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Chapitre 1 Les amis de l’Aquarius Prenez une carte de l’ancienne République d’Haïti… En bas, à droite, vous verrez entre Marigot et Saltrou, un lieu dit AdieuauMonde, une sorte de finisterre tropical, un paradis perdu retrouvé – mais il paraît que ça a beaucoup changé. C’est là que, quelques années avant la nouvelle rénovation de la république, fut conçu celui qui allait devenir, vingt ans plus tard, le fameux Bigraine, citoyen du libre monde. Sa mère était une touriste esseulée à la recherche de l’âme sœur, fécondée sans préméditation, un après midi caniculaire, par un marchand de pite de la région. Elle devait mourir deux ans plus tard, de consomp tion languide – maladie plus fréquente que la nor male chez les touristes dont la vertu s’est échouée en pays tropical. Par chance, petit Bigraine était un bébé vigoureux et braillard. Papa Bigraine, grand fécondeur, mais trop occupé pour se livrer aux travaux d’élevage, le
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confia à une jolie nourrice dont la peau noire, le lait doux et le sein tiède devaient marquer pour toujours l’enfant dans son cœur profond. De là, Bigraine passa par les mains du percepteur local qui, étant de loisir depuis la ruine totale des finances publiques, s’était recyclé dans l’éducation. Yamelo Temiya, prêtre vaudou défroqué, se chargeait de l’enseignement des arts. Petit Bigraine faisait à cinq ans de la musique concrète, à six ans de la peinture abstraite et à huit ans composait un ballet futuriste,Les Galipettes astrales, dont on peut encore voir, diton, un enregistrement vidéo à la vidéothèque de PortauPrince. Voilà pour la petite enfance. Les années suivantes, Bigraine fut envoyé en Fran conie du Nord pour y faire des études. Papa Bigraine n’avait que le voyage à payer. Des bourses étaient données à qui en faisait la demande. Souvenonsnous du terrible dépeuplement des ré gions nordiques et de l’appel aux jeunes des pays chauds, surnuméraires dans leur contrée d’origine, mais nécessaires aux régions souspeuplées du Nord. Les bourses d’études attiraient les plus doués de ces enfants et contribuaient au repeuplement de ré gions ravagées par les guerres et les maladies. Et des ravages causés par la terrible morbose, contre laquelle il n’existe pas vraiment de traitement, jusqu’à nos jours. Ainsi en estil des maladies de l’esprit…
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