Les Brumes d'Albérich

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C'était une voix inhumaine, émise par un gosier géant hurlant dans une caverne. Plusieurs phrases résonnèrent, séparées par des intervalles irréguliers: "Cellules humaines, Attention! Ne cherchez pas à aller plus loin, car vous seriez anéanties". La voix, aux sons broyés et malaxés, passait à travers le crâne d'Hermann comme un fleuve en cru, charriant dans ses sonorités chuintantes une épouvantable menace. Dans le cerveau d'Hermann, aux neurones envahis d'une ivresse sauvage, une Créature trouble, impure et bouillonnante s'avança. Subissant des métamorphoses mystérieuses, des morceaux d'ombre sortaient d'elle, se détachaient, se contorsionnaient, spasmaient, se composaient on ne savait quelle forme avec l'obscurité, prenaient vie et s'en allaient à travers les éthers. C'étaient les prolongements du dieu; c'étaient les Ases, les Nibelungen et les Profonds. Ils vivaient à l'extrémité des cercles noirs de son aura. Et du fond du sarcophage de limon, son Esprit transperça celui du naute. Ainsi se présenta Wotan, sphinx terrible proposant l'énigme terrible. L'énigme du Mal.
Publié le : jeudi 17 septembre 2015
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342042016
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342042016
Nombre de pages : 120
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Du même auteur INITIATION À LA POLITIQUE ÉSOTÉRIQUE– volume - 1 « La voie cachée des peuples » : le monde islamique, la Russie, Tournemire 2002, Auréas 2004 INITIATION À LA POLITIQUE ÉSOTÉRIQUE– volume - 2 « Géopolitiquement incorrect » : la Chine, J.F.Kennedy, notre époque, Tournemire 2002, Auréas 2004 RENDEZ-VOUS AVEC L’INDE« Aurascopie d’une nation » : l’annonce d’une nouvelle spiritualité, Auréas, Tournemire 2005 JAPON, une histoire secrète « Éclats et éclipses du Soleil Levant » : l’apparition de l’homme nouveau, Auréas, Tournemire 2007 ALLEMAGNE, une histoire secrète « Le calice et l’épée » : les Pouvoirs du Mal, la construction de l’Europe, Auréas, Tournemire 2012
Jacques Sourmail LES BRUMES D’ALBÉRICH
Mon Petit Éditeur
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Notede l’auteur
Le petit récit que vous tenez entre les mains a été écrit pour divertir, mais aussi pour avertir. Dans la série des textes que j’ai pris le risque de signer de mon nom, il apparaîtra sans doute comme un ovni. C’est qu’il se situe au confluent de trois cou-rants qui mélangent rarement leurs eaux : celui de la science-fiction (genrespace opera), celui du fantastique – tendance Love-craft ; et, bien entendu, celui de l’ésotérisme. Par là, j’ai voulu donner à mon précédent ouvrage, consacré à l’histoire allemande, un triple prolongement : prolongement dans le temps (l’avenir), prolongement dans l’espace (les étoiles), prolongement dans l’imaginaire (la fable). Toutefois, la véritable vedette du récit demeure le dieu Wo-tan, dont le caractère inamical et bourru ne souffre en rien de cette triple délocalisation – bien au contraire. Les noms qui émaillent cette nouvelle sont tous tirés de la mythologie nordique, à l’exception notable de ceux d’Hermann de Salza, qu’on ne présente plus, et de Jarel (alias Julien) d’Eclane, qui nous ramène aux aurores du christianisme, aux âges des controverses sur la grâce, lorsqu’un jeune et talentueux philosophe poussait le vieil Augustin dans les cordes et le me-nait au bord de l’hérésie. C’était le bon temps.
« Zoroastre demanda à Ormuzd : Quel est le premier homme avec lequel tu t’es entretenu ? Ormuzd répondit : C’est le beau Jima, celui qui était à la tête des Courageux. Je lui ai dit de veiller sur les mondes qui m’appartiennent et je lui donnai un glaive bleu, une épée de victoire. Et Jima s’avança sur la route du soleil et réunit les hommes courageux dans le grand vaisseau des Aryens ».
Zend Avesta
COLONISATION : …D’abord, douze cités furent fondées sur douze planètes, et sur chacune d’elles flottait la bannière bleue écartelée d’une fine croix d’or, emblème de l’Ordre des chevaliers-nautes. C’est à ce corps d’astronautes, explorateurs de l’espace et de l’esprit, qu’avait été confiée la tâche d’ouvrir aux nations les voies de la colonisation du cosmos. Sous les armes de l’Ordre, des centaines de nefs, semblables à des aiguilles, se mirent en quête de mondes que la main de l’homme pût façonner.
Encyclopedia Galactica «En ce temps-là vibrait un noyau d’étranges initiés. C’était le Corps stellaire des chevaliers-nautes, hommes d’une grande élévation d’esprit et de sentiments. Les aventures des Nautes, les expéditions des Nautes, quel enfant n’en eût pas rêvé… ! »
Chant des Ordres Parfaits Psaume V
- 1 -Le naute Jarel d’Eclane commandait l’Yggdrasil. Les grands-maîtres des douze planètes, qui avaient orchestré l’expédition, s’étaient longtemps montrés hésitants, avant de retenir son nom. Il appartenait, certes, à une famille à laquelle bien des mondes vierges devaient leur baptême, et qui avait voyagé dans maints secteurs du vide. Il était surtout – et ce point fut déter-minant dans le choix des grands-maîtres – l’héritier d’une lignée qui avait éclairé de ses prouesses l’histoire de la conquête spa-tiale. Et donc, en dépit du peu d’années de sa jeune incarnation, ils le choisirent. Ce que Jarel avait de plus admirable était sa physionomie. Sa chevelure rebelle et dorée reflétait la force imprévisible et rayonnante d’un mystique de l’espace, d’un chevalier à l’aura pure et brûlante. La passion de l’aventure contractait ses muscles vivaces et faisait battre ce cœur qu’avait rarement effleuré la peur. Ses jeunes traits étaient empreints d’une grâce nébuleuse. Son regard d’émail bleu attestait d’un mystère. Quelque secret génie brûlait au fond de ces prunelles mobiles. Était-ce l’ambition ou le destin qui marquaient de leur cachet cette noble figure ? Les grands-maîtres lui donnèrent donc l’Yggdrasil.Et cela si-gnifiait pour eux de nouvelles inquiétudes, de nouvelles rides,
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de nouveaux ulcères, des palpitations de leurs vieux cœurs, mais aussi des ambitions plus grandes et des projets plus vastes. Ils lui donnèrent l’Yggdrasilet une armée de savants, de tech-niciens, de spationautes, de chevaliers. Et aussi un second qui s’appelait Hermann, et qui jouissait d’une haute réputation, très méritée, dans tous les mondes civi-lisés. Descendant d’un guerrier fameux qui avait jadis anéanti les légions d’Auguste ; élevé parmi les quarante mille disciples des écoles ésotériques de la Vieille Terre, il avait perfectionné une éducation spirituelle brillante sous les instructeurs les plus exi-geants ; mais l’âpreté naturelle de son caractère l’avait jeté tout d’abord dans la désobéissance et dans la révolte. Aussi ses maîtres l’avaient-ils envoyé méditer durant sept années dans les déserts de l’inhospitalière planète Hagen, – astre qui orbite autour d’un des grands soleils cramoisis de la constel-lation du Dragon. Cette expérience de la Thébaïde l’avait transformé. Il en était revenu moins raide. Il avait mûri. L’affectation, l’orgueil, l’esprit caustique de celui qui se considérait comme la réincarnation du plus illustre des chevaliers teutoniques, avaient fait place à cette tranquille maîtrise qui ne s’acquiert qu’avec les épreuves et les années. Il semblait désormais qu’une sorte de puissance occulte se dégageait de sa personne. En moins de quatre décennies, il escalada tous les degrés de la hiérarchie de l’Ordre, et en devint, dans la maturité de ses quatre-vingts ans, l’un des plus hauts dignitaires. On pouvait espérer que, sous l’emprise d’une aura si stable et si apaisante, le jeune et fougueux Jarel saurait freiner les impé-tuosités de son caractère. Hermann et Jarel s’enfoncèrent dans l’espace avec leur na-vire et leur équipage, et au fond du cœur le désir brûlant de la conquête.
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