Les dix commandements d'un patron

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Lorsque l'auteur se penche sur l'image du "Patron" de cet ouvrage, il réalise combien il a eu de la chance, en ne tombant pas dans les pièges de l'omnipotence, de la supériorité par rapport à son entourage, en évitant les dégâts que traînent derrière eux les méfaits et les miasmes de l'ARGENT. En parodiant le Décalogue : la Table de la Loi, dictée par Dieu à Moïse, le "PATRON" s'est construit au travers des Dix commandements, sa propre bible.
Publié le : lundi 1 février 2010
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EAN13 : 9782296251236
Nombre de pages : 132
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LES DIX COMMANDEMENTS D'UN PATRON

Graveurs de mémoire
Dernières parutions
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Henri-Paul ZICOLA

LES DIX COMMANDEMENTS D'UN PATRON
L'argent est un bon serviteur mais un mauvais maître

roman

L'Harmattan

Du même auteur
Poésies Les soleils de l'enfer, Editions du Petit Véhicule, Nantes, 1996. Les sept chants du péché, Editions de l'Etoile du Sud, Valbonne, 2001. D'ici bas ou d'ailleurs, Edité à compte d'auteur, 2009. Nouvelles Le capteur d'âmes, Editions du Petit Véhicule, Nantes, 1997. Pensées LefUet à papillons, Editions du Petit Véhicule, 1997. Romans Havane et douce, Editions de l'Etoile du Sud, Val bonne, 1997. Les Bonnet de la Piorre, L Jules et Jean-Luc, Editions Les Presse du Midi, Toulon, 1997. Les Bonnet de la Piorre, /I. Marie, Editions de l'Etoile du Sud, Valbonne, 1997. Les Bonnet de la Piorre, IlL Fabienne, Editions de l'Etoile du Sud, Valbonne,1999. Les Ritals, les Polaques... et les autres, Editions de l'Etoile du Sud, Valbonne, 2000. Sous les masques de l'ambition, Editions de l'Etoile du Sud, Valbonne,2003. Essais Jean des Sources, L'eau, L'olivier, L'abeille, Editions de l'Etoile du Sud, Valbonne, 2000.

2010 5-7, rue de l'École-Polytechnique; 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com cliffusion.harma ttan@wanadoo.fr harmattan 1@wanadoo.fr ISBN: 978-2-296-11381-7 EAN: 9782296113817

@ L'HARMATTAN,

Ce livre est dédié aux jeunes cadres ambitieux afin de leur signaler que tous les chemins qui mènent à la réussite ne sont pas sans embûches.

Les événements et les personnages de ce livre sont imaginaires. Toutes ressemblance avec des personnages vivants ou ayant existé ne serait que pure coïncidence.

PRÉAMBULE

Portrait physique et moral d'un patron «Un parmi beaucoup d'autres»

ia la soixantaine, l'œil bleu, le poil gris et distingué, le verbe haut mais châtié. TI est par ailleurs suffisant, empreint de l'onction d'un chanoine en visite. Ses diplômes et ses rubans multicolores le classent sans affectation parmi les élus. Son chauffeur est délicatement baptisé son brave, sa secrétaire est appelée petite, quant à ses collaborateurs subalternes ils sont tout bonnement ses enfants. Ses relations d'affaire indifféremment ses chers amis. ou autres, sont tous

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Ses seuls buts dans la vie? L'argent et les honneurs. Pour l'argent, il n'y a pas de distinction d'origine. Pour les honneurs, il les reçoit avec distinction... sans aucune distinction! Son seul souci est que le revers de toutes les vestes de ses costumes comporte un, voire deux de ces liserés, l'idéal étant, évidemment, d'en avoir un différent 7

par costume et donc de changer de costume tous les jours de la semaine. TIy a bien sûr le dimanche, que l'on passe en famille ou avec des amis intimes et pendant lequel on se promène en polo. Qu'à cela ne tienne, le veston de chasse lorsque l'on y sera invité - portera le liseré rouge de la Légion d'honneur, et on le laissera négligemment sur l'un des fauteuils du salon, exposé comme dans une vitrine, à l'admiration, béate ou endormie, de l'hôte gavé, qui, sirotant une bonne fIne, songe plus aux formes de l'accorte servante espagnole qu'à Napoléon à Eylau. Outre l'argent, dont nous évoquerons plus tard les vicissitudes, le Patron a un vice: celui de l'intelligence. Est intelligent tout individu, quelle que soit son origine, qui abonde dans son sens, ou, mieux encore, qui le devance. Dans ce cas, il a affaire à un opportuniste plus intelligent que lui, qui a pris la précaution, avant de l'aborder, de se renseigner sur ses manies, ses hobbies, et il les exploite avec cet esprit d'à propos qui vous fait soudain découvrir le Temple d'Angkor à partir des échos de la Bourse dont on impute une légère baisse à un grognement de Nasser (c'était il y a déjà pas mal d'années!) en admirant son immense barrage. C'est cela l'esprit... d'escalier! C'est cela la marque de la bonne vieille culture française qui peut se permettre de découvrir l'Amérique en lisant Marx ou la fille de Staline. Pour en revenir à l'intelligence, le Patron la possède à coup sûr. Comment expliquer sa réussite s'il ne l'avait pas été intelligent et son maintien s'il ne l'était pas toujours? Autour de lui, il ne peut y avoir que des cons. Les cons 8

sont, par définition, tous ceux qui ne sont pas intelligents... donc tous ceux qui ne sont pas de son avis. Ceux qui ne pensent pas que Pompidou, (ou n'importe quel autre homme politique !), est beau, olympien, à sa façon bien sûr , , - a l auvergnate. Ceux qui ne pensent pas que le Français moyen est fait pour produire ses six ou sept enfants par couple. TIfaut bien que la France ait une place prépondérante en Europe, après la Russie et l'Allemagne, c'est évident, mais directement après. Foutre! Et comment se faire valoir et respecter efficacement lorsque l'on ne représente qu'un petit 63 millions d'habitants? Surtout lorsque l'on est intimement certain que sur ces 63 millions il y a bien... au moins 62 millions de cons. Et encore, pense-t-il - le Patron évidemment - que sa générosité est due à l'ambiance dominicale. TI n'est pas loin d'admettre, que ce nombre, (celui des intelligents), est beaucoup plus restreint. De l'ordre des 4 ou 5 milles. C'est un chiffre avec lequel il se sent à l'aise: il représente le nombre d'actions de sa société. Et ilIa connaît sa société, sur le bout des tantièmes, à un jeton près. Mais, foin de la philosophie. Voyons ce que donnent ses - deux enfants chéris -, sous la bonhomme bienveillance du troisième. Comment influent l'argent et les honneurs conduits par l'intelligence, dans le dédale de la vie?

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CHAPITRE

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Quelques mots sur l'argent

our le Patron, l'argent est le sésame. Rien ne lui a jamais résisté, de mémoire de patron. TI y a bien eu quelques freluquets qui l'ont quitté par orgueil et qu'il n'a pu retenir malgré de fortes promesses d'augmentation. À toutes les règles résistent quelques exceptions. De plus, il a oublié cela, parce que c'est plus commode d'oublier. Pourtant, d'une façon générale, il n'oublie rien, surtout pas les offenses. Mais il a des trous lorsqu'il s'agit d'offenses subies par le fait de ses pairs. Par contre, il dépensera une fortune pour satisfaire une vengeance à l'encontre de ses égaux ou de ses inférieurs. TI a sa morale, sérieuse, bien ancrée, et qu'il se targue d'avoir copiée sur l'Évangile. Pourquoi pas! "La loi du Talion", dit-il. Mais à quoi lui sert son argent? TI n'est même pas nécessaire de connaître les moyens employés pour l'amasser. Le Patron l'a. Pour certains, rares il est vrai, ils l'ont depuis des siècles, quelquefois depuis une ou deux décennies seulement. On oublie vite ses origines, donc ses 11

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sources, quand on est devenu ruisseau, rivière, fleuve. TIl'a. TI le défend. Donc il faut que l'argent prospère, qu'il grossisse, qu'il augmente. À quoi lui sert-il, disais-je? Mais à tout. Que fait-on de l'argent me direz-vous? Qu'en fait le vulgum pecus? C'est vrai qu'il ne pense qu'à le dépenser, lui. Pas le Patron: lui, il le place avec amour, avec flair, avec intelligence.. . Imaginons une humble, une pauvre vie de patron, toute de travail, de dévouement à la société qui l'a fait naître, et vivons avec lui une journée entière de cette vie, pas plus Nous choisirons un jour de semaine, parce Iouvrable, donc travaillé, sans le polo du dimanche. Le qu lundi par exemple, parce que c'est le premier, le plus facile, celui où a priori on est frais, plein d'ardeur et d'idées, mais surtout content de retrouver un autre milieu que le familial qui est tellement mesquin... Et dire que ce dimanche a consisté à parler du ratissage du parc, des premières règles de Martine, la fille aînée, de l'acné de César le cadet et des vacances d'hiver à venir de Madame. . . Au diable ces balivernes! Passons aux saines joies. . . intellectuelles.

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CHAPITRE II

Un lundi matin, à 8 heures d'une année quelconque au XXIe siècle

e chauffeur était à l'heure et la voiture rutilante comme ill' aime. Le portier a failli dévisser sa jambe de bois pour lui ouvrir le plus rapidement possible la porte. n était, bien sûr, le premier arrivé... comme d'habitude. n avait fait une bonne action en embauchant cet infirme. En premier lieu, cela le valorise lui, par rapport à ses confrères et même vis-à-vis de son personnel. Cela leur rappelle à tous, en entrant dans l'usine, alors que le sommeil les habite encore, qu'ils peuvent, eux aussi, devenir comme ce pauvre homme. Et... cela les réveille. Et cela les met, du même coup, en face du Patron qui, par ce

L

geste, - celui de placer cet infirme comme portier! -,
montre sa magnanimité, son grand cœur. C'est un truc psychologique, qu'il a mûri, longuement, et dont il n'est pas peu fier. 13

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