Les contes Zombo et Kongo

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Avant l'écrit, l'homme s'est d'abord et toujours exprimé par la parole (le verbe) sous diverses formes : mythe, symbole, image, conte, proverbe, légende, qui remontent à des temps immémoriaux. La langage mythique, imagé et symbolique est constitutif de l'être humain de tout temps et dans tout espace. Les contes Kongo et Zongo sont l'illustration de cet enracinement dans un espace culturel spécifique de la République Démocratique du Congo et de l'Angola.
Publié le : mardi 1 octobre 2013
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EAN13 : 9782336325811
Nombre de pages : 120
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Albert MABANZA Ku Tima Mbilu
LES CONTES ZOMBO ET KONGO
LES CONTES ZOMBO ET KONGO
Albert MABANZA Ku Tima Mbilu
LES CONTES ZOMBO ET KONGO
L’HARMATTAN-RDC
© L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-01774-7 EAN : 9782343017747
INTRODUCTION Il convient de signaler, avant de les éclaircir, que la plupart de ces récits traditionnels qui constituent ce livre appartiennent aux Zombo, originaires de Makela do zombo, ré-gion située au Nord-est de l’Angola et contigüe à la région du BasCongo. De prime abord, comme de loin, nous y trouve-rons une vraie science d’animaux, capables d’exprimer avec une grande précision les traits caractéristiques de leur physique et de leurs mœurs tels que le reflète la fable de MBUA, le Chien et NKEWU, le Singe, celle de NSUSU, le Coq etMFUENGE, le Renard et celle de KIULA, le Crapaud etNSOTI, la Gre-nouille qui est aussi humoristique que les précédentes. Puis, viennent les fables de NSATU, la Faim et NZEFU, la Barbe et celle de MUNTU, l’homme et NGANDU, le Caïman, non moins humoristique aussi. Les récits de NKEWU, le Singe et MBUA, le Chien et de MUNTU, l’Homme et NGANDU, le Caïman, décè-lent de la ruse. En effet, cette arme que manient les petits de-vant les puissants pour arriver à leurs fins ou simplement dont on se sert pour aboutir à ce que l’on souhaite, semble occuper une large place dans ces histoires. Nous savons que les dents ressemblent aux maïs, aussi ne serons-nous pas étonnés de voir dans le récit de NKOSI, le Lion et NSIESIE, la Gazelle, cette dernière tromper NKOSI LE LION, en lui disant pour une par-tie, de mets de maïs qu’elle lui offrit qu’il était les dents de sa mère qu’elle aurait arrachées afin de lui demander de fairede même à sa mère à lui. ce conte est presque semblable celui de NGO, le Léopard , NKOMBO, le Mouton et NSA, l’Antilope.A côté de ce conte, qui met en jeu la ruse de l’antilope, le conte suivant met en exergue sa rapidité légen-daire à la course par laquelle d’ailleurs, il parvient à prendre le dessus chaque fois qu’il a été l’objet d’une poursuite par l’animal qu’il vient de tromper.
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O !dit en pleurant le petit chien dans le conte du petit Chien subtil suppliant son maitre qui venait de tuer sept de ses parents lesquels avait- il acheté pour sauvegarder son champ contre les ravages de singes mais s’étant opposé à une de leurs habitudes les accusant d’indocilité de lui épargner la mort, et puis voyons-nous un tableau où se peint les frappantes atti-tudes de singes faisant d’eux des grands curieux. Certes en ob-servant quoique ce soit, du moins des choses, ils montrent une certaine réaction. Ainsi, dansant comme pour manifester leur émerveillement, autour d’un objet qui les a tellement touchés et qu’ils désiraient prendre avec eux pour s’en aller après leur ré-jouissance, ceci étant les mâchoires du petit chien lequel s’étant fait enfouir dans le champ de son maitre par celui-ci, étalant ses dents en l’air, lui ayant promis de l’enlever de son ennui parce moyen pour révoquer l’arrêt de la mort tout d’un coup se lance-t-il sur eux, les poursuivant à coups de dents et de griffes. De cette façon s’échappa-t-il du sort qui lui était réservé, son maitre n’ayant plus été à l’avenir souffrant de dégâts, de la part de ces singes. Effectivement le départ sans re-tour de ceux-ci de ce champ peut se traduire dans ce sens que ce peuple nomade déloge opportunément à la détérioration de leurs conditions de vie pour se fixer là où celles-ci seront bonnes ain-
si de suite. L’histoire de NZOLA,la jeune fille mariée par les singes montre davantage à quel point est-elle capable, la ruse, pour détruire l’impossible. Ainsi un père aimant follement sa fille, voulant retarder son mariage avec de gens qui lui de-mandaient la main celle-ci étant nubile, de peur de ne plus l’avoir auprès de lui à un temps plus au moins prématuré pen-sait-il en faisant soumettrequiconque voulait l’épouser à une épreuve qu’il perdit face à un singe. Mais à cela s’allie le conte de MAFUTABANGI. Si l’on découvre dans ces histoires de duperies fidèles aux faits et gestes quotidiens des hommes, des leçons de sagesse en l’art de se tirer d’affaire et de déjouer la ruse, il en est dans le conte de l’homme qui fut dupé par un bos-su en endossant sa bossepour ne point être trompé.
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Outre cela, après le conte de SABINA, la fille égorgée au prix de l’assiette cassée et celui de FIOTI, l’enfant sauvé par Ngandu, le crocodile, nous voyons dans l’histoire de l’homme le plus fort qu’à l’encontre de l’inhabilité quel’homme fait voir à se battre sans arme contre un animal tel que le lion, le léopard, l’éléphant etc… en un mot un animal fort, qu’il existait jadis un homme qui n’avait qu’un œil, une oreille, un seul bras et une seule jambe qui était plus fort que ce genre d’animaux, tandis que le récit de MPASI celui qui arriva au pays féminin affirme une fois de plus que la femme a été créée pour l’homme tandis que ce dernier réciproquement pour faire subsister la nature humaine en se multipliant par la reproduction et pour régler leurs problèmes vitaux mutuels. Après l’histoire de Coco, qui est du reste psy-chologique, mais aussi morale, il y a bien sûr que toujours à la connaissance des hommes d’autres contes moraux dans lesquels nous voyons de par leurs agissements certains qui étant mauvais les flétrissent vis-à-vis des autres tel ce que décèle le récit de NZOKU, l’éléphant et NZINZI, la mouche et L’histoire de MA KALA WONGA, la lézarde etMA LUNGUENIA, la camé-léonne , portant préjudice tel que dans l’histoire de l’homme qui s’en alla pour le ciel par une corde suspendue de là haut, soit subissent des répercussions horribles c’est ce que nous voyons dans ces histoires la mésaventure de NSANGU, NKALA-WONGA, l’orgueilleux Lézard et KIULA, le crapaud, la femme qui s’estvue perdre son enfant en perdant par malveillance la poule d’un voisin.Ces contes qui semblent presque les mêmes font éclaircir leur enseignement dans le conte de NUNI, l’oiseau etMFULU, la tortue, en cette formule le mal s’attire le mal auquel nous devons nous garder pour ne pas en déplorer la vengeance ou bien dans le proverbe évoqué dans ce conte de l’homme qui tua son enfant en voulant perdre NSA, l’antilope: quiconque cherche à nuire aux autres surtout se nuit à lui-même. Parfois on constate dansle conte de l’homme qui perdit l’autre par jalousie que le mal se voit punir peut-être par le ciel. Ainsi cet homme qui perdit l’autre par jalousie au lieu d’en être
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