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Le Poison du doute

De
105 pages
Après des jours d'épreuves, Malène, enfin, a trouvé l'amour et le bonheur. Et puis tout chavire quand elle soupçonne l'homme qu'elle aime d'avoir une liaison. Sa vie de couple est un échec et tous deux sont malheureux. Comment sortir de cette crise ? Le dernier roman de Rose Péquignot traite du délicat problème d'un couple qui se déchire malgré l'amour qui l'unit.
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Le Poison du doute

Rose Péquignot

Le Poison du doute

L' Htemattan

L'Harmattan, 2009 j 75005 5-7, rue de l'Ecole polytechnique

(Ç)

Paris

http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan l@wanadoo.fr

ISBN: 978-2-296-06987-9 EAN:9782296069879

Du même auteur

Aux éditions L'Harmattan
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Nous étions heureux.. .

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La merveilleuse histoire de la petite Hou

CHAPITRE 1

- Voilà, ma chère enfant, tout ce que j'ai à vous dire. La voix du notaire s'élevait dans la bibliothèque où les fenêtres assombries de lourds rideaux, ne laissaient passer qu'une lumière mesurée. Cette voix grave et chaleureuse venait de résumer en quelques mots la situation de Madeleine de Rouvre, pour l'instant pelotonnée dans un grand fauteuil de cuir en face de lui. Les parents de Madeleine, que tout le monde appelait Malène, s'étaient tués dans un accident de voiture récemment, alors qu'ils se rendaient dans le Jura pour les fêtes, laissant une belle fortune, un appartement à Paris et un petit manoir dans le Jura. Malène était fille unique. Elle était étudiante en médecine en quatrième année.

Le poison du doute

La mort de ses parents, la veille de Noël, avait interrompu brutalement son année scolaire et elle n'avait plus qu'à recommencer sa scolarité en octobre prochain. D'ailleurs, elle ne se sentait pas capable de travailler après ce terrible choc; elle n'avait que vingt-deux ans. Le notaire, ami de son père, avait pris son destin en mains et lui avait proposé de passer ces quelques mois dans une famille anglaise de sa connaissance, en Écosse, où une jeune femme, victime d'un accident, était clouée à vie sur un fauteuil. Il lui fallait une compagne de son âge et de son niveau social et culturel pour l'aider à se raccrocher à la vie. Bien que tendrement entourée, elle avait tendance à la mélancolie et certes son avenir n'était pas gal. La jeune fille se leva et tendit ses deux mains au vieil ami de toujours.
- Merci de tout ce que vous faites pour moi, sa

voix était mélodieuse et voilée mais son intonation était ferme, je pense que tout ira bien et six mois sont vite passés. Le notaire la raccompagna à la porte et suggéra: - Emportez quelques toilettes et des robes du soir. Vous savez que les anglais sont assez attachés aux vieilles coutumes, et votre tenue de cheval aussi. Malène acquiesça et se retrouva dehors dans le froid et la nuit. Avec un frisson, elle regagna sa voiture et rentra chez elle. Les larmes aux yeux, elle 8

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évoqua le beau visage de sa mère et la haute stature de son père. Comme ils étaient heureux tous les trois! Et voilà qu'elle se retrouvait seule et que sa vie prenait un nouveau tournant. Allons, il fallait se secouer et tirer le meilleur parti possible de sa nouvelle vie. Rien ne pourrait mieux l'aider dans sa détresse que de changer radicalement de milieu et d'aider cette jeune infirme. Pleine de courage et bien résolue à partir le plus tôt possible, Malène, dès son retour chez elle, commença à faire ses malles: beaucoup de tenues confortables, des gros pulls, des bottes etc. ... mais aussi des toilettes élégantes; elle puisa avec mélancolie dans les armoires de sa mère. Madame de Rouvre, qui n'avait que quarantecinq ans au moment de sa mort, était une femme élégante et qui sortait beaucoup. Malène avait à peu près la même taille et n'eut aucune peine à remplir deux grandes malles, sans oublier, bien sûr, ses livres de médecine et ses cours polycopiés pour préparer à fond son année scolaire.

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