Le soir, Lilith

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23 novembre 1924, Lilith Hevesi, star du cinéma muet, est retrouvée morte dans le château où elle s'est retirée dans la campagne hongroise. Quarante ans plus tard, le narrateur tente de dépoussiérer son passé, ses recherches sont perturbées par une femme qui éveille rapidement ses soupçons... Lilith est un fantôme qui arpente les différentes strates du temps dans des mondes aux frontières incertaines dont on ne cesse de gratter la pellicule inflammable.
Publié le : samedi 1 février 2014
Lecture(s) : 12
EAN13 : 9782336335810
Nombre de pages : 228
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rOman
Le Soir, Lilith
Philippe Pratx
Le Soir, Lilith
Roman
Du même auteur Lettres de Shandili, suivies du Devîsadangeï Editions Thot, 2007
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02676-3 EAN : 9782343026763
Mon âme n’est pas assez vide, il y reste quelque chose de moi
Pierre Jean Jouve
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Où le narrateur, qui a entrepris une biographie de Lilith Hevesi – la star déchue Eve Whiteland ! – reçoit à la fin de l’été 1964 la visite d’une journaliste polie et déterminée, tandis qu’il fouille d’une main fébrile dans ses archives des années 20
964. Brouillons d’une biographie de Lilith Hevesi). C’est le soir. Quelques mots, sur le soir…  1 Toute la journée j'ai lancé autour de moi, vers les différentes strates, les différents cercles du passé, de petites écrevisses cueillies à l'aube sous les rochers du ruisseau, en les faisant tourbillonner à bout de bras à des vitesses inouïes dans des frondes végétales, souples et résistantes. Au milieu de la clairière. J’y ai passé des heures, jusqu’à ce que mes bras endoloris se refusent à tout effort supplémentaire. Les premiers aboiements des chevreuils dans la forêt m’ont fait sursauter. Mais à présent c'est le soir. Et voici les carapaces vides sur la table, comme frappées d'une étrange amnésie. Des croûtes de pain accrochent la lumière électrique et lui donnent, quand même, quelque chose de chaud. Des miettes. Dans la corbeille à pain, au bord de la table, quelqu'un a mis par malice un vieux livre. Peut-être moi. La couverture en est illustrée. Une couleur de soir doré comme au sortir du four : le visage et la gorge d'une jeune femme brune, son coquet chapeau de paille. Le regard a quelque chose de perdu. Et aussi quelque chose de précis. Que regarde-t-elle ? Qui regarde-t-elle ? Des yeux de prune, gorgés d’un miel sombre qu’alourdissent les songes et les folies. Derrière, une silhouette que le dessinateur a rendue floue est celle d'un homme. Peut-être. Cela fait longtemps que j'ai lu ce livre pour la première fois. Combien de fois l’ai-je relu ?Paulina 1880.
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