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Les amandes d'Aix

De
300 pages
À Aix-en-Provence, en 1909, un négociant en amandes, au caractère entier, rêve de développer ses affaires. Son fils Jacques, qui ne supporte pas l'autorité paternelle, se réfugie dans la poésie. Un professeur le pousse à poursuivre ses études. D'autres personnages interviennent dans cet univers aixois, où éclatent des émois d'adolescent, des amours contrariées, et des secrets de famille inattendus. Par le charme du récit, il nous fait pénétrer chez des habitants chaleureux et dans le monde de la confiserie aixoise des amandes.Š
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Armand LUNEL
Les Amandes d’Aix Roman
Les Amandes d’Aix
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’École-Polytechnique, 75005 Pariswww harmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-03211-5 EAN : 9782343032115
Armand LUNELLes Amandes d’Aix roman
DU MÊME AUTEUR
Œuvres romanesques L’IMAGERIE DU CORDIER. Roman – N.R.F 1924 OCCASIONS, Nouvelles – N.R.F. 1926 ESTHER de CARPENTRAS, Théâtre. N.R.F 1926 NICOLO PECCAVI, Roman. N.R.F. PRIX RENAUDOT 1926 NOIRE ET GRISE – Roman. N.R.F. 1930 Du temps des ghettos comtadins, Variété historique – FAYARD (œuvre libre 1933) LE BALAI DE SORCIÈRE- Roman. N.R.F 1935 Prix Femina anglais NEUF et UNE : LES ASSIETES, Nouvelle, avec les dix premiers Lauréats du PRIX RENAUDOT NRF1936 JÉRUSALEM A CARPENTRAS. Nouvelles – 1937 LA MAISON DE LA FEMME PEINTE –Nouvelle. Ed. «A la Voile latine » 1946 Lithographies d’André Marchand L’HOMME À LA COULEUVRE – conte provençal-« L’Image littéraire 1946-LES AMANDES D’AIX, Roman. N.R.F 1949 LA BELLE À LA FONTAINE - Roman- FAYARD 1959 Prix Carlos de Lazerne FRERE GRIS (Œuvre posthume)L’AMOURIER 2000
Essai Biographique MON AMI DARIUS MILHAUD (Œuvre posthume) EDISUD 1992
Histoire JUIFS DU LANGUEDOC, DE LA PROVENCE ET DES ÉTATS FRANÇAIS DU PAPE Albin MICHEL- Prix GOBERT d’histoire de l’Académie Française 1975
Essais PAR D’ETRANGES CHEMINS, souvenirs de 1940, Ed. du Rocher- 1946 J’AI VU VIVRE LA PROVENCE – FAYARD -Grand prix littéraire de Provence -1963 LES CHEMINS DE MON JUDAÏSME (Oeuvre posthume) L’HARMATTAN 1993
Voyages SÉNÉGAL Collection « L’Atlas des voyages » Ed. Rencontres à LAUSANNE – 1966
Librettiste En collaboration avec Darius MILHAUD :ESTHER de CARPENTRAS MAXIMILIEN DAVID – (pour le centenaire de la fondation de l’ETAT D’ISRAËL) LES MALHEURS D’ORPHÉE En collaboration avec H. SAUGUET.LA CHARTREUSE DE PARME 1939, jouée en 2013 à l’Opéra de MARSEILLE-
à Darius MILHAUD
PRÉFACE par David Jessula
Lorsque son romanLes Amandes d’Aix paraiten 1949, Armand Lunel est un écrivain connu. Après avoir publié un premier roman en 1924,L’Imagerie du cordier, il acquiert une notoriété qui dépasse sa Provence natale en se voyant décerner en 1926 le premier prix Théophraste Renaudot pour son roman Nicolo Peccavi (ou l’affaire Dreyfus à Carpentras). Armand Lunel est né à Aix en Provence en 1892. Il descend d’une famille juive du Comtat Venaissin. Son grand-père paternel et ses ascendants exploitaient des moulins d’huile d’olive dans le village d’Alleins et s’étaient transportés dans la ville la plus proche, à Aix, pour tenter de développer leur négoce. Sa mère qui s’appelait également Lunel, sans être parente avec son époux, venait de Cavaillon. C’est dire la riche généalogie de ces familles originaires d’une ville du Languedoc qui fit partie des Etats français du Pape. Aix en Provence marque son enfance. Il fait ses études au lycée Mignet. Il se fait des amis (Darius Milhaud, Léo Latil). Puis il monte à Paris. Elève d’Alain au Lycée Henri IV, il entre à l’Ecole Normale Supérieure et devient agrégé de philosophie. Appelé aux armées pendant la guerre de 14-18, il est nommé en 1920 professeur au lycée de Monaco, où il enseigne pendant prés de trente ans. La période de l’entre deux guerres est particulièrement féconde sur le plan littéraire. D’autres romans et nouvelles confirment son talent: Noire et Grise, Le Balai de sorcière, Jérusalem à Carpentras, ainsi que des pièces de théâtre
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(Esther de Carpentras), des livrets d’opéra (en partenariat avec des compositeurs comme Darius Milhaud (Les malheurs d’Orphée, Maximilien, David) et Henri Sauguet (La Chartreuse de Parme) et une multitude d’articles, conférences, et d’autres publications. Remobilisé en 1939 jusqu’à l’armistice, Armand Lunel se voit appliquer le Statut des Juifs promulgué par Vichy. Sur intervention du prince Louis II de Monaco, il est maintenu en fonction encore un an mais en 1941, il doit abandonner son enseignement. Réintégré à la Libération, il publie des souvenirs de guerre (Par d’étranges chemins) et reprend une intense activité littéraire. La ville d’Aix en Provence est relativement absente de ses premiers romans; Nicolo Peccavi se situe à Carpentras, Le Balai de sorcière dans le vieux Nice; certes le paysage provençal est toujours présent mais la cité aixoise n’est pas vraiment explorée avec toutes ses activités. En 1949, l’heure de l’apaisement est venue. Il prépare sa retraite d’enseignant et songe à se consacrer davantage à la littérature. Dans une maison de campagne à La Turbie, au-dessus de Monaco, où il passe ses étés, il semble se livrer à une forme d’introspection et souhaite visiblement revivre les moments passés dans sa ville natale d’Aix en Provence. Il revient donc quarante ans en arrière, en 1909. Il a dix-sept ans et prépare son baccalauréat. Aix est encore une petite ville de 25.000 habitants (150.000 aujourd’hui).Elle ne fait pas encore partie de l’aire urbaine constituée avec Marseille mais elle représente une cité relativement active. Paul Masson qui dirige la monumentale Encyclopédie des Bouches-du-Rhône estime qu’au XIXe siècle, « les industries [se sont] renouvelées plusieurs fois… Aux filatures et tissages ont succédé, sous le Second Empire, des chapelleries très
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actives. Et, dans les années 1920, « les ateliers mécaniques, la minoterie, les pâtes alimentaires, la confiserie, la manufacture d’allumettes sont aujourd’hui au premier plan, escortées par 1 un certain nombre d’ateliers secondaires » . La confiserie aixoise et les casseries d'amandes sont alors alimentées par vingt-trois maisons de commerce, qui s’approvisionnent dans les vergers provençaux ou par des importations via le port de Marseille. Les amandes sont transformées en calissons, pralines, bonbons, dragées argentées, chocolats et pâtes de fruits. Quatre confiseries sont mentionnées en 1884 par l’Indicateur Aixois. Parmi celles-ci les établissements Casse pratiquent cette industrie depuis 1847. D’après Robert Mencherini, « une cheminée d'usine, à cent mètres de la Rotonde, au début de la rue Mazarine, surplombait les Établissements Casse». Les locaux abritent aujourd'hui le restaurant Le Passage. D’autres confiseries comme les établissements Léonard Parli, créés en 1874, s’installent, au début du XXe siècle, avenue Victor Hugo, près de la gare des voyageurs. L’usine emploie alors, selon son dépliant publicitaire, entre trente et quarante personnes et produit trois cents à quatre cents kilogrammes de calissons par semaine. Elle confectionne aussi, entre autres, des nougats, des biscotins et un gâteau aux fruits confits trempés dans le kirsch, l’entremets « Kirschbescué ». Située à proximité, la casserie d’amandes Brémond est devenue aujourd’hui une résidence. L’usine d’Allauch fabrique toujours dragées, nougats et calissons, distribués à Aix rue d’Italie.
1  Onse référera au dossier pédagogique publié par le Centre aixois des Archives départementales lors de l’exposition «Aix ville ouvrière 1850-1940 », en 2010-2011 et aux articles de R.Mencherini dans Cent Paroles d’Aix
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