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Le sortilège

De
151 pages
Dannai, aussi connue comme la guérisseuse, a commencé à rêver aux loups-garous. Elle avait toujours réussi à se cacher des alpha qu’elle avait été forcée d’éviter en occultant son doux parfum prometteur de latence avec un écran magique. Mais maintenant qu’ils ont envahi ses rêves, son monde est vraiment chamboulé. En effet, même si toutes les latentes rêvent à leur compagnon destiné, Dannai rêve à deux loups et non un. Les deux sont aussi pires. L’un est un tueur notoire. L’autre est Lucas Caige.
Lucas Caige a un passé trouble. Un sorcier de magie noire a tué son frère il y a cinquante ans et il fuit depuis la magie noire. Mais le destin a le don de jouer des tours, et juste comme Caige croyait qu’il pourrait laisser cette douloureuse magie derrière lui pour toujours, son chemin croise celui de la guérisseuse. Dannai l’ensorcelle involontairement au moment où il pose les yeux sur elle. Elle est magnifique, gentille, et tout en elle lui perturbe les sens.Elle est aussi la magie incarnée. Mais si Dannai croit que ce sera suffisant pour l’empêcher de tout faire pour qu’elle devienne sa compagne, cette petite sorcière ne se doute pas de ce qui l’attend
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Copyright©2011HeatherKillough-Walden Titre original anglais : The Spell opyright © 2016 Éditions AdA Inc. pour la traduction française Cette publication est publiée en accord avec Trident Media Group, LLC, 41 Madison Avenue, 36th Floor, New York, NY 10010, USA Tous droits réservés. Aucune partie de ce livre ne peut être reproduite sous quelque forme que ce soit sans la permission écrite de l’éditeur, sauf dans le cas d’une critique littéraire. Éditeur : François Doucet Traduction : Catherine Vallières Révision linguistique : Nicolas Whiting rrection d’épreuves : Nancy Coulombe Cort r : Matthieu Fortinnception l Illustrationsdelacouverture: © Thinkstock Mise en pages : Sébastien Michaud papier 978-2-89767-212-6 PDF numérique 978-2-89767-213-3 ISBNePub 978-2-89767-214-0 Première impression : 2016 Dépô légal : 2016 et Archives nationales du Québec Bibliothèquenationale du Canada Éditions AdA Inc. 1385, boul. Lionel-Boulet Varennes, Québec, Canada, J3X 1P7 phone : 450-929-0296 Télécopieur : 450-929-0220 www.ada-inc.com info@ada-inc.com Diffusion Canada : Éditions AdA Inc. France : D.G. Diffusion Z.I. des Bogues 31750 Escalquens — France Téléphone : 05.61.00.09.99 Suisse : Transat — 23.42.77.40 Belgique : D.G. Diffusion — 05.61.00.09.99 Imprimé au Canada Participation de la SODEC. Nous reconnaissons l’aide fi ancière du gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) pournos activités d’édition. Gouvernement du Québec — Programme de crédit d’impôt pour l’édition de livres — Gestion SODEC. Catalogage avant publicatio de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Killough-Walden, Heather [Spell. Français] Le sortilège (Les grands méchants loups ; 3) Traduction de : The spell. ISBN 978-2-89767-212-6 I. Vallières, Catherine, 1985- . II. Titre. III. Titre : Spell. Français. IV. Collection : Killough-Walden, Heather. Grands méchants loups ; 3. PS3611.I445S6314 2016 813’.6 C2016-940046-8
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Merci infiniment à mon mari, qui m’aide à garder la tête hors de l’eau lorsque je suis sur le point d’être submergée.
Merci à ma fille. Tu es la magie dans ma vie.
Merci à ma famille, ainsi qu’à mes amis et amies les plus chers. Vous me donnez espoir.
Et du fond de mon cœur, merci à mes fidèles lecteurs et à mes fervents admirateurs.
Vous êtes tout pour moi.
CHAPITRE UN
L’ILLUSION
Que ne peut-on pas aimer en toi, Danny ? Tu es la magie incarnée, ma chère. Tu peux faire n’importe quoi, nom d’une déesse ! — Les loups-garous n’aiment pas tous la magie, Imani. Et pourquoi essaies-tu tant de me les vanter, de toute façon ? Laisse-moi respirer, ma belle. Je ne sais plus où donner de la tête. Dannai prit une grande gorgée de sa bière en regardant son amie du coin de l’œil. Inconsciemment, elle porta doucement les doigts au marteau de Thor qui pendait à son collier, puis elle se concentra de nouveau sur sa bière. Les sorcières étaient difficiles à suivre sur les plans de la culture et de la religion. Une seule et même sorcière pouvait facilement croire en tous les dieux grecs, respecter la déesse Gaia et prier Thor. Imani Zareb se mit à rire en cascade, d’un rire bas qui ne manquait jamais de ramollir Dannai. Danny avait toujours adoré la voix roucoulante d’Ima, qui avait un timbre sexy comme tout. N’eût été cette voix, Danny serait demeurée tout à fait indifférente à ses propos — sans plus. Mais Imani était une superbe femme d’origines brésilienne et afro-américaine, grande et forte comme son père, belle comme sa mère. L’une des choses préférées de Dannai était de réussir à soutirer un râle à sa grande amie, et pour ce faire, il n’y avait que deux moyens bien précis. Le chocolat et le sexe. Et habituellement, l’un n’allait pas sans l’autre chez Imani. — Je te les vante, car je sais à quel point c’est difficile pour toi, Danny, lui répondit Imani en se tournant sur son tabouret de bar pour jeter un regard dur à Dannai. Ma belle, tu es épuisée, je peux le voir dans tes yeux bizarres. Non pas que je n’aime pas tes yeux bizarres, chérie, mais ils sontvraiment bizarres. Tu dois l’admettre. Et en ce moment, ils ne sont pas seulement bizarres ; ils sontfatigués. Imani secoua la tête. Comme elle portait un haut sans bretelles, ses boucles d’oreille en forme de chandelier de cristal frôlèrent ses épaules nues d’une séduisante façon. — Je ne pense pas que la communauté des sorcières se mettrait à paniquer si jamais tu te décidais à céder ; cet écran derrière lequel tu te caches est en train de te vider de tes forces, termina Imani. Dannai se rendit compte qu’elle ne trouvait rien à redire à cette remarque. Son amie avait raison. Elle se cachait derrière cet écran depuis l’âge de douze ans. Tous les matins, après s’être brossé les dents, après avoir pris sa douche et après s’être habillée, elle murmurait les quelques mots simples du sortilège qui faisait en sorte que si quelqu’un de surnaturel s’avisait soudainement de humer son odeur, elle dégagerait une senteur à peu près normale. La senteur d’une humaine. D’une humaine avec des pouvoirs magiques, mais quand même, d’une humaine. C’était important pour elle. Car sans ce sortilège qui lui permettait de s’entourer d’un écran, les loups-garous, qu’elle s’était juré d’aider chaque journée de son existence, auraient été en mesure de sentir savraie nature. Et tout se serait effondré. Tout serait tombé en miettes dès que l’un de leurs alphas l’aurait sentie. Dannai fit tourner sa bouteille de bière entre ses doigts et poussa un grand soupir. — Ce n’est pas tant la communauté que moi-même, Ima. Et si Lalura avait raison ? Qu’arriverait-il si le changement avait pour effet de faire disparaître… tu sais, ce don que j’ai, juste comme ça ? lui demanda-t-elle en soufflant sur ses doigts, essayant tant bien que mal d’éliminer d’un coup de tête le frisson d’effroi qui l’envahissait à cette pensée. Je ne peux pas renoncer à ce don, Imani. Des personnes mourront si je ne peux leur venir en aide. Des personnes que je pourrais sauver. Renoncer à ce don serait incontestablement l’acte le plus égoïste jamais commis dans l’histoire de l’humanité.
Imani observa intensément son amie de ses yeux bruns foncés. L’épaisse chevelure noire de Dannai lui tombait au creux des reins, mais lorsque Danny tourna la tête, ses longues boucles glissèrent sur le côté, révélant le chemisier à dos nu laissant voir sa peau lisse et bronzée. Dannai était incroyablement attirante. Une femme d’une beauté à couper le souffle, sans l’ombre d’un doute. Chanceuse d’avoir hérité d’un aussi beau bagage génétique de la part de ses parents. Ils lui avaient donné une peau qui avait toujours l’air d’être bronzée, même si Dannai détestait le soleil. Et ses traits ressemblaient à ceux d’une poupée. Ses grands yeux brillants, sensuels et mystérieux étaient un amalgame contrastant de vert, de bleu et d’or. Des yeux vraiment, mais vraiment superbes. Elle avait les lèvres les plus séduisantes qui soient, charnues et rouges à n’en plus finir, comme si quelqu’un venait tout juste de l’embrasser férocement. Elle était belle à vous en faire perdre la raison. Mais Imani pouvait affirmer que son amie avait perdu du poids. Les muscles fermes sur ses bras et dans son dos ressortaient nettement sous sa peau, sans une once de gras ou presque pour adoucir leur contour. Imani lui voyait aussi les côtes. La mâchoire anguleuse de Dannai et les cernes noirs autour des yeux n’aidaient en rien. Elle était toujours aussi belle, mais elle semblait tourmentée, confuse. — D’après ce que je peux voir, ma belle, commença doucement Imani, tu es en train de te tuer à vouloir sauver le monde. Je n’appellerais pas ça de l’égoïsme, Danny. Je dirais plutôt de l’altruismeexacerbé— vachement exacerbé. Et rien ne dure éternellement, chérie. L’un de ces jours, quelque chose va craquer en toi. J’espère que ce sera ton entêtement, et non ton cerveau. Parce que j’aimerais beaucoup mieux te voir en ménage avec l’un de ces alphas plutôt que dans une camisole de force à l’intérieur d’une cellule matelassée. Dannai soupira encore et se raidit sur son tabouret. Le barman ramassa sa bouteille vide sans dire un mot et la remplaça par une autre, pleine et givrée. Dannai sourit légèrement et le remercia d’un signe de tête, puis elle tourna son attention une fois de plus vers sa compagne. — Ima, je te l’ai déjà dit, les loups n’aiment pas tous la magie. — Pourquoi dis-tu toujours ça ? lui demanda Imani, plissant légèrement le front. Qu’est-ce ça vient faire là-dedans ? ajouta-t-elle avant de s’interrompre aussitôt, comme si elle venait de tout comprendre. Ah non, ma belle. Seigneur, non ! Elle avait les yeux grands ouverts. Elle se pencha vers l’avant pour lui murmurer quelques mots sur le ton de la conspiration. — Tu as rêvé à eux, n’est-ce pas ? — Pour l’amour, Ima ! Baisse le ton ! lui rétorqua Dannai en jetant nerveusement un coup d’œil autour d’elles, cherchant à savoir si quelqu’un pouvait se cacher dans la pénombre de ce bar, plutôt tranquille, par ailleurs. Elle se servait de son don de téléportation depuis des années pour amener son amie en cet endroit. Le barman était également le propriétaire de l’établissement — un ami, plus ou moins. Elle savait que Ted garderait pour lui tout ce qui parvenait à ses oreilles. Après tout, elle lui avait une fois sauvé la vie, lorsqu’un homme ivre l’avait attaqué avec un tesson de bouteille de bière, persuadé que Ted couchait avec son ex-femme. Ted était un type bien. Et comme beaucoup de personnes à qui elle était venue en aide au cours des années, il lui était suffisamment reconnaissant pour que plus rien dans ce monde ne vaille la peine de briser la confiance qu’elle avait en lui. Mais elle ne savait rien des autres clients du pub, ce soir-là. L’endroit était tranquille, mais on ne pouvait jamais se fier à qui ou à quoi que ce soit dans la vie. Elle le savait très bien. — S’il te plaît. Je ne veux pas qu’Alberich soit mis au courant des rêves. Il… Eh bien, il paniquerait. Et tu le sais, ajouta-t-elle en fixant son amie, ses yeux multicolores brillant dans la lumière tamisée du pub. Le visage d’Imani devint de marbre, et son regard s’obscurcit. Elle attrapa son amie par le bras et la fit descendre de son tabouret. — Viens. Nous devrons avoir une petite conversation.
Dannai cligna des yeux, recrachant presque sa bière, puis elle suivit tout de suite son amie, qui lui tenait fermement le bras. Sa gorge se serra, mais Dannai parvint à sortir quelques mots. — Ima, veux-tu bien me… ? — Chut ! lui lança Imani pendant qu’elle poussait la porte des toilettes pour femmes, tirant Dannai derrière elle. Lorsqu’elles furent toutes les deux à l’intérieur d’une cabine plutôt étroite, Danny rajusta ses vêtements d’un air abasourdi, et Imani se mit les mains sur les hanches, clouant son amie sur place d’un regard on ne peut plus significatif. — Écoute-moi bien, ma belle. Je ne devrais pas te dire ça ici, car, nom d’une déesse, je sais bien que les murs ont des oreilles et qu’il est relativement facile de nous voir à l’aide d’une boule de cristal. Mais je vais te le dire quand même. Jason Alberich n’est pas du tout comme son père. Il est très enthousiaste, oui. Mais il n’est pas aussi sage ni aussi… gentil. C’est peut-être le nouveau héraut, mais je n’ai pas voté pour lui. Personne n’a voté pour lui, Danny. Parce que personnen’a été en mesure de voter. Et je n’aime pas ça. C’est peut-être la façon dont fonctionne la communauté des sorcières depuis des milliers d’années, mais je m’en fiche. Jason… poursuivit-elle en baissant le ton, incapable de réprimer un frisson que nota d’ailleurs Dannai, eh bien, Jason Alberich me donne froid dans le dos, murmura-t-elle. Et ce n’est pas tout, chérie. Je pense que Lalura se laisse beaucoup trop influencer par lui. Je ne peux m’empêcher de mettre en doute son insistance à laisser croire que tu perdras tes pouvoirs si tu te retrouves à l’horizontale avec un alpha. Dannai en fut bouche bée. — Tu mettrais en doute la parole de Lalura ? Ima, elle a quelque chose commequatre-vingt-dix ans! Elle est la plus ancienne et la plus sage de notre communauté ! Toutes respectent ses prophéties, et personne ne prend ses conseils à la légère. Comment peux-tu dire de telles choses à son sujet ? — Ce n’est pas tant elle que Jason. Je pense qu’il peut se montrer très influent. Il est beau, charmant, astucieux et très puissant, et il sait comment en tirer profit, Danny. Dannai secoua la tête et s’appuya le dos contre la porte de la cabine. Elle leva les mains vers le ciel dans un geste d’impuissance. — Tout de même ! Pourquoi diable Lalura mentirait-elle sur un sujet comme celui-ci ? Parce que, Danny, répondit Imani en se penchant à quelques centimètres de son amie, regardant fixement de ses yeux noirs ceux aux couleurs de pierres précieuses de Dannai, Alberich est amoureux de toi. Depuis desannéesTous les mâles de notre. Des décennies. communauté le sont ! s’exclama-t-elle en levant elle aussi les mains de frustration avant de se redresser. Comment fais-tu pour ne pas le remarquer ? Toutefois, seul Jason est en mesure de faire quelque chose à ce propos. Tu sais ce que Lalura ressentait pour le père de Jason et ce qu’elle ressent maintenant pour lui. Elle l’adore ! Et s’il lui remplit la tête de mensonges que Lalura te transmet par la suite ? termina-t-elle en touchant de son long index la poitrine de Dannai pour insister sur ses propos. Dannai, stupéfiée, resta sans voix. Elle ne pouvait pas croire ce qu’elle entendait. Elle se refusait totalement de penser que Jason Alberich puisse faire ce genre de chose uniquement pour avoir une occasion de coucher avec elle. Il avait son lot de femmes à l’intérieuret à l’extérieur de la communauté, et il en profitait régulièrement, mais Dannai ne faisait pas partie du nombre. Elle ne s’en préoccupait pas, d’ailleurs. Cet aspect de sa vie ne regardait qu’elle. Imani était la seule membre de la communauté avec qui elle avait couché. Et Imani était une femme. Et une amie. Donc, ça ne comptait pas… C’était du moins ce qu’elle se disait. Dannai n’était pas aussi stupéfiée par l’insinuation d’Imani sur la passion d’Alberich que par son affirmation selon laquelle Lalura, la conseillère de la communauté, puisse mentir à propos de son don et du fait qu’elle soit appelée à le perdre si elle devenait un jour une louve-garou. C’était ce qu’on lui disait depuis vingt ans — depuis ses douze ans, lorsqu’elle s’était rendu compte avec horreur et effroi qu’elle n’était pas seulement une sorcière, mais aussi une latente.
Lalura l’avait élevée depuis presque le berceau. Dannai avait été abandonnée lorsqu’elle était encore bébé, et elle ne connaissait ni son vrai nom ni ses origines. C’était Lalura, la conseillère de la communauté des sorcières, qui avait découvert ce talent magique chez cette toute petite enfant de l’orphelinat et qui l’avait introduite dans ce monde de la magie. C’était aussi Lalura, une passionnée de la mythologie grecque et une fervente de l’Iliade, qui lui avait donné le nom de Dannai. Un seul nom qui était en fait un prénom. Dannai, d’après le nom de Danaé, mère du demi-dieu grec Persée. Et c’était encore Lalura qui l’avait aidée à trouver les mots du sortilège qui lui permettait de dissimuler son état de latente. Danny se protégeait depuis tout ce temps à l’aide de ce sortilège, car elle était dotée d’un pouvoir des plus puissants, irremplaçable et d’une importance manifeste. Personne d’autre dans le monde ne possédait un tel pouvoir. Elle était à juste titre la membre la plus convoitée de toute la communauté. Elle avait le pouvoir de guérir une personne d’un simple toucher et d’une simple pensée. Indépendamment du type de blessure. Celle-ci guérissait et disparaissait comme si elle n’avait jamais existé. Lalura ne pouvait donc absolument pas lui mentir sur ce don extraordinaire ni sur tout ce qui pouvait l’entraver. Cette femme était une grand-mère pour elle. — Danny, je sens bien que tout se bouscule dans ta tête et que tu me comprends mal. Je ne suis pas en train de dire que Lalura ferait n’importe quoi pour te blesser. Nom d’une déesse, je sais à quel point elle t’aime.Ce queje te dis, c’est qu’elle nesait peut-être pasqu’elle te blesse, étant donné que c’est Alberich qui tire les ficelles. — Depuis vingt ans, Ima ? — Si je me rappelle bien, Alberich était tout un fauteur de troubles durant ses années sombres de l’adolescence. Et toujours d’après mes souvenirs, il t’avait déjà dans la peau à l’époque. De nouveau, Dannai n’en croyait pas ses oreilles. Avant que celle-ci ne puisse rétorquer quelque chose d’intelligent, Imani poursuivit sur sa lancée. — Ma belle, tu collabores depuis si longtemps avec les loups-garous que tu en es venue à oublier la façon dont les humains normaux se comportent. Un homme humain ne marque pas sa compagne et ne la transforme pas en une chienne, Danny. Il s’y prendautrement, et Jason Alberich n’échappe pas à la règle, dans ton cas, précisa-t-elle en secouant la tête dans un geste de profond dédain. Tu ne l’as tout simplement pas remarqué, il me semble. Si tu veux savoir mon opinion, il t’aurait suffi d’ouvrir les yeux, ma belle. D’accord, je n’aime pas ce gars-là, comme je te l’ai déjà dit. Mais une fille normalement constituée ne peut pas faire autrement que deremarquerce genre de gars qui s’intéresse à elle. Dannai mit un certain avant de pouvoir parler. Puis elle se rendit compte avant d’ouvrir la bouche qu’il n’y avait aucune explication rationnelle aux opinions et aux craintes d’une personne. Imani laissait tout simplement entendre qu’il étaitpossiblela réalité soit différente des que apparences. Et Dannai ne pouvait nier cette possibilité. — Bon,d’accord… commença Danny en se léchant les lèvres, attirant un instant sans le vouloir le regard d’Imani sur celles-ci, que veux-tu que je fasse ? Imani se croisa les bras sur sa poitrine, essayant, sans y parvenir, de dissimuler un sourire de satisfaction. — Eh bien, tout d’abord, dis-moi à qui tu rêves — et ce qui te fait penser qu’il n’aimerait pas la magie. Dannai sentit immédiatement son estomac se nouer. Des images de ses rêves lui vinrent tout de suite en tête. Son cœur se serra, et sa voix devint basse lorsqu’elle put finalement répondre, la mine défaite. — Ce n’est pas « il » au singulier, Ima, mais « ils » au pluriel. Ce fut cette fois-ci sa gorge qui se serra, puis elle regarda le plancher de la salle de bain sans vraiment voir la saleté ni les carreaux mouillés. Elle fixait toujours intérieurement dans sa tête