LE PETIT PAON ET LA PIECE D'OR

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" I-o ! I-o ! s'écria le petit paon. J'ai trouvé un trésor ! ". et il n'arrêtait pas de crier. Tout le village l'entendit, y compris le roi qui donna l'ordre à ses soldats d'aller lui prendre sa pièce. Le petit paon se mit très en colère.
Publié le : jeudi 1 avril 1999
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EAN13 : 9782296385641
Nombre de pages : 176
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LE PETIT PAON ET LA PIÈCE D'OR
et autres contes grecs

Collection La Légende des Mondes -dirigée par Maguy Albet, Alain Mabanckou Denis Rolland, Martine Michon et Alliette Saliée.

LE PETIT PAON ET LA PIÈCE D'OR
et autres contes grecs

Recueillis par Zoé Valassi Présentés par Anna Angelopoulou Traduits et adaptés par Claire Monférier

L'Harmattan

@ L'Harmattan,

1999 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris - France L'Harmattan, Inc. 55, rue Saint-Jacques, Montréal (Qc) Canada H2Y 1K9 L'Harmattan,ltalia s.r.1. Via Bava 37 10124 Torino ISBN: 2-7384-7735-6

REMERCIEMENTS

Nous tenons à remercier Zoé Valassi de la confiance qu'elle nous a manifestée en nous remettant le précieux corpus de contes qu'elle avait recueillis, afin de les faire connaître dans notre pays. Notre gratitude va également à Renée-Paule Debaisieux qui nous a guidée dans les méandres de la traduction et nous a éclairée de sa compétence sans faille tout au long de ce travail. Nous n'a urions garde d'oublier Anna Angelopoulou qui nous a introduite dans le monde enchanté des contes grecs. Un grand merci enfin à tous les membres de l'association philhellénique Entre-del1x-Mers /Régions d'Europe, qui ont soutenu ce projet et en ont permis la réalisation. A tous reconnaissance. nous exprimons notre très VIve

C.M.

Une morale nue apporte de l'ennui: Le conte fait passer le précepte avec lui. En ces sortes de feinte il faut instruire et plaire Et conter pour conter me semble peu d'affaire. La Fontaine Fables, livre VI, l Le pâtre et le lion.

Je crois que l'imagination

humaine n'a rien

inventé qui ne soit vrai, dans ce monde ou dans les autres.
Gérard de Nerval Aurélia.

Il ne peut

l'on fait
comprend

y avoir de réalisme véritable que si sa part à l'imagination, si l'on

que l'imaginaire est dans le réel, et
Michel Butor Répertoire II, Réponses à «Tel Quel»

que nous voyons le réel par lui.

A VANT-PROPOS

A l'époque où nous vivons, dans ce monde de haute technologie qui nous entoure, il existe cependant, dans quelques villages éloignés de la Grèce, des conteurs et des conteuses, qui transmettent un héritage culturel ancien et vivant. J'ai toujours pensé que les meilleures histoires sont celles que l'on se fait raconter à la maison, par une grand-mère, un vieil oncle, une voisine qu'on aime bien; ce sont des histoires magiques, traversant les siècles, que les gens du village ont toujours connues, depuis leur toute petite enfance, des récits qui font état d'un monde atemporel, de l'époque où «les hommes et les animaux _parlaient ensemble». Car tel est le temps du mythe, que l'on a toujours transmis de bouche à oreille, depuis que l'homme a acquis la parole. Ainsi, c'est une grande joie pour moi que de présenter aujourd'hui au public français dix-huit contes de mon pays natal, recueillis par Zoé Valassi, écrivain et essayiste bien connue en Grèce, auteur de plusieurs contes pour enfants, pour un public jeune et moins jeune. Ce sont des contes de tradition orale, correspondant à des contes-européens répertoriés par les spécialistes, racontés dans un style traditionnel vivant, qui reflète bien le paysage grec, l'atmosphère du village, la végétation magique et les personnes étranges qui l'habitent, ce monde charmeur qu'on a envie de visiter. Là-bas, les contes sont «oubliés sous la chicorée» et Zoé a su en éveiller le souvenir.

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L'histoire de Daphné, la jeune fille qui -telle une nymphe- habite dans un laurier, ou encore, le conte de la Pléiade et de l'Etoile du Berger, nous font penser aux mythes de l'antiquité grecque, qui sont devenus des objets de réflexion et d'étude à travers les âges. La plupart de ces récits commencent par les formules rituelles d'ouverture:
Fil rouge noué Au fuseau roulé, Donne-lui un coup pour tourner Donne-lui le fil pour rattraper Le fil de l'histoire; Voici le commencement du conte, Bonsoir à tous!

C'est un mot de passe pour un monde qui n'obéit pas aux mêmes lois que le nôtre. Un monde jmaginaire où l'on raconte beaucoup de mensonges: «Croyez-moi, si vous voulez», nous dit la conteuse, dont la parole échappe à toutes les prisons, car le conte échappe aussi aux embrigadements des pouvoirs politiques, car la parole populaire est itinérante et ne se laisse point museler. «Par la voix, écrit Paul Zumthor, nous restons de la race antique et puissante des Nomades». Et, lorsque la voix du conteur s'arrête, nous sommes ramenés à la réalité de tous les jours. Nous sortons de ce monde magique grâce à un autre mot de passe, une formule de clôture:
Tout à la fin, tombèrent trois pommes d'or; La première pour celui qui a fait le conte, La deuxième pour celui qui l'a dit, Et la troisième pour ceux qui l'ont écouté.

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Je voudrais, en terminant, dire un mot à propos de la très belle traduction de Claire Monférier, amie à la fois de la Grèce et du conte, qui a su imperceptiblement transférer l'élément magique d'une langue à l'autre. Je suis certaine que les enfants à qui, entre autres, cette édition est destinée, auront autant de plaisir à lire les histoires de Zoé Valassi, ainsi traduites, que moi j'en ai éprouvé en lisant l'original. Anna Angelopoulou Ethnologue, Université Paris VII

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TO TIArnNAKI

KAI TO XPYIO fl)AOYPI

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- Ax, av £lXafJ,£ Eva 1tatbaKt, Sa ~yal v£ ana 'to 1tapa8upaKt Kat 8a 1t"yatv£ va <pep£t po,,8£ta... Tropa 8a nayroO"oufJ,£.Ax, ac; £lXafJ,£ Eva natbaKt Kt ac; ~'tav Kat nayrovaKt! L1£v npoÂapav va 'to nouv, va to KaÂ01to\>v, Kat, va 'O"ou E~ro ano to 1tapa8u po Eva nayrovaKt! Xapa Ot YEPOt! To n~pav Kat 'to' Xav O"av natbl touC;. KaÂ\>t£pa Kt a1to 1tatbl 'touç.
Ta b\>o y£pOVtaKta "tav 1toÂ\> <ptroxa. Kat e<p'taO"£ Kano't£ 11 ropa Kat 11 O"'ttyJ.1~nou b£V £tXav 1tta tl1to'ta va

<pave. To nayrovaKt yupvo\>O"£ ano bro, yupvo\>O"£ ano K£t,
Katt epptO"K£, Ka'tt tO"lJ.11tay£. 0 yepoc; Kt 11 ypta
OJlroç

Kav't£uav

va n£8avouv

ana 'tl1V n£l va.

00"'t00"0, Eva nprol, £K£l nou O"KaÂtÇ£ ta xroJ.1a'ta, 'to nayrovaKt ~p~K£ Eva xpuO"a <pÂOUpl. «Io! lo!, <prova~£ 'to 1tayrovaKt. Bp"Ka 811O"aupo! » Kat broO"tou <provaç£. T' aKouO"£ oÂo tO xroptO, t' aKouO"£ Kt 0 paO"tÂtaç Kat 1tpoO"ta~£ tOUç O"tpattrot£ç tOU va miv£ Kat va 'tou 'to 1tapouv.
To 1tayrovaKt 8\> J.1roO"£1tOÂ\>.

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LE PETIT PAON ET LA PIECE D'OR

Il était une fois un vieux et une vieille qui n'avaient pas d'enfants. Tous les jours ils se lamentaient et soupiraient.
«

- Ah! , disaient-ils, si seulement nous avions un petit

enfant, ou quoi que ce soit qui en tienne lieu...» Survint alors un rude hiver et tout gela. La neige monta si haut qu'elle obstrua la porte de la cabane. Le vieux et la vieille ne pouvaient ni entrer ni sortir. Il ne restait qu'une toute petite fenêtre, tout là-haut, par où ils entrevoyaient le ciel et la neige qui tombait. Et ils disaient: «- Ah! si nous avions un petit enfant, il sortirait par la lucarne et irait nous chercher de l'aide... Maintenant nous allons périr de froid. Ah! si vous avions un petit enfant, même si ce n'était qu'un petit paon!» Ils n'avaient pas plus tôt dit ça que voici dehors, à la fenêtre, un petit paon! Joie des vieillards! Ils le prennent et le considèrent comme leur enfant. Mieux que leur enfant! Les deux petits vieux étaient très pauvres. Vint le moment où ils n'eurent plus rien à manger. Le petit paon tournait dedans, tournait dehors, picorait tout ce qu'il trouvait. Le vieux et la vieille n'allaient pas tarder à mourir de faim... Or, un matin, en grattant le sol, le petit paon trouva une pièce d'or.
«

I-o! I-o! s'écria le petit paon. J'ai trouvé un trésor!».

Et il n'arrêtait pas de crier. Tout le village l'entendit, y compris le roi qui donna l'ordre à ses soldats d'aller lui prendre sa pièce. Le petit paon se mit très en colère.

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-

A, K'Up-~aatÀEa,

Ô£ Sa a'

aq>11aro a£ XÀropo KÀapi
'to'Uç

roa1to'U va f..l0'U'to ôroa£tç 1tiaro... , ÀE£t. A1toxatp£'ta£t yov£iç 't0'U Kat 1taipv£t 'to Bpof..lo y ta 'to 1taÀa'tt.

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" pvaro! 1tiaro 'tropa B£ Y'U ÀE£t 'to 1tayrovaKt Kat avoiy£t

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o ~aatÀtaç

1tpoa'ta~£ 'to Ttayrovt

va

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Su )J.roa£ 1ttO 1toÀu Kat apxta£ va <provaç£t 1ttO B'Uva'ta: - lo! lo! droa' )J.o'U1tiaro 'to <pÀo'U )J.0'U! pi Broa£tç, yta'ti av B£ )J.o'U'to ~aatÀta, Sa f..l£'tavotroa£tç!

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«

Ah, Sire roi, je ne te laisserai pas en paix jusqu'à ce

que tu me la rendes», lui dit-il. Il fit ses adieux à ses parents et prit le chemin du palais. Chemin faisant, il rencontra
«

un renard.

Je vais manger un bon morceau! dit le renard.

- Ou tu me mangeras, ou je te mangerai, mais sur mes pas ne reviendrai!» dit le petit paon. Il ouvrit le bec et avala le renard! Chemin faisant, il arriva devant une rivière. Le paon ne savait pas nager et il ne pouvait voler parce que le renard l'alourdissait. «- Je vais t'engloutir! dit la rivière. - Ou tu me mangeras, ou je te mangerai,

mais sur mes pas ne reviendrai!

»

dit le petit paon. Il

ouvrit le bec et goba la rivière! Chemin faisant, le petit paon tomba sur un essaim qui bourdonnait, furieux.
«

- Bzzz, bzzz, bzzz, c'est toi qui m'a volé mon miel? Je

vais te manger! lui fit la reine des abeilles - Ou tu me mangeras, ou je te mangerai, mais sur mes pas ne reviendrai!» dit le petit paon. Il ouvrit le bec et avala ensemble la reine et toutes les abeilles. Bref, le petit paon arriva près du palais, s'arrêta sous la fenêtre du roi et se mit à crier. «- I-a! I-a! Rends-moi man ducat, parce que, si tu ne me le donnes pas roi, tu t'en repentiras!» Le roi ordonna au paon de déguerpir, mais celui-ci se mit en colère de plus belle et recommença à crier encore plus fort: «- I-a! I-a! Rends-moi man ducat, parce que, si tu ne me le donnes pas Roi, tu t'en repentiras! »

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