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LE PETIT BEUR NANTAIS
Eric BELILE
Témoignage
Grand prix de laventure humaine Prix remis à Eric Belile au Sénat par Jean-Pierre Raffarin
LE PETIT BEUR NANTAIS
Coëtquen Editions BP 95008 35150 Janzé
www.coetquen.com
Le Code de la propriété intellectuelle n’autorisant, aux termes de l’article L 122-5 (2° et 3° a), d’une part, que les « copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective » et, d’autre part, que les analyses et les courtes citations dans un but d’exemple et d’illustration, « toute représen-tation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite » (art L 122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L 335-2 et suivants du Code de la propriétéintellectuelle.
© Coëtquen Editions. Tous droits réservés. ISBN 978-2-84993-271-1
e Dépôt légal : 2 trimestre 2016
photo de couverture : © Eric Belile
Impression Maqprint
ERIC BELILE
LE PETIT BEUR NANTAIS
Coëtquen Editions
À ma maman, À ma femme, À mes enfants.
Prologue
— Hello ! Hello ! Hello ! C’est une habitude que j’ai prise que celle de signaler mon arrivée à la maison d’un tonitruant salut. Une fois de plus, je me fais la réflexionquilfautabsolumentquejerabotelaportedentréeceweek-end ; elle fait un boucan du diable à chaque fois qu’on ouvre. Je retire manteau et veste et, comme à l’accoutumée, trouve péniblementunepetiteplacesurleportemanteaudébordantdevête-ments, même de vestes d’été alors que nous sommes le 2 décembre ! — Bonsoir, mon chéri ! Passé une bonne journée ? — Ouais, mouais !… Réglé deux gros problèmes de maintenance. Et ce matin, je t’en avais parlé, j’ai assuré un entretien préalable… Une vraie galère. La seule bonne nouvelle de la journée, ce sont les résultats commerciaux de Rennes et Nantes ; ils sont extra ! — Mais tu arrives de bonne heure aujourd’hui ! — Ah ? Il est quelle heure, au fait ? demandai-je en regardant lhorlogedelentrée. — Huit heures et quart ! — Les petits ne sont pas couchés ? — Non. Hugo joue à super Mario dans la salle de jeux et Marie est au téléphone avec je ne sais qui depuis au moins une heure. Tu m’étonnes qu’on fasse exploser le forfait ! La dernière facture est de trois cents euros, tu te rends compte ? Je pénètre dans la salle de séjour pour m’asseoir dans le grand canapérougefaceàlatélé.
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— Waouh ! Je suis fatigué de cette journée… Nous habitons une maison dans le grand centre de Nantes près du quartier Sainte-Thérèse. La bâtisse, ancienne, n’a absolument aucun cachet extérieur. On dirait une maison de coron ! Ce qui nous fait souvent dire que, comme ça, au moins, nous serons les derniers du quartier à nous faire cambrioler. L’intérieur, cependant, est plutôt vaste… et pas facile à chauffer ! L’hiver, je grelotte dans toutes les pièces, sauf si nous mettons le chauffage à fond et aujourd’hui… il est à fond. Trois grandes pièces se succèdent, le séjour, le salon que nous n’uti-lisons jamais, et la salle à manger sous la véranda. Les meubles sont plus ou moins disparates, posés là davantage par nécessité que par harmonie. En clair, nous avons du goût, mais plutôt chez les autres. Chez nous, nous privilégions le fonctionnel. Les informations télévisées se terminent. Ça va être la météo, momentcrucialpourmafemme;unpeucommesisonmétierendépendait. En fait, elle sort pour emmener Hugo à l’école qui se trouve à trois minutes, à pied, et pour aller faire les courses ! Mais chut ! C’est la météo. Nous avons décidé, il y a quatre ans, que mon épouse ferait un break professionnel – elle est avocate – afin d’élever notre quatrième : Hugo. Elle devrait reprendre son travail de juriste au tribunal de Nantes, début janvier. Quant à moi, qui ne suis pas devenu médecin comme prévu, je suis PDG d’un groupe que j’ai créé il y a quinze ans. Les affaires marchent plutôt bien, malgré un climat économique quelque peu morose actuel-lement. Nous fêterons mes quarante-cinq ans dans deux mois… Déjà ! Et je me prénomme Samy. Vingt heures trente… Le manège de Sam, notre chien, commence dehors dans le jardin. Il gémit devant les portes vitrées. Si une fois de temps en temps, c’est parfaitement acceptable, tous les jours et à la même heure, ça devient plus que minant ! Ce labrador a une véritable horloge biologique dans la tête. Vingt heures trente, c’est le moment de sa promenade avec l’un des enfants. Seul Hugo, encore un peu petit du haut de ses sept ans, en est dispensé.
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