur ce
royaume. Les autres habitants de ce royaume
combattirent cette menace, et comme ils n’arrivaient pas
à la vaincre, ils la déplacèrent, là où elle ne pourrait les
atteindre.
Usant d’une magie extrêmement puissante, les
Terres Orphelines se retrouvèrent dans une région
inconnue et inhabitée, sauvage, et entourée de quatre
régions infranchissables symbolisant les
éléments : la Mer de l’Oubli à l’Ouest pour l’eau, les
Montagnes des Dieux au Nord pour la terre, le désert
du Royaume des Morts, avec ses perpétuelles tempêtes
de sable, à l’Est pour l’air, et les volcans incandescents
9 LE MIROIR DE BRAZELTH
des Puits de l’Enfer au Sud pour le feu.
Dans cet environnement hostile, les habitants des
Terres Orphelines tentèrent de survivre tant bien que
mal, mais leur nombre se réduisit inéluctablement, et ils
finirent par disparaître. Avec eux se perdit le véritable
nom de cette région.
Pendant une période indéterminée, mais que l’on
suppose très longue, les Terres Orphelines furent
complètement désertes. Mais parce qu’elles venaient
d’un royaume extraordinaire et puissant, et qu’elles
étaient bien supérieures à ce qui les entouraient, les
Terres Orphelines acquirent une sorte de semi-
conscience. Pas assez pour parler d’entité vivante, mais
suffisamment en tout cas pour être capables de se
remodeler et permettre à la vie de revenir. C’est ainsi
que les hommes, les nains, les elfes, et quantité d’autres
espèces apparurent sur les Terres Orphelines.
Ces nouveaux habitants ne découvrirent que
quelques bribes du terrible passé de leur territoire, qui
sont retranscrits dans cette légende. Et parce qu’elles
avaient été arrachées aux autres terres qui leur
ressemblaient, et trahies par les ambitions de ceux qui
avaient autrefois cultivé son sol, elles furent renommées
« Terres Orphelines ».
Certains racontent qu’un jour viendra où les
nouveaux habitants auront prouvé leur valeur, et que les
Terres Orphelines seront réintégrées à leur
emplacement d’origine. Alors elles cesseront d’être
orphelines, et leurs habitants connaîtront la paix et la
prospérité jusqu’à la fin des temps. Et c’est pourquoi,
dans l’attente de ce jour de gloire, chaque habitant des
Terres Orphelines doit faire son possible pour être bon
et faire honneur aux Terres qui l’ont vu naître.
10 NAŸEL ROON





Chapitre 1


Le reflet d’Eodhyl le Brave.



« Royaume d’Aukoria, Ann-Tib, aux alentours de
l’année -800.
La guerre faisait rage. Eodhyl le Brave, revêtu de son
Armure étincelante, se battait vaillamment au milieu des
ennemis innombrables. Lui et les siens étaient en
première ligne face à l’assaut donné par les forces
maléfiques, et ils avaient trouvé au fond de leur cœur le
courage de combattre un adversaire bien supérieur en
nombre et, à la force de cette ardeur, de les repousser.
Des guerriers des autres contrées les avaient rejoints,
d’aspects parfois étranges - les Elfes Sylvestres, élancés,
contrastaient avec les Nains d’Arméol, petits et trapus,
et les imposants Barbares de Syconda n’avaient que peu
de traits communs avec les Korrigans de Nadal. Et tous,
malgré leurs différences, malgré parfois d’anciennes
rancœurs, se battaient pour repousser les forces
d’Arghan le Maudit.
Leur bravoure avait été telle qu’ils avaient finalement
réussi à retourner la situation à leur avantage, et à mettre
en déroute les soldats monstrueux de l’armée des
Ténèbres. Emportés par leur euphorie, ils avaient
poursuivi leurs adversaires jusqu’en Aukoria, leur patrie
11 LE MIROIR DE BRAZELTH
où nul être bienfaisant n’avait jamais mis le pied, et ils
avaient même pu pousser leur avantage jusqu’à Ann-
Tib, la cité où résidait Arghan, leur chef. Les peuples
s’étaient organisés sous le commandement d’Eodhyl.
Lui et les personnages les plus importants de chaque
région avaient décidé de profiter de leurs succès pour
tenter de porter un coup définitif au Maudit, afin
qu’après eux, au péril de leurs vies, la paix puisse régner
à jamais dans les Terres Orphelines.
Toutefois, Arghan n’avait pas dit son dernier mot. A
la solidarité et à la vaillance de ses ennemis, il pouvait
opposer la puissance et la cruauté. Et c’est ce qu’il avait
fait. Il avait réuni toutes ses forces, aussi loin fussent-
elles postées, pour les concentrer à Ann-Tib et livrer
l’ultime bataille.
Mais ce n’en fut pas une, malgré les apparences. Ce
fut une vraie guerre qui se disputa, durant des jours et
des semaines. Les forces des deux camps se réduisaient
peu à peu, et quelque fut celui qui l’emporterait, on
savait qu’il y aurait plus de morts que de survivants.
Cependant, à l’aube du quarantième jour, un fait
nouveau changea radicalement le cours de
l’affrontement ; car Arghan se jeta personnellement
dans la bataille, et son pouvoir était tel qu’à lui seul, il fit
pencher la balance en sa faveur. Les armées de la
Lumière redoublèrent de vaillance, mais leur sort
semblait scellé. A l’heure où ils avaient espéré mettre un
terme à la menace du Maudit, ce dernier allait tous les
écraser, pour pouvoir ensuite étendre sa domination sur
le reste des Terres Orphelines.
La guerre dura encore dix autres jours, pendant
lesquels les forces des Ténèbres ne firent que gagner du
terrain. Même le flanc défendu par Eodhyl le Brave dut
12 NAŸEL ROON

reculer.
Enfin, la rencontre entre les meneurs des deux
camps eut lieu, et tourna de façon tragique. Eodhyl le
Brave, portant toujours son Armure éblouissante, se
battait vaillamment au milieu des ennemis
innombrables. Mais à présent, lui et les siens ne les
repoussaient plus, et leur résistaient à peine. Et tout
héroïque et exceptionnel combattant que fut Eodhyl, il
n’en restait pas moins un humain, dramatiquement
démuni face à la puissance écrasante d’Arghan.
Lorsqu’il vit approcher son gigantesque ennemi dans
son armure noire, Eodhyl se fraya un chemin jusqu’à lui,
et tenta de le transpercer de son épée, en visant entre les
jointures des plaques de métal sombre. Ce fut l’unique
coup que l’humain porta dans ce combat. Arghan
bloqua le coup d’une main, et la serrant du poing, brisa
la lame en mille morceaux. Il passa ensuite à l’attaque,
assénant de grands coups de sa lourde épée. Eodhyl
esquiva tant qu’il put, mais la fatigue le gagna, et ses
mouvements devinrent moins vifs, alors que son
adversaire ne semblait pas faiblir. Et finalement, la lame
noire faucha son bras droit, au niveau du coude. Eodhyl
s’écroula, vaincu, dans l’attente du coup de grâce.
Arghan ramena son épée, et nettoya le sang qui s’y
trouvait. Il prit un plaisir pervers à voir son ennemi aux
abois, terrassé, souffrant. Au bout d’un long moment, il
se décida à mettre un terme au combat, scellant du
même coup l’issue de la guerre qui se déroulait depuis
plusieurs mois, et il leva bien haut son arme au-dessus
de la tête d’Eodhyl.
C’est alors que se produisit un fait inattendu. Depuis
que l’armée de Lumière était entrée dans Aukoria,
d’imposants nuages noirs leur avait caché la vue du
13 LE MIROIR DE BRAZELTH
soleil. Mais en cet instant, où l’Histoire des Terres
Orphelines allait basculer à jamais, un mince rayon
réussit à percer le ciel pour venir buter sur l’Armure
d’Eodhyl. Ce rai timide suffit. La lumière se diffusa
partout sur l’ensemble métallique, étalant en ce lieu
obscur la magie qui dormait dans l’Armure. Arghan,
d’abord surpris, comprit que ce qui se passait n’était pas
à son avantage, et il abattit son épée.
Mais il était trop tard. Alors même que la lame du
Maudit mettait fin à la vie du plus grand héros qui ait
jamais marché sur les Terres Orphelines, la puissance de
la lumière se libéra de l’Armure, et frappa de plein fouet
l’être démoniaque. La scène dura plusieurs secondes, et
la vue de cette lumière éclatante et pure autour de leur
chef, redonna à ses compagnons le courage qu’ils
commençaient à perdre. Et malgré la mort d’Eodhyl,
cette ardeur redoubla encore lorsqu’ils constatèrent
qu’Arghan avait disparu avec l’éclat éblouissant de
l’Armure.
Les deux armées, privées de leurs meneurs, se
jetèrent l’une sur l’autre dans la plus totale sauvagerie,
sans la moindre forme d’organisation, combattant de
jour comme de nuit, jusqu’à ce qu’enfin, l’un des deux
camps sorte vainqueur. Après des jours interminables
de massacre, et malgré son infériorité numérique, ce fut
l’armée de Lumière qui remporta la victoire. L’ardeur
retrouvée de ses soldats n’y était certainement pas
étrangère, ni même l’apparition de tensions dans les
rangs des Ténèbres, sans plus personne pour les guider
et manipuler de façon stratégique les esprits belliqueux.
Aukoria fut rasée. Plus rien n’y pousse depuis.
Aucune créature démoniaque n’a survécu à cet immense
combat, et des dizaines de milliers de soldats qui
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