Le monde du conte

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L'art du conte repose sur deux piliers : il renvoie à un genre littéraire particulièrement subtil et se fonde sur la pratique sociale d'une parole vivante. Cet ouvrage étudie l'évolution de la forme des contes, en la reliant rigoureusement à ses conditions d'énonciation qu'elles soient traditionnelles ou modernes. Dans la perspective d'une sociologie de la culture contemporaine, l'auteur examine les développements récents des pratiques de l'art du conte, et met en valeur les potentialités originales recelées par cette parole, à la fois créatrice et collective.
Publié le : vendredi 1 septembre 2006
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EAN13 : 9782336269405
Nombre de pages : 321
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L a L i b r a i r i e d e s H um a ni t é s
Collection dirigée par Alain Pessin, Vice-président chargé des Formations et de la vie universitaire, et Pierre Croce, Responsable de la Cellule d’Aide à la Publication à l’Université Pierre Mendès France, Grenoble 2.
L a L ibrairie des H umanitésditions est une collection co-éditée par les É L’Harmattan et par l’Université Pierre Mendès France de G renoble. Destinée à recevoir, dans ses diverses séries, des textes couvrant tout le champ des sciences sociales et humaines, son caractère universitaire lui fait devoir et privilège de promouvoir des travaux de jeunes auteurs autant que de chercheurs chevronnés.
Membres du Conseil scientifique dela collection: Thierry Ménissier,Sciences de l’HommeJérôme Ferrand,Droit Alain Spalanzani,GestionPierre K ukawka,Politique et Territoire Fanny Coulomb,E conomie
Déjà parus:
Jérôme Ferrand et Hugues Petit (D ir.) L ’Odyssée des Droits de l’homme(2003) T.I –et naissances des Droits deF ondations l’homme T.IIMises en œuvre des Droits de l’homme T.I I I –et perspectives des Droits deE njeux l’homme
Alain Blanc et Alain Pessin (D ir.) L ’A rt du terrain. Mélanges offerts à H oward Beck er,2003
Charles Amourous (D ir.) Que faire de l’hôpital?(2004)
Yves Chalas (D ir.) L ’Imaginaire aménageur en mutation(2004)
Jean-Luc Chabot et Christophe T ournu (D ir.) L ’héritage religieux et spirituel de l’identité européenne(2004)
E wa Bogalska Martin E ntre mémoire et oubli. L e destin croisé des héros et des victimes(2004)
Améziane Ferguène (E d.) Gouvernance locale et développement territorial (2004)
Claudine O ffredi (D ir.) L a dynamique de l’évaluation face au développement durable(2004)
Ladislau D owbor Préface de Pierre Judet L a mosaïque brisée ou l’économieau-delà des équations(2004)
Pierre Chaix L e rugby professionnel en F rance(2004)
Yolla Polity, G érard Henneron et Rosalba Palermiti (E ds.) (2005) L ’organisation des connaissances. A pproches conceptuelles
Jean-Luc Chabot, Philippe D idier et Jérôme Ferrand (E ds) L e Code civil et les Droits de l’homme(2005)
D ominique Rigaux L e Christ du dimanche. H istoire d’une image médiévale (2005)
Liliane Bensahel et Pascal Marchand (E ds) L es régions de Russie à l’épreuve des théories et pratiques économiques(2005)
Claude Martinet al. Pologne, la longue marche(2005)
Mai Lequan (D ir.) Préface de J.-M. Lardic Métaphysique et philosophie transcendantale selon Kant (2005)
Henri Leroux De la phénoménologie à la sociologie de la connaissance (2006)
O livier Forlin L es intellectuels français et l’Italie 1945-1955(2006)
D ans la série«oursCôté c »
Frédéric Carluer Pouvoir économique et espace(2004)
Nader-E ddine Sadi L a privatisation des entreprises publiques en A lgérie (2005)
Jacques Fontanel L a globalisation en «analyse»(2005)
Remerciement
Je tiens à remercier sincèrement toutes les personnes qui m’ont aidée dans l’élaboration de cette recherche. Je pense tout d’abord à A lain Pessin dont les encouragements et le travail de direction m’ont été essentiels. Jen’oublie pas Marta Giné Janer pour son suivi et ses conseils précieux.
Je remercie la région Rhône-alpes qui, à travers le programme E urodoc, a permis la réalisation du terrain espagnol.
Merci aux conteurs qui n’ont jamais été avares de paroles. Merci à mes amis pour leur aide et leurs critiques constructives.
PRÉFACE
L’a rt du c ont e
A Q UE ST IO Nl’appartenance aux mondes de l’art se pose de L différemment selon que l’on travaille sur tel ou tel type de pratiques esthétiques ou symboliques. E n effet, en ce temps où les mots sont utilisés de façon parfois aléatoire et non maîtrisée et où tout professionnel du spectacle et des médias ne peut être qu’ar-tiste et donc produire de l’art, il est sans doute utile de travailler avec un peu de précision sur des objets culturels qui se présentent ou se re-présentent sur la scène artistique. De ce point de vue au moins, le conte présente toutes les facettes d’un objet exemplaire pour la sociologie des arts et de la culture. E n effet, à partir de sa prise en compte, on peut retrouver tous les clivages et toutes les questions qui se posent dans ce champ: art populairevslégitimes, opposition classique que arts l’on rencontre dès que l’on s’intéresse à des pratiques esthétiques ayant un public populaire; pratique traditionnelle avec risque de folklorisationvs pratiques artistiques comportant une part d’inno-vation, vieux débat entre les «puristes» qui défendent toujours la pureté supposée des origines, le plus souvent ré-inventées, comme la plupart des traditions, contre toutes les formes d’innovation dans la pratique, préférant une forme de mort esthétique, celle du folklore plutôt que la création vivante; mais aussi l’opposition ou la distinction littératurevsarts du spectacle, qui se pose aussi pour le théâtre par exemple, mais d’une certaine manière pour tous les arts où il y a du texte, que l’on risque toujours de privilégier dans l’analyse au détriment de ce qui fait la spécificité d’un art non littéraire: la mise en scène et le jeu des acteurs au théâtre, l’image et le son au cinéma, les dispositifs du contage ici pour le conte. Mais on y trouve aussi toutes les questions que traitent les socio-logues des arts: les rapports avec les institutions, la question de la formation, le problème des modes de rémunération du travail et
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donc aussi le statut du travailleur qu’est aussi le conteur (inter-mittent du spectacle sans être pour autant au sens strict un acteur). Toutes ces questions sont abordées par Soazig Hernandez dans ce livre qui ouvre à la recherche sociologique ce monde de l’art en plein bouleversement qu’est le monde du conte. À partir d’une enquête rigoureuse et qui a en particulier la grande qualité de s’appuyer sur une comparaison internationale (Pays-Bas, Catalogne, France) l’auteure nous présente sous tous ces aspects: historiques, économiques, littéraires, le monde des conteurs tel qu’il s’est pro-fondément renouvelé récemment en E urope. Cette recherche sociologique croise différents modes d’inves-tigation, l’enquête de terrain bien sûr avec l’observation partici-pante et des entretiens, que vient renforcer un travail sur archives. Soazig Hernandez rend compte de son enquête avec une grande rigueur, je voudrais souligner en particulier la présentation dessinée des dispositifs d’organisation de l’espace proposés par différents conteurs. Un dessin ou un schéma est souvent bien plus clair qu’une longue description ou explication, ici l’un vient renforcer l’autre et révèle à la fois la diversité des pratiques mais aussi leurs points communs qui sont bien sûr nombreux et significatifs. Le travail sur l’histoire du conte, pratique populaire de tra-dition orale reprise par des pratiques savantes de recueil de contes par des savants et des littéraires très tôt dans l’histoire de l’E urope, permet à l’auteure de montrer comment se constitue une nouvelle pratique du conte complètement insérée dans la modernité et qui cherche – et souvent parvient – à conserver et l’origine populaire et le traitement scientifique dans une pratique maîtrisée du contage aujourd’hui. Il y a toujours un mixte bien analysé par Soazig Hernandez entre une tentation du repli sur le passé et une volonté d’interroger le présent, entre le recours à une tradition orale sans pour autant oublier les transcription littéraires ou scientifiques, celles des folkloristes hier comme celle des anthropologues aujourd’hui, mais aussi en reprenant les travaux des sémiologues et des psychanalystes, qui ont apporté des contributions essentielles à la compréhension de ce qui se joue – et comment ça se joue – dans le rapport aux contes.
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