Le Mondélis

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«La porte s'ouvrit lentement dans un bruit de grincement lourd. Un nuage de poussière s'éleva au-dessus de son visage et le contraint à éternuer violemment. Le garçon paniqua et colla rapidement sa main sur sa bouche comme pour en atténuer le bruit. Face à Benjamin, se tint alors un être fantomatique qui se retourna rapidement en entendant l'éternuement. Le jeune garçon n'osait bouger face à cet être immense et translucide qui dévoila en se retournant un visage de femme d'une grande beauté. Le fantôme regarda attentivement Benjamin et s'agenouilla humblement à ses pieds faisant glisser sur le sol une masse de tissus voilés. "Jeune Benjamin, cela fait des centaines d'années que j'attends ta venue. — Vous connaissez mon prénom? marmonna le garçon troublé et apeuré. — Évidemment. Je suis ton aïeule Erlaélavie."»
Publié le : jeudi 8 novembre 2012
Lecture(s) : 18
Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782748396188
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782748396188
Nombre de pages : 138
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Angélique Thyssen           LE MONDÉLIS  Texte illustré par Élise Baron              
Mon Petit Éditeur 
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 IDDN.FR.010.0117999.000.R.P.2012.030.31500 
Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication par Mon Petit Éditeur en 2012 
   
I.    Il était 00 h 15 et Benjamin venait enfin de s’endormir, mais il avait eu du mal à trouver le sommeil. Il faisait froid dans sa chambre car au dehors la pluie battait et la maison s’était refroi-die. Il avait essayé pour s’endormir de se rappeler les bons moments qu’il avait passés avec papa et maman quand il était plus jeune. Il y en avait eu peu puisque papa avait quitté maman très vite après sa naissance. Alors forcément, ce sont les mau-vais souvenirs qui avaient envahi sa petite tête de 13 ans : les disputes, les gardes inégales, les angoisses. Et Benjamin n’arriva plus à s’endormir, il était contrarié. C’était surtout parce qu’aujourd’hui c’était son anniversaire et que papa avait encore oublié de l’appeler. Oh bien sûr, il le ferait dans deux ou trois semaines quand il se rendrait compte de son oubli ! Il enverra alors un cadeau pas forcément de bon goût, comme d’habitude. L’année dernière Benjamin avait reçu un pyjama vert. Quelle horreur ! Un pyjama vert ! Un pyjama pour les petits, pour les enfants, pas pour un adolescent de son âge ! Mais Benjamin avait gentiment dit merci pour ne pas froisser ce papa qu’il ai-mait malgré tout. Benjamin laissa libre cours à sa rêverie et finit par s’endormir sans s’en rendre compte. Soudain, il y eut un petit bruit sourd dans la nuit. Benjamin ouvrit un œil, bâilla et écouta attentivement. Plus rien. Il regarda l’heure, il était 00 h 38. Il referma les yeux et décida de se ren-dormir. Mais le bruit étrange recommença un peu plus fort. Benjamin s’assit sur son lit et tendit l’oreille. Ce devait être Elou son chat qui devait gratter à la porte. Il faisait très sombre dans
 
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sa chambre et l’on ne distinguait rien dans ce noir épais. Silence. Benjamin regarda l’heure il était 2 h 04. — Hein, se demanda le jeune garçon ? J’ai déjà dormi deux heures ? C’est bizarre ! Il referma les yeux et décida de s’allonger sans se rendormir tout de suite, il voulait écouter le bruit suspect. Et le bruit re-commença encore plus fort ; on aurait dit un cognement contre une fine paroi de verre. Cette fois, Benjamin eut peur. Il mit sa tête sous la couverture et essaya de retenir sa respiration. Il sou-leva un petit coin de couverture et aperçu son réveil qui indiquait cette fois 18 h 59. — Ce réveil ne fonctionne plus, se dit-il. Il décida d’appeler maman. Il prétexterait un mal de ventre atroce plutôt qu’une petite peur fondée sur un bruit bizarre ! Il allait crier, quand la lumière de sa chambre s’alluma. Ouf ! Sau-vé ! Maman avait sûrement dû entendre le bruit et elle venait voir si tout allait bien. Benjamin défit sa couverture mais il n’y avait personne dans sa chambre. Il regarda angoissé son réveil qui affichait 521 h 695. Là il y avait vraiment lieu de paniquer. Il se leva d’un bond et couru jusqu’à la porte. Il allait saisir la poi-gnée d’un geste vigoureux quand le cognement sourd reprit. Il s’arrêta net et, timidement, il se retourna. Derrière lui, au-dessus de son bureau, dans son miroir, une petite fille cognait sur le verre.  Il regarda cette enfant, atterré, angoissé, prêt à hurler ! Comment était-elle entrée dans son miroir ? Il recula en cher-chant désespérément la poignée de la porte. Il sentait ses jambes flageller, sa respiration se coupait, tout son corps trem-blait, il suait ; il essaya de crier mais aucun son ne sortit de sa bouche devenue soudain toute sèche. Et la petite fille cognait toujours. Elle avait le regard triste et elle semblait fatiguée et abattue. Elle cessa un moment de frapper au miroir et elle bais-sa la tête. Benjamin avala rapidement et bruyamment sa salive et
 
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stoppa sa marche à reculons. Si cette petite fille était là, c’est qu’elle devait sûrement avoir une bonne raison. Alors le jeune garçon ne bougea plus ; il attendit. Il ne savait pas au juste ce qu’il attendait mais il l’attendait. La petite fille lui fit signe d’approcher. Benjamin lui fit non de la tête. La fillette insista mais Benjamin ne cédait pas. Alors la jeune demoiselle plissa les yeux, se frotta doucement la gorge et se mit à pleurer. Pas des larmes d’enfant capricieux ou colérique mais des larmes de dé-tresse et de désespoir ; des perles d’eau qui coulaient le long de son visage parfait. Benjamin eut alors un pincement au cœur et décida de s’approcher. Après tout, cette petite devait avoir 10 ou 11 ans, rien de bien effrayant pour un grand comme lui. Il s’approcha tout doucement, en comptant ses pas. Il se trouvait à une cinquantaine de centimètres du miroir et il vit avec ravis-sement que la demoiselle, relevant la tête, se mit à sourire. Elle semblait soudain soulagée. Elle colla sa main contre la paroi du miroir et elle invita du regard Benjamin à faire de même. Il était cependant hors de question pour le garçon de toucher ce miroir de malheur. Qu’il y ait à l’intérieur une enfant restait déjà très surréaliste, mais qu’il faille en plus la toucher, ça non, c’était impossible ! La pe-tite fille essaya de lui parler mais hélas, aucun son ne parvenait aux oreilles de Benjamin. Je n’entends pas ce que tu dis, lui chuchota-t-il. La fillette lui montra à nouveau sa main tout en continuant à discourir aphone. — Faut-il que je touche le miroir pour t’entendre, l’interrogea-t-il ? Elle lui fit oui par un signe de tête en arborant un large sou-rire. Il tendit alors la main, hésita un instant, se retira, puis, d’un geste brusque, il la colla sur le miroir en la superposant à celle de la jeune inconnue. Il sentit alors de drôles de picotements, puis comme de l’électricité qui aurait essayé de s’infiltrer dans ses veines. Ses doigts se raidirent et sa main tout entière se mit à
 
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trembler, prise par de violentes convulsions. Il y eut alors un grand fracas, et un vent glacial se leva dans la chambre de Ben-jamin, la fenêtre s’ouvrit en grand, la pluie entra, trempant ainsi la moquette et les rideaux, les heures du réveil se mirent à défi-ler à une vitesse faramineuse, la lumière s’éteignit, se ralluma, s’éteignit à nouveau et se ralluma et ainsi de suite sans arrêt. Benjamin voulut alors décoller sa main et fuir au plus vite mais elle semblait soudée au verre du miroir. Il se mit alors à crier aussi fort qu’il put, il fallait que maman l’aide à tout prix ! La petite fille, elle, souriait toujours en fixant de ses deux prunelles si noires les yeux du jeune garçon qui paniquait. Elle maintenait sa main collée au miroir et fixait de son regard puissant l’adolescent qui hurlait. La tempête s’éleva de plus en plus fé-roce, tout n’était qu’éclairs, vent, pluie et froid. Benjamin poussa un dernier hurlement et perdit connaissance. Tout de-vint noir et silencieux. Il n’y avait plus rien.
 
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