Le secret d'Horace Saint-Clair

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Ce roman historique plonge le lecteur au cœur de la Monarchie de Juillet (1830-1848) : Lucien Saint-Clair, originaire des Antilles, fait ses études de médecine à Paris. Il fréquente toute une galerie de personnages de la société bourgeoise et deviendra l'ami d'un certain nombre d'auteurs de l'époque dont Théophile Gautier. Il est amoureux de la douce Hélène. Mais une lettre de son père mourant le pousse à rechercher sa demi-sœur ; sa quête le mènera dans le sud de la France, en Espagne et même à Cracovie pour un dénouement inattendu !
Publié le : mardi 5 avril 2016
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EAN13 : 9782140007255
Nombre de pages : 190
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JacquesArlet
LE SECRETD’HORACE SAINT-CLAIR
R o m a n
Le secret d’Horace Saint-Clair
Jacques ARLETLE SECRETD’HORACESAINT-CLAIRRoman L’Harmattan
Du même auteurJacques Forestier. Des stades aux Thermes.NPP et Privat, Toulouse, 1988 Curé en Ariège et ami des poètes.La vie de Casy Rivière, Loubatières, Toulouse, 1992 La vie à Toulouse sous Louis-Philippe, Loubatières, Toulouse,1994 Le Second Empire àToulouse, Loubatières, Toulouse, 1996 Toulouse à la Belle Epoque, Loubatières, Toulouse, 1999 Deux siècles de progrès dans le traitement des rhumatismes, 1999 Des Toulousains remarquables, Loubatières, Toulouse, 2002 Rémusat, 2003Poètes Toulousains de la Belle Epoque, Loubatières, Toulouse, 2005 Les journaux satiriques toulousains de la Belle Epoque, Accord Editions, Toulouse 2007Le Général Lafayette, Gentilhomme d’honneur,L’Harmattan, Toulouse,2008 La vie à Toulouse dansl’Entre-Deux-Guerres, Loubatières, Toulouse 2010 La vie à Toulouse sous Louis XIV, Loubatières, 2012 Contes sans Provisions I et II©JacquesARLET,2015.TousdroitsréservésISBN:978-2-9553953-1-82© L’Harmattan, 2016 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-08708-5 EAN : 9782343087085
Ce livre ni un roman, ni un livre de souvenirs ; encore moins mérite-t-il le titre de écrites le Général Marbeau par exemple. partie de la vie de Lucien Saint-Clair ; ensuite, si beaucoup puisé dans le jour-
ami et la façon dont il a vécu, au milieu des événements politiques et artistiques si nombreux et si importants de cette première moitié du siècle.
une dette de reconnaissance à son égard car il a fait, tout comme moi, des métier. accompagné dans son activité médicale, je parfois suivi dans ses aventures et reçu ses confidences. -Lucie, bien
dans cette petite île dont il avait toujours gardé la nostalgie pendant son long séjour en France.
coquins de haut-vol
font aussi -toire, la vrai -dividus qui dirigent les affaires ou croient les diriger ! En vérité, leurs décisions de sens, que dans la mesure où elles sont suivies par la foule des gens qui sont la substance
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Avertissement au lecteur
Ce livren’estni un roman, ni un livre de souvenirs ; encore moins mérite-t-il le titre deMémoires, comme celles qu’ a écrites le Général Marbeau par exemple. D’abord, ce livre ne parle que d’unepartie de la vie de Lucien Saint-Clair ; ensuite, sij’aibeaucoup puisé dans le jour-nal et les notes de mon ami, j’ai voulu « remplir les blancs » si j’ose dire, car ce journal et ces notes sont fragmentaires et j’ai désiré montrer le vrai visage de monami et la façon dont il a vécu, au milieu des événements politiques et artistiques si nombreux et si importants de cette première moitié du siècle.
Lucien m’honorait de son amitié ; mais j’ai aussiune dette de reconnaissance à son égard car il a fait, tout comme moi, des études de médecine et il m’a appris l’essentiel de monmétier. Je l’ai toujours admiré, je l’ai souventaccompagné dans son activité médicale, jel’aiparfois suivi dans ses aventures et j’ai, dans toutes les circonstances importantes de sa vie,reçu ses confidences. Je ne l’ai plus revu depuis son retour à Sainte-Lucie, bien qu’il m’ait souvent invité, dans ses lettres, à lui rendre visite dans cette petite île dont il avait toujours gardé la nostalgie pendant son long séjour en France. J’ai longtemps hésité à raconter l’histoire de cet homme ordinaire parmi tant d’autres ; la mode serait plutôt d’écrire la vie des généraux d’Empire, des grandes comédiennes ou des coquins de haut-vol; mais je m’y suis décidé, pour apporter un témoignage sur ces hommes de l’ombre dont personne ne parle, qui n’ont pas les honneurs des gazettes et qui, pourtant, font aussil’histoire.Je n’ai jamais compris comment on pouvait écrire l’his-toire, la vraie, en parlant seulement de la poignée d’in-dividus qui dirigent les affaires ou croient les diriger ! En vérité, leurs décisionsn’ontde sens, que dans la mesure où elles sont suivies par la foule des gens qui sont la substance
d’unpeuple : on imagine mal Napoléon et ses maréchaux, tous très braves, bien entendu, se promenant seuls à travers l’Eu-rope, comme sur un théâtre de marionnettes. On les aurait pris pour une troupe de baladins ! En fait, comme on le verra, Lucien a vécu, sans les avoir cherchées, des aventures peu banales, mais cela est arrivé à des centainesd’autres.Lucien Saint-Clair aimait écrire : il a écrit des livres médi-caux ainsi que deux romans qu’il m’a confiés et que je ferai peut-être éditer, surtout si ce livre est bien lu et si de nombreux lecteurs se reconnaissent en lui. Lucien m’a confié aussi son journal, avant de partir ; je lui avais demandé la permission de le recopier. J’ai moi-même écrit plusieurs romans ; mais j’aitoujours pensé que la vie de Lucien était un romanmais qui a dit déjà que la vie était un roman ? -et qu’il suffisait de l’écrire, tout simplement, dans sa vérité pour intéresser et, pourquoi pas, instruire le lecteur. Paris, 27 octobre 1860
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peuple : on imagine mal Napoléon et ses maréchaux, tous -rope, comme sur un théâtre de marionnettes. On les aurait pris pour une troupe de baladins ! En fait, comme on le verra, Lucien a vécu, sans les avoir cherchées, des aventures peu banales, mais cela est arrivé à des centaines Lucien Saint-Clair aimait écrire : il a écrit des livres médi-i peut-être éditer, surtout si ce livre est bien lu et si de nombreux lecteurs se reconnaissent en lui. i avais demandé la permission de le recopier. - toujours pensé que la vie de Lucien était un roman mais qui a dit déjà que la vie était un roman ? -tout simplement, dans sa vérité pour intéresser et, pourquoi pas, instruire le lecteur.
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Paris, 27 octobre 1860
Première PartieLucien Saint-Clair deSainte-Lucie
er ChaPitre1Octobre 1823. Lucien arrive en France. Il fait la connaissance d’HectorMachard.Cherbourg…Ce nom seul, pendant des années, réveillait en lui d’incontrôlables frissons, semblables à ceux qui l’avaient torturé dès qu’il eut posé le pied sur le sol deFrance. Ce jour-là, dans le port, une brume sinistre et glacée for-mait un immense rideau où le ciel et la mer se confondaient et que traversaient de grands voiliers, silencieux comme d’immenses fantômes.Il mit plusieurs heures à retrouver un peu de chaleur. Il se voyait encore, recroquevillé, claquant des dents et tout tremblant, malgré le grand feu qui éclairait la salle del’au-berge oùl’avait conduitson correspondant, M. Machard. Cesfrissons pénétraient jusqu’au fondâme, avecde son une terrible sensation desolitude qu’il croyaitne pas pouvoir supporter. Il lui arrivait de raconter cette arrivée si déplorable avait onze ans - à ses amis, à son amie, bien il qu’il eût renoncé, depuis longtemps, às’appesantirsur lui-même et sur ses épreuves, petites et grandes ; mais avec Hélène, il parlait volontiers dupassé. D’ailleurs, elleellele souhaitait, le pressait de lui raconter sa vie antérieure ! Ainsi vont les amants, avides detout savoir l’undel’autre…Avec Hélène, il pouvait en parler sans en souffrir, il pouvait même en rire. Il y avait eu les longues semaines de voyage,d’abord
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sur un grand voilier, un quatre-mâts, affrété par une compa-gnie anglaise. Il partageait une cabine avec un autre garçon qui voyageait avec ses parents, mais qui passa presque tout le voyage sur sa couche, accablé par le mal de mer, et dont il entendit que pour vomir, se souvenait Lucien. Les adultes, ceux eux qui tenaient debout, essayaient de faire bonne figure et
rhum ou du whisky, ou les deux à la fois, et en dansant. Le capitaine avait embarqué trois musiciens cubains qui jouaient des habanas et des valses, deux activités auxquelles Lucien
-sait de voir les couples se faire, se défaire et se refaire, les combinaisons étant limitées sur un navire en pleine mer. Sur la terre ferme, on le fit monter dans une patache qui le conduisit dans un brouillard épais de Cherbourg à Paris. Tout pleurait, le toit de la patache, les platanes au bord des routes, le chapeau de cuir du postillon et ses pauvres yeux, habitués
larmes en pensant à son petit Lucien. La France était-elle un pays sans soleil ? Mais pendant ce voyage, noyé dans la pluie et la grisaille, il y eut un moment de plaisanterie et de bonne humeur que gence pour prendre une passagère sous cette pluie inlassable. Elle tournait le dos à la voiture et faisait des recommandations
pons au-dessus de la tête, apparemment pour protéger le chapeau
plus ou moins discrètes des voyageurs à la vue de son haut de cuisse tourna et lança à la compagnie : « Hé bé ! dites donc, que  en
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Il fait la connaissance d’Hector
Ce nom seul, pendant des années, réveillait en t France. Ce jour-là, dans le port, une brume sinistre et glacée for-mait un immense rideau où le ciel et la mer se confondaient et que traversaient de grands voiliers, silencieux comme Il mit plusieurs heures à retrouver un peu de chaleur. Il se voyait encore, recroquevillé, claquant des dents et tout tremblant, malgré le grand feu qui éclairait la salle de -berge où son correspondant, M. Machard. Ces de son âme, avec une terrible sensation de ne pas pouvoir supporter. Il lui arrivait de raconter cette arrivée si déplorable  il avait onze ans - à ses amis, à son amie, bien eût renoncé, depuis longtemps, à sur lui-même et sur ses épreuves, petites et grandes ; mais avec Hélène, il parlait volontiers du le souhaitait, elle le pressait de lui raconter sa vie antérieure ! Ainsi vont les amants, avides de de Avec Hélène, il pouvait en parler sans en souffrir, il pouvait même en rire. Il y avait eu les longues semaines de voyage,bord
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sur un grand voilier, un quatre-mâts, affrété par une compa-gnie anglaise. Il partageait une cabine avec un autre garçon qui voyageait avec ses parents, mais qui passa presque tout le voyage sur sa couche, accablé par le mal de mer, et dont il entendità peine le son de la voix. Il n’ouvrait la bouche que pour vomir, se souvenait Lucien. Les adultes, ceuxd’entre eux qui tenaient debout, essayaient de faire bonne figure et de s’adapter au mouvement perpétuel du navire, en buvant du rhum ou du whisky, ou les deux à la fois, et en dansant. Le capitaine avait embarqué trois musiciens cubains qui jouaient des habanas et des valses, deux activités auxquelles Lucien ne pouvait prétendre, pas plus, bien entendu, qu’aux jeux de l’amour qui apportaient un supplément d’agitation. Il s’amu-sait de voir les couples se faire, se défaire et se refaire, les combinaisons étant limitées sur un navire en pleine mer. Sur la terre ferme, on le fit monter dans une patache qui le conduisit dans un brouillard épais de Cherbourg à Paris. Tout pleurait, le toit de la patache, les platanes au bord des routes, le chapeau de cuir du postillon et ses pauvres yeux, habitués au soleil des Tropiques et à la douceur d’une mère qui, de son côté, il n’en doutait pas, pleurait à grosseslarmes en pensant à son petit Lucien. La France était-elle un pays sans soleil ? Mais pendant ce voyage, noyé dans la pluie et la grisaille, il y eut un moment de plaisanterie et de bonne humeur que Lucien raconta mille fois depuis en l’enjolivant. La diligence s’arrêtapour prendre une passagère sous cette pluie inlassable. Elle tournait le dos à la voiture et faisait des recommandations à une personne qui l’accompagnait. D’une main, elle portait un panier. De l’autre, elle tenait relevés sa robe et ses jupons au-dessus de la tête, apparemment pour protéger le chapeau fleuri qu’elle avait dû juger indispensable de mettre pour aller en ville. Elle ne put s’empêcher d’entendre les remarques plus ou moins discrètes des voyageurs à la vue de son haut de cuisses assez alléchant. Alors, en guise d’explication, elle se tourna et lança à la compagnie : « Hé bé ! dites donc,c’estque j’voudrais point abîmer mon chapeau, vu qu’il est neuf et en
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