Les aventures de Patindé

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Ce roman retrace l'itinéraire spirituel d'un adulte africain, confronté d'une part à la résurgence des croyances traditionnelles que l'école et la religion catholique lui avaient fait insidieusement renier et d'autre part à une religion qui ne lui semble plus si catholique depuis Vatican II. Le renouveau charismatique sera-t-il pour Patindé "la dernière chance" et pour son Eglise, sel, levain et lumière?
Publié le : samedi 1 avril 2006
Lecture(s) : 37
EAN13 : 9782336267272
Nombre de pages : 159
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Les aventures de Patinde

site: www.librairiehannattan.con1 diffusion.harmattan@wanadoo.Er e.mail: harmattan1@wanadoo.Er ~ L'Harmattan, 2005 ISBN: 2-7475-9814-4 EAN : 9782747598149

Lazare Tiga Sankara

Les aventures de Patinde

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris FRANCE
L'Hannattan Hongrie Kônyvesbolt Kossuth L. u. 14-16 1053 Budapest Espace L'Harmattan Kinshasa L'Harmattan Italia L'Harmattan Burkina Faso

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Ecrire }'Afrique Collection dirigée par Denis Pryen

Déjà parus
Djékoré MOUIMOU, Le candidat au paradis refoulé, 2005. Koumanthio ZEINAB DIALLO, Les rires du silence, 2005. Koumanthio ZEINAB DIALLO, Les humiliées..., 2005. Amaka BROCKE, Lafille errante, 2005. Eugénie MOUA YINI OPOU, Sa-Mana au croisement des bourreaux,2005. Lottin WEKAPE, Le perroquet d'Afrique, 2005. André-Hubert ONANA-MFEGE, Mon village, c'est le monde, 2005. Loro MAZONO, La quatrième poubelle, 2005. Kamdem SOVOP, H comme h..., 2005. Sylvie NTSAME, Malédiction, 2005. Blaise APLOGAN, Sètchémé, 2005. Bernard ZONGO, Meurtrissures, 2005. Ivo ARMATAN SA V ANa, Dans les cendres du village, 2005. Charles DJUNGU-SIMBA K, L'enterrement d'Hector, 2005. Patrick Serge BOUTSINDI, Le Mbongui. Nouvelles, 2005. Aissatou FORET DIALLO, Cauris de ma grand-mère. Ann BINT A, Mariage par colis. Ann BINTA, Flamme des crépuscules. Ida ZIRIGNON, Au nom des pères. Els de TEMMERMAN, L'enlèvement d'enfants dans le Nord de l'Ouganda. Denis OUSSOU ESSUI, Le temps des hymnes. Denis OUSSOU ESSUI, La souche calcinée.

TABLE DES MATIERES Titre Avertissement A. PREMIERE I. II. III. IV. V. VI. VII. VIII. IX. X. XI. PARTIE

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11 19 25 31 39 45 53 63 69 75 83

Le contact Dialogue avec l'au-delà Une seule galette! La revanche d'un pâtre balafré! Un accident inéluctable Une coutume bafouée Une femme fatale Soins palliatifs Un ami lâche Tout passe Le retour de la coque

B. DEUXIEME I. II. III. IV. V. VI. VII. VIII. IX. X.

PARTIE

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Le voyage de la curiosité 91 Jésus de Nazareth: ici, Aujourd'hui! 101 Le rendez-vous des épreuves 107 Quatrième vendredi 113 La nuit où tout bascula! 117 Le salaire de l'apprenti sorcier 123 Une « fuite» 129 Bilan de mi-parcours 135 Dieu travaille surtout pendant les vacances! 141 Grandes et digues de louange sont tes œuvres, Seigneur! 147

c. NOTES
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AVERTISSEMENT
Ce recueil est un travail de dilettante. Il n'a aucune valeur scientifique! Il ne s'adresse donc pas aux «hommes de science ». Il ne s'adresse pas non plus aux grands de ce monde, car les anecdotes ci-dessous rapportées ne sont que des banalités en comparaison de celles que bien d'entre eux ont vécues. Malheureusement, ne pouvant pas les faire partager, les hypocrites affirmeront, sans sourciller, ne pas y croire, tandis que les sages souriront de la pauvreté ou de l'insignifiance de mes expériences. Il n'a pas non plus pour but de faire l'apologie de l'obscurantisme et du mysticisme qui existent et ne sont pas l'apanage d'un individu ou d'une société, d'une secte ou. d'une religion, tant dans le temps que dans l'espace. Il s'adresse surtout aux simples et aux humbles, dans un langage qui se veut le plus simple possible sans pour autant basculer dans la vulgarité. Si, en plus de la distraction qu'il peut leur procurer, ce livre suscite en eux des interrogations et peu de réponses, qu'ils sachent qu'il n'est pas toujours aisé de donner une réponse rationnelle à une question d'ordre mystique ou ontologique. Les aventures de Patindé ne sont pas pure oeuvre de mon imagination. Je reconnais et admets l'irrationalité des faits, leur « insolité » même. Je crois que l'Homme n'est pas seulement que matière. Je crois aussi et surtout au Dieu insondable, aux mystères de la vie et de la mort. Enfin, toute ressemblance ou similitude de noms de lieux ou de personnes ayant existé ou existant, n'est que pure coïncidence. Si d'aventure quelque lecteur se sentait impliqué dans l'une ou l'autre des aventures de Patindé, cela aussi n'est que pur hasard. Ceux qui se laisseraient aller à des spéculations identitaires le feraient à leurs risques et périls. Devant l'histoire et la justice, ma responsabilité s'arrête là où commence la leur! L'auteur
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PREMIERE

PARTIE

QUINZE

ANNEES D'EXPERIENCES EN MANTIQUE.

I. LE CONTACT

Patindé s'était levé de bon matin. C'était dimanche et jour de marché. Il lui fallait absolument quelque chose d'extraordinaire ce jour-là au moins pour meubler sa vie d'étudiant en vacances. Les sauces de feuilles vertes de haricot, surnommées "l'Afrique en danger", il en avait assez depuis une semaine qu'il était au village. Un étudiant en vacances n'est pas un cultivateur. Merci pour les mains calleuses! Lui se devait d'entretenir celles de l'intellectuel: propres, lisses, ongles manucurées... Jamais il n'a rêvé de médailles ou autres décorations d'agriculteur exemplaire! Il sourit en pensant à ces braves paysans qui viennent vous déranger en pleine sieste pour vous souhaiter la

bienvenue. Le lendemain de son arrivée, un de ses oncles 1
avait fait irruption dans sa chambre au moment où une pimpante lycéenne était venue elle aussi lui souhaiter la bonne arrivée. L'importun avait fait fuir le gibier! Que faire avec ces gens-là? Impossible de se reposer le jour et, la nuit, si vous organisez une soirée dansante pour apprendre à leurs godiches comment danser ou embrasser, ils sont encore là pour vous épier sans manquer de se scandaliser. Quel monde! Il alla réveiller son petit frère Jean, étudiant en deuxième année. Tiens! Tout le village ne comptait que deux étudiants, issus tous du même père et de la même mère: ça devait être un peu héréditaire, l'intelligence! Jean avait été baptisé trois ans auparavant. Alors qu'il se réveille! Si Dieu se repose le dimanche, le chrétien ne doit pas faire la grasse matinée. C'est à lui qu'il incombe de surveiller le fonctionnement de l'univers ce jour-là. Patindé venait de prendre une décision on ne peut plus catholique: il accompagnerait son cadet à la grandmesse. L'office devait être commencé, mais Dieu comprendra. Patindé ne s'ennuya pas pendant la messe. Il faillit même être pris d'une crise d'hilarité pendant le sermon. Le brave curé de campagne2 s'évertuait à stigmatiser

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les péchés de ses ouailles. Mais qu'est-ce la vle sans le péché? Il lui revint en mémoire une phrase d'un cancre (de Jean -Charles) qui disait que "le vice engendre la vie" . L'Afrique noire était vraiment mal partie comme dirait encore René Dumont. Ce dimanche-là, comme par coïncidence, le prêtre était parti en guerre contre les péchés véniels de ses paroissiens, des futilités dont Patindé ne s'offusqua pas. Il en avait vu pire sur l'Internet où les vrais péchés étaient "mondialisés". En outre, il n'était pas de la paroisse donc, il n'était pas concerné par leurs péchés. Dieu connaît les siens! Au «lte missa est », Patindé se signa en mécréant, tira son frère et ils sortirent de l'église sous les regards envieux des pauvres pécheurs! Comme il était trop tôt pour aller au marché, ils retournèrent à la maison. D'ailleurs, le marché ne les attirait pas particulièrement. Leur père les avait conseillés d'éviter les rassemblements des villageois, car sous leurs airs gentils et bonasses, ils étaient foncièrement méchants. De leurs ongles noirs et de leurs gibecières rabougries, ne sortaient que le mal et la mort. Ces villageois n'étaient que l'incarnation de la jalousie, une jalousie maladive qui ne leur rapportait rien, mais dont ils ne pouvaient se départir. Patindé envoya sa petite sœur acheter un grand canari de dolo, à six cents francs. En ville, cela aurait coûté cinq fois plus cher. C'était quand même un des rares bons côtés du village. Le dolo3 fut gracieusement partagé entre tous les membres de la famille et cinq de leurs oncles venus les saluer pour la troisième fois. Ce fut devant ce canari de dolo que commencèrent les aventures de Patindé. Fortuitement d'abord, par curiosité ensuite, elles finiront par faire de lui un homme aux certitudes scientifiques moins cartésiennes. Les oncles vantaient les pouvoirs d'un vieux voyant qui, affirmaient-ils, avait été à la base de l'éclatant succès des écoliers de leur village cette année-là, au certificat 14

d'études primaires élémentaires. Spontanément, et sans y porter une attention apparente, nos étudiants enregistrèrent le nom du village, mais non celui du devin. Les oncles étaient en milieu connu et le nom n'avait pas besoin d'être cité. On sait qui est capable de quoi dans le village. Les oncles repartis, Parindé demanda à Jean. Que penses-tu de leur devin ? Je n'en pense rien. Je ne connais ni le village ni l'homme. Moi, je connais le village. Prépare-toi. Demain marin, de bonne heure, nous lui rendrons visite. Pour moi, la réussite des écoliers est due à leurs efforts et surtout au travail de leurs instituteurs. Nous lui tendrons des pièges et démasquerons ses supercheries. Tu verras, ce vieux n'est qu'un escroc. Nous nous déguiserons en paysans et tu admireras les tours que je lui jouerai. Le lendemain marin, à l'insu de leurs parents et déguisés en paysans comme ils l'avaient ourdi, ils partirent pour le village du voyant, situé à une cinquantaine de kilomètres du leur. Si retrouver le village ne fut pas un problème pour des aventuriers de leur envergure, par contre, ils durent se renseigner à plusieurs reprises avant de localiser la case du devin, tout simplement parce qu'ils ne savaient pas poser la bonne question et se fourvoyaient dans les indications pourtant claires des paysans! Dès qu'ils saluèrent le vieil homme, celui-ci éclata de
rlte. Vous me plaisez bien, dit-il. Non seulement vous n'êtes pas des paysans, mais vous n'êtes pas venus réellement en consultation, mais par curiosité et pour me nlettre à l'épreuve. Entrons quand même dans ma case. Comme introduction, se dit Parindé, le vieux était déjà dans le développement. Qu'il ait perçu que nous ne sommes pas des paysans passe, mais qu'il affirme d'emblée que nous n'étions venus que par curiosité et pour le mettre à l'épreuve, alors là ! Mais on verra qui aura le dernier mot.

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