Le vieux palmier

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"Je suis une de celles qui ont filé le sable pour cacher notre désarroi. Je vivais parmi les miens dans la plus grande fournaise de la terre. Là où le temps s'égraine comme une étincelle qui n'en finit pas de se consumer. Je suis une fille du soleil, et de l'absence, qui a enfanté une douleur. La nuit ne cache rien de ma misère ni de ma transe. Là-bas, j'ai laissé mes pudeurs, moi qui habillais le sable avec ma propre sueur." Ce second roman, après Il était parti dans la nuit, continue d'explorer le thème cher à l'auteur des déplacements, forcés ou volontaires, de populations.
Publié le : dimanche 1 janvier 2006
Lecture(s) : 44
EAN13 : 9782296903944
Nombre de pages : 196
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A mon père.
A Corinne, Imane et Ibtissame.
CHAPITRE I
La nouvelle s'est répandue très vite. Il fallait être là pour conjurer le sort. La porte d'entrée, lourde et difforme, grinçait à chaque fois qu'on la poussait, comme pour aider à libérer le cri que le silence violent emprisonnait dans cette maison. Le petit Ali faiblissait. Sa maison était plongée dans l'obscurité, malgré la présence d'un soleil pénétrant, dans le ciel de Targheline. Tout le monde était habitué pourtant, à la présence de la mort, dans cette contrée livrée à la géhenne. Mais cette fois-ci, elle prenait une autre dimension. Les yeux se tournaient automatiquement dans la même direction pour s'accrocher au dernier arrivé qui d’une voix à peine audible demandait des nouvelles au voisin. La pièce devenait trop petite. Les hommes étaient assis sur un tapis, à même le sol, se serrant les uns contre les autres dans une longue chaîne.
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Les femmes, folles de douleur, avaient les yeux rougis par des larmes versées dans l'ombre, et en silence. Elles étaient ensemble dans une autre pièce de la maison. La même attitude prostrée, accablée, effondrée, les figeait. Le temps s'était arrêté aux portes de cette maison, brutalement. Plus rien ne comptait. Sous l'emprise de l'angoisse, elles se réfugiaient dans le silence. La peine se lisait sur les visages gris des enfants qui se blottissaient contre leur mère. Les plus grands étaient attroupés devant la porte d'entrée, à cause du manque de place. L'obscurité dans laquelle était plongée la maison rendait l'atmosphère encore plus pesante. Baba Hada se pencha sur le petit Ali. Son front était brûlant, ses membres mous retombaient sur le tapis presque sans vie. Le cœur gros, il se mit à réciter quelques versets du Coran. Il récitait très vite, comme s'il voulait se persuader qu'il n'était pas trop tard. Il récitait de plus en plus fort ! Lhous, le père du petit Ali, tournait en rond dans cette pièce, soudain devenue si petite. Il ne pouvait
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