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Le roi sorcier

De
176 pages
Jason Alberich porte la couronne du souverain des sorciers, une mystérieuse race d’individus qui utilisent la magie noire. La couronne lui sied à merveille, alors que Jason utilise habilement ce pouvoir qui corromprait n’importe qui d’autre. Mais il en a payé le prix; il porte aujourd’hui les cicatrices de l’époque où ce pouvoir avait une emprise sur lui. Il est hanté par les regrets d’un passé sombre et vit désormais jour et nuit en âme esseulée. Chloe Septeran est une Akyri pas comme les autres. En tant que membre d’une race asservie qui dépend des sorciers pour sa subsistance, Chloe fuit ces utilisateurs de magie noire, choisissant de vivre libre de leur servitude. Elle a vécu une existence futile, «affamée», mais effrontément libre de
la sinistre domination des sorciers. Cependant, le destin a maintenant choisi de stopper sa fuite, alors que les 13 rois découvrent chacun leur reine — et que le roi sorcier découvre la sienne. Une puissance phénoménale se réveille, causant des ravages dans le monde surnaturel. Les 13 rois, ainsi que leurs reines, la nation loup-garou et les assemblées de sorcières menées par la grande sorcière Lalura Chantelle, doivent s’allier et faire face au cauchemar qui menace l’essence même de ce qui leur tient à coeur… et duquel personne ne pourrait réchapper.
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Copyright © 2013 Heather Killough-Walden Titre original anglais : The Warlock King Copyright © 2015 Éditions AdA Inc. pour la traduction française Cette publication est publiée en accord Trident Media Group, LLC, 41 Madison Avenue, 36th Floor, New York. Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire.
Éditeur : François Doucet Traduction : Guillaume Labbé Révision linguistique : Isabelle Veillette Correction d’épreuves : Nancy Coulombe, Carine Paradis Montage de la couverture : Matthieu Fortin Mise en pages : Sébastien Michaud Conception de la couverture : Heather Killough-Walden ISBN livre : 978-2-89752-649-8 ISBN PDF : 978-2-89752-650-4 ISBN ePub : 978-2-89752-651-1 Première impression : 2015 Dépôt légal : 2015 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque Nationale du Canada
Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7 Téléphone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com
Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99
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Nous reconnaissons l’aide financière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pour nos activités d’édition. Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC. Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Killough-Walden, Heather [Warlock king. Français] Le roi sorcier (Série des rois ; 3) Traduction de : The warlock king. ISBN 978-2-89752-649-8 I. Labbé, Guillaume. II. Titre. III. Titre : Warlock king. Français. IV. Collection : Killough-Walden, Heather. Série des rois ; 3. PS3611.I445W3714 2015 813’.6 C2015-940991-8
Conversion au format ePub par:
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« La reine est la pièce qui a le plus de valeur et qui est la plus importante. Le résultat final peut dépendre de la façon dont elle joue son rôle. »
— Alexander Kotov
PROLOGUE
Elle changea de position, ses longs cils effectuant quelques battements, son front lisse se fronçant. Il la regarda, observant attentivement comme il le faisait toujours. Il la regarda et attendit, et elle se réveilla finalement. La lumière de la torche se posa sur les anneaux dorés de ses pupilles multicolores comme teintées de magie. Et peut-être que c’était bien le cas ; il l’avait toujours ressenti ainsi. Elle l’avait pris au piège ; en jetant son filet autour de son cœur telle une araignée bien longtemps auparavant. Il était pratiquement évident pour lui que chacune des fibres de son être était formée de la même magie qui miroitait maintenant dans ce regard ravissant. Elle était une déesse, après tout. Il fallait s’y attendre. — Pourquoi, Kamon ? demanda-t-elle de nouveau. Sa voix magnifique ressemblait au bruit produit par la première averse au temps de la mousson, au premier vent asséchant lorsqu’ils reprenaient vie, et au premier baiser déposé par la lumière du soleil sur le Nil à l’aube. Sa voix était toutefois faible ; son pouvoir la maintenait immobile, lui accordant uniquement la force dont elle avait besoin pour survivre. Il lui en restait bien peu pour parler, peu importe avec quelle intensité. — Vous savez pourquoi, Amunet. Vous l’avez toujours su. Ces yeux hypnotiques et beaux comme tout se fermèrent à lui, provoquant une montée de colère dans sa poitrine. — Vous continuez à lutter contre moi, à vous opposer. C’est toutefois à moi qu’il reviendrait de demander « pourquoi ». Vous croyez pouvoir gagner ? Ne comprenez-vous pas où vous êtes, Amunet ? Amon n’est pas ici pour vous sauver. Et son enfant ? Ses yeux s’ouvrirent une fois de plus, se concentrant cette fois-ci sur lui avec une intensité renouvelée. Il avait attiré son attention et il savourait ce moment. — Vous avez soigneusement fait en sorte de me cacher son existence. Vous l’avez emmenée à travers le temps et l’espace, où vous pensiez qu’elle était hors de ma portée, à l’abri de mon souffle. Je louange votre dévotion indéfectible envers elle. Mais… Il approcha son corps du sien, posant ses mains sur les deux côtés du sarcophage en pierre qui la retenait prisonnière. — Je l’ai trouvée, Amunet. En dépit de tous vos efforts, je l’ai quand même trouvée. Sa puissance déferla tout comme il savait qu’elle le ferait, et ainsi qu’il l’avait déjà fait 100 fois, il utilisa le sarcophage pour absorber cette puissance. Il la sentit gonfler dans sa magie conductrice et le remplir comme le feu dévorant un navire. Les yeux kaléidoscopiques d’Amunet brillèrent de fureur et de peur. Son corps picota ; mais son cœur lui faisait mal. Elle avait toujours été plus attirante lorsqu’elle était émotive. Le désir alimentant ses actions, Kamon bondit donc vers l’avant, puis il agrippa la reine déesse par la gorge avant de les extraire de ce royaume et de les projeter dans un autre. Juste comme ça. Le temps et l’espace se déformaient autour d’eux. Toutes les sensations disparurent et l’Univers se transforma. Ils se retrouvèrent un moment plus tard seuls sur les sables changeants de cette terre qui avait autrefois été leur chez-soi. Un vaste fleuve s’écoulait à travers cette terre et des touffes d’herbe s’accrochaient au sol le long de ses rives. Amunet se tenait librement à côté de lui, sa belle silhouette drapée dans les vêtements fins de leur rang, ses longs cheveux épais dansant légèrement dans la brise du désert. Elle jeta un coup d’œil en direction du paysage aride de la cité antique qui attendait sur les berges de l’autre côté du fleuve.
Il l’observa tandis qu’elle contemplait la Cité des morts. Elle lui parla sans le regarder. — Si vous prenez ce qu’Amon a enterré là, tout deviendra déséquilibré. — La justice n’est pas nécessairement équilibrée, contra-t-il. Sa tête se retourna vivement et ses yeux multicolores brûlèrent d’indignation. — Vous avez tort, siffla-t-elle. Lavengeancedéséquilibrée. Vous ne cherchez pas la est justice. Kamon souleva son menton. Il respira à fond, sentant son humeur refluer puis reculer. — Appelez ça comme vous le voulez, dit-il. Je ferai ce que je dois faire. Amunet le regarda, longuement et durement, puis la colère dans ses magnifiques traits faciaux se transforma graduellement en étonnement. — Qu’avez-vous fait ? Je ressens davantage que ma propre magie en vous maintenant. — Vous êtes sagace, remarqua-t-il. Il y a en d’autres, en effet. Ses yeux s’agrandirent. Elle secoua sa tête. — Mais combien ? — Plusieurs. Les auras de 13 rois et la servitude d’un seigneur vampire très spécial et de ses créations s’inclinaient maintenant devant la volonté de Kamon. Il n’en dit cependant pas autant. Il ne se trahirait pas un instant. Amunet avait toujours été beaucoup trop intelligente. — Pourquoi avez-vous fait ça ? lui demanda-t-elle, le ton de sa voix teinté à la fois d’impuissance et de désespoir. Il esquissa un petit sourire. — Pourquoi l’aurais-je fait, selon vous, Amunet ? Elle demeura silencieuse, attristée. Il fit un pas vers elle et accorda lui aussi son attention à la même ville aride de reliques en pierre sur laquelle elle avait posé son regard un peu plus tôt. — Lorsque les gardiens de ce monde seront défaits, je posséderai ce qui leur appartient en ce moment. J’apporterai ce que j’aurai gagné ici. L’union de ces forces nous permettra de dominer les protections d’Amon et quand je prendrai ce qu’il a laissé ici, cela le tuera. — Pourquoi ?C’est votre frère ! Ça revenait toujours à cette question. C’était ainsi depuis des milliers d’années. Et toujours, la même réponse. — Parce que vous l’avez choisi, précisa-t-il calmement en soulevant sa main pour prendre doucement sa joue. Elle se détourna de lui, mais il savait qu’elle le ferait. Elle le faisait toujours. Il laissa sa main retomber. — Alors que vous auriez dû me choisir. Il permit à ses propres mots de se perdre dans les annales du temps et de se faire emporter dans le vent poussiéreux du désert tandis qu’il les ramenait d’où ils étaient venus. Les lois de la physique se déformèrent autour d’eux une fois de plus tandis qu’ils franchissaient un labyrinthe d’impossibilités pour se retrouver de nouveau dans la chambre en pierre éclairée par des torches. Ces dernières vacillèrent à leur étrange arrivée temporelle, mais le reste du sanctuaire était calme. Kamon se redressa à côté du sarcophage. Il baissa son regard vers sa déesse captive. Elle dormait, contenue ainsi par la magie qu’il lui avait prise avant de s’en servir contre elle.
Il ferma le sarcophage un moment plus tard d’un geste de la main et se tourna en direction de la sortie. Un grand chat roux était assis au centre de la voûte, ses yeux dorés et lumineux reflétant le rougeoiement vacillant des torches. — Tu ne peux pas l’aider, Wa’ali. Le chat cligna lentement des yeux et sa queue donna un petit coup. Son regard intense ne défaillit pas une seconde. Kamon confronta ce regard. Puis, sans dire un mot, il contourna le chat et quitta la pièce en permettant à l’imposante porte en pierre de se fermer derrière lui. Le chat roux leva les yeux vers le sarcophage scellé dans l’obscurité calme de la crypte où dansaient des ombres. Il miaula. Sa queue donna un nouveau petit coup. Il bondit avec agilité sur le dessus du cercueil en pierre, avant de se rouler en une boule rayée blanc et orangé puis de fixer l’obscurité.