Le temps d'un silence... et sa saveur

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« Je suis Arthémis, humaine d’origine et fée de mon état. Je suis Arthémis, épouse du vent... » Déjà dans son enfance, Arthémis ne pouvait cacher sa différence. D’où tenait-elle ses rapports étranges avec la nature et le vent ? En grandissant, il ne fut plus possible de nier ses dons. Mi-fée, mi-humaine, l’exclusion et le mépris la poussent à partir en quête de son identité. Ce « journal d’une fée » suit l’initiation d’une jeune fille dans un monde à mi-chemin du réel et du merveilleux. Professeur de français, Marie Riffaterre écrit depuis dix ans des histoires fantastiques intimistes. Elle a été lauréate d’un concours organisé par Gallimard et Madame Figaro, portant sur les lettres d’amour.
Publié le : vendredi 6 février 2009
Lecture(s) : 156
EAN13 : 9782304028188
Nombre de pages : 253
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Titre
Le temps d'un silence... et sa saveur
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Titre Marie Riffaterre
Le temps d'un silence... et sa saveur
Roman fantastique
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit 2009 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-02818-8 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304028188 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-02819-5 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304028195 (livre numérique)
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À ma fille Margaux « Si l’homme n’est pas toujours en mesure de faire ce qui lui plaît, du moins peut-il en rêver… » John Rus-kin (Essai sur « le royaume des fées »)
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CHAPITRE1 :(LE JOURNAL D’ARTHÉMIS)LE REPOS DUNE FÉE
J’ai vécu au pays de Danemark, un temps. Dans une maison à colombages noirs. On l’aurait crue sortie tout droit d’un four tant ses poutres sombres faisaient ressortir l’aspect doré de ses murs couleur rouille. Elle aurait pu ainsi attirer l’attention sur elle-même mais, blottie au creux d’un petit vallon profond, elle demeurait cachée des regards. De grands feuillus l’enveloppaient de leurs tremblants feuillages et ma recherche instinctive de cimes mouvantes m’a guidée vers elle. Elle aimait donc se camou-fler et je l’ai aimée de suite pour ce besoin d’obscurité… Elle ressemblait à un nid tout chaud palpitant au rythme des champs blonds qui l’entouraient. Son chaume sombre se mêlait aux branches des arbres et mon coeur s’est mis à frémir qu’elle ne soit habitée. Mais non, elle semblait abandonnée des êtres humains. M’approchant plus près, j’ai senti, de ses car-reaux cassés, passer un souffle frais qui s’en échappait. Mon cœur s’est alors emballé et mon
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Le temps d’un silence… et sa saveur
haleine s’est mêlée à la sienne quelques se-condes. Il était là ! J’ai vécu au pays de Danemark, un temps. J’y ai trouvé tout ce qui me manquait. Tout d’abord, un havre et toutes mes errances tumul-tueuses se sont arrêtées là, en ce lieu si calme et paisible que mon corps et mon âme se sont calmés d’un coup d’un seul à sa seule vue. Je venais de France et avais parcouru une route longue et changeante que je reprenais chaque jour… J’avais vu les arbres penchés par le vent léger de Damme la douce, en Belgique mais ce n’était pas lui ; j’avais traversé les petits canaux si charmants de Delft en Hollande mais l’eau ne frémissait pas sous son passage ; à Lübeck, en Allemagne, les tours touchant le ciel ne pen-chaient que sous l’effet de l’âge. Enfin, je suis arrivée au Danemark. A Kollund, j’ai réservé un minuscule chalet et suis partie voir la Baltique. La plage était bordée de rosiers étranges, sortes d’églantiers aux fruits rouges. Mon cœur s’est serré : la fleur des fées ! Je me suis dit que c’était bon signe et j’ai cherché autour de moi. Un homme sortait de l’eau et à ma demande concernant les fleurs, il m’a répondu : « Good for the pulba ». Je n’ai pas compris la significa-tion du mot « pulba » mais j’ai su que le nageur était bien humain sans l’ombre d’un doute. J’ai ri de moi-même et de ma bêtise. Qu’attendais-je ici que je n’avais encore jamais trouvé ? La
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