Les chemins de la mémoire

De
Publié par

Une ville refermée sur elle-même. Une vie réglementée, surveillée, limitée. Julien Castel, testeur de fichiers informatiques, s'accommode en citoyen modèle et sans histoire, de cette existence. Un matin, il reçoit une étrange convocation de l'administration. Il découvre alors l’absurdité du système et son effroyable rationalité. Pour se rappeler que la vie est inconstante, les idées friables et que les êtres humains sont parfois d’une docilité à faire peur. Les chemins de la mémoire puise au cœur de l’âme humaine pour en révéler la vertu et la perversité. Une bouleversante fresque sur l’obéissance et la résistance.
Publié le : lundi 20 juin 2011
Lecture(s) : 269
EAN13 : 9782304033007
Nombre de pages : 216
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
2
Titre
Les chemins de la mémoire
3
Titre Laura Krasnopolsky
Les chemins de la mémoire
Roman
5 Éditions Le Manuscrit Paris
© Éditions Le Manuscrit, 2010 www.manuscrit.com © Couverture : Illustration Laura Montiel ISBN : 978-2-304-03300-7 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304033007 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-03301-4 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304033014 (livre numérique)
6
.
.
8
Les chemins de la mémoire
Deux heures vingt du matin. La nuit était noire. Le silence d’outre-tombe. Soudain, apparut tout entier un quartier sous la lumière des projecteurs. Comme chaque nuit, entre minuit et cinq heures trente du matin, les habitants de la ville étaient dans leur grande majorité assignés à leur domicile. Mais dans ce quartier, cette nuit n’était pas une nuit comme les autres. Le quartier se refaisait une santé. Une beauté, diront certains. Réveillés par une lumière aveuglante ou le bruit lancinant des machines, des habitants tentaient de retrouver le sommeil. D’autres, guidés par leur curiosité naturelle ou quelque peu insomniaques, profitaient de cet instant exceptionnel pour observer de leur fenêtre l’évolution des travaux opérés dans la rue. Une immense grue déplaçait un panneau gigantesque bien plus léger qu’il n’y paraissait, puis l’appliquait sur la façade d’un immeuble par un système d’encastrement, tandis que des ouvriers expérimentés, suspendus par de solides cordes, tels des alpinistes chevronnés, scellaient les deux éléments l’un à l’autre, à divers endroits. Une nouvelle façade apparaissait alors, et chacun
9
Les chemins de la mémoire
aurait pu apprécier les qualités exceptionnelles du peintre-décorateur qui avait su donner à cet immeuble l’apparence d’un autre, situé dans un quartier aisé. Peu à peu, chaque édifice doté d’un nouvel habillage prenait une allure nouvelle, et l’ensemble rappelait un autre quartier situé à plusieurs pâtés de maisons, lequel à la même heure, sans doute voyait son apparence se modifier d’une autre façon. De couleur et de style différents, d’un aspect somptueux ou frisant l’insalubrité, chaque nouvelle façade demeurait unique. Et les rares habitants postés à leur fenêtre, bien qu’étant les premiers à observer le moindre détail, n’avaient pas encore la moindre idée de l’allure que prenait l’immeuble dans lequel ils se trouvaient. Malgré l’heure tardive ou plutôt matinale, malgré le manque de sommeil, ils considéraient le spectacle qui se déroulait sous leurs yeux, comme extrêmement captivant. Plus loin dans la même rue, comme pour changer la configuration habituelle du quartier, des ouvriers aidés d’imposantes machines s’affairaient autour d’un immense mur tout en longueur, sans porte ni ouverture, jusqu’alors appliqué entre deux immeubles éloignés, pour obstruer une voie. Ce mur constitué de plusieurs panneaux fut démonté en l’espace d’une demi-heure, et lorsque le travail fut achevé, une nouvelle voie s’ouvrit enfin à la
10
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.