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Les cours des Feys T01

De
560 pages
Il existe une guerre secrète qui se déroule sous les rues de Londres à l’insu des hommes. Une guerre entre les cours de feyres, des êtres surnaturels qui peuplaient l’Angleterre d’autrefois. Niall Petersen, simple usager du métro londonien, se retrouve malgré lui au cœur du jeu mortel que se livrent les feyres. Plongeant dans un monde étrange, un monde de légendes oubliées et de rituels mystiques, Niall devra découvrir les secrets les mieux gardés de la couronne pour préserver sa ville. Mais la Septième Cour, autrefois bannie, a placé ses pions, et à moins que Niall ne parvienne à recréer l’un des rituels mystiques les plus complexes qui soit, ils étendront leurs sombres pouvoirs sur les autres cours et mettront en esclavage l’humanité.
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Responsable de collection : Mathieu Saintout

Titre original : The Courts of the Feyre (vol. I) - Sixty-One Nails

Illustration de couverture : John Coulthart

Traduit de l’anglais (Angleterre) par Laurent Queyssi
Suivi éditorial et relecture : studio Zibeline & Co
Maquette : Stéphanie Lairet

ISBN : 978-2-809-44061-4

Eclipse est une collection de Panini Books

www.paninibooks.fr

© Panini S.A. 2014 pour la présente édition.
© 2009 Shevdon Ltd

Première publication en Angleterre par Angry Robot en 2009,
un label de Osprey Group.

 I 

Javais le regard perdu dans le vide quand c’est arrivé et je ne l’ai donc pas vraiment vu. J’ai senti, au milieu des autres voyageurs qui attendaient le métro, l’air poussé par la rame qui fonçait vers le quai, et entendu le crissement des freins actionnés par le conducteur. Le type derrière moi n’avait pas l’air particulièrement déprimé. Il était debout comme tout le monde, jusqu’à ce que le train arrive à quelques mètres. Puis il a fait un pas en avant, s’est penché au bord du quai et a basculé sur les rails.

J’ai tendu un bras, par pur réflexe sans doute, dans une vaine tentative de le retenir. Il est tombé et ma main est restée vide.

L’arc électrique m’a ébloui et le grincement du train s’est intensifié jusqu’à me rendre complètement sourd. Le train est passé en vibrant, avant de s’arrêter quinze ou vingt mètres plus loin.

Il n’avait pas pu s’en tirer.

Je suis resté debout sur le quai, hébété, tandis qu’on me poussait. Certains tentaient de jeter un coup d’œil à ce qui s’était passé, et d’autres voulaient seulement accéder à la sortie. Personne ne m’a demandé ce que j’avais vu. Personne ne m’a demandé pourquoi je ne l’avais pas arrêté. Je ne savais même pas à quoi il ressemblait.

« Le trafic est interrompu pour une durée indéterminée sur les District et Circle Lines, suite à un… »

Il y a eu un silence, le temps que le système d’annonce passe en revue sa liste de causes possibles et en choisisse une.

« …incident de personne. Le Métro Londonien vous prie de bien vouloir l’excuser pour ces désagréments. »

J’ai regardé le petit groupe de rapaces amassés devant le train. Essayaient-ils de voir ou s’assuraient-ils qu’il ne s’agissait pas d’une de leurs connaissances ?

Personnellement, je pouvais comprendre quelqu’un qui en était arrivé à un stade où il avait envie de disparaître de manière définitive. C’était d’une simplicité brutale, et les seuls à plaindre étaient ceux qui nettoyaient derrière. L’équipe du Métro est arrivée et a repoussé les badauds. Plus rien à faire. Plus rien à voir ici. Ils ont aidé le conducteur à descendre de sa cabine. Je crois qu’il pleurait.

J’ai secoué la tête pour reprendre mes esprits, puis j’ai pris la direction des escaliers et utilisé ma carte pour passer le tourniquet. Le hall d’achat des tickets surplombait la station Embankment et j’ai découvert qu’une forte averse avait mouillé les voitures comme les voyageurs. Avec cette pluie, tous les taxis seraient occupés et les bus bondés. Si je ne voulais pas me mouiller, il valait mieux que j’emprunte le passage couvert qui menait à la station de Charing Cross, prendre la Northern Line jusqu’à Tottenham Court Road puis la Central Line jusqu’à la City. J’avais peu de chance d’arriver au bureau à l’heure pour ma réunion du matin.

J’ai remonté, en courant, l’escalier face à l’entrée de la station et suis parti vers Charing Cross, le souffle court. Je n’étais pas assez en forme pour ça. Ce n’est qu’en arrivant au parvis principal que j’ai retrouvé une respiration normale. J’ai traversé les tourbillons et les remous de la foule des voyageurs en direction de la bouche de métro. En l’atteignant, j’ai remarqué l’inscription écrite à la craie sur le panneau près de l’escalier qui descendait. La station Tottenham Court Road était fermée à cause d’un paquet suspect abandonné sur le quai. J’ai poussé un juron et dit adieu à ma réunion.

J’ai ouvert mon téléphone et appuyé sur le premier numéro enregistré. J’allais passer la journée à rattraper mon retard et je n’allais pas pouvoir partir assez tôt pour récupérer ma fille chez mon ex-femme, ce soir. En général, je n’avais pas Alex le jeudi, mais elle n’avait pas école le lendemain, car ses professeurs étaient en formation. Katherine s’était arrangée pour que je la prenne afin de pouvoir partir en long week-end avec des amis. C’était, en tout cas, ce qu’elle avait prévu.

Le téléphone a sonné plusieurs fois. J’allais renoncer quand elle a décroché.

— Allô ?

— Katherine ? C’est Niall.

— Désolée. J’étais dans le jardin, je ramassais le linge. Il faisait super beau puis il s’est mis à pleuvoir. Tout est trempé.

Elle paraissait essoufflée et agacée.

— Je t’appelle pour ce soir.

— Alex a fait son sac, elle est prête et a hâte de passer ce long week-end avec toi. C’est quoi tout ce bruit ?

Les annonces de la station ont résonné autour de moi et j’ai dû attendre un moment pour répondre.