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Les autres mondes de Tara Duncan T01 La danse de la licorne

De
444 pages

À Tingapour, un dragon fou sème la panique, manquant de tuer la princesse de l'empire d'Omois. Pourquoi a-t-il perdu la tête ? Quel est cet étrange rituel, La Danse de la Licorne, dont il menace AutreMonde dans son délire ?


Mandaté pour retrouver ce sortilège potentiellement cataclysmique, Xoholt, garde omoisien, se retrouve propulsé à Paris, dans la compagnie d'un prestigieux chorégraphe. Et le temps presse, car ce dernier s'est mis en tête de donner une représentation de cette chorégraphie imprévisible. Au même moment, l'une de ses danseuses, Nina, guidée par un curieux fantôme et un aristocrate fantasque, plonge malgré elle aux racines d'une conspiration qui met en péril la Terre et AutreMonde.
Un complot qui, avec Xoholt, la mènera de l'Opéra jusqu'au plus profond des catacombes de l'AutreParis, aux sources même de la magie.




ENTREZ DANS LA DANSE





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couverture
SOPHIE AUDOUIN-MAMIKONIAN

présente

Les Autres Mondes
de
Tara Duncan

La Danse de la Licorne
de
Thomas Mariani

images

À tous les Taraddicts dont la soif d’aventures
rend celle-ci possible.

images

Chapitre 1

Tout feu, tout flammes

« AutreMonde : planète située à plusieurs années-lumière de la Terre, choisie par les dragons il y a cinq mille ans pour y abriter les peuples dont les mondes ont été détruits lors de la guerre contre les démons : elfes, vampyrs, Edrakins, géants, nains, etc. En récompense de l’aide décisive des Terriens dans la victoire finale contre les invasions démoniaques, les dragons offrirent aux humains capables de lier les sorts (cf. Sortcelier) de s’exiler sur AutreMonde, et de laisser la Terre à ceux non dotés de magie (cf. Nonsos). »

(Extrait de L’Encyclopédie partielle, compliquée et en progression d’AutreMonde,
par Sophie Audouin-Mamikonian,
Michel Lafon, édition interdite par arrêté impérial du 17 faicho 5011.)

Tout feu, tout flammes

Qui ne s’est jamais retrouvé face à face avec un dragon en furie, bien décidé à pulvériser jusqu’au dernier de ses atomes, ne peut comprendre ce que ressentait Xoholt, tranquillement installé dans un confortable fauteuil impérial, une semaine après les faits : un mélange de soulagement, d’étonnement et de fierté. Il avait survécu.

Xoholt X’ohar officiait en tant que garde au palais impérial d’Omois depuis seulement trois ans et était devenu du jour au lendemain un héros. Non seulement il avait rempli, avec brio, son devoir en protégeant au péril de sa vie des membres de la famille impériale, mais plusieurs dizaines de personnes présentes ce jour-là lui devaient de ne pas avoir été réduites en cendres.

Le panneau de cristal géant rediffusait l’attaque du quartier marchand de Tingapour, la capitale de l’Empire, par le dragon fou. Les scoops, des petites caméras volantes autonomes, avaient enregistré l’intégralité des événements. Xoholt avait beau avoir déjà visionné plusieurs dizaines de fois ces images, il ne put réfréner un petit sursaut lorsque le dragon surgit en fracassant les murs de la station publique de transport, laissant entrevoir par la brèche les tapisseries de la porte de transfert1. Le terrifiant rugissement du monstre provoqua les cris des plus jeunes enfants dans la salle.

Toute la famille impériale, les princes et princesses héritiers, ainsi que leurs cousins, leurs oncles et leurs tantes, était installée sur une mezzanine surplombant la table de réunion du gouvernement. Au milieu des ministres trônait l’Impératrice d’Omois, Elseth’Tylanhem T’al Barmi ab Santa ab Maru, une femme dont la petite taille était inversement proportionnelle à l’autorité naturelle qu’elle dégageait. Ses yeux violets brillaient d’une vitalité hors du commun. Une mèche blanche, signe distinctif de la puissante famille de sortceliers dont elle était issue, s’échappait de la masse de ses cheveux blonds, seule fantaisie dans une mise austère. À sa gauche, se tenait Xémir, le chef des gardes, et à sa droite, Maître Achab, son conseiller personnel. Xoholt était assis un peu en retrait dans l’ombre de son supérieur, étiquette oblige. Sa présence à moins de cinq mètres de l’Impératrice attestait de l’extraordinaire ascension qu’il venait d’effectuer au sein de la hiérarchie du palais en à peine une semaine. Lui-même n’en revenait pas.

Un jour, tu n’es bon qu’à porter les emplettes impériales en plein quartier commerçant, un dragon en profite pour faire son intéressant et une semaine plus tard, tu es invité au Conseil des ministres du pays le plus puissant de la planète.

– Comme disait toujours mon vieux pépé, continua-t-il pour lui-même à voix basse : « La vie, c’est comme une boîte de Chamalo-purin2, tu ne sais jamais sur quoi tu vas… »

Le général Xémir le foudroya du regard pour lui intimer l’ordre de se taire.

– Quelqu’un peut me rappeler pourquoi aucun système de sécurité n’a bloqué le dragon lorsqu’il s’est matérialisé dans la porte de transfert ?

Le film fut mis sur pause, et le silence se fit particulièrement palpable parmi les ministres assis en contrebas autour de la grande table. L’Impératrice insista de sa voix claire :

– Ministre de la Sécurité du territoire, n’avez-vous rien à dire à ce sujet ?

L’homme se préparait à cette question depuis une semaine déjà.

– Que Votre Impériale Majesté me pardonne, mais la sécurité des portes publiques de transfert est du ressort du ministre des Transports magiques.

L’intéressé, un petit homme rouge et bedonnant, eut un hoquet d’indignation, puis, sous l’insistance du regard de ses collègues, bien contents de trouver un bouc émissaire, tenta de se justifier :

– Votre Altesse, il s’agit… comment dire… d’un incident sans précédent dans notre histoire…

– Un incident ! le coupa l’Impératrice d’un ton sec. Près de trois cents blessés, avec séquelles, cent trente et un morts, dont la moitié composée de touristes ou résidents étrangers, tout un quartier parti en fumée. Vous appelez ça « un incident » !

– Un… drame, se corrigea aussitôt le petit homme, un terrible drame… une tragédie… je veux dire… de toute l’histoire de notre civilisation, c’est… c’est la première fois que nous sommes attaqués par un dragon. Ils sont nos alliés depuis des millénaires, c’est grâce à eux que nous sommes sur AutreMonde et…

– Merci, Monsieur le Ministre, l’interrompit le conseiller de l’Impératrice d’une voix posée, je crois que notre souveraine connaît parfaitement l’histoire de notre nation et des peuples qui y habitent.

Xoholt avait presque pitié du petit ministre. Il ne faisait aucun doute que ses jours au sein du gouvernement étaient maintenant comptés. Le jeune garde se trouvait aux premières loges pour assister aux jeux de pouvoir à la tête de l’État. Après seulement trois ans de service au palais, cette promotion était sans précédent dans toute l’histoire du peuple thug, qui, par tradition, composait l’essentiel de la garde impériale. Cette race humanoïde était très prisée pour les métiers martiaux de par son sens de l’honneur très développé. Sans parler de leur anatomie particulière : les thugs, dotés de quatre bras, étaient des combattants, et plus particulièrement des gardes du corps, exceptionnels.

– Oui, oui, bien sûr… se reprit le ministre des Transports magiques, je voulais juste insister sur… sur… Un dragon fou arrivant chez nous par une porte de transfert, c’est du jamais-vu ! On a bien un sort de prévu pour neutraliser un dragon, comme on va le voir dans quelques instants, mais le cyclope en faction fut tellement surpris que le temps qu’il réagisse pour activer le système de sécurité, « l’intrus » avait déjà renversé les murs de la station… mais une telle négligence ne se reproduira plus, Votre Majesté Impériale. Tous nos gardiens ont déjà reçu de nouvelles consignes et un nouveau protocole à suivre. Cette faille inattendue dans notre système sera réglée et nous mettrons en place dès le mois prochain des sessions de formation pour…

L’Impératrice coupa court aux piteuses justifications de son ministre :

– Mon administration prendra contact avec vous pour que je puisse attester de vos nouveaux dispositifs par moi-même dans quelques jours.

Sous le choc de l’annonce de la future inspection impériale, le ministre s’empourpra encore plus, au bord de l’apoplexie. L’Impératrice fit signe de relancer le film des événements. Aussitôt, le panneau en cristal se teinta des couleurs de l’apocalypse. Le dragon avait repris le carnage et la destruction de Tingapour.

Xoholt admira le saut tout en puissance qu’il avait effectué pour plaquer au sol la princesse Auxia alors qu’un premier jet de flammes éradiquait de ce monde vendeurs et clients de l’échoppe la plus proche. Il se vit essayer de lier un sort pour appliquer un Transmitus3, puis un Dissimulus4 d’urgence à la princesse, mais l’énergie brute qui pulsait du saurien en furie interférait avec la magie des Omoisiens. Plusieurs sortceliers partirent en fumée, croyant à tort que leurs sorts de protection les dispensaient de se cacher.

Les scoops filmèrent deux marchands nains qui s’étaient courageusement saisis des haches de leur étal pour courir sus au dragon. Un simple coup de queue avait suffi pour précipiter les téméraires dans une maison en flammes qui s’était écroulée sur eux.

Dans la panique générale, tout le monde, passants et habitants, avait tenté de quitter l’artère principale mais des rideaux de flammes les piégeaient. Les bourrasques provoquées par les puissants battements d’ailes du dragon chargeaient l’air de projectiles de toutes sortes, de suie, de cendres et de braises. Une scoop, bravant le vent, s’était approchée au plus près de la princesse Auxia et de Xoholt.

– Les petites ! Sauvez les petites ! Je ne sens plus ma magie, je vous en supplie ! criait la nièce de l’Impératrice, implorant son garde du corps de venir au secours de ses deux jeunes sœurs de six et dix ans, abandonnées à leur sort près d’une fontaine.

Xoholt ne put s’empêcher de se tortiller dans son fauteuil au souvenir du sentiment de panique qui s’était emparé de lui lorsqu’il avait aperçu ses trois autres collègues de la garde impériale. Il avait reconnu leurs corps calcinés à leurs quatre bras qui les distinguaient des autres victimes humaines. Et là, malgré son entraînement aux situations de crise, sa raison avait vacillé pendant quelques secondes. Résistant à la panique, il avait essayé à nouveau d’invoquer sa magie, qui ne répondit que très faiblement et par intermittence. Il avait dû se faire une raison. Non seulement il ne possédait aucune arme capable de repousser un tel monstre, mais il avait en plus la responsabilité de trois membres de la famille impériale, dont deux enfants.

Il était seul, définitivement seul.

Les jeunes princesses s’étaient remises à hurler, attirant l’attention du monstre. Une scoop avait alors opéré un gros plan sur la tête du dragon, qui occupa tout l’écran. Ce fut d’ailleurs la dernière chose que fit la petite caméra avant d’être détruite par le souffle infernal de la créature. Les spectateurs eurent le temps d’apercevoir, derrière l’onde de chaleur se dégageant de la fournaise qui lui tenait lieu de gueule, deux yeux injectés de sang roulant dans leurs orbites.

– La Rose Noire vous salue bien ! Ha, ha !… Je vais vous faire danser, tous ! Le chardon va revenir… flammes et argent… Ha, ha ! Et le chardon réveillera la guerre… Dansez ! dansez !… et brûlez !

Le dragon vociférait entre deux jets de flammes dévastatrices tout en s’approchant des princesses. Toutes les personnes présentes dans la salle du Conseil avaient beau connaître l’issue de l’attaque, la grandeur du panneau de cristal aidant, elles étaient terrifiées par le spectacle de tous ces pauvres gens pris au piège.

La réaction de Xoholt n’en eut que plus d’effet sur l’assistance. Le garde avait quitté Auxia, et s’approchait à grandes enjambées du dragon jusqu’à lui couper la trajectoire et s’interposer entre lui et les princesses. D’un geste aussi héroïque que dérisoire, il avait mis ses quatre bras en croix, interdisant au dragon d’approcher plus, malgré les braises qui le percutaient de plein fouet et lui arrachaient son uniforme par lambeaux. Filmée de près et de profil par une scoop, l’image était spéctaculaire. Le monstrueux reptile avait arrêté un instant ses cris, surpris qu’on s’offre ainsi à lui.

Ce fut cet instant d’hésitation qui avait fait toute la différence. Tout s’était joué en quelques secondes. Quelques secondes et un vieux souvenir glané au hasard de sa mémoire.

En se voyant au milieu des flammes, à moitié nu, si vulnérable et si ridicule face au dragon, Xoholt eut des frissons. Il se rappela qu’à ce moment précis il avait prié de toutes ses forces Brachi, la déesse thug des Causes désespérées, pour que les interférences du dragon lui permettent malgré tout de lier un sort nécessitant peu d’énergie : une illusion.

À l’endroit même où s’était dressé le thug, l’image vacillante d’un animal au pelage blanc tacheté de noir était apparue. Xoholt, caché dans l’hologramme, avait alors poussé un beuglement qui avait aussitôt réveillé chez le dragon une pulsion naturelle remontant à la nuit des temps : celle de chasser.

Le jeune garde, dissimulé par l’illusion, s’était alors élancé en direction de la station de transport, suivi par le saurien, poussant des cris de joie à la perspective de le croquer.

– Quelle variété de Bos taurus5 vient-il d’invoquer ? demanda l’Impératrice. J’ai du mal à la reconnaître.

– C’est une beefmaster, répondit aussitôt le ministre le plus ventripotent avec le sourire carnassier du grand mangeur de viande.

– Bien sûr que non, s’indigna un autre ministre, il s’agit d’une limousine.

– N’importe quoi ! Nous avons affaire à une charolaise, c’est évident ! portesta un autre.

– Une charolaise avec des jambes aussi longues ? manqua de s’étouffer le défenseur de la beefmaster. Je n’irai jamais manger chez vous ! Que seriez-vous capable de me servir ?

– Ça tombe bien, il n’est pas dans mes intentions de vous inviter !

– Et pouquoi pas une black angus… euh… albinos ? essaya un autre.

– C’est toi l’albinos !

Parmi les nombreux noms d’animaux qui s’échangèrent autour de la table, certains n’avaient plus rien à voir avec les vaches et concernaient des créatures autreMondiennes ayant la particularité d’être soit fort malodorantes, soit très bêtes, et souvent les deux en même temps. Xoholt remarqua que la dispute, aussi soudaine qu’absurde, avait créé deux camps au sein du gouvernement. Hormi l’Impératrice qui attendait patiemment – fidèle à l’adage « diviser pour mieux régner » –, seuls le conseiller et le ministre du Commerce ne participaient pas aux invectives. Ils se toisaient, tels des généraux d’armée se défiant à distance pendant que leurs troupes s’affrontaient.

Xoholt voulut intervenir et répondre qu’il s’agissait juste de l’auroch qui illustrait un livre que lui lisait sa mère avant de le coucher quand il était enfant, mais son supérieur lui fit comprendre du regard qu’il n’avait pas la parole. Le conseiller sortit de son mutisme et s’en chargea.

– S’il vous plaît ! cria-t-il pour imposer un retour au calme. Je ne pense pas que notre ami thug ait eu le temps de se soucier d’exactitude zoologique. Il a surtout veillé à doter l’illusion de toutes les rondeurs nécessaires pour exciter l’appétit de l’agresseur. N’oublions pas que la découverte des bovidés sur Terre a laissé aux dragons un souvenir si… gustatif – selon les critères gastronomiques d’un dragon, bien sûr – qu’ils en sont devenus le péché mignon.

Le ministre du Commerce, ne voulant pas être de reste, crut bon de préciser :

– Une grande partie de nos échanges commerciaux avec les dragons repose justement sur ce mammifère que nous importons de la Terre et revendons fort cher au Dranvouglispenchir…

– Merci, Monsieur le Ministre du Commerce, j’ai moi-même signé le renouvellement de cet accord il y a deux ans. Appliquez-vous plutôt à m’apprendre ce que je ne sais pas ! commenta l’Impératrice qui venait ainsi officiellement, et provisoirement, de choisir son camp.

Le visage de l’homme devint livide, mais il se contint et dissimula sa colère sous un sourire crispé. Les disputes cessèrent définitivement. L’arbitre avait tranché : le conseiller remportait la bataille. Mais les regards revanchards des perdants ne laissaient aucun doute sur la poursuite plus tard de cette guerre larvée dans le silence feutré des alcôves ministérielles.

On était arrivé à la séquence dont Xoholt était le plus fier : la course-poursuite engagée entre lui et le dragon. Les scoops, grâce à l’agilité de leurs ailes, avaient suivi l’action au plus près, et les images prises étaient plus spectaculaires les unes que les autres. L’assistance princière poussait maintenant des petits cris admiratifs à chaque acrobatie effectuée par le garde, auxquels répondaient les hurlements de dépit du dragon chaque fois que ses mâchoires se refermaient dans le vide ou que ses sorts paralysants manquaient leur cible.

Quelques rires commencèrent même à fuser devant le spectacle peu banal d’une vache effectuant de parfaits saltos arrière, roulés-boulés et autres esquives.

Ce fut un dragon ivre de rage qui s’engouffra dans la porte de transfert à la suite d’un Xoholt mugissant et beuglant de toute la force de ses poumons.

Le cyclope responsable de la porte de transfert ne s’était pas laissé surprendre une deuxième fois. Dès que le dragon avait surgi au milieu des tapisseries, le gardien avait actionné le mécanisme adéquat et une immense cage d’un alliage spécial s’était abattue sur le forcené, l’emprisonnant et le privant de sa magie et de ses flammes. Xoholt n’avait manqué de finir écrasé qu’au prix d’un nouveau vol plané qui déclencha les applaudissements de la famille impériale. L’Impératrice se contenta d’un simple petit mouvement de tête en direction du jeune garde, qui se sentit aussitôt monter au paradis.

L’illusion bovine s’était volatilisée et la séquence se terminait sur l’image d’un dernier face-à-face entre Xoholt et le dragon, la ruse et la sauvagerie, séparés par d’épais barreaux.

La caméra volante avait effectué à ce moment-là un cadrage très serré sur le visage du garde impérial, et Xoholt, en toute modestie, fut assez fier de voir que le bleu de ses yeux était quand même très télégénique.

Dans la cage, réduit à l’impuissance, le saurien avait hurlé une dernière menace :

– La vengeance de la Rose Noire a frappé ! Paris 1897 ! Ils n’ont pas oublié !… Les Purs sont à l’œuvre ! Méfiez-vous ! Méfiez-vous… de La Danse de la Licorne !

Puis il s’était roulé en boule et endormi aussi sec.

1. Pour faire simple, une porte de transfert, c’est comme dans Stargate, sauf que vous n’avez pas besoin de faire cinquante ans d’études en égyptologie pour ouvrir un vortex. Ici, quatre tapisseries pour fournir la magie, un sceptre pour la contrôler, et en voiture Simone !

2. Les boîtes de Chamalo-purin sont une invention des lutins farceurs de Smallcountry. Les Chamalo sont des friandises très raffinées, au goût unique, à une exception près : chaque boîte recèle un Chamalo au purin de Braaas sans qu’on puisse le distinguer des autres. Contrairement à ce que l’on pourrait penser de prime abord, c’est un cadeau très prisé sur AutreMonde, que l’on adore s’offrir pour les fêtes, car celui qui tombe (et parvient à l’ingérer) sur la friandise pervertie se retrouve protégé pendant un an par un sort de bonne fortune.

3. Transmitus : sort de téléportation instantanée, normalement sur une courte distance.

4. Dissimulus : sort de dissimulation, vous l’aurez compris.

5. Nom savant de… la vache.

Chapitre 2

Trompeuses Trompettes de la Renommée

« La famille impériale d’Omois est connue pour récompenser son personnel exceptionnellement méritant à l’aide des “Trompettes de la Renommée”. La cérémonie se déroule en deux temps. Tout d’abord, le récompensé se voit remettre par l’Impératrice elle-même une petite trompette, d’or ou d’argent, selon le mérite. L’instrument est enchanté et une fois que l’on souffle dedans, l’Impératrice se retrouve liée sur sa vie à devoir exaucer le vœu du sonneur. Puis, le soir, en ouverture du bal de la Renommée, la personne récompensée souffle une nouvelle fois dans la trompette et annonce son vœu devant toute la cour. Bien sûr, entre-temps, les services impériaux lui ont fait passer une liste des vœux “raisonnables” possibles. Par mesure de précaution, et afin d’éviter tout débordement ou malentendu, les “je veux devenir le nouvel Imperator/la nouvelle Impératrice ou le prochain maître du monde” n’y figurent jamais. »

(Extrait de L’Étiquette impériale pour les nuls,
par Nadyn DyRootchid, éditions du Vrrir.)

Trompeuses Trompettes de la Renommée

Une fois la projection terminée, une grande partie de la famille impériale avait quitté la mezzanine, emmenant les jeunes enfants avec elle. Seuls la princesse héritière Lysbeth, son demi-frère Sandor, ainsi que ses cousines Auxia et Elaine étaient restés pour suivre la suite du Conseil Extraordinaire. Xoholt et le général Xémir s’étaient levés de leurs fauteuils et se tenaient au garde-à-vous, légèrement en retrait.

– Quelqu’un sait où se trouve mon fils ? demanda l’Impératrice. Il était censé nous rejoindre.

– Le prince Danviou m’a fait part de son indisponibilité, répondit le ministre de la Guerre. Il est souffrant, hélas, et m’a chargé de lui faire un compte-rendu de nos échanges.

– D’abord le Premier ministre, maintenant l’Imperator, qu’ont-ils tous à tomber malades ? maugréa l’Impératrice.

Xoholt avait du mal à maintenir son attention sur les discussions qui reprenaient. Il ne pouvait s’empêcher d’imaginer la récompense qui lui était promise. Il essaya de se souvenir de la cérémonie des « Trompettes de la Renommée » à laquelle il avait déjà assisté. Il s’agissait d’un vieux garde thug qui avait sauvé une des suivantes préférées de l’Impératrice de la piqûre mortelle d’un ver t’sil1. En récompense, il avait eu droit à une trompette d’or, qui lui avait donné un immense domaine au nord du continent.

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