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LES CHIENS D'USHUAIA

De
101 pages
Un départ pour Buenos Aires rêvé, puis un itinéraire qui s'achève sur un rendez-vous au bout du Monde. On y fait des rencontres qui ne durent que le temps d'une histoire. Le temps d'une nouvelle, c'est le temps du voyage : un dépaysement à chaque étape, à chaque page tournée. La voyageuse ne prendra le temps d'un repos qu'en fin de course, pour un dernier récit, là-bas, au bout du monde, avec les Chiens d'Ushuaia.
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Les chiens d'Ushuaia

Collection Écritures dirigée par Maguy Albet

Dernières parutions

BRARDA Régis, Révolins, 2000. GARAY, Alexandre, Voyage d'un égaré, 2000. LEBIEZ Marc, Le congrès de Bologne, 2001. FAGGIOLI R., Le silence éclatant des rêves, 2001. SEIGNEUR Pauline, La route du Fort, 2001. POULIER Raymond Jocelyn, Ludivine. Sortir du silence, 2001. JEANJEAN Anne-Marie, La veine basilique, 2001. CHAIGNE-BELLAMY Jacqueline, Amélie Searobber, 2001. IULIAN Rodica, Fin de chasse, 20,01. LE PAPE Claude, Pendant ce temps... Ailleurs, 2001. MARTIN-DEFFRENNES Patricia, Jeu de dames, 2001. KARLSHAUSEN Gérard, Carrefour des Amériques, 2001. ROBIN Paul, La répétition, 2001. BUFFAT Françoise, Le violon d'Henri, 2001. ARON Jean-François, Le sang du miroir, 2001. GILLET Raymonde, Quelquesfemmes autour de moi, 2001. HOURIET Marie, Viva Movida, 2001. HAUPT Chantal Georgine, Le pouvoir des eaux, 2001. EURIN Philippe, Lefiu, 2001. RIGAUDIS Marc, Sofa, 2001. HURTEL Elisabeth, L 'homme qui écoutait les poissons, 2001. LACOMBE Bernard Germain, Lafemmefleuve et le lamantin, contes, 2001. ORIOT Pascale, Unpetit brin de paille, 2001. LE Min-Sook, Récit et saison chez Colette, 2001.

Capucine

VIGNAUX

Les chiens

d'Ushuaia

(treize de voyage)

Nouvelles

L' Harlllattan

cg L'Harmattan, 2001
5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris - France L'Harmattan, Inc. 55, rue Saint-Jacques, Montréal (Qc) Canada H2Y 1K9

L'Harmattan, Italia s.r.l. Via Bava 37 10124 Torino ISBN: 2-7475-0720-3

PARIS REVE
EL TITIRITEO TRlS1B

P. 7 P. 15
PAS SON CERCUEIL?

QUI A DIT QU'ON

NE CHOISISSAIT

_ P. 21
p.27

ŒlACO CUCARAŒlA LE FRIGO
MARIA LA BRUNE BCHBVBLURBS

p.33 p.39 p.49 p.55
p.61 CONFESSIONS P. 69

HUMBERSTONE : MINEURS ! NE LE DEVENEZ PAS ! MAGELLAN LE MILAGRO LE PREDICA1BUR DE PUNTA ARENAS

-

A LA RECHERCHE DU UEVRB DE PATAGONIE VOYAGE AUTOUR DU MONDE AVEC UN TAPIS LES CHIENS D'uSHUAIA

P. 75 p.85
p.91

PARIS REVE

Je dors et mon cœur veille. J'entends la voix de mon bien-aimé quifrappe à ma porte. Cantique des Cantiques, III, 1

Aujourd'hui j'ai décidé d'aller à Buenos Aires. J'ai pris le bac et je suis entrée pour la première fois dans cette ville. C'était l'heure du zénith. Je me suis promenée une heure et vite le soleil m'a prise de sa torpeur. J'ai eu envie de me coucher et c'est dans une ruelle déserte que j'ai pris un meublé pour un mots. Etendue sur le lit, les yeux ouverts mais ne regardant rien, j'ai fumé cigarette après cigarette: rien n'allait se passer, il faudrait encore provoquer l'événement tout en sauvant la surprise. Il me fallait de l'action alors j'ai décidé de dormir en espérant qu'un inconnu, un chien, un chat, ou un crocodile égaré vienne me réveiller. 20h00, oui comme ça je sors à neuf heures, la nuit sera venue, la nuit qui rend les fantasmes plus clairs. Si on croit que tout est possible la nuit, c'est parce que les rêves s'y font. Avant et après que le jour les ait défaits. Mais cet après-midi j'ai rêvé comme si c'était la nuit. Buenos Aires se dissipait, Paris mon souvenir venait à la rescousse du vide meublant l'espace de ses monuments avec une certaine fatuité. Eh toi

Capitale du Nouveau Monde, laisse moi m'occuper du décor:je suis la place où on rêvasse.

Et pourtant Paris mon souvenir, Buenos Aires mon fantasme. Donc voici Paris et moi. La Tour Eiffel immense se dresse dans mon regard. La voilà qui comme la gracieuse Girafe penche son museau radiophonique, m'enlève sans aucun effort de ce piètre macadam où reposent ses augustes pieds et me dépose sans embarras sur sa tête vertigineuse. Sans une explication elle reprend sa posture séculaire, son fer est dur, sous mes pieds, les soudures sûres, et elle retrouve comme tout monument digne de ce nom, cette majesté qui devait caractériser les rois d'autrefois. Oui je la vois ma ville, oui elle est belle, oui là-bas, au sud, il y a quelqu'un que j'aime... Oui, je concède, je concède! Mais rien à faire la ferrailleuse girafe est intraitable. L'ascenseur est bien là mais il refuse de s'ouvrir. J'ai bien pensé aux escaliers, mais toute première marche se refuse à mes pieds. Elle ne veut pas me laisser partir. Ça y est je suis prise de vertige. Han! Je sais: elle m'a fait monter pour me précipiter du haut de ses trois cents mètres. Je crie. Je hurle. Pour toute réponse les pigeons s'enfuient, lâches oiseaux dégénérés qui me laissent seule face à la dame de fer. Tout d'un 10