Les Fantômes sont des piétons comme les autres

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Une année entière, à Bruxelles, Griz, feuilletoniste farfelue, court, roule, trame, déboule, écrit, poste, tweete, tombe malade puis amoureuse, fait un accident de vélo, à la recherche des trois protagonistes échappés de son précédent récit. En cours de route, les noms des rues se mettent à disparaître, voilà les gens qui se perdent et les couples qui se défont : la ville peu à peu s’évanouit.


Publié le : mardi 6 octobre 2015
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782875600660
Nombre de pages : 220
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LES FANTÔMES SONT DES PIÉTONS COMME LES AUTRES Aliette Griz
ONLIT EDITIONS
Pour A. qui aime autant se perdre qu’être retrouvée.
« Ces nouveaux trams, plus larges et plus bas, lui semblaient être le signe avant-coureur d’un bouleversement en profondeur de la planète Terre, tellement en profondeur que cela ne serait pas sensible tout de suite, mais petit à petit, au fil des années, et ne pourrait vraiment être analysable qu’un siècle après qu’il se serait déroulé. » Philippe Blasband,Johnny Bruxelles
LEFEUILLETON DE L’ÉTÉ
«Tout ce que je voulais, c’était aller quelque part ; tout ce que je voulais c’était faire quelque chose, n’importe quoi. » Mark Twain,Huckleberry Finn
CRITIQUE DE LOUANGE GRATUITE, BLOGUEUSE, AMIE DE GRIZ : Qui a envie d’assister à l’émergence appliquée de sensations.0, et de sentir la ville tourner sans même boire un verre ? Par ici, les lecteurs… Tout est bon à prendre, et si vous m’aimez, vous devez absolument aimer Griz. Non, ne partez pas trop vite, Griz va vous dévoiler l’été qui pointe comme les seins des jeunes filles sous des tee-shirts trop courts et à la maille si fine qu’on en vient à se réjouir de ces hold-up de lessive du textile jetable, vous ne le regretterez pas.
CRITIQUE DEKUSSIM SOUPOLAIT, AUTEUR DE POLARS ET PSYCHANALYSTE : Les Fantômes sont des piétons comme les autres. Voici un titre qui nous a immédiatement attiré. D’après la quatrième de couverture, il s’agit de la suite d’un récit intituléC’est tramatique, une histoire de tram avec des personnages qui montent ou qui descendent des wagons, cela permet au voyageur de proximité que nous sommes tous de se sentir partie prenante de l’intrigue. Même si jusqu’à ce matin, je n’avais jamais entendu parler de ce texte et que la notoriété ne viendra certainement pas lui enlever toute la fraîcheur qu’il doit convoyer. Une suite était-elle nécessaire ? Nous sommes en droit de nous poser la question. Le choix de s’appuyer sur une temporalité saisonnière pour étayer un propos dont on ne sait pas toujours dans quelle direction il veut nous mener ne nous a pas convaincu. On peut y voir la paresse de l’auteure, qui cherche une chronologie un peu trop évidente, platement météorologique, lassante. Que faisiez-vous aux temps chauds ? Quand la bise fut venue ? Ô printemps, suspends ton vol, vive le vent d’hiver… On s’amuse, mais quand ça chauffe, on reste froid aux intempéries. Au suivant !
Tous les soirs, Griz se couchait et peut-être parce qu’elle ne dormait pas, qu’elle était faite pour l’obsession ou que la monomanie est une des clefs de l’écriture, elle y pensait. Pas tellement, au début. Les personnages avaient disparu, elle ne prenait plus de transport en commun, C’est tramatiqueplus en vitrine de la librairie de poche qui l’avait accueilli, une page n’était s’était tournée.Merci à tous pour vos encouragements. Mais Griz était dans une de ces interminables périodes insomniaques et constatait chaque nuit à quel point le monde est fatigant. Ce n’est pas fini. La nuit,ilsrevenaient réclamer la suite. Griz n’avait jamais cru aux spectres et n’était pas disposée à se laisser monter la tête par des personnages à peine esquissés. Pourtant, elle était hantée par Monsieur Détecteur, Le Flamand et La Fille Très Belle. Des individus aussi sympathiques que les créatures de chair et de sang qu’elle avait d’abord isolées sur un blog, entre quelques notes dispersées, avant de tout compiler façon puzzle, dans un ouvrage fraîchement publié. Au matin, elle se réveillait, avec deux lettres en tête. Où ? TWEET DU MOMENT : La concision est une valeur sure. Où étaient-ils ? Où disparaissent nos fantômes ? Personne ne le sait. Où ? C’était une question, alors que l’été tardait. Où sont-ils ? Où était passé l’été ? Griz avait envie de savoir. Ce qu’était devenu l’homme qui lui avait, pour la première fois, parlé avec amour de détecteurs d’incendie. Ce que la vie avait réservé à ce jeune homme qu’elle avait croisé plusieurs fois dans le tram, sans jamais réellement faire connaissance, alors qu’il s’intéressait de plus en plus à une autre fille, qu’elle avait baptisée la salope « La Fille Très Belle ». On vit une époque formidable de séries télévisées qui nous assurent pour un temps limité, et néanmoins réconfortant, la présence d’autres qui ne demandent qu’à nous divertir. On peut les aimer, désirer, plaindre, détester, rejeter. Mais à la fin, il faut faire son deuil : ils ne reviendront plus. Place à d’autres (américains) archétypaux, à d’autres hommes à femmes, à failles. À d’autres filles très belles, qui n’auront pas le temps de vieillir avant la fin de l’histoire. Même si on s’attache. Et on s’attache, vite, de plus en plus vite ; détache aussi. C’était peut-être pour ça. Qu’elle y revenait, la nuit. Était-elle victime d’un manque affectif, d’une légère instabilité d’humeur ? Ou alors, elle était trop fidèle au fugace. Toute cette obsession était exagérée. Griz sombrait dans la gravité. Pourquoi eux ? Elle en venait à regretter de leur avoir donné tant d’importance. La nuit, ça s’étendait, et ça s’entendait sans fin,ce n’est pas fini, tu n’as pas fini…l’avait cru, pourtant. Une fin ouverte ça Elle s’appelle. On ne conclut pas. Les personnages se défilent, ils restent là où ils sont, stop à la manipulation, place au point final. Chaque nuit, un moustique la réveillait à quatre heures du matin, avec une précision surréaliste. Cela ressemblait à un film, avec Griz en victime propitiatoire et le moustique en supermaléfique. Il faisait presque jour, à peine nuit. La plupart du temps, comme il faisait trop chaud, elle se levait pour déplacer les rideaux de brocart, enfin, pas vraiment du brocart, mais un tissu très lourd et très chamarré, sur fond rouge. Quatre mètres de rideaux doublés, avec des espèces d’antilopes et des chameaux un peu dorés. Qui avait pu choisir des rideaux pareils ? Ils étaient là avant elle, et auraient sans doute mérité qu’on raconte leur histoire, à eux aussi, mais les
circonstances dans lesquelles elle s’intéressait à leur charme particulier étaient limitées à ces luttes nocturnes qui lui pompaient le sang, tant pis pour la postérité. À force de nuits, Griz doutait qu’il s’agisse toujours du même insecte. Mais c’était possible, la durée de vie d’un moustique s’étalant de quelques jours à plusieurs mois. Lui contre elle, et leur étreinte commençait toujours par un malentendu,je dors, ce qui ne voulait rien dire. Insistant, il avait trouvé un truc pour la réveiller. Le dos, c’est presque insensible, et le mollet, plus encore, allons-y pour les phalanges. La première nuit, une seule piqûre avait suffi à la faire bondir. Il avait dû aimer ça, pas Griz. Mais le moustique ne se contentait pas d’une femme endormie. Les nuits se suivaient, les habitudes se prenaient, elle se retournait et continuait à dormir, alors le moustique revenait, il n’avait pas eu ce qu’il voulait, il piquait encore, cherchant une réaction, jusqu’à ce que. C’est à la surface de la peau, un point unique tellement sensible, ce point veut qu’on le touche, comment expliquer l’envie de gratter ? Griz finissait toujours par succomber. Mais elle ne céderait plus. Le moustique pouvait répéter les assauts, elle avait prévu une crème sur la table de nuit, apaisante, c’était écrit sur l’emballage. La première fois que Griz s’en tartina, elle découvrit qu’elle avait la curieuse propriété de démanger pendant une vingtaine de minutes, comme une nuée de piqûres, avant d’insensibiliser la zone. Il n’était plus question de dormir.
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