Les Chevaliers de Dorcan

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Par ce qu'ils pensent être un pur hasard, Fabien et ses deux amis d'enfance se retrouvent plongés dans l'infiniment petit. Leur traversée les emmène sur Dorcan, une petite planète divisée en deux mondes que tout oppose. Au nord, le peuple civilisé des Oclans s'est harmonieusement développé sous la protection de la déesse Ivna qui lui a confié vingt-quatre pierres aux pouvoirs prodigieux. Au sud, c'est un monde de désolation qui abrite le peuple dargonos, des êtres immondes d'une cruauté sans limite. Mais un jour, grâce au prince noir, leur roi sanguinaire réussit à voler aux Oclans l'une de ces pierres fabuleuses. Grâce à elle, et avec le temps, Arbinias peut désormais transformer son peuple et lever une armée. Pour les Dargonos et leurs dragons, l'heure de l'offensive et de la revanche est enfin arrivée. Guidés par leur maître, le chevalier Dirka, les trois compagnons apprennent qu'ils ne sont pas là par hasard. Impliqués malgré eux dans une guerre totale contre les Dargonos, ils vont devoir également déjouer un complot interne qui menace l'ordre établi par de nombreuses générations d'Oclans. À l'instar du lecteur, cette équipe va connaître une aventure dans laquelle elle n'aura pas le temps de reprendre son souffle. Des pièges et des menaces de toute nature attendent les jeunes chevaliers qui devront faire preuve d'audace pour relever tous les défis.
Publié le : mercredi 3 février 2016
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342047752
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342047752
Nombre de pages : 444
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Bruno Lherbier LES CHEVALIERS DE DORCAN
Mon Petit Éditeur
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Prologue Quelque part en 1756 sur les terres du seigneur Godin de Che-vrillard…
Roland était à bout de force. Ses jambes étaient meurtries par la fatigue accumulée au cours de cette longue et pénible marche en montagne. Il souffrait atrocement. Vêtu de guenilles que les ronces sauvages avaient fini de transformer en lambeaux, le jeune gueux arpentait le dernier pierrier avant d’atteindre le sommet sur lequel il espérait enfin y trouver la fleur tant convoitée par les sorcières. La « belle blanche » entrait dans la composition de nombreux philtres très recherchés par les femmes en quête d’une beauté dispa-rue. C’est pour cela qu’elle s’échangeait dans le plus grand secret contre dix pièces d’or ; et en ces temps de paix, à l’instar de la plupart de ses compagnons mercenaires au chômage technique à Carcas-sonne, Roland, avait grand besoin de cet argent. Du haut de ses deux mètres, il luttait maladroitement contre les galets roulant sans cesse sous ses pieds gauches. Parfois, il avait la désagréable impression de reculer, chutant et dégringolant sur plu-sieurs mètres en vociférant à l’endroit du destin. Aujourd’hui, c’était son anniversaire et il s’en voulait d’avoir pris la décision de partir en montagne le jour de ses trente ans. Il aurait pu remettre au lendemain son escapade, mais le temps était enfin à l’orage : la condition idéale pour trouver la Belle Blanche. Le ciel grondait de plus en plus fort. L’écho du tonnerre percutait la Montagne Noire avec une force si violente que le sol tremblait. Des rochers gigantesques se détachaient des parois dominant la coulée de pierres. Roland était un ancien soldat bien entraîné aux longues marches. Il avait déjà combattu dans presque tous les royaumes voisins de la
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France. Endurant et particulièrement très apprécié par ses chefs pour son sens tactique et son courage guerrier, on lui proposa à plusieurs reprises de s’engager dans l’armée du roi avec un grade et une bonne solde. Dix ans en arrière, il n’aurait pas refusé cette offre alléchante. Mais aujourd’hui, il aspirait à vivre auprès de sa fiancée, élever des enfants et s’installer sur des terres à lui. C’est en pensant à ce projet qu’au prix d’un ultime effort, Roland parvint à gravir les derniers mètres menant au sommet du col de la Roquebrune. À bout de souffle, les mains en sang et la gorge complè-tement asséchée, il s’essuya du revers de manche la sueur dégoulinant sur son visage. Il se retourna vers la vallée pour évaluer la distance parcourue. Et pour la première fois de la journée, il fut envahi par un sentiment de fierté assez inhabituel. Le nez pointé vers les nuages de plus en plus noirs, il sourit en fermant les yeux. Après avoir attaché ses longs cheveux blonds rendus poisseux par la crasse accumulée ces derniers jours, Roland se mit en marche à la recherche de la Belle Blanche. Généralement, avec un peu de chance, il la repérait siégeant au pied d’un petit arbuste. La fleur de l’Amour, connue sous cet autre nom, se protégeait à l’abri des nombreuses épines couvrant l’arbuste épais dont la couleur orangée détonait avec le paysage de rocailles environnant. Roland savait qu’une seule piqûre par cette plante provoquait une mort instantanée. Son grand-père en avait fait la douloureuse expérience et il mourut peu de temps après lui avoir transmis le secret de la Belle Blanche. Roland marcha encore deux heures sur la crête avant d’être attiré par une très forte odeur de charogne. Il se dirigea vers elle et tomba sur le cadavre d’un lièvre des montagnes. Son corps couvert d’épines gisait là, au pied du Magriloris, l’arbuste rouge feu dont la beauté n’avait d’égal que son pouvoir de destruction. Précautionneusement, Roland dégagea avec un bâton les branches les plus basses. La chance lui souriait : elle était là, pleinement épa-nouie, arborant ses plus belles parures. C’était vrai qu’elle était magnifique. Autrefois, il suffisait de mâcher ses pétales immaculés pour redonner aux sorcières un teint de jeune fille ; c’est du moins ce que disait la légende que nul mortel n’osait contredire par peur de déclencher la colère éternelle de Rava, la maîtresse des sorcières.
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Délicatement, Roland parvint à cueillir la Belle Blanche dont les pétales se mirent à battre l’air et à perdre instantanément de leur éclat. Gémissant comme une mourante, elle finit par s’éteindre dans le creux de sa main. — Ne sois pas si triste, ma Belle, lui chantonna Roland en cares-sant du bout du doigt le cœur de la fleur, tu vas faire des heureuses, et moi, je vais pouvoir me payer une nouvelle charrette. Au moment d’entreprendre la descente en direction de la vallée nimbée d’une fine couche de brouillard, le tonnerre redoubla de vio-lence. La foudre s’abattit à quelques mètres de Roland, enflammant l’un des rares troncs dégarnis trônant sur la crête rocailleuse. À cause de la pluie diluvienne qui s’abattait avec rage sur le flanc de la montagne, les rochers étaient devenus extrêmement glissants. Avec la nuit approchant à grands pas, un retour dans ces conditions infernales risquait de se transformer en calvaire. Déjà exténué par l’ascension, Roland opta pour la prudence, et décida de se mettre à l’abri et d’attendre le lendemain matin pour s’engager dans le pierrier. Après avoir cherché en vain un endroit correctement protégé, il finit à contrecœur par se glisser tant bien que mal dans un trou creusé par l’érosion sous un bloc de granit. Inconfortablement installé, mais épuisé, Roland s’endormit en songeant à Dulcinée, sa bien-aimée. Telle une amazone sur son grand cheval blanc et noir, vêtue d’une longue robe de soie ivoire, Dulcinée chevauchait le long d’une rivière bordée d’arbres étranges. Le visage fouetté par le vent et ses longs cheveux noirs ramenés en arrière, Dulci-née tenait une fleur dans sa main droite, et un sac d’or dans la gauche. Enterré dans le sol jusqu’à la taille, Roland l’appela à plusieurs reprises en décrivant dans l’air chaud de grands gestes circulaires avec les bras. Plus il s’activait, plus il sentait ses jambes aspirées par une force invisible, s’enfonçant de plus en plus profondément dans la terre devenue écarlate. Il criait de plus en plus fort, mais la jeune femme passa à côté de lui sans même le regarder. Puis tout à coup, le cheval fit une embardée et sa cavalière tomba dans la rivière tumultueuse. Un fort cou-rant l’entraîna dans le sillage d’une grande pyramide flottante. Un rire sadique résonna dans l’air ainsi qu’une bourrasque. Il leva la tête une ultime fois avant qu’elle ne fût définitivement ensevelie, et du coin de l’œil, aperçut la Belle Blanche se dresser au-dessus de lui. Les pétales battant l’air comme des ailes de papillons, la fleur riait aux éclats.
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Ce fut un petit rongeur au pelage roux qui réveilla Roland en sur-saut. L’animal se tenait sur ses deux pattes arrière à quelques centimètres à peine de son visage. Sentant la présence de l’intrus, Roland ouvrit les yeux et émergea tout doucement de son lourd sommeil. La joue plaquée contre le sol humide, il aperçut l’animal de travers. — Eh bien, jeune homme ! Qui es-tu ? demanda Roland en es-sayant de se redresser. Surpris par la voix rocailleuse de Roland, le visiteur s’échappa im-médiatement à travers un interstice à peine visible sous le rocher. Le jeune homme approcha sa bouche près de l’entrée du trou et appela le rongeur. — He ! Reviens bougre d’âne, je ne v… Roland s’arrêta net. Le fait de crier dans l’ouverture provoquait un étrange écho semblant remonter des entrailles de la Terre. Il recom-mença à plusieurs reprises jusqu’à perdre haleine. Au début amusé par ce phénomène extraordinaire, Roland s’interrogea ensuite sur les raisons d’un tel écho. — Ce n’est pas possible ! Il doit y avoir une grotte là-dessous, marmonna-t-il. Roland se dégagea difficilement de son abri de fortune. Il étira sommairement ses membres ankylosés, vérifia que sa précieuse fleur était toujours en bonne place, et décida de fouiller les alentours pour en savoir plus. Armé d’une vieille branche vermoulue, il essaya d’agrandir le trou. Le sol étant trop dur, il abandonna son outil émoussé et ramassa une pierre à l’arête tranchante. Il entreprit alors de creuser de l’autre côté du rocher où le sol avait l’apparence plus meuble. C’est en faisant le tour qu’il aperçut une légère volute bleutée s’élever dans le ciel matinal. Attiré par cette vapeur étrange, Roland s’approcha du trou. La fumée s’en échappant devint de plus en plus scintillante au fur et à mesure que le soleil montait au-dessus de la ligne d’horizon. En s’approchant, il nota que la foudre avait frappé le sol à cet endroit : un arbuste situé à proximité du trou était carbonisé, et sur le côté, le
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