Le Réveil

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Georges reprend conscience après un accident de la route, il ne sait ni où il se trouve, ni à quelle époque se situe sa sortie du coma ! Il a l’impression de n’avoir jamais été aussi lucide. Il est inquiet car il n’a plus de sensation. Après quelque temps, il retrouve ses sens exacerbés, il prend alors conscience qu’il se situe sur la planète Mars à une époque future en relation avec des entités qu’il n’imaginait même pas, lui-même se trouve être une de celles-ci. Il va évoluer au sein du système solaire ainsi que dans des univers parallèles imbriqués, réfléchir avec ces entités au passé puis au destin de l’intelligence humaine et à son éventuel prolongement vers un avenir incertain. Durant son aventure il n’aura de cesse de regretter puis de rechercher un amour perdu.


Publié le : mardi 15 avril 2014
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EAN13 : 9782332688590
Nombre de pages : 366
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intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-68857-6

 

© Edilivre, 2014

Remerciements

 

Ce roman s’adresse à tous les ascendants et à tous

Les descendants connus et inconnus, ainsi qu’à

Mes amis et relations qui me connaitront

Davantage grâce à cet humble ouvrage.

Faisons preuve d’humilité : nous ne sommes rien

D’autre que les véhicules de l’ADN qui est

La vie, cette double-hélice essentielle :

Nous sommes son support depuis

L’aube des temps Jusqu’à

Un futur par essence

Inconnaissable.

Mais il est une chose encore plus importante

Que la double-hélice car sans celle-ci

Point de vie, cette chose :

C’est l’amour !

Merci à mon épouse, à mes enfants, à mes petits-enfants.

Merci à ceux qui m’ont encouragés à éditer ce livre

Dédicace

 

 

À ma mère Georgette, à mon père Jacques, à Raymond mon oncle

À mon parrain André, à son épouse Mado, à leur fille Nancy

À mes beaux-frères Guy et René, à ma belle-sœur Yolande

À Stéphane le fils de ma marraine et à son frère Henri

À Bernard le mari de Rosalie, à Dominique

L’époux d’Anne-Marie, à Marc l’époux

De Laurette et à tous les chers amis

Disparus qui nous ont quittés

Trop tôt. Je pense à eux

À mon grand-père maternel Georges, que j’aurai aimé

Connaître, mort de suites de la Grande Guerre

À tous ceux qui sont dans mon cœur

Préface

J’ai essayé de publier ce roman voilà maintenant 25 ans, en 1988. J’ai eu quelques réponses négatives et deux propositions pour le publier à compte d’auteur. Mes moyens financiers étant à l’époque limités, j’ai mis ce roman en attente.

Précédemment entre 1982 et 1984 j’en avais réalisé le manuscrit, puis grâce au concours de mon frère Pierre qui m’avait donné un ordinateur d’occasion et qui par ailleurs m’a beaucoup aidé, j’ai dactylographié cette œuvre. Je l’ai ensuite proposé aux éditeurs avec le résultat que l’on sait.

Aujourd’hui je reprends ce document en faisant certains remaniements à mon sens positifs. Ainsi, j’ai supprimé quelques formules et quelques figures superflues qui avaient pour but d’illustrer l’ouvrage. Ces formules et figures, peu usitées dans la littérature romanesque et sans prétention aucune quant à leur signification scientifique ou philosophique, étaient probablement plus rébarbatives qu’attrayantes. Néanmoins, j’en ai laissé quelques unes afin de conserver ce qui m’avais semblé être une idée originale à l’époque, car inhabituelle dans la littérature romanesque. J’ai aussi inséré quelques notes d’information en bas de page de l’ouvrage et j’ai créé quelques annexes des passages comportant certains développements mathématiques et métaphysiques : le lecteur pourra les écarter sans qu’ils n’enlèvent rien au sens général de l’ouvrage. Celui-ci pourra d’ailleurs les consulter par la suite s’il veut approfondir ma motivation.

J’ai exprimé des idées, puisées dans mes lectures de jeune homme, qui ont eu pour moi une certaine influence sur ma façon d’envisager la nature de notre monde, notamment celles qui concernent divers aspects du « réel », tels la théorie de la relativité d’Einstein, la mécanique quantique ou les idées de Teilhard de Chardin et de Jean-Émile Charon concernant l’évolution biologique et l’interprétation du sens religieux ainsi que celle du concept de résurrection de l’humanité. L’informatique en développement permanent m’a également beaucoup influencé.

En 1982, l’informatique et les télétransmissions, n’avaient pas le niveau de sophistication qu’il atteint maintenant en 2013 et qui ne cesse de s’accroître en une spirale vertigineuse. Par exemple, le réseau « Internet » se trouve implicitement dans mes idées initiales, il préfigure le « Système Central » au service de l’intelligence humaine qui a une large place dans mon roman. Par contre, je n’avais pas du tout imaginé, 30 ans plus tard, la miniaturisation obtenue par les systèmes actuels en perpétuelle évolution, notamment les nanotechnologies et les systèmes de connexion à distance Wifi entre autres (le lecteur rectifiera de lui-même)1, sans oublier la photo et la vidéo numériques. Donc cette dimension de la présente réalité n’est pas prise en compte, puisque les systèmes que je m’amuse à narrer occupent la plupart de la surface de la planète Mars, alors qu’il est très probable que la place qu’ils occuperaient dans le roman devrait être beaucoup moins étendue.

Je souhaite finalement faire passer au lecteur un moment de détente, en espérant qu’il s’amusera autant que moi des nombreuses idées parfois insolites que je me suis permis de glisser dans les pages de ce roman.


1. Les téléphones ainsi que les ordinateurs portables et les GPS, maintenant les tablettes numériques, en sont tous un vibrant témoignage.

I
Le réveil

Ainsi pensait Georges :

« Mon sommeil a dû être profond et les soins efficaces, car je ne ressens plus aucune douleur… A vrai dire, je n’ai même pas conscience de mon corps. Ceci provient certainement de l’anesthésie. Quand je repense à cet oiseau de malheur qui disait que je n’arriverais pas vivant à l’hôpital !

Mais au fait où suis-je ? J’ai dû perdre connaissance dans l’ambulance…

Le choc a été terrible ! J’ai perdu le contrôle de la voiture lorsque le pneu a éclaté. Il est vrai que je roulais un peu vite. Pourvu que le conducteur du camion ne soit pas blessé ; il ne pouvait vraiment pas m’éviter ; enfin je m’en suis sorti… C’est tout de même bizarre. Je ne sens rien ! Je ne vois rien ! Je n’entends rien ! Pourtant je suis à l’aise et parfaitement lucide… Peut-être suis-je victime d’un traumatisme crânien qui a affecté mes facultés sensorielles… J’espère me tromper ! J’ai l’impression de n’avoir jamais été aussi bien éveillé… Ma tête a l’air de fonctionner correctement. Tiens ! Comme c’est curieux… Voila que je me souviens du nom de mes camarades de l’école maternelle ; je croyais bien les avoir oublié ceux-là… Je les visualise même avec une acuité exceptionnelle ; pourtant à quarante deux ans ? C’est-à-dire, que malgré prés de quarante ans d’écart, il me semble que c’était hier.

Le choc a probablement perturbé mes méninges car mes facultés sensorielles semblent pour l’instant complètement annihilées. En revanche, pour la mémoire, j’avoue mon trouble ainsi que mon incompréhension totale : à chaque fois que me revient en tête un souvenir, je le perçois avec une précision extraordinaire et ceci, quelque soit l’époque de ma vie où les événements se sont produits ».

Georges éprouvait une angoisse croissante : « Bon ! Se disait-il, il serait temps que j’appelle quelqu’un pour savoir où je me trouve… ».

Il ne pouvait ni bouger, ni appeler. Ses sensations étaient toujours bloquées. Il en arrivait à penser que les lésions qu’il avait subies lors de son accident, étaient bien plus graves qu’il ne le pensait au préalable : « Pas de sensations ! Je n’ai ni faim, ni soif, ni sommeil, enfin serait-ce alors le néant, je n’y comprends rien à rien ! Il n’y a vraiment que cette multitude de souvenirs qui me rassurent un peu. Sinon je suis comme mort. Descartes disait : Je pense donc je suis. C’est bien mon cas ! Non ? ».

D’un seul coup, il crut avoir trouvé : « Mais je suis dans le coma ! ».

Cela le rassura un peu. En effet, il lui semblait bien que ses idées n’avaient jamais été aussi claires. Mais l’instant d’après, son désarroi reprit de plus belle : « Et si c’était la moelle épinière qui était sectionnée ? Mon Dieu ! Mais oui, bien sûr, je suis paralysé puisque je ne ressens plus rien… Pourvu qu’ils me sortent de ce mauvais pas ! J’ai peur… Vais-je rester paralytique jusqu’à la fin de mes jours ? »

Georges commençait à trouver le temps long. Il se demandait si Alice, sa femme, ainsi que ses enfants, avaient été prévenus de son accident : « La police ou l’hôpital ont dû les prévenir… Je suis vivant, tout de même, c’est déjà ça ! Mes facultés de raisonnement paraissent intactes, c’est le principal après tout, continuait-il à penser ».

Georges se remémorait son passé avec une facilité déconcertante : « Je suis né le dix sept novembre mille neuf cent quarante et un, pensait-il maintenant. Je suis ingénieur spécialisé dans les applications thermiques à la société THERMA qui tient son siège à Paris. Lorsque l’accident s’est produit, je songeais à la meilleure façon de réaliser le stockage des échantillons radioactifs. En effet, comme ceux-ci dégagent de la chaleur en permanence, il est indispensable de l’évacuer, car sinon ils se mettront à fondre et alors attention aux dégâts ! Bon ça va. Tout ceci est très clair, je suis donc bien vivant puisque je me rappelle tous ces détails… Quand sortirais-je de ce coma ? Pourtant mon état physique a l’air plutôt sérieux ! Au fait, est-ce qu’Alice a payé la facture d’électricité ? Elle est drôlement salée d’ailleurs ! C’est demain l’échéance… Je dis demain, mais en vérité je n’en sais rien du tout, puisque je ne sais pas combien de temps ce coma a duré… Je n’ai toujours pas faim, ils ont dû me nourrir par perfusion ».

Il était de plus en plus agacé par ce manque total de sensation physique. En revanche, il était très étonné par les facultés croissantes de sa mémoire. De plus, il commençait sérieusement à s’ennuyer. Pourtant, il n’avait encore rien vu ! Il se prit à penser :

« Il est huit heure trente sept, je me suis réveillé à six heure dix huit… Bizarre ! Par quel mystère suis-je au courant de l’heure alors que je suis incapable de consulter ma montre. Et je suis sûr de l’heure. Incompréhensible ! Voilà, il est maintenant huit heure trente neuf ! L’accident s’est produit à dix huit heure trente deux, le dix octobre mille neuf cent quatre vingt trois et je suis mort trente et une minutes après, soit à dix neuf heure trois ! Quoi ! Je suis mort ! Mais non, puisque je pense à tout ça… Serais-je devenu un esprit désincarné ? Je n’ai jamais cru à ces sornettes, ce n’est donc pas maintenant que je vais commencer à y croire, surtout dans une telle situation ».

Georges était de plus en plus angoissé, il se demandait s’il n’était pas devenu une espèce de fantôme. Mais alors dans ce cas, il aurait été en mesure de se balader. En effet, d’après toutes les croyances, les fantômes étaient capables de se déplacer à leur gré et même de se matérialiser où bon leurs semblaient. Le mystérieux phénomène se poursuivait : « Huit heure quarante. Toujours rien, je fais peut-être un cauchemar ? Oui c’est ça ! Je vais me réveiller d’un moment à l’autre ».

Et ainsi s’écoulait le temps dans l’esprit désappointé de Georges, où les idées tournaient à un rythme de plus en plus effréné.

II
Résurrection en l’an 250 843 après J.C.

Ça faisait plus de trois bonnes heures que Georges avait conscience de la situation anormale avec laquelle il se trouvait confrontée, il réfléchissait : « Midi ! J’ai eu le temps depuis ce matin de me remémorer une grande partie des événements qui ont jalonnés ma vie durant ces quelques quarante deux ans. Je suis subjugué par l’extraordinaire précision avec laquelle me reviennent tous ces souvenirs…

… Ce qui m’étonne encore beaucoup, c’est de constater qu’en plus de cette précision vient s’ajouter un sens aigu de la chronologie que je ne possédais pas auparavant. Par contre, si j’essaye de savoir ce qui se passe après l’accident : il n’y a rien ! Je n’émerge qu’aujourd’hui à six heure dix huit. Je n’arrive pas à me persuader qu’il s’agit d’un rêve, car je me sens parfaitement éveillé. Je ne peux pas dire que je sois reposé, car je ne ressens toujours pas mon être physiologique…

… Durant ces dernières années, j’ai envisagé l’hypothèse que les possibilités de résurrection étaient probables dans un avenir très éloigné. Serait-ce ce qui m’arrive ?

C’est alors que Georges eu la plus grande surprise de son existence. Son esprit fut inondé par le flux de pensées suivant : « C’est tout à fait exact, Monsieur Georges Guérin, vous ne rêvez pas ! Nous attendions que cette hypothèse vous revienne en mémoire afin de prendre contact selon une procédure télépathique avec vous, de sorte que votre étonnement ne soit pas trop brutal. En effet, vos fonctions cérébrales sont à nouveau en activité depuis ce matin à six heure dix huit ; il est bien à présent douze heure cinq, comme vous le constatez. Surtout ne vous inquiétez pas, tout est normal. Votre espoir est en train de se réaliser ».

Un certain silence mental se produisit, malgré sa stupeur Georges se pris à penser comme s’il parlait : « – Bonjour… Je n’arrive pas à me persuader qu’il ne s’agisse pas d’un rêve. Si je suis véritablement éveillé, puis-je savoir alors la date d’aujourd’hui, car j’ai la sensation d’avoir dormi de très nombreuses heures ? ».

Le flux de pensées repris alors avec autant de force, submergeant sa propre volonté :

« – Beaucoup plus que cela, vous vous le cachez et je le comprend. Je viens de vous annoncer votre résurrection, dans ces conditions vous êtes situé dans un période temporelle très en aval de votre époque. Nous sommes le vingt cinq novembre deux cent cinquante mille et huit cent quarante trois années après Jésus Christ, ceci dans votre système de datation. Vous n’êtes plus sur la Terre, mais vous vous trouvez sur la planète Mars, toujours dans le système solaire bien évidemment ».

« – Mais c’est complètement fou, cette histoire ! Je ne serais donc pas sur Terre ? Hurla Georges dans sa tête ».

La pensée submergeante continua alors son explication :

« – Soyez rassuré… Vous vous y rendrez bientôt, ainsi que sur d’autres planètes. Mais avant, nous devons vous faire part de nombreuses révélations, ceci ne doit pas vous surprendre, après ce que nous venons de vous faire entrevoir. Nous aurions pu, si nous l’avions désiré, implanter directement dans votre mémoire ces connaissances. Nous ne l’avons pas fait afin de préserver l’intégrité de votre personnalité. Nous ne nous sommes permis qu’une toute petite fantaisie : c’est de vous intégrer une horloge interne qui vous permet, lorsque vous en exprimez le besoin, de connaître l’heure locale précisément. Plus tard, vous serez doté du pouvoir de connaître exactement votre position géographique, où que vous soyez dans l’univers, c’est un système qui s’apparente au GPS de votre époque mais en beaucoup plus précis et étendu. Votre nouvelle faculté vous sera très précieuse pour les voyages intersidéraux, ainsi que pour vos excursions à travers les forêts, les campagnes, les océans que vous serez amené, si vous le voulez, à visiter sur les diverses planètes de notre Système Solaires, mais aussi sur celles d’autres systèmes stellaires ».

Comme Georges se demandait pourquoi il ne ressentait aucune sensation physiologique, son intellect fut encore dominé par la pensée suivante : « – Ceci est normal pour l’instant, car vous n’êtes pas encore connecté, disons… à votre corps. Comme vous pouvez l’imaginer sans peine, il s’est passé beaucoup d’événements en deux cent cinquante millénaires ! Vous serez sans doute très étonné de constater l’évolution qui s’est produite depuis votre… mort. Pour le moment, votre cerveau n’est qu’une sorte d’ordinateur infiniment plus performant que ceux que vous avez connu avant aujourd’hui. Les neurones, synapses et leurs diverses connections, qui constituent votre cerveau, ne sont pas réalisées à partir de tissus biologiques. Votre cerveau est conçu d’une matière synthétique sur les bases des ordinateurs quantiques qui s’apparente plutôt à des éléments du type transistor ou semi-conducteur, mais beaucoup plus perfectionnés également. Tous ces éléments sont agencés d’une façon telle qu’ils constituent l’analogue d’un cerveau humain et plus particulièrement du votre. D’ailleurs ce système devrait occuper à peu près le même volume spatial qu’un cerveau de mammifère. Pour quelque temps encore, ce système synthétique est intégré à un ensemble central qui occupe une surface à peu près moitié aussi grande que celle engendrée par la planète Mars2. Vous êtes actuellement en communication avec une petite zone de cet ensemble. Nous avons l’intention de transférer le… « Logiciel3 » qui constitue votre personnalité, sur un… androïde qui pourra évoluer indépendamment de cet ensemble central. Cet androïde, extérieurement identique à votre image telle qu’elle était il y a deux cent cinquante mille ans, est néanmoins très différent d’un être biologique, car il est lui-même synthétique. En revanche, cette structure différente lui confère un ensemble de qualités bien supérieures à celles d’un corps humain ».

Georges répondit mentalement : « – Si je vous comprend, vous dites que j’aurai, dans un futur proche, des perceptions du monde extérieur plus performantes que celles des gens contemporains du vingtième siècle ? ».

La réponse ne se fit pas attendre : − Georges commençait d’ailleurs à s’habituer à ce dialogue. Son seul doute résidait dans l’alternative suivante : dialoguait-il avec lui-même ou bien échangeait-il des idées avec une entité distincte de son être conscient et même de son subconscient ? −

« – C’est exact ! Ainsi votre vision normale du monde, qui se situe dans le spectre visible, c’est-à-dire dans la perception des couleurs de l’arc en ciel, sera étendue. Vous aurez la possibilité de déborder largement de ce dernier. Vous serez sensible d’une part, aux rayonnements de faible longueur d’onde, comme par exemple les rayons ultraviolets, mais aussi d’autre part, aux rayonnements de grande longueur d’onde, tels que les rayons infrarouges. Votre vision permanente sera accommodée sur le spectre normalement visible, mais vous aurez le loisir, si vous en éprouvez le souhait, de sélectionner le créneau du spectre des rayonnements électromagnétiques qu’il vous plaira d’utiliser : ainsi vous pourrez observer la lumière monochromatique, le vert ou le rouge tout seul par exemple. Nous avons profité, à l’occasion de la construction du nouvel androïde, d’améliorer d’une part, la qualité de votre vue qui en avait d’ailleurs grand besoin et d’autre part, celle de votre perception auditive, elle-même de qualité médiocre. En ce qui concerne votre vue, en plus des possibilités que nous venons de vous décrire, celle-ci pourra suivant votre volonté s’accommoder à la manière d’un zoom d’appareil photographique de votre époque sur le sujet que vous aurez sélectionné. Ceci s’effectuera grâce à l’adaptation de la distance focale sur le sujet que vous observerez. En bref, vous embrasserez le champ visuel qu’il vous conviendra de contempler : du grand angle au téléobjectif ».

Georges croyait qu’il rêvait, il lui était assez facile de se prendre au jeu des questions et des réponses sans trop d’affolement. Il se surpris à demander : « – Mais c’est incroyable ! Et vous dites que ce sera la même chose pour l’audition ? ».

« – En effet, nous avons agit sensiblement de la même façon que pour votre vue. Vous adapterez la puissance du niveau sonore et l’étendue des fréquences audibles en fonction de vos besoins. Il faut que vous sachiez que le milieux physique dans lequel vous devrez évoluer, sera beaucoup plus étendu que celui que vous avez connu lors de votre vie biologique : vous pourrez vous trouvez dans le vide intersidéral ou encore sur des planètes où la pression atmosphérique sera jusqu’à cent fois supérieure à celle de la Terre, il est évident que votre audition doit être capable de résister à ces conditions extrêmes ».

Le dialogue se poursuivait ainsi : « – Vous parlez comme si je n’étais pas équipé de scaphandre, ai-je bien compris ? »

« – Oui en effet, l’androïde est prévu pour se déplacer sur l’ensemble des planètes du système solaire ».

« – Comment pourrais-je respirer sur les planètes dont la plupart ne comportent pas d’oxygène, et surtout dans le vide spatial qui est totalement exempt de gaz ? ».

« – L’androïde que vous occuperez, n’étant pas un système biologique, n’aura ni besoin de respirer, ni besoin de se nourrir de la manière que vous semblez imaginer. En revanche, il aura besoin d’énergie pour son activité, comme tous les systèmes autonomes. L’énergie nécessaire pour le faire évoluer est fournie par un système dont le fonctionnement vous sera expliqué ultérieurement. Sachez pour le moment qu’il s’agit d’une espèce de centrale thermonucléaire miniaturisée, mais infiniment plus perfectionnée que celles qui existèrent quelques décennies après votre décès. Son autonomie devrait être de l’ordre de cinquante millénaires ».

« – Si je comprend bien, vous affirmez que je peux disons… vivre pendant cinquante mille ans ! ».

« – C’est bien ça, pour l’androïde, mais pas pour vous, car dès que celui-ci sera hors d’usage, il sera remplacé par un nouvel androïde. Ce dernier sera d’ailleurs probablement plus moderne que celui d’aujourd’hui ».

« – Mais si l’androïde se trouve détruit lors d’un accident, je disparaîtrai en même temps que lui, n’est-ce pas ? ».

« – Dans un certain sens vous avez raison, mais seulement pour une période de temps limitée, car nous avons les moyens de vous récupérer. Nous vous donnerons bientôt des informations sur ce sujet ».

Georges commençait à perdre pied, devant les révélations extraordinaires qu’il enregistrait, il s’écria alors dans sa tête : « – ce que vous me décrivez là me semble tellement ahurissant ! Ça n’est pas possible, je vais sûrement me réveiller ! Vous seriez en train de me faire croire que je ne suis pas un homme, mais une espèce de robot ultra-perfectionné. A mon avis, j’invente tout bonnement cette histoire dans mon rêve, parce qu’en plus, d’après ce dernier, je n’ai pas encore de corps ! Donc je suis une espèce d’esprit désincarné ! J’attends le bon vouloir d’une entité insaisissable pour animer le robot qui m’est réservé ! Je perds probablement la raison et de ce fait je m’invente un fantasme !… L’accident a perturbé mes facultés mentales. Il faut absolument que je sorte de cet état comateux, ou alors je vais devenir complètement fou ! Mais oui c’est çà : je me racontais que je dialoguais tranquillement avec un superordinateur, dont bien entendu j’étais partie intégrante : ceci prouve à l’évidence que je me parlais à moi-même, en quelque sorte comme si j’avais eu un dédoublement de ma personnalité. Lorsque je raconterai ce cauchemar aux enfants, ils s’en amuserons bien : leur père était mort, et évidemment il était tout naturel qu’il discute banalement avec un ordinateur martien n’est-ce pas ? C’est d’un comique ! »…

Georges, de plus en plus troublé, reçu alors de plein fouet cet avertissement mental :

« – Il faut vous ressaisir. Monsieur Georges Guérin… Le monde que vous habitez à partir d’aujourd’hui est tellement nouveau pour vous, que nous nous attendions à votre réaction. Rassurez-vous, lorsque vous le connaîtrez, vous le trouverez passionnant et vous vous rendrez compte que votre angoisse était injustifiée ».

Georges, ne voulant pas « entendre » cette entité qui semblait prendre possession de son identité, s’écria mentalement : « – Ma parole. Je continue à délirer ! ».

Et l’entité de répondre : « – Mais puisque nous vous certifions que vous êtes tout à fait saint d’esprit ! Vous l’avez d’ailleurs constaté à votre réveil. Si nous l’avions voulu, nous vous aurions conditionné de sorte que vous ne soyez pas surpris ; mais alors, votre personnalité aurait été différente et de ce fait, vous n’auriez pas été exactement vous-même. Cette résurrection n’aurait pas eu l’impact psychologique souhaitable. Il est absolument essentiel que vous ayez conscience, avec la meilleure lucidité possible, de votre moi intérieur, sinon la nouvelle existence que nous vous avons préparée, n’aura aucun sens ni pour vous, ni pour nous ».

Georges faisait semblant de ne pas comprendre cette voix insinuante. Il essayait de la couvrir mentalement par ses propres réflexions : « – Voilà que je continue d’imaginer l’histoire. Un vrai roman de science-fiction !… Il est quinze heure vingt cinq… Ma pendule interne continue à tourner… Ça devient démentiel ! ».

Alors la chose instilla, dans l’esprit de Georges complètement bouleversé, cette information : « – Nous cessons la communication ! Nous vous mettons en état de veille intellectuelle… Il est nécessaire que votre inconscient ait le temps d’intégrer les informations que nous venons de vous révéler. Vous vous réveillerez en possession de votre corps, c’est-à-dire dans l’androïde dont nous vous avons fait une courte description. A ce moment, vous y verrez plus clair… »


2. Grâce au développement des nanotechnologies, ce volume devrait être beaucoup plus réduit que je ne le pensais naguère !

3. Aujourd’hui on parle plutôt du code.

III
Les androïdes

Georges se sentait plus détendu qu’hier, bien qu’il eu conscience qu’il était huit heure douze du matin, il ne s’en soucia guère. La mélodie qu’il entendait l’entraîna dans des réflexions : « – Cette merveilleuse musique est absolument sublime… qui peut en être l’auteur ?… La température de l’air est tellement douce… Et ce lit… Quel confort ! Si je l’osais, j’ouvrirais les yeux… Mais après le cauchemar de cette nuit… Bon sang ! J’ai peur… Ce rêve était très bizarre… Comme c’est curieux, j’ai une conscience précise de l’écoulement du temps : je connais l’heure exacte. Mais alors, était-ce vraiment un rêve ? Je ne sais plus quoi penser, surtout que les événements qui constituaient ce cauchemar sont d’une telle réalité… Ça y est ! Je suis soit sorti du coma, ou bien je suis réveillé, car je sens mon corps, mes bras, mes jambes… Hier, je ne ressentais aucune perception… Bon ! J’y vais, j’ouvre les yeux, on va bien voir… ».

Il eu alors une surprise tout aussi agréable qu’inquiétante. Agréable : du fait de la grande beauté de l’environnement. Inquiétante : car jamais il n’avait vu pareille merveille. En effet, la chambre était décorée de plantes vertes et fleuries disposées avec un raffinement exquis. L’harmonie du site était renforcée par l’intégration, dans ce décor, d’aquarium où évoluaient des poissons exotiques multicolores aux formes variées. Il pensa immédiatement que ce local n’avait rien à voir avec une chambre d’hôpital : « – Ou bien je continue de rêver ? Ou alors j’ai perdu la raison ? Dans ce dernier cas, j’aurais tort de me plaindre. C’est paradisiaque ici ! Pourtant, je me sens tellement en forme ; aussi bien sur le plan physique que sur le plan psychique. Allez, debout !… ».

Il se déplaçait avec une grande aisance, et surtout, il ne ressentait aucune douleur. Il en fut tout surpris, car il savait que l’accident dont il avait été victime aurait dû lui laisser de graves séquelles. A un certain moment, un miroir lui renvoya son image ; il ne se reconnu pas immédiatement et il eu alors l’impression d’être devant un personnage qu’il avait auparavant rencontré. Puis il fut obligé de se rendre à l’évidence : le miroir lui renvoyait bien son propre reflet.

« – C’est moi, il n’y a pas de doute ! Mais ma parole, j’ai rajeuni ! Aucune marque sur le visage malgré la violence du choc. Par quel miracle ? »

Arrivé devant la fenêtre, la scène qu’il observa le plongea dans un océan de perplexité. Le paysage qui se présentait à lui n’avait pas l’aspect terrestre. Celui-ci lui rappelait plutôt un panorama lunaire ou martien. Du moins si ce paysage était terrestre, il se sentait incapable de lui attribuer une quelconque situation géographique. Il constata qu’il y avait dehors, un vent assez fort pour soulever des tourbillons de poussière rouge. Il en déduisit qu’il n’était évidemment pas sur la lune, car sur cette dernière, il n’y a pas d’atmosphère. Le paysage blafard ne comportait aucune flore. Il n’était constitué que de pierrailles enveloppées de volutes de sable. Cela lui fit froid dans les « os », il tourna le dos à la fenêtre et fut quelque peu réchauffé par le contraste qui existait entre l’extérieur et la chambre. La pièce qu’il occupait ne comportait pas d’éclairage direct. Il n’arrivait pas à situer la provenance de cette agréable et chaude lumière.

On frappa à la porte, il eut alors un trac épouvantable et s’entendit répondre banalement :

– Entrez ! S’il vous plait.

Une femme d’une merveilleuse beauté s’introduisit dans la pièce sur son invitation.

– Comment vous sentez vous Monsieur Guérin ? Lui demanda-t-elle d’une voix chaude et avenante.

– Assez bien. Merci. Mais je ne comprends rien à ce qui m’arrive, lui répondit-il. J’espère que vous allez pouvoir me délivrer de mes doutes.

– Appelez-moi Alice, si vous n’y voyez pas d’inconvénient, et moi je vous appellerais Georges dorénavant. J’ai reçu la mission passionnante de vous prendre en charge durant votre séjour parmi nous.

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