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Le testament de Mbanga

De
142 pages
Léonard Mbanga, instituteur, exerce son métier et gagne correctement sa vie à Libreville. Mais la peur d'oublier son village, en succombant à toutes les tentations que lui offre la ville, lui fait regagner alors Guifoumba définitivement. Il influence ainsi son petit-fils Ndong qui désire avoir sa propre expérience de la grande ville qu'est Libreville dont il a tant entendu vanter lea beauté...
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Le Testament de Mbanga
© L’Harmattan, 2012 5-7, rue de l’École-polytechnique ; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-96983-4 EAN : 9782296969834
Christian MOUBAMBABAGWANGUI
Le Testament de Mbanga
Écrire l’Afrique Collection dirigée par Denis Pryen Romans, récits, témoignages littéraires et sociologiques, cette collection reflète les multiples aspects du quotidien des Africains.Dernières parutions G.K MWANABWATO,L’Eden est triste, 2012. Joseph Marie NOMO,Un enfant de la forêt, 2012. Ibrahim O. FALOLA,Odyssée arc-en-ciel, 2012. Adama TRAORE,L’association des mères d’élèves de Dibougou, 2012. Yaya Sickou DIANKA,Un petit baobab pour vivre ensemble, 2012. Pius NGANDU Nkashama,Dialogues et entretiens d’auteur, 2012.Hélène MILLET,Roman Bambéen, 2012. ITOUA-NDINGA, Leroman des immigrés,2012. Paul-Evariste OKOURI,Prison à vie, 2012. e Michèle ASSAMOUA,Le défi. Couples mixtes en Côte d’Ivoire, 2 édition revue et corrigée, 2012 Angeline Solange BONONO,Marie-France l’Orpailleuse, 2012. Jules C. AGBOTON,Ma belle-sœur (et quatre autres nouvelles), 2012. Joseph NGATCHOU-WANDJI,Le Vent du Printemps, 2012. Faustin KEOUA LETURMY,Dans le couloir du campus, 2012. Abdou DIAGNE,Les Larmes d’une martyre, 2012. René GRAUWET,Au service du Katanga. Mémoires, 2012.Antoine MANSON VIGOU,d’un demandeur d’asile Journal , 2012. Brigitte KEHRER,Poudre d’Afrique, 2012. Patrick Serge BOUTSINDI,Bal des Sapeurs à Bacongo, 2011. Alice Toulaye SOW,Une illusion généreuse, 2011 Kapashika DIKUYI,Le Camouflet, 2011.
A mon Oncle et Maître, Vincent de Paul Nyonda, Pour l’héritage qu’il m’a légué.
Au Révérend Père Paul LIBMANN, à qui je dois l’amour de la lecture, de l’écriture et des livres.
I
Un homme de grande expérience
Guifoumba est un village du Sud du Gabon, au Nord de la pro-vince de la N’gounié. Guifoumba est bâti au milieu d’une de ces belles plaines qui ornent et donnent toute sa beauté au département de Ndolou. Bordée au nord par une muraille naturelle de montagnes, tandis qu’au Sud-est coule une rivière aux flots tranquilles, la plaine de Guifoumba prend ses aises à l’ouest. Elle s’étend à perte de vue, décorée, ici et là, de bouquets d’arbres où nichent, selon les saisons, des oiseaux de toutes espèces, pour la plupart venus de lointains ho-rizons. A Guifoumba, vivait un vieillard appelé Léonard Mbanga, grand par les qualités que l’on attend trouver chez un homme d’âge avancé, un homme dont les yeux avaient regardé beaucoup de jours, beau-coup d’hommes, et vu beaucoup de choses. Léonard Mbanga était d’un grand âge, il était à la fin de sa quatre-vingt quinzième année. Il savait qu’il était maintenant à la porte de la mort, laquelle lui tendait déjà les bras pour une étreinte fatale. Léonard Mbanga n’avait pas peur de mourir. Il s’y était préparé depuis longtemps, parce que mou-rir était la loi et que personne ne pouvait y échapper.
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Le Testament de Mbanga
Le vieil homme était assis à la véranda de sa maison au crépus-cule ; c’était un jeudi soir. Léonard Mbanga se sentait vieux, las et seul. Sa femme était morte depuis longtemps, alorsqu’elle venait d’avoir soixante-dix ans.Ses quatre garçons s’étaient éparpillés à tra-vers le pays, et seule Maroundou, son unique fille, vivait avec lui à Guifoumba. Il s’occupait, aidé par sa fille, de ses plantations dont les revenus assuraient la satisfaction de ses besoins. Selon les périodes et les saisons, il vendait bananes, manioc, ignames, atangas, etc. En somme, tout ce dont il pouvait tirer profit.Il avait quitté le village à quinze ans, lors du passage d’une mission d’évangélisation conduite par le Révérend Père Durand. Le Père Du-rand, grand connaisseur de l’âme nègre, était accueilli avec ferveur partout où il passait et se laissait confier tous les jeunes garçons entre dix et quinze ans. Mbanga, le jeune bélier du village Guifoumba avait donc été donné à ce Durand qui portait parfois des robes blanches comme une femme. Mbanga s’était vite trouvé en train d’ânonner l’alphabet à l’école primaire et, quelques années plus tard, il avait été admis à l’école primaire supérieure d’où il allait sortir major d’une promotion de maîtres d’école. Puis il était devenu instituteur plein, en réussissant les tests de sélection passés tous les trois ans dans différentes écoles. Il avait exercé son métier de maître d’école jusqu’à l’âge de cinquante ans. Il avait décidé, sans aucune raison apparente et bien avant l’âge de la re-traite, d’abandonner son métier, malgré tout ce qu’il avait à perdre comme avantage, pour revenir auprès de ses parents à Guifoumba, son village.
Léonard Mbanga revint à cinquante ans à Guifoumba dans la plé-nitude de ses moyens, avec sa femme Marie, leurs quatre garçons, et leur fille aînée, Maroundou, à laquelle il avait donné le nom de sa défunte mère. Mbanga était donc rentré à Guifoumba depuis qua-rante-cinq ans et vivait en parfaite harmonie avec tous ses habitants. Il servait, avec le même enthousiasme, ses oncles maternels et toutes les personnes qui sollicitaient son concours. Quarante-cinq ans du-rant, il avait été d’une énergie débordante, toujours le premier à la tâche collective, toujours le dernier à la quitter. Il avait blanchi au fil des jours au service des autres et au service de sa communauté. Il
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