LES GRAFFITIS

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Parsemés depuis vingt-cinq ans dans son œuvre, ces graffitis anciens et nouveaux, sont ici regroupés sous les thèmes qui en livrent la clé. Ce travail d'une vie pour contenir - siècles, pays, visages - constitue un arsenal de proverbes, d'aphorismes et de conjurations qui peuvent aussi servir à légender…vos images. Des tables en facilitent l'accès.
Publié le : lundi 1 mai 2000
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EAN13 : 9782296411142
Nombre de pages : 175
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LES GRAFFITIS
(Collection « Ecritures» L'Harmattan)

Ce livre, achevé d'imprimer le 3-3-2000 est le treizième ouvragede Vim IZarénine.A ces 2000 citations imag1naires, Gilles Alfera apporte 22 variations typographiques. Il a été tiré 6 exemplaires sur velin 333g. des Moulins du Coq (Hahnemühle), in-quarto Jésus, avec chacun 9 collages-papillons de Jacques Barbier, numérotés de I à VI, signés de l'auteur et des artistes, auxquels s'ajoutent 3 exemplaires de chapelle identiques et numérotés HC de A à C. L'ensemble constituant l'édition originale des « GRAFFITIS »

@ L'Harmattan,

1999

5- 7, rue de l'Ecole-Polytechnique France 75005 Paris

-

L'Harmattan, Inc 55, rue Saint-Jacques, Montréal Canada H2Y 1K9 L'Harmattan, Italia s.r.l.

(Qc)

Via Bava 37 10124 Torino ISBN: 2-7384-9110-3

les Gr'aFFifis
2000 citations nouvelles avec index

Ricercari, Ed. Saint-Germain-des-Prés, Resplendir, Ed. Chambelland, 1974

1971

Graffitis pour les murs de demain, édition bilingue, traduction anglaise de Louis Olivier; Ed. Le pont de l'Epée, 1976 (10 exemplaires ornés à la main par] acques Barbier) Oasis New York, édition bilingue, traduction anglaise de Louis Olivier, Ed. Chambelland, 1976 La fête à Caïn, édition bilingue, traduction espagnole de A.M. Diaz et F. Moreno, Ed. Le Pont de l'Epée, 1978 (50 exemplaires ornés d'une linogravure de Teresa Montiel) L'Oiseau-Dieu, Ed. Le Pont de l'Epée, 1981

Les fenêtres, Ed. Le Pont sous l'Eau, 1990 (10 exemplaires ornés d'une encre originale de Jacques Germain) Le cantique des créatures, de François d'Assise, traduction française de Vim I<arénine, Ed. Barbier-Beltz, 1990 (25 exemplaires ornés d'illustrations originales de Jacques Germain, 25 exemplaires ornés d'illustrations originales de Charles-Henri Monvert)

o America, Ed. lntertextes/Barbier-Beltz, 1991, couverture de Jean-Pierre Pincemin
Les brisants 1993/Kenneth 1994 du Nebraska, Cahiers de Géopoétique N° 3, White, et la revue Le Temps Stratégique, Genève,

M, Ed. Barbier-Chambelland, originaux de Jean Hucleux)

1996 (20 in-folio ornés de dessins

Versant Nord, Ed. L'Harmattan, 1997 (11 exemplaires ornés d'une eau-forte polychrome de Gilles Alfera)

VIM KARÉNINE

les Gr'aFfjfis
Illustrations typographiques de Gilles Alfera

L'Harmattan

Collection Écritures
dirigée par Maguy Albet

Dernières parutions
CORR.AZZA Dominique, Notes pour les archives secrètesde Tlov, 1999. LIEHN Marie, Simos le Camus, 1999. MA URIES Bernard, Par plaies etpar bosses, 1999. GA V ARD-PERRET Jean-Paul, Trois faces du nom, 1999. MORAZZINI Armand, Les nuits de la côte, 1999. GA TARD Christian, L'ile du serpent-coq, 1999. KLEMENTZ :rvfireille, La sentinelle aux yeux baissés, 1999. BIOULÈS Jacques, L'cdlgramophone, 1999. M'FOUILLOU Dominique, L'inconnu de la rue Mongo, 1999. JAMET I\1ichel, Le dernier mot, 1999. G UERR y Liliane, Le lait de tigre, 1999. HERBAUX Nathalie, Le nain, 1999. TEYSSIER Jean-Marie, Le retour à Saint-Pierre, 1999. V.ALLET François, Les feux grégeois, 1999. MERLIN Alexandra, Une facture détaillée, 1999. TEULON-NOUAILLES Bernard, Le prince et le boucher suivi de : .

Le pays bleuet Les petites manies, 1999.
BANJOUT Séverine, Le Jils de ma mère, 1999. HERR Y Loïc, Portrait de l'artiste en personnage de roman, 1999. WOLLBRECHT Sabine, Cœur au sud, 1999. A TLAN Liliane, Quelques pages arrachées au Grand Livre des Rêves, 1999. BALLÉ I\1iguel, Vox Dei, 1999. CHAIGNE-BELLAMY Jacqueline, Les hêtres, 1999. JULIER Claire, La pêcheuse d'eau, 1999. PÉHEO, Visages et autres petits portraits, 1999. GUISSET Liliane, L'autre tambour, 1999. CROS Edmond, L'histoire véritable de Santa Cruz de la Plata, 1999. JAMET I\1ichel, Les sept glaives, 1999. BLAND lN Gérard, Quand la poussière vole dans le soleil, 1999. ALVAREZ DEL V A YO Maria, Les télescopesde l'invisible, 1999. VOLARD Philippe, Dernières nouvelles du front, 1999. MOUNIC Anne, Métamorphoses d'une image, 1999. CASSIR J\1ichel, Braise degalop,. Feuille itinérante, 2000.

LAFOND

Marie-Françoise, Contespeints, 2000.

Tu t'éloignes toujours davantage des vivants: bientôt ils vont te rayer de leurs listes
NIETZCHE} Le Gai Savoir, Livre 111,262

ES GRAFFITIS ne prêtent pas au bavardage. Tracés à main levée, ils impliquent liberté et vitesse: leur état naturel demeure l'insomnie et l'insoumission. Les prisonniers ont le temps de fixer leurs songes, les gamins du métro de New York, eux, peignent dans l'urgence. Au débutant, on donne un wagon mais gare au rail du milieu. Tout est bon au rêveur: la neige, la nappe en papier, le sable, la buée, ou le cul d'un camion; l'homme des villes cherche les parois de tunnel, les palissades et même les tabliers de viaduc. Les graffiris, travail de nuit sur la nuit, font d~nser les mots pour conjurer le désespoir, par la craie, le charbon ou la bombe. J'aurais aimé tracer les miens dans les prisons du Piranèse, à la lueur de ces lampes qui roulent sur des poulies, jetés sur le montant de fenêtres à grillage, griffonnés sous des voûtes, ébauchés sur les contremarches d'escaliers qui ne relient rien à rien. Avec davantage de modestie, ils recouvrent ici les cloisons de la vie aussi minces que celles des tours de banlieues où les personnages déambulent, plus infunes encore que ceux des carceri. Mais d'où viens-tu? Tes graffitis ne ressemblent à rien! Sois attentif à leurs thèmes, souvent américains, modulés au gré du D.J. pour inviter à l'action, comme les marques des vagabonds au pillage. Ils partent à la recherche d'une vérité plus immédiate que la pensée. S'ils frappaient les murs de ta ville, pourrais-tu t'empêcher de les lire ? C'est là que je veux les éditer, en agitant les bombes à peinture: écoute le bruit de la bille qui mélange gaz et colorants. Ne néglige pas les clefs pour les parcourir! Secoue mon trousseau de veilleur et découvre usines, marchés couverts, gares, octrois, phares, parcs, paradis et enfers humains, sans oublier les chambres et le grenier qui s'ouvre par le ciel. Sans apparences et orgueilleux, ils se donnent la main, métamorphosesde corps en corps nouveaux (Ovide). Fragments, ils possèdent le pouvoir de tramer le trivial à la rêverie et d'ajouter au sens, après coup, comme les désastres à nos vies. Impossible de ne pas évoquer, à la pliure du millénaire, la magie des chiffres parcourus de 1 à 2000. Je ne pouvais pas omettre

L

cette valeur ajoutée, en soulevant années et siècles comme des cosses desséchées. Ces graffitis restent des incipit, car je préfère courir les rues et les rebords de voies ferrées, avec une âme de tagger, pressé de recouvrir une bicoque ravalée, d'éclaircir une surface déjà zébrée, ou d'entreprendre portes, panneaux et ponts, tant j'ai hâte de voir le résultat. Je m'emballe ... Je désire plutôt qu'ils descendent en toi avec le bruit de l'eau qui, dans les grottes, forme stalactites et stalagmites. Pour ma génération, la fumée des camps ne s'est jamais dissipée et toute parole tourne vite au hoquet. Pour rompre le silence des goulags, plus rien de subsiste des messages esquissés sur l'écorce des bouleaux; mais qui gravera sur l'Atlantique le cri des opposants précipités hors des avions argentins? Ajoute à cette liste, ajoute. . . Si ces graffitis bougent, compost nécessaire à une vie spirituelle, qu'ils te donnent un peu de chaleur dans leur pauvreté: l'humilité n'est-elle pas l'un des combats de demain ? Efface, dit Dieu, si tu veux davantage. A la fm de mon banquet, je viens, debout, trinquer avec toi, et, si cela sonne juste, je garderai espoir que tu puisses me délivrer de l'un ou l'autre d'entre eux.
This travel may the poorest take How frugal is the Chariot That bears the human soul

Emily Dickinson, N° 1263

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Un seul

brin

d'herbe

justifie

le vent

GRAFFITIS DE LA ROSE
:J..

Elle préside pour l'ombre au procès de la lumière 2 2 - Comme le cri dans ses tourbillons - je restitue le silence à ses navigations de phosphore 3 3 - Si l'on m'écoute jusqu'au fond de la mer - ton appel jusqu'à moi se fraye un chemin impatient 4: 4 - Aux fêtes de la solitude - les pierres du songe ne tournent que par elle -5 5 - Quand la grive de l'Orient renverse les dormeurs - je suis là 6 Avant la pensée - je suis le sommeil de vos lèvres 61L'oiseau las de couver les œufs du tonnerre - je le dévore 8 8 - Laissez grandir mes songes les plus inf11Tles votre amour et saura tenir parole
7

-

'7

9

- Si je deviens
-

10 11

'9 de mémoire sur vos sables les courroux de l'amour 10 J'habite d'expérience les geôles inhabitées de l'avenir IJ.. Quand l'orage épuise le désir - je rends les paroles à leurs racines démesurées la mer

- j'inscris

13

:J2
12

-

Suis responsable de toutes les insurrections de demain
:J3 La mort n'est pas plus vive que mon parfum ~

1314 -

Décharge-toi de tes biens - tout est à moi - sache que
est mon plus grand pouvoir :J5 Avant le retour des moulins - j'ai convoqué les foulons de l'aurore
'*

l'absence

15-

GRAFFITIS DE LA POÉSIE
161 Ne parle d'elle qu'en ses demeures - que ta peur ne s'entende pas sur ses échelles d'aubépine 2 Son énergie défait les angles et bientôt le silence de nos

17

-

lampes 3
18

- Si la lignée

rend possible

la promesse

- en elle le prisonnier

taille un avenir 41 9 - Veillez sans vous lasser - nous dit-elle - nous partagerons en frères la menue monnaie du temps 5 2 0 Lâche en toi cet oiseau de sang qui lézarde l'aurore
6. 2 1 - Si ses chênes dansent

- nos

siècles fendus vont chanter aux écluses
'7

2223 2 4

Passe ton chemin

- il faut
8 9

mourir pour en parler

-

Elle reconnaît les dormeurs et les morts à leurs fruits Ecoute grandir sur ses collines l'alphabet des perce-neige

14

10 2 5

-

Par nos propres chemins

2 6

les accusateurs du soleil II.. Ses labours mettent à nu et je la nomme vieille charrue par dérision J.2

- elle précède

2 7 2 8

- Elle
- Elle

convoque de petits acridiens pour bleuir nos auberges

2 9

-

30-

:J3 nous garde vivants dans ses cavernes mais rend mortes les mouches de l'été I.4: Derrière chaque couchant - elle guette les mises à mort ainsi in terroge- t-elle en creux US D'elle nous ne doutons pas - lorsqu'elle cherche la confiance de l'hiver *

GRAFFITIS DU TEMPS
.:1.

Ses orages ont enfanté la mémoire du futur 31 2 3 2 - Dans ses demeures inachevées - j'ai choisi les chevaux effrayés du couchant :3 33- Qu'émouvoir soit dissiper son arc-en-ciel qui nous inclut déjà 4 3 4 - Garde en toi un oiseau siffleur pour ceux qui ne savent pas encore 5 L'art confié au limon sera notre meilleure semence 35ES 36Dans ses eaux dormantes s'enfoncent les défenses du possible

15 .

'7 3 7 -Ce que tu confiais aux lampes - désormais - que l'étincelle le contienne! 8 Ses yeux usent nos portes - pas nos cœurs 389 3 9

Par le saxifrage ou la nébuleuse - suspendre c'est disperser :JO Semences non pas rosées exigent histoire 40II.. 4 1 - Sa foudre efface les mots violents gravés dans nos écorces r2J 4 2 - Herbes et poèmes tracent leurs cercles sur la dune car sa parole est vent ~ 4 3 - Ses plus vieilles étoiles enseignent aux hommes les chiffres du malheur ~ 44- Si bien polir le verre que les enfants jaillissent des fenêtres :J5 "5 - Songer si près du cœur - c'est entendre ses lichens travailler le granit
'*

-

GRAFFITIS DE LA MORT (série 1)
"I 4 6

-

4 7

Elle inclut le pressentiment et coiffe nos soleils de grands chapeaux bleus 2 Elle choisit lentement ses outils du matin comme si nous

ne connaissions pas ses étoiles féroces a
4 8

Blessures

- morsures - moisissures - par le feu - le jeu - le
jour - elle simplifie l'inaccessible
4:

4 9

-

Son tracteur jaune ne brisera pas le cercle enchanté des vanneaux 16

fi 505 1 52

L'homme

d'Hiroshima

est devenu

son ombre

-

ES Le vin rouge de son hiver brûle l'âme des vagabonds '7

-

Ses couteaux vont d'eux-mêmes au secours du silence

8 5 3 - Ses anneaux la précèdent - que tu comptes du doigt - sur la souche des chênes 9 5 4. - Dès que la mer est en nous - elle recueille une à une les gemmes de nos sueurs :JO 55 - L'œuf atomique est moins effrayant que ses arbres blanchis par l'océan

n
5657

Son givre contient aussi les cristaux du cri

-

5859
M'

'I2 Elle remonte les racines jusqu'à la patience des semeurs :J3 Ne faire qu'un - ce qu'elle redoute le plus des amants 14

Elle donne à l'aloès sa flamme la plus aiguë - aux villages-

l'haleine de nos lampes :J5 6 0 - Fougères de carbone ou de neige - que t'importe si ta meule est tournée par autrui

17

GRAFFITIS DE L'AMOUR
I 6 1

-

Nourri de tes lèvres

- je bois

le vin immobile du futur

62-

2 En toi - je deviens chaque jour immortel 3 63- Nous rêvons de danser - les neiges du cerisier témoignent -4 6 4 - Avance mon feuillage fait le songe - gaspille ton souffle .5 65 - Au chant du coq s'écroulent vos maisons - mais j'ai marqué les pierres de mes saisons 45 66- Reformez l'équation de vos corps - je fortifierai l'horizon

la

MER

kp;-:ÀdS
"7

6768-

Reprends la mer en moi - si joindre n'est pas rejoindre 8 Ma révolte sera comme la braise des ftIs du matin

'9 6 9 - Plus désirées - plus fraîches - plus rapides que la rosée - tes ques tions 10 7 0 - Ouvre - sans repentir - la cité de l'instant aux portes de midi
7 1

-

D-

72-

Les routes désordonnées peuvent partir - l'adieu nous reliera encore :J.2 Mon diapason brise vos fenêtres qui ne s'ouvraient plus
18

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