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Les Chiens de Tréméven

De
218 pages
Tréméven ? Un village de Basse-Cornouaille, qui n'a guère fait parler de lui jusqu'ici. Et pourtant ! Ses chemins fourmillent de tant de présences : les ombres et les morts, des meurtriers, une petite fille invisible, Saint Diboan, un jeune juif, mais aussi Sarah Bernhardt ou Flaubert... Un village dont on ne sort pas indemne, seulement dominé aujourd'hui par l'église dédiée à Saint-Méven. Son château disparu ne fera pourtant pas oublier la mémoire des plus humbles, celle des ancêtres.
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Yann Ewan
Les Chiens de Tréméven
Chach Tremeuhun Nouvelles
Collection Lettres du Pacifique 56
12/05/14 12:26
LES CHIENS DETRÉMÉVENChach Tremeuhun Chroniques imaginaires d’un village breton
Collection Lettres du Pacifique Collection dirigée par Hélène Colombani, Docteur d’Etat en Littérature et Sciences Humaines (LLSH) Conservateur en chef principal des bibliothèques (ENSB) Chargée de mission pour le livre et la lecture e.r (Nouvelle-Calédonie) Déléguée de la Société des Poètes français, Sociétaire de la SGDL. Avec une soixantaine de titres d’auteurs et d’écrivains contemporains ou classiques du Pacifique, ainsi que ses études et publications universitaires sur les littératures modernes, les sciences humaines et les traditions orales océaniennes, cette collection contribue à faire de l’Harmattan le principal éditeur sur l’Océanie. La variété et la richesse de ces textes, dont certains ont été traduits en Anglais, ou traduits de l’Anglais, qui vont des œuvres de fiction à la recherche en sciences humaines, offre aux lecteurs un vaste choix qui leur permet de découvrir les peuples du Pacifique Sud. Contact : helsav@mls.nc Voir à la fin de ce volume le catalogue de la collection et la présentation analytique d’une sélection d’ouvrages.
Yann Ewan
LES CHIENS DETRÉMÉVENChach Tremeuhun Chroniques imaginaires d’un village bretonCollection Lettres du Pacifique______56______
DU MÊME AUTEURLes LoyaltiennesLettres du, L’Harmattan, collection « Pacifique », 2012.
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02812-5 EAN : 9782343028125
À mes enfants qui ignorent, sans doute encore, que l'Ellé et l'Isole coulent aussi dans leur sang.Avec quelques saumons. Des chiens et des loups. Des corbeaux blancs peut-être. Des rêves sans aucun doute.À ma mère, première lectrice méticuleuse, merci.À mon père, patient lecteur aussi. Vămulțumim pentru Anca. Merci à Anca d’être celle qu’elle est
Avant-propos  Toutd'abord, je dois expliquer le titre car, s'il est breton, c'est un breton particulier: celui de Tréméven, une variante aujourd'hui en fin de vie.Chach Tremeuhunest la forme dialectale de ce qui se dirait ou s'écrirait en langue commune : Chas Tremeven. Au-dessus de l'Ellé et de l'Isole, Tréméven est en Cornouaille mais si proche du pays vannetais ! Le sens pour ceux qui ne parlent pas la langue de Tangi Malmañch ? Je crois l'avoir donné en sous-titre. L'expression signifie donc « Chiens de Tréméven ». C'est le surnom que « les autres » donnaient aux habitants de la paroisse. Pourquoi ? Je l'ignore encore. Le choix de ces formes trémévénoises? S'il n'y a, de toute évidence, qu'une seule langue bretonne, celle-ci, comme toutes les langues du monde, a été facettée, telle une pierre précieuse, par ces artisans que sont ses locuteurs. Dit-on qu'il y adeslangues françaises, différentesen fonction des lieux, des milieux sociaux, des tranches d'âge ou d'autres critères ? Bien sûr, si je le pouvais, j'écrirais aussi en langue bretonne mais je prie mes lecteurs de me comprendre.Il ne faut écrire une langue que si l'on en sent finement les subtilités.  Adolescent,et puis jeune homme, je passais, tous mes étés, entre les deux vallées, bien souvent plantant ma tente près de l'église, sur le terrain de foot, ou au bout du jardin de cousine Marie, à Beg-ar-Roz. Tréméven est une île, entre ses deux rivières, dont le cap est Quimperlé et la merveille de Sainte-Croix. J'allais, presque tous les jours, écouter les vieux joueurs de boules discuter et rire, boire beaucoup aussi, au café des trois sœurs sur la route du Faouët. Ce n'était pas tout à fait le Breton que j'apprenais grâce àAl Liamm maisc'était beau. Drôle aussi, souvent.  Etpuis j'aimais bien ces hommes, aujourd'hui passés, qui, enfants, avaient connu mon arrière-arrière-grand-mère lorsqu'elle allait avec sa brouette de linge de Loguivy au lavoir, aujourd'hui presque invisible, en contre-bas de Beg-an-Hent. Elle s'appelait Anna Ber et elle est morte à l'hospice de Quimperlé, près de l'église St Michel et de la gare, le 23 mai 1913 !Elle avait perdu déjà six de ses dix enfants. J'aimais, 9